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Mohamed Merah: la culture de la haine comme facteur essentiel du choix d’un embrigadement

mars 24, 2012

La mort du tueur de militaires français et d’enfants juifs clôt le suspense de la semaine passée et ouvre le temps de la réflexion  sur ces évènements: comment un jeune homme qui n’apparaît pas plus fou que la moyenne des jeunes des banlieues s’enfonce-t-il  dans un système d’idées qui ne débouche que sur le meurtre  suicidaire  de personnes innocentes et non impliquées.

Qu’est ce qui rend possible cette trajectoire mentale , qu’est ce qui  fait que certains peuvent suivre cet itinéraire , et d’autres pas. Certains éléments paraissent jouer un rôle essentiel:

D’abord , l’existence d’un environnement des jeunes beurs des banlieues qui est un véritable chaudron d’idéologies ou s’affrontent et cohabitent  différents systèmes. Les uns prônant l’effort pour s’intégrer , essayer de réussir et adopter les codes de la société environnante, démocratie , laïcité et égalité des femmes , les autres prônant le rejet de la culture environnante, le repli sur la religion et la solidarité communautaire ,et la haine de la Nation  ou ils vivent.

Les choix que font ces jeunes peuvent être liés à leurs expériences de vie : réussite ou échec scolaire avec l’humiliation qui peut en découler,réussite ou échec de l’insertion professionnelle, accès à la culture française et à sa richesse ou rejet et retrait dans la culture communautaire.

Mais à ces âges ou l’on se cherche, et ou l’on n’est pas très modéré le plus souvent ,la tentation peut être forte de choisir les valeurs du ghetto qui les entoure: le prestige du rebelle , du révolté , la culture de la force qui compense le sentiment d’infériorité sociale, la haine de l’ordre établi à travers la Police ou les institutions de l’Etat.

A partir du moment ou la balance penche de ce côté , le déséquilibre peut aller en augmentant: le rejet de la société environnante crée ou augmente un vide de normes et de valeurs qui nécessite le surinvestiisement des valeurs communautaires : le monde apparaît scindé entre amis et ennemis , même "frères" et ennemis ; c’est une guerre qui commence , dans un système de plus en plus manichéen: le choix initial , porté par le ressentiment qui l’irrigue , se redouble de la haine que l’on porte à l’ennemi qui est "l’anti-soi".

La religion est alors mise en place de ce qui structure l’appareil de pensée des jeunes paumés: le sentiment de culpabilité lié aux  petites pratiques délinquantes se mue en un sentiment de restauration morale et de réhabilitation qui lui même entraîne un reconnaissance envers la religion qui permet cette revalorisation de soi.

Il s"agit d’une conversion , même si la religion était déjà là, mais pas dans cette place centrale. Désormais , toute le vie , si apparemment dépourvue de sens et de but  jusque là, est rendue cohérente, justifiée, embellie.

A partir de là , comme dans toute conversion,la religion devient l’unité de mesure de toute chose , la vie n’a plus d’autre finalité que de mettre en actes cette religion.

Parallèlement , apparaît la place  pour des guides en religion,des "maîtres" qui guident le néophyte su la voie de la "compréhension" de cette religion.Là ou le cadre familial, plus ou moins désagrégé comme chez  Merah, a fait défaut , le soutien personnel et le cadre de la religion remplacent la structuration par  l’exemple et l’entourage familial.Les agents recruteurs et les manipulateurs ont la voie libre, et vont pouvoir à la fois attiser la haine des candidats croyants envers la société environnante , leur présenter comme un devoir religieux de combattre -sans pitié- des adversaires définis comme ennemis de Dieu , développer l’idéologie du djihad comme une guerre glorieuse , l’aventure possible en ce siècle, la revanche de toutes les humiliations, l’accès à une vision héroïque d’eux mêmes.

Qu’il s’agisse de jeunes à la dérive ,ayant pénétré les mondes de la délinquance ( Merah est passé par la prison, qui est une forme  de stigmatisation , même si elle est méritée ), poussés par le ressentiment et la haine de se ressentir méprisés ou exclus , trouvant une armature pour leur pensée dans la religion ,ou que ce soit des personnes plus éduquées, mais toujours baignant dans la haine de la société, et trouvant  une possibilité de faire carrière dans cette haine , un processus s’engage, ou l’identité se structure autour d’une représentation du monde comme espace d’une guerre à mort , ou l’ennemi ne mérite ni considération , ni compréhension , seulement la destruction.

C’est ce qui constitue la "radicalisation" dont on parle tant: Peu à peu, l’ennemi est deshumanisé , considéré comme quelque chose qui n’ a pas le droit à la considération humaine , c’est l’"AntéChrist", l’"antiDieu", ce qu’étaient les Juifs pour les Nazis; Tous les moyens sont bons pour faire triompher la cause, qui se ramène souvent  à exister médiatiquement. L’ennemi est un Satan, une incarnation du Mal et le monde doit être débarassé de sa présence souillante.

Le point de départ,  la haine ,qu’elle soit liée à des expérience douloureuse ou à une personnalité de type paranoiaque (tempérament agressif , haine profonde , rigidité peronnelle , projection sur l’autre des responsabiblités)qui a sous tendu le choix , entre les différents systèmes d’idées, de celui qui justifiait ce sentiment, aboutit  à un renforcement de celle ci jusqu’au passage à l’acte  quand tous les barrages empêchant le meurtre ont sauté;

La terrorisme est dan son essence un système d’idées qui légitime le meurtre comme moyen d’action politique et tout son appareillage est destiné à convaincre ses adhérents de la valeur morale de ces meurtres.C’est une éducation , ou une rééducation qui prépare à donner la mort.

On est donc là bien loin de la folie individuelle , même si les déséquilibrés -ou les personnes à l’équilibre fragile- constituent des recrues naturelles pour ces mouvements.

Les réseaux islamiques constituent une véritable "école de la haine" ,où l’éducation de la haine est poursuivie systématiquement, martelée  et répétée indéfiniment. Mais il faut bien comprendre que ce sont  les choix du postulant qui sont premiers , inspirés par la haine et le ressentiment initiaux. Comme des étudiants choisissent leur filière d’études et ensuite adoptent les valeurs de leur monde professionnel, les individus qui choisissent d’écouter prédicateurs et instructeurs du djihadisme y trouvent fondamentalement un écho à leurs sentiments les plus profonds : ressentiment contre la société ,volonté d’effacer une part de leur existence considérée comme "nulle"et de la remplacer par un "être nouveau",construire un nouveau récit de leur vie , au prix éventuel de celle ci. Les officines islamistes proposent un produit tout fait , une identité neuve comme un faux passeport, à des gens qui ne veulent plus de leur identité réelle. Des jeunes  violents,déjà en rupture avec la société , peuvent être encouragés à approfondir cette rupture et recevoir des certificats d’héroïsme pour des actes barbares qui leur donnent un (bref)sentiment de toute puissance . La difficulté  de soutenir l’identité mélangée  des immigrés ou des beurs, la nécessité d’une capacité d’élaboration  de cette  situation génère des désirs de simplification, qui trouvent chez certains l’issue d’une réduction identitaire à un seul des termes. Ceci leur procure  le sentiment d’une sortie miraculeuse des contradictions angoissantes antérieures par ce  renversement radical.

Le monde est simplifié par une opposition manichéenne entre le Bien et le Mal. Le sentiment de toute puissance donné par la possession des armes et le "droit" de tuer  produit une exaltation qui efface le sentiment d’être un "perdant radical". Le candidat djihadiste peut se transformer en machine à tuer, jouir de la crainte qu’il suscite , avoir l’illusion de tenir tête à des états puissants, et se perdre dans la rêverie d’un monde purifié par l’éradication de ceux qui ne partagent pas son système d’idées , ennemis directs ou reste de la population considérée comme  complice , enfants compris.

La radicalité est toujours simplification , refus des complexités et des pluralités. Ceux qui choisissent de voir uniquement la face sombre du monde peuvent devenir des monstres, tueurs "fous" qui à un moment, sortent de l’humain qui ne les a pas apprivoisés. Des esprits pervers s’emploient à les y pousser. "Le Monde"  du Weekend  , en faisant sa Une  sur l’interrogation : fait divers ou fait politique ,tente de tordre le cou à la réalité: un attentat terroriste meurtrier, fait au nom de AlKhaida , n’ezst pas un fait divers , c’est un fait politique .Tenter de faire comme si il y avait un doute , comme si le terrorisme islamiste pouvait se ramener à un malaise social , et à une dureté de la société vis à vis des pauvres immigrés fait partie du déni pratiqué par la gauche ,et est un cheval qu’elle aurait bien voulu pouvoir enfourcher dans l’affaire Merah, dans la bataille des présidentielles.Dépitée de ne pas voir se confirmer ses premières hypothèses attribuant les attentats à l’extrême droite, la gauche se réfugie , pour une partie d’entre -elle , dans la mauvaise foi qui attribue à l’inéquité sociale la cause , et l’excuse, du terrorisme. On ne se refait pas

GB

LA TURQUIE EXPULSE L’AMBASSADEUR ISRAELIEN ET DEVELOPPE LA SURENCHERE ANTI ISRAELIENNE

septembre 3, 2011

La décision récente de la Turquie d’interrompre les relations diplomatiques normales avec Israël , sous prétexte du refus de celui -ci de présenter des excuses pour les citoyens turcs tués lors de la tentative de forcing du blocus de Gaza par "la flottille de  Gaza" , n’intervient pas à  n’importe quel moment . C’est juste  quand la commission d’enquête de l’ONU venait de rendre un avis très équilibré sur ces évènements ,critiquant l’excès de violence de la réaction israélienne , mais reconnaissant en même temps la légitimité du blocus et évoquant la dimension de provocation de la tentative de forçage du blocus que la Turquie , face à ce désaveu partiel de l’organisation internationale, franchit un pas dans l’escalade anti israélienne , et adopte un ton menaçant vis à vis  de l’Etat Hébreu. Elle va jusqu’à évoquer "la liberté de navigation à protéger par la force  si nécessaire" , sous entendant la possibilité d’une intervention maritime militaire de sa part, et la création possible d’un grave incident naval  continuant et aggravant  la provocation de forçage du blocus.

Ceci montre bien comment la carte de de la démagogie anti israélienne reste un mode opératoire   constant du monde islamique , auquel se rattache de plus en plus clairement le régime turc. L’anti-occidentalisme de plus en plus affiché , bien que en même temps démenti , apparaît comme un axe de plus en plus essentiel de ce régime .

On retrouve le double langage classique des mouvements islamistes qui  s’appuient sur une pseudo démocratie  pour être validés par les démocraties occidentales ,alors que ,même si ils trouvent un soutien majoritaire de leur population, ils masquent toutes les autres entorses à la démocratie (manipulations de l’opinion publique , inégalités des accès au moyens d’expression publique , menaces physiques et judiciaires contre l’opposition , privilèges accordés aux religieux dans l’éducation ,etc..).

La Turquie , qui a peu à peu renoncé à l’hypothèse d’une intégration dans l’Union Européenne , devant  le refus nettement posé  de la  France en particulier , largue de plus en plus tous les masques de civilité qu’elle avait maintenu pour cacher son orientation islamiste et remplace son rôle de candidate sage et bien intentionnée par un positionnement de plus en plus arrogant , persuadée d’être  une des futures grandes puissances du siècle , comme le Brésil ,la Russie  , la Chine et l’Inde.

Sauf que le désir de grandeur ne suffit pas à la réaliser , et que tout dépend de  à qui l’on se compare ; Il n’y a aucune commune mesure entre  les peuples continents que sont  les BRIC , leur élites intellectuelles et scientifiques  , leurs marchés immenses  et la Turquie , juste un peu plus évoluée que les pays du Moyen Orient, dont les contributions  à la science et la technique sont nulles , et qui ne se rend pas compte que développer l’islamisme est exactement le contraire de l’entrée dans un siècle ou la liberté de pensée et d’invention sera la clef de l’importance des nations.

La prise de position de la Turquie face à la révolte des Lybiens , qui s’est caractérisée par les réticences les plus grandes et l’opposition à toute intervention trop marquée  de l’OTAN , dont elle est pourtant membre, a montré la peur de l’influence occidentale , le désir de jouer contre cette influence ,tout en maintenant les apparences de l’appartenance à ce camp.

On peut imaginer la façon dont la Turquie , si elle était acceptée dans l’Europe, pèserait dans un sens anti européen dans la détermination de sa politique générale. Surtout  , l’alignement sur les forces anti démocratiques du Moyen Orient et de l’Afrique dans leurs tentatives ,plus ou moins avouées, de sauver la mise de Khadafi , montre le caractère purement formel de l’intérêt pour la démocratie de ce pays. Le discours pseudo-démocratique turc a surtout servi de paravent pour éliminer le pouvoir des militaires , certes anti démocratique , mais surtout attaché à la sauvegarde de la laïcité et seul barrage à la toute puissance des islamistes.Après le soutien à l’Iran ,dictature sauvage et rétrograde des religieux , c’est  l’essor d’une possibilité de démocratie dans un pays arabe que sacrifie  hypocritement l’islamisme turc , en essayant de chausser  les bottes trop grandes pour lui des grands pays émergents.

La logomachie agressive et prétentieuse de la Turquie montre la voie dans laquelle elle s’engage: pas celle de la modernité et de la liberté , mais celle de ses vieux démons ottomans: une politique anti européenne, la nostalgie d’une époque impériale au dessus de ses moyens , les traces d’un système de despotisme asiatique dont elle n’est pas vraiment dégagée et auquel la non admission dans l’Europe lui évite d’avoir à se confronter.

Bien sur l’Europe perd un marché de 80 millions d’habitants , mais elle y gagne la fidélité à elle même et à la démocratie dont l’usage en Turquie n’est que  la vitrine mensongère qui cache le retour de ses ennemis les plus acharnés: les islamistes. Le langage brutal , menaçant et provoquant de la nouvelle Turquie est bien , comme il l’a été dit au Parlement Allemand, celui d’un état voyou,voulant asseoir  son pouvoir régional sur  la force et la menace ,flattant les désirs des masses arabes qui rêvent  d’une confrontation aboutissant à l’éradication de l’Etat Israelien.

La violence verbale et l’agressivité anti israélienne sont là comme ailleurs le marqueur des pratiques de manipulation des masses qui sont le plus sûr indice des buts liberticides d’un régime. La Turquie , qui a été au début du 20ème siècle "l’homme malade" de l’Europe , serait avisée de ne pas confondre santé économique et santé politique : on ne soigne pas les pathologies profondes par des mouvements de menton.

GB

La Turquie démasque son jeu islamiste et renverse ses alliances.

juin 18, 2010

La fièvre propalestinienne et le flot de haine anti israélienne qui se développe dans le pays , attisé par le gouvernement qui multiplie les diatribes haineuses  après avoir organisé par le biais de l’organisation islamistes IHH , organisation pratiquement sous contrôle gouvernemental , le piège tendu à Israël , montrent clairement que les  islamistes qui ont pris la direction du pays ont décidé de tomber le masque.

Les indices se sont accumulés récemment ,provoquant l’inquiétude des Etats Unis, qui ont bien senti le virage en train de s’opérer . Les indices les plus importants ont été le refus de condamner l’Iran pour sa politique de fabrication de la bombe. Ahmadinejad est devenu "notre ami",la Turquie a soutenu la tentative du Brésil de brouiller les cartes pour empêcher des sanctions plus fortes pour faire pression sur l’Iran, se disant non convaincue de la volonté d’accès à l’arme nucléaire des iraniens; les relations avec la Syrie, dictature féroce mise au ban des nations pour sa stratégie d’assassinats politiques au Liban ont été réactivées. La Turquie n’a pas de mots assez doux pour ces régimes de terreur. Les relations avec la Russie ,sont aussi rééxaminées, quitte à faire des pas (limités) vers la "normalisation" avec l’Arménie , protégé de la Russie dans la région.

En clair,si notre alliée la Turquie est l’amie de tous nos ennemis , ou de nos adversaires, est elle encore notre amie?

Les Américains , avec une certaine dose d’égoïsme, ont tenté de pousser l’Europe à intégrer la Turquie pour  tenter de la freiner dans sa glissade  de recentrement moyen oriental , sans bien réfléchir au risque qu’il y avait à introduire le loup islamiste dans la bergerie européenne. Heureusement , la France  a exprimé clairement son refus de se laisser ligoter par les promesses inconsidérées faites par les bureaucrates européens , qui se sont enfermés dans leurs engagements initiaux.

Manifestement pour tout le monde , les négociations d’admission de la Turquie en Europe sont dans le coma,et la nouvelle orientation de la politique turque produit une telle inquiétude que  cela ne va pas améliorer l’état clinique du patient.

Cela a évidemment joué un rôle dans la réorientation de la stratégie internationale turque. Les dirigeants turcs ont longtemps tenté de garder deux fers au feu . Ils ont craint à une certaine époque  que la fermeture de l’option européenne ne donne un coup d’accélérateur brutal  aux tendances  islamisantes  dont ils voulaient  maîtriser  le rythme du développement . Nous y sommes. Le balancier est revenu du côté islamisant.

Le gouvernement turc a lâché les freins et  a même poussé la machine pour lui donner de la vitesse dans la pente, et le phénomène va s’accélérer.La surenchère avec les groupes ultranationalistes a commencé , et le gouvernement s’efforce de ne pas être en reste avec les ultras qui lui demandent de rompre avec Israël , La démagogie,la haine , la désinformation battent leur plein. Dans l’ atmosphère de nationalisme exacerbé  et de violence larvée qui se développe , ce sont les extrêmes qui ont la main.

La couche fragile de valeurs occidentales ( laïcité , droits des femmes, démocratie) imposée à la population par le Kémalisme (nationalisme autoritaire et laïque) et  adoptée par une partie seulement du peuple a été déjà entamée par le travail de sape mené par le gouvernement islamiste lui même . Tentative de réintroduction du voile dans les universités , exemple de la famille du chef du gouvernement Erdogan  voilée dans ses apparitions publiques, mise à l’écart des leviers du pouvoir des militaires qui s’estimaient garants de la préservation de la laïcité , le grignotage par le parti islamiste au pouvoir des "acquis" laïques a été constant, et a contribué  à frayer la route au renversement de références qui se met en place.

Si les faits ne suffisaient pas , la modification du langage suffirait à démontrer le changement q ui s’opère: le langage haineux et menaçant utilisé par les responsables politiques eux mêmes montre que l’on change de moeurs politiques. On voit réapparaître  l’excitation des masses par les discours outranciers, la phraséologie incantatoire , l’irrationalisme et la violence caractéristiques des habitudes politiques dans le monde musulman; . Le style du discours se rapproche déjà des discours  tenus dans la région.

Si le virage effectué par la Turquie , et qui n’en est qu’ au début ,a l’ avantage de régler par lui même la question de son admission en Europe, les dangers qu’il implique pour la paix régionale sont quand même très grands. Jusqu’où ira la réintégration du giron islamique par la Turquie? Plus inquiétant encore , c’est la capacité même d’une société culturellement  organisée par l’ Islam a assimiler les valeurs de démocratie , de liberté et et d’égalité qui est mise en question. Car si la Turquie , après 85 ans de laïcité et d’amitié avec l’Occident choisit de retourner en arrière , de se réislamiser, et de rentrer  dans la surenchère avec  l’Iran et l’Egypte dans l’idée de dominer cette région  de règne total de l’Islam , quelle chance y a t-il que d’autres pays , qui ne se sont jamais confronté à la démocratie et à la liberté ,adoptent ces valeurs.?

"L’homme fort" qu’est la Turquie va-t-il s’aligner sur les brutes de la région?

la volonté de domination et la haine, piliers des rêves fous des islamistes

avril 12, 2010

L’énigme posée à l’humanité par la vague de haine meurtrière qui a commencé à grandir dans le monde musulman parallèlement  au reflux des idéologies socialistes et tiers mondistes et à la croissance du fondamentalisme religieux ne peut pas être résolue  en l’ envisageant uniquement comme le produit direct de la religion islamique .

L’islamisme n’est pas la conséquence automatique du corpus  théorique de l’Islam , même s’il existe dans celui-ci des facteurs favorisant cette dérive . Il est plutôt la réponse trouvée par un petit groupe de penseurs politiques  doctrinaires qui , comprenant  que le socialisme n’apportait pas  de solution  au retard  croissant des sociétés musulmanes  et que  la démocratie nécessitait des siècles  avant de pouvoir   apporter ses fruits à la population, ont essayé de renverser la manière de poser les questions  en  substituant  une réponse identitaire à la question politique , économique et sociale posée par le retard des sociétés musulmanes.

Ce renversement complet de la façon d’envisager les problèmes était assez proche de la façon dont les nationalismes  ont pu être utilisés dans le passé pour  déplacer les problèmes politiques et sociaux vers des questions "affectives" de  fierté ou d’humiliations collectives , à cela près que ils ont parfaitement saisi que dans le monde arabo-musulman ,  la communauté religieuse était infiniment plus significative que l’appartenance à tel ou tel pays.

C’est un nouveau paradigme politique qui s’est ouvert à ce moment , de la même façon que dans l’entre deux guerres, la naissance des fascismes européens à complètement bouleversé le système classique des partis politiques , opérant un mixage  de différents éléments qui a complètement désemparé  les mouvements traditionnels , incapables de comprendre cette logique autre et donc de trouver la parade à son succès foudroyant auprès des masses.

Le fondamentalisme religieux qui s’est développé   massivement parallèlement, sans être lié directement à la volonté de prise de pouvoir politique était le produit des mêmes sentiments   d’échec culturel et d’infériorité civilisationnelle  que  ceux sur lesquels s’était bâtie la réaction politique islamiste.

La  défaite soviétique en Afghanistan ,la prise de pouvoir en Iran ,la démonstration de la fragilité des pouvoirs arabes  ( Liban , Algérie,) ont donné le sentiment  aux groupes islamistes que le pouvoir était à leur portée . Le fondamentalisme religieux et l’islamisme politique ont commencé à marcher la main dans la main , s’appuyant l’un et l’autre sur les blessures d’orgueil identitaire répandues dans le monde musulman  de plus en plus confronté  à son infériorité dans de nombreux domaines face à l’Occident .

La religion , facteur d’identité collective forte , comme elle avait pu l’être en Europe dans les siècles précédents , procurait un socle de certitudes partagées qui permettait de masquer les incapacités de ces sociétés  a s’adapter aux nécessités du monde moderne. Au contraire , c’est "le grand bond en arrière" , pour reprendre le mot de Martin Amis , qui était choisi , une forme de déni de la réalité  qui conduisait à s’enfermer dans un monde de plus en plus clos et contraint à de plus en plus de violence pour éviter la confrontation avec  cette réalité .

C’est ce qui apparaît dans les croyances quasi délirantes de  certains islamistes qui n’hésitent pas à annoncer la venue, non pas du Messie , mais d’un nouveau califat en Europe par exemple , dans des propos menaçants et d’une arrogance étrangère à tout sens des réalités.

Mais cette arrogance et cette injonction de se soumettre à eux, font écho au système politique des "dhimmis" , c’est à dire  au statut d’inférieurs réservé aux non musulmans dans les sociétés musulmanes , ou ils sont tolérés mais au prix de certaines mesures vexatoires délibérément établies pour montrer le statut supérieur de n’importe quel musulman sur les non-musulmans et la place de dominés de ceux-ci.

C’est cette division du monde  en dominants et dominés  qui structure toute la vie traditionnelle islamique : l’homme domine le femme , le père domine l’enfant, le dirigeant domine le simple citoyen , le musulman domine le non musulman. Quand il n’y a personne à dominer , on n’est plus rien.

Le modèle anthropologique , c’est le caïd , ou plutôt le despote asiatique.  C’est ce qui fait que le musulman qui a perdu son pouvoir sur  tout le monde devient le "perdant radical" qui peut penser à  un meurtre suicidaire . Il ne peut que rêver d’un retour du temps béni d’avant la rencontre avec le monde occidental moderne qui lui enjoint de cesser de dominer sa femme et ses enfants et de les traiter en égaux , qui lui interdit de se prétendre supérieur aux juifs et aux chrétiens et renverse même ce rapport de supériorité en rapport d’infériorité.

C’est la source de la haine que cultivent les militants islamiques pour les Juifs et les Chrétiens : non seulement ils sont des  tenants d’une foi qui conteste la leur, ce qui justifie leur élimination, mais profondément , ils sont les tenants d’un ordre social qui prive  les musulmans de tout pouvoir de domination ,ce qui équivaut pour ceux ci à subir eux mêmes une domination. Les islamistes ne se privent pas de rappeler  obsessionnellement l’âge d’or des conquêtes musulmanes , celui de la propagation par la force de cette religion. Cette nostalgie d’une restauration  de l’époque ou la domination par la force pure procurait les délices de la toute puissance nourrit les rêves  de compensation à la faiblesse réelle , et  ceux de violence sans limite exercée par le dominant sur le dominé.

Le Juif et le Chrétien ne sont pas seulement  ceux qui tiennent pour   barbare le système  de violence  et d’oppression qui structure la vie traditionnelle musulmane, et qui lui opposent l’égalité et la liberté , au moins théoriques, de leur culture. Ce sont aussi des envahisseurs, puisque le sol musulman est sacré et réservé aux seuls musulmans , et des tentateurs qui essayent par leur liberté sexuelle de pervertir les nobles principes religieux musulmans .

Martin Amis , dans son livre intitulé ; "Le second avion" , recueil de ses réactions après le 11 septembre , raconte de façon extrêmement drôle , la façon dont le fondateur de l’islamisme , Quotb ,  s’est senti agressé , selon son propre récit ,  par la présence d’une Américaine attirante  , et comment , à la façon d’un inhibé effarouché , il s’est sauvé et a conçu un système dénonçant la perversité des femmes occidentales.

Le système religieux de l’Islam, qui peut fournir , comme d’autres systèmes religieux ,un  échafaudage de pensée justifiant la supériorité  de ses partisans  sur le reste du monde  ( les peuples élus ) et donner une caution  au statut infériorisé de la femme ( les hommes ont presque tous les droits , les femmes presque aucun) . est le discours apte à mobiliser  tous les candidats à la domination , tous les privés de prestige et de pouvoir qui enragent à la recherche d’une idéologie leur promettant une revanche radicale , dans ce monde en attendant le suivant.

Car l’attirance des masses musulmanes pour ce discours leur promettant d’être enfin ce dont ils rêvent : de nouveau , les maîtres de l’humanité,  n’est pas seulement  l’effet de la résistance à l’effritement des structures sociales claniques et féodales . C’est aussi la réponse aux voeux profonds de toute puissance et de jouissance dans l’exercice de la domination dont ils voient  le spectacle  réverbéré en permanence dans le miroir de leur société.

Le discours religieux , comme celui de tous les fondamentalismes , devient la carapace secrétée pour faire barrage à la réalité , l’armure de mots et de rites  qui rend  invalides les faits au profit de l’interprétation toute puissante tirée des textes sacrés, et qui protège de la dépression totale ou du délire.

Et le pouvoir des ayatollahs , comme celui des terroristes , est un exemple  de pouvoir exercé sur les autres ( les candidats au suicide , qu’on envoie à la mort en dominant leur esprit , et les victimes impuissantes  qu’on tue ou mutile comme le feraient des archanges de la mort).

L’idéologie religieuse ,  marqueur identitaire et matérialisation de la tradition qui constitue l’ horizon des références à défaut d’un espace pour penser  les complexités de la modernité , est , au delà de l’armature mentale qu’elle donne à leur pensée  , pour les chefs religieux ou politiques , le support de leurs ambitions immédiates ,  le relais auprès des masses en demande  d’illusions cachant la faillite de leurs systèmes politiques et sociaux et la misère de leur destin. Ce sont ces masses qui sont l’arme de  la conquête du pouvoir (parfois au sens concret : des missiles humains) ,  et aussi les premiers sur qui il  s’exerce . Leur présenter comme atteignables leurs rêves conscients ou cachés est toujours un calcul gagnant , pour un temps.

Après , si le pouvoir est conquis , la situation change , et la terreur peut s’exercer sur ceux qui l’ont mise au pouvoir.  L’ utopie , toujours fondée sur l’espoir de la réalisation des rêves , conduit toujours , par oubli des réalités , à de  plus en plus de violence pour empêcher  le retour de ces réalités. L’utopie islamiste , elle , commence , se poursuit et finit par la violence et le meurtre.

La volonté de puissance nihiliste , point commun du terrorisme islamiste et de la terreur nazie

mars 28, 2010

Klaus Mann , le fils de Thomas Mann ,  dans un de ses écrits anti -nazis publié sous la forme d’un recueil intitulé "Contre la barbarie" , racontait comment il s’était par hasard  trouvé assis dans une brasserie munichoise à quelques mètres de Hitler et s’interrogeait sur la façon dont le monde avait pu laisser un personnage aussi minable développer son système de crime et de folie . Il faisait déjà preuve d’une immense lucidité, à l’époque ,  en dénonçant sans relâche  les lâchetés et les bassesses des intellectuels qui se ralliaient ou faisaient preuve d’ambigüité vis à vis  du discours mensonger, criminel et ennemi de toutes les valeurs spirituelles et civilisées tenu par les nazis , et en révélant les deux ressorts fondamentaux de Hitler  ( dont il disait , reprenant la critique d’un autre , qu’il n’y avait pas à en faire la caricature tant il était lui-même sa propre caricature):

- un égocentrisme monstrueux, dont il avait lu la présence dans ce regard froid et vide qu’il avait croisé dans cette brasserie

–sa volonté de détruire tout ce qui l’entourait.

Dans sa lucidité prémonitoire, Klaus Mann avait perçu  ce qui était fondamental dans le nazisme , derrière le bazar idéologique raciste et nationaliste : le fait que tout cela pouvait être  toujours abandonné d’un instant à l’autre si la recherche du pouvoir l’exigeait – et malheur à l’idiot qui prenait au mot  ces idées ou ces déclarations. Les seuls nazis intelligents étaient ceux qui comprenaient que tout cela n’était que l’habillage nécessaire à la pure volonté de puissance , qui s’exprimait d’ailleurs  dans le discours  idéologique sur les êtres supérieurs et les êtres inférieurs , et dans le pouvoir absolu de vie et de mort résumé  dans le mot ou le geste -gauche -droite – qui dans les camps décidait de la vie ou de la mort des êtres humains.

La volonté de puissance nue, exprimée  dans le sadisme des rapports à l’intérieur du système lui même , comme dans l’idéologie débile du surhomme ,et dans la réduction  de l’existence aux purs rapports de force , ne pouvait conduire que à l’anéantissement de l’Autre indéfiniment renouvelé.

Klaus Mann l’avait parfaitement compris en disant très tôt après la guerre que même si les nazis avaient gagné la guerre contre les Américains et les Russes , , ils se seraient trouvé d’autres adversaires à combattre ( y compris dans leurs rangs s’il le fallait) par ce que justement la volonté de puissance ne s’éprouvait que dans l’anéantissement de l’autre répété à l’infini.

En même temps , la compréhension fulgurante qu’il avait eu , en un regard , de la minabilité de Hitler  donnait la clef de cette volonté de puissance exacerbée jusqu’au crime de masse: la "banalité du mal"  développée par Hannah Arendt était  l’effet de la médiocrité humaine  fondamentale de ces nazis  et du refus de se reconnaître en elle : La galerie de médiocres grotesques des dirigeants nazis est édifiante : Eichmann , le bureaucrate obséquieux ,Himmler , le "surhomme" grassouillet ,  Goering , l’obèse vaniteux , etc… Tous ces hommes, pour avoir le sentiment d’exister , ont choisi de se surpasser dans le Mal, à défaut d’être capables du Bien. C’est ainsi que se constitue une collection de cas de nihilistes , ivres d’orgueil et de toute puissance , choisissant d’être par le pouvoir de tuer , de détruire , de terroriser,et d’anéantir et jouissant de ce pouvoir.

C’est là que gît la nature perverse du nazisme et du terrorisme : ils sont pur plaisir de dominer , de maîtriser  , de faire souffrir et de détruire l’ Autre , pure jouissance tirée  de la haine déclenchée par le fait que l’ Autre existe malgré eux et mieux qu’eux.

On rejoint par là la thèse de H.M. Enzensberger sur le "perdant radical"  qu’il définit comme celui  qui a l’impression  de n’avoir aucune des raisons de de satisfaction qu’ont les autres ( réussite personnelle , familiale , sociale ) -le raté intégral qu’était Hitler , peintre raté et clochardisé – et qui est envahi par la rage et la haine contre les autres qui ont réussi ou qui ont au moins une part de satisfaction dans la reconnaissance d’un statut valorisant quelconque : machisme de certains groupes , orgueil des "petits blancs" de faire partie d’une "race supérieure" ,etc.

C’est ce qui se passe dans l’univers des terroristes islamistes , ou l’on voit se dessiner une opposition entre les petits soldats que l’on envoie se faire sauter,  qui croient  dans le fatras idéologico- religieux qu’on leur administre , et sont poussés par la rage et l’humiliation de leur sentiment de non existence , et la haine de voir les autres exister tranquillement à côté d’eux, et  les dirigeants , qui vivent une épopée du Mal , jouissent de faire irruption sur la scène de l’Histoire et des médias , prennent la mesure de leur puissance par les difficultés des démocraties à trouver la parade à  leurs techniques de meurtres de plus en plus raffinées ( les dernières trouvailles étaient les explosifs cachés dans l’anus des terroristes et  les explosifs liquides injectés dans la poitrine de femmes -kamikases).

Là encore , on retrouve  dans l’idéologie d’Al Kaïda (à distinguer du simple intégrisme musulman) des similitudes avec l’idéologie nazie : la domination de la religion musulmane  comme but à remplacé la domination de la race germanique , le "complot"  sionisto-américain  a remplacé le complot judéo-ploutocratico américain , la démocratie est méprisée comme il y a 60 ans et ses faiblesses  exploitées cyniquement .

La seule différence est la détermination des puissances occidentales – malgré l’existence d’un courant pacifiste dans les pays européens qui refuse l’idée de se battre contre le danger et préfère se fermer les yeux , à l’image des munichois de 1938 , inconscients des immenses souffrances qu’allaient leur infliger – en plus du déshonneur – leur lâcheté et leur aveuglement.

Comme à l’époque des nazis , il n’existe pas d’alternative. La lutte ne cessera que par la destruction de l’un des protagonistes.

Klaus Mann disait que "Hitler n’était pas un génie du Mal ni un surhomme diabolique.Il était simplement  d’une méchanceté peu commune et un peu cinglé".

On peut ajouter que les hommes  sont souvent prêts à suivre ceux qui flattent leurs pulsions insatisfaites , ce que savent  tous ceux qui veulent le pouvoir , et que Hitler avait compris quelles étaient celles de la masse du peuple allemand, comme les dirigeant terroristes islamistes  comprennent les frustrations  , les humiliations et les souffrances des masses musulmanes. La volonté de puissance est une composante  fondamentale de l’humain. Elle rejoint quand elle devient un but en soi la pulsion de mort imaginée par Freud ,pulsion de haine et de destruction , et de lutte contre l’Esprit.

Le terrorisme islamique de notre époque montre que les masques que peut prendre la recherche perverse de cette jouissance  sont infiniment variés et renouvelables et que tous les peuples peuvent céder à l’appel des sirènes séductrices de la volonté de puissance , même les plus cultivés et les plus éduqués , comme les peuples européens de l’entre -deux- guerres.

Le peuple juif et le peuple noir américain: deux peuples parias, témoins de l’inhumain dans la civilisation

mai 8, 2009

Le peuple noir américain et le peuple juif  ont en commun l’expérience, dans leur histoire et dans leur mémoire, de la négation de leur humanité et du mépris et de la haine racistes portés au point le plus extrême.

L’un et l’autre ont connu , sous des formes différentes,l’exil forcé, la ségrégation sociale par la mise en place de ghettos,la haine poussée jusqu’au meurtre, la négation de leur humanité par les cultures dites civilisées.

L’un et l’autre ont développé des stratégies de survie et de résistance  aux pratiques de ségrégation et d’humiliation,appuyées sur l’utilisation de la force et de la terreur par des sociétés ou ils  se trouvaient dans un statut de minorité sans moyens de défense.

L’un et l’autre ont lutté pour pouvoir occupper une place à part entière dans ces sociétés, ce qui a produit une division dans ces pays entre les forces agrippées à la préservation de cette exclusion, et celles soucieuses  de défendre les  principes de respect humain  qui étaient au fondement de leurs valeurs,

Ces deux peuples sont ainsi devenus les témoins vivants de la capacité de clivage des sociétés humaines autour de groupes minoritaires qui polarisent frustrations,haines, besoin d’affirmation de soi et désirs de destruction de l’autre, égoïsmes sans retenue et volonté d’abuser de sa force, dans l’oubli total de toutes les valeurs morales  fondées sur la reconnaissance de la valeur humaine de chacun.

Les deux peuples ont éprouvé la souffrance de constater la fragilité des constructions morales de la civilisation,la capacité de cruauté infinie qui existe chez l’homme et  dont aucune culture ne met à l’abri, l’aptitude de l’être humain à oublier l’empathie  et l’identification à l’autre qui sont au fondement même de la nature sociale des hommes, dès qu’un indice de différence est élevé au rang de différence d’essence avec l’autre;

Tous les deux ont pu constater la capacité de résurgence de la sauvagerie humaine  , en particulier quand des forces politiques s’emparent des passions mauvaises qui existent en l’homme et s’en servent comme support pour leur conquête d’un pouvoir, utilisant la très ancienne recette du bouc émissaire comme moyen de manipulation des esprits.

Surtout, tous les deux ont été contraints de lutter contre l’incroyable force du préjugé, qui semblait renaître chaque fois  qu’un de ses éléments avait été abattu, montrant la faiblesse  de la rationalité face à l’empire des croyances et des passions.

En même temps, chacun des individus de ces peuples a  combattu pour maintenir le sentiment de sa dignité personnelle contre la volonté de la lui ôter, et, de façon différente  dans les deux cas, la religion a constitué un support pour le maintien de cette dignité. Pour les Juifs, dans l’attachement indéfectible aux commandements éthiques  qui signifiaient la  véritable valeur humaine de ceux qui s’y soumettaient;pour les Noirs, dans la consolation d’un système chrétien qui affirmait la valeur égale de tous les humains au regard du Christ, et l’idéal d’un amour pour l’homme à l’opposé du  traitement bestial qui leur était imposé.

Ces situations ont été différentes de la simple  cruauté des vainqueurs sur les vaincus dans les innombrables conflits inter humains, où les vainqueurs pouvaient abuser de leurs victoires, mais n’avaient pas besoin de nier l’humanité de ceux qu’ils avaient vaincu.

Mais cette fondamentale similitude dans les destins ne cache pas certaines différences.

La première était que la différences des Noirs était visible, alors que celle des Juifs ne l’était pas toujours, ce qui  suscitait d’ailleurs un surcroît de méfiance et de paranoïa à leur égard.

La deuxième était que les Juifs  avaient pu accéder à l’instruction,privilégiée par leur rapport au Livre, ce qui avait permis à certains d’entre eux d’accéder aux élites , intellectuelles ou commerciales de la Nation, statut pouvant toujours d’un moment à l’autre être remis en question, mais source d’un sentiment d’envie dans leur entourage.

La troisième est  que la misère économique à laquelle étaient réduits les Noirs avait ajouté un  fossé culturel et sociologique au fossé racial et rajouté des  facteurs supplémentaires au préjugés d’infériorité développés à leur encontre.

La situation actuelle est paradoxale avec l’apparition d’un antagonisme communautaire aux Etats Unis entre Noirs et Juifs, dont  des échos étouffés arrivent en France avec  la tentative  de Dieudonné de créer un vrai mouvement antisémite chez les Noirs Français, tentative coïncidant, sans qu’il n’y ait aucun hasard à cela , avec le premier assassinat antisémite commis en France depuis la 2 ème guerre mondiale (si on exclut les assassinats liés à l’exportation du terrorisme proche-oriental), celui de Ilan Halimi, et qui est le fait d’un Noir.(affaire du "gang des barbares")

L’explication de ce ressentiment des Noirs à l’égard des Juifs  se trouve dans deux facteurs. Le premier et le plus important est le développement de l’influence de l’Islam dans la communauté noire.Ce développement de l’Islam est lié à la signification de refus des valeurs américaines que prend cette  adhésion , contre pied absolu à la religion chrétienne , identifiée par les extrêmistes noirs à l’idéologie des "bons noirs"  qui rêvent d’intégration à la société américaine. La haine des exclus trouve  dans ce rejet des valeurs  religieuses américaines une façon de chercher une identité par l’opposition à tout ce qui est identifié à la culture des Etats Unis. Les prédicateurs musulmans reprennent les clichés antisémites les plus éculés, et la propagande la plus grossièrement mensongère, jusqu’à prétendre que ce sont (evidemment) les Juifs qui on été les principaux metteurs en oeuvre de la traite des Noirs.

Le deuxième facteur était, jusqu’à l’élection de Obama, la conviction de la communauté noire que , contrairement à ses espoirs, et en particulier à ceux nés de l’"affirmative action" visant à promouvoir l’accès des Noirs à des filières scolaires ou d’emploi jusque là inaccessibles,elle restait enfermée dans un cercle de misère auquel les autres minorités (hispanique, asiatique) échappaient rapidement, accédant plus rapidement aux cercles aisés ou dirigeants de la société. La comparaison avec la communauté juive, largement intégrée aux couches aiséees , lui donnait par comparaison, le sentiment que les Juifs étaient  une minorité  avantagée par rapport à elle même.

L’élection de Obama, par la révélation stupéfiante qu’elle apporte de l’évolution  des esprits en Amérique, par le fait de confier la responsabilité suprême du pays ( et en partie du monde) à un Noir change  fondamentalement la vision d’exclusion des Noirs quant à leur place dans la société américaine, et dans la représentation qu’en ont les Américains.

Quelle que soit la  soi-disant compétition victimaire des deux peuples, ils restent tous les deux marqués dans leur chair et leur mémoire par le sceau du préjugé négateur, et par la lutte pour faire reconnaître l’humanité , c’est à dire le respect des humains, comme la valeur fondamentale de la civilisation, celle qui fait la ligne de partage entre civilisation et sauvagerie.

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DURBAN2: L’ANTISEMITE NEGATIONNISTE AHMADINEJAD PROVOQUE LE MONDE CIVILISE A LA TRIBUNE DE L’ONU

avril 21, 2009

Comme  on pouvait s"y attendre,  et comme à l’habitude, le président de la République Islamique d’Iran a profité de la tribune que lui offrait l’Onu pour éructer son  discours de haine et d’incitation  à l’agression contre l’Etat d’Israël, avec le soutien des états islamiques et des dictatures les plus grossières du monde.

Le monde de l’ ONU est bien un monde loufoque où la commission des libertés est dirigée par  la Lybie de Khadafi, assistée par le Vénézuela de Chavez et Cuba de Castro, tous  respectueux des libertés comme chacun sait, et où  la Conférence sur le racisme confirme  la puissance des états les plus racistes(racismes anti-femmes, anti juifs, anti homosexuels), et désireux de faire adopter des résolutions empêchant la liberté de pensée (sous prétexte de lois "anti blasphème") permettant de réduire au silence toute  contestation de leur prosélytisme ou de la mainmise des religieux sur leurs états ou leurs communautés.

Ceci confirme l’alliance de fait des dictatures politiques, jusqu"aux plus barbares, isolées face au monde libre, et des régimes  plus ou moins islamiques d’Afrique et du Moyen Orient  qui  refusent les Droits de l’Homme présentés comme , comble du paradoxe, une insupportable marque d’impérialisme de la part des anciennes puissances coloniales, alibi démagogique à tous les obscurantismes, toutes les violences, et toutes les atteintes aux droits élémentaires.

L’ONU  donne ainsi  une représentation de l’état du monde actuel dans lequel les régimes les plus infâmes non seulement ne font plus profil bas, mais au contraire se permettent le luxe de ridiculiser les états libres, devenus numériquement minoritaires, et de développer leurs discours de haine et de barbarie  avec l’aplomb de gangsters narguant les policiers qui ne peuvent pas les attrapper.

Mais le côté le plus inquiétant de tout cela, c’est le sentiment d’impuissance des démocraties face à l’impudence des dictatures, fortes de leur contrôle sur leurs populations et de leurs richesses économiques, et la gangrène des institutions internationales qui s’ensuit, par le détournement de leur esprit et le cynisme de leur utilisation.

On ne peut pas s’empêcher d’établir un parallèle avec l’entre deux guerres, à l’époque où la faiblesse des démocraties avait laissé le champ libre aux fascismes européens qui avaient manifesté le même mépris des libertés,la même arrogance provocatrice convaincue que les démocraties plieraient devant la force brute, la même absence de scrupules meurtrière et la même démagogie effrénée que les régimes islamiques actuels.

Mais surtout, c’est l’Iran qui constitue la source d’inquiétude maximale. Sa volonté inexorable d’établir son hégémonie sur la région en unissant les extrêmismes sunnites et chiites, sa marche déterminée vers la possession de la bombe qui lui permettrait de tenir sous la menace, renforcée par sa progression dans la possession de vecteurs balistiques pour les armes nucléaires, les pays de la région et même les pays  Européens, ses menaces sans cesse réitérées de destruction de l’Etat d’Israêl, en font l’équivalent de l’Allemagne nazie dans les années 30-40. Comme celle -ci s"était appuyée sur le ressentiment des Allemands écrasés par le Pacte de Versailles, l’Iran développe un discours flattant  un désir de revanche propre à mobiliser le monde musulman enfermé dans son refus de la modernité et son sentiment de frustration et d’échec, en lui fournissant le bouc émissaire propre à le déculpabiliser et à libérer toutes les pulsions de haine: Israël. Comme l’Allemagne nazie, l’Iran manipule en sous main les communautés chiites ainsi que les Allemands l’avaient fait avec les communautés germanophones en  Europe,  et exaspère les conflits  pour étendre son influence. De la même manière que Hitler, elle crée  un régime de terreur qui éradique toute opposition au régime et ne laisse de marge de manoeuvre que à l’intérieur du système, développe unsystéme politique ou le pouvoir religieux, comme le Part nazi ou le pouvoir bolchevique,  double et contrôle à tous les étages les instances légales politiques, sous la férule du "Guide Suprême", titre très semblable à celui de "Fuhrer", même si il n’y a pas la part de dévotion fanatique obligatoire à sa personne qui existait dans le nazisme. Mais plus profondément encore, pour justifier le régime auprès de la population, la République Islamique propose à son peuple la promesse de satisfaire son besoin de puissance, dans la démarche propre à de nombreuses dictatures, qui échangent le renoncement du peuple à la liberté contre l’ivresse du sentiment de puissance collective tirée  de l’arrogance internationale et de la politique de force pratiquée sur les peuples adjacents. La logorrhée arrogante et provocatrice de Ahmadinejad répond très profondément à ce désir de puissance frustré du monde arabe, qu’il cherche à séduire, comme à celui du peuple iranien lui-rmême. C’est toujours trop tard que les peuples comprennent le prix qu’ils ont à payer pour cette stratégie de l’arrogance et du mépris. Surtout, ce que l’Histoire a montré, c’est que le plus souvent, ces démagogues, entraînés par leur propres discours et leurs premiers succès, finissent par y croire eux mêmes -comme Hitler_ et entraînent avec eux  dans la catastrophe leurs pays tout entier, après la phase de réussite initiale.

En même temps, comme ils baillonnent tout discours critique, à aucun moment ils ne peuvent entendre quoi que ce soit qui remette en question leurs choix, car toute critique est immédiatement assimilée à une trahison. Au fond, les petites dictatures modestes qui ne gênent personne sauf leur propre peuple, peuvent survivre longtemps,comme les dictatures nord coréenne ou cubaine. Mais dès que elle sont prises de mégalomanie, ce qui est une pente très fréquente, le compte à rebours de leur existence commence.

La différence entre l’Allemagne nazie et l’Iran, c’est que l’Allemagne était une puissance industrielle,technique, économique, et militaire énorme, et que  son erreur a été de vouloir s’attaquer à toutes les puissances mondiales ,y compris au super grand qu’étaient déja les Etats Unis. L’Iran n’est qu’un pays retardé  technologiquement ,en proie à des difficultés économiques majeures malgré ses ressouces énergétiques , militairement archaîque, et dont l’importance est surtout liée à sa capacité de nuisance, plus qu’à une puissance  réelle. Les Iraniens joueront ils à la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, ou sauront ils s’arrêter à temps? La stratégie de la guerre asymétrique pourra t elle s’appliquer à un Etat et non à une guérilla? La stratégie de la dissuasion du faible au fort, base de la stratégie nucléaire française pourra -t-elle s’appliquer à l’Iran, et les Etats -Unis laisseront ils se développer une telle menace sur leurs intérêts stratégiques. Nous le verront dans le cours de l’année qui vient, car là aussi, le compte à rebours a commencé.

Le monde civilisé retient son souffle.

JACQUES CHIRAC A L’ATTAQUE DES NEGATIONNISTES

mars 28, 2009

(D’après l’article de Sophie de Ravinel, dans Le Figaro du 28-03-2009)

A l’UNESCO,Jacques Chirac a apporté un soutien appuyé au projet Aladin, initié par la Fondation de la mémoire de la Shoah, projet destiné à lutter contre le négationnisme, en particulier dans les pays arabes, en rendant accessibles en arabe, sur Internet, des informations objectives sur la Shoah et sur les relations judéo-arabes.

"Le drame de la Shoah interdit l’oubli.Il impose la pudeur. Il fait exploser la colère au coeur de chaque homme de bonne volonté, lorsque la Shoah est contestée." a-t-il déclaré.

"Il a insisté sur le fait que’il ne s’agissait pas de "faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n’est pas la leur"… mais qu’il était important "de faire connaître la Shoah, pour la faire sortir du silence que l’on a fabriqué autour d’elle dans beaucoup de pays"

"Evoquer la Shoah risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l’existence d’Israël. Alors, on l’a cachée."

Jacques Chirac s’est inquiété du fait que "les conflits incessants du Proche Orient sevent aujourd’hui de prétexte à une nouvelle haine d’Israël. Elle est en train de devenir une nouvelle haine des Juifs. Cette haine se répand. Elle peut être le début d’un nouveau cauchemar. Il n’y aura pas de paix au Proche-Orient tant que il n’y aura pas reconnaissance et acceptation de l’Etat d’Israël.. Mais il n’y aura pas de reconnaissance mutuelle réelle sans assentiment des peuples(…)sans une compréhension plus intime."

Jacques Chirac ne s’est pas adressé que à cette partie du monde, disant que "nul pays, nulle culture ne sont immunisés  contre la tentation du génocide".."Nous ne devons jamais accepter comme démocratiques les partis qui propagent la haine. L’accord trouvé entre libéraux, démocrates chrétiens, socialistes et communistes dans l’après guerre pour rejeter les partis de la haine doit être considéré comme un acquis définitif de la démocratie européenne."

Ces propos étaient une réponse claire  aux nouveaux propos provocants de Le Pen , réitérant son affirmation que les chambres à gaz étaient "un détail " de la seconde guerre mondiale? ce qui a entraîné une  décision des partis européens démocratiques de modifier le règlement de l’assemblée européenne pour empêcher la possibilité que Le Pen puisse en devenir président, au bénéfice de l’äge.

JUIFS ET CHRETIENS: LE DEBAT ENTRE A.FINKIELKRAUT ET P.THIBAUD

mars 6, 2009

A partir de l’entretien publié par Le Monde du 12/11/2007 Le débat s’engage sur ce qui a changé entre chrétiens et juifs depuis les lendemains de la Shoah. AF reconnaît que depuis cette période l’Eglise a rompu avec ce que Jean XXIII appelait "l’enseignement du mépris". Il expose sa théorie qui est que, "hérité de Saint Paul,le mépris chrétien visait le "juif charnel". Il se fondait sur une opposition tranchée entre l’esprit et la chair. L’esprit, c’était la foi. Et la chair, c’était principalement deux choses:la filiation et la convoitise" Ce qu’il entend par la chair, c’est non seulement la concupiscence,le désir, dont on ne voit pas très bien pourquoi les juifs seraien les seuls porteurs,mais leur attachement à l’origine, à l’héritage, et le refus de l’universalisme chrétien ,de ce que il appelle "la religion de l’humanité" , conçu comme une vision abstraite,"désaffiliée et déterritorialisée"(P.T.). A.F. se livre à une attaque en règle contre cette "religion de l’humanité", c’està dire "l’universalisation du semblable" et " la condamnation de tout ce qui divise ou sépare les hommes" Il développe l’idée que l’Europe, "née à Auschwitz", s’est bâtie sur une conception selon laquelle elle devait se "désoriginer", se défaire d’elle même et ne garder de son héritage que les droits de l’homme; "Vacuité substantielle, tolérance radicale" tel est, dit il,d’après le sociologue Ulrich Beck, le secret de l’Europe. Nous ne sommes rien, c’est la condition préalable pour que nous ne soyons fermés à rien ni à personne. Développant cette critique de l’universalisme abstrait , qui refuse le droit à la particularité au nom d’un moralisme impersonnel, il dit que ce nouvel universalisme bien pensant fait honte aux juifs de garder leur attachement à leurs racines, à leur être historique. Ainsi en arrive t’on selon lui, à ce paradoxe que" l’Eglise abandonne la réprobation du juif "charnel" et que la démocratie la reprend fièrement." C’estcette "nouvelle religion "qui fait le procès du donné, de l’appartenance,bref de la chair et des juifs qui s’entêtent à lui demeurer fidèles. La deuxième partie de l’entretien part de la préparation d’une nouvelle conférence internationale de Durban. La première, on se rappelle, avait donné libre cours à un déchaînement de haine anti occidentale, antiisraelienne et antijuive, orchestré par les délégations du tiers monde noyautées par les lobbies islamistes, sous pretexte de lutte contre le racisme et l’intolérance.A.F. exprime sa crainte que, s’il n’y apas de réaction des pays occidentaux et de la France, Israel et l’Occident soient encore plus les boucs émissaires des malheurs de l’Afrique et de la stagnation du monde arabo-musulman. Comment réagir à ceux qui désignent notre civilisation comme leur ennemi? "Ce n’est pas nous qui choisissons notre ennemi, c’est l’ennemi qui nous choisit " dit il en citant Carl Schmitt . "Devons nous réagir? Ceux qui s’y refusent, en tous cas ne sont pas animés par l’esprit de paix, mais par une autre idée de la guerre: la guerre civile mondiale qui oppose les dominés aux dominants, c’est à dire l’axe Washington-Tel-Aviv. La révolte des dominés, dans cette optique est légitime, et ses formes les plus violentes toujours excusables. Et bien non, l’Occident ce n’est pas seulement la domination, ce n’est pas seulement le crime,, c’est un monde qui mérite d’être entretenu et perpétué. Le troisième axe de l’entretien est la reprise par A.F. de ce qui, selon lui, "caractérise les grands penseurs juifs du XX ème siècle:Levinas, Harendt, Jonas; c’est à dire leur insistance sur le thème de la responsabilité. Répondre del’Autre, répondre du monde, répondre de la culture et de l’expérience des belles choses, et répondre de la terre; il ne s’agit plus de réaliser les grandes espérances, mais d’être ému et requis par la fragilité." Cette proposition qu’il fait "d’humanité à l’humanité a du mal à se faire entendre, car ce qui règne aujourd’hui, c’est le cynisme associé au sentimentalisme". La conclusion est tirée parP.T. qui cite Tocqueville disant que le patriotisme est la première des vertus -pas la plus haute. La première, celle qui déclenche toutes les autres, l’implication politique étant pour lui le moyen classique de faire échapper la morale à l’abstraction, pour qu’elle devienne exigence vécue et partagée. Lien recommandé: interview de A.Finkielkraut dans la revue d’ethnologie "TERRAIN" numéro consacré aux nations, en Europe,dans lequel il évoque l’évolution de sa pensée sur l’opposition Lumières/Romantisme depuis son ouvrage: La défaîte de la pensée (octobre 1991) http://terrain.revues.org/document3013.html

La haine antijuive attisée par certains médias et les islamistes s’étend avec la complicité de l’extrême gauche

janvier 11, 2009

Le Monde du 11/01/09 rapporte une information stupéfiante: à La Haye,la gauche radicale, le Socialistische Partij , "qui compte une forte représentation parlementaire, a participé activement , il y a quelques jours, à un défilé qui clamait :"Hamas,Hamas, les juifs au gaz".

Que les masses arabes, travaillées par les images en boucle de Al Jazeira, montrant des enfants ou des civils victimes de bombardements, laissent déborder de la colère et de la rage impuissante peut se comprendre.

Mais que des organisations de gauche participent à des manifestations dans lesquelles le Hamas essaye de créér des réflexes antisémites pour étendre  sa vision du monde ou les Juifs sont le "Mal", ou des appels au meurtre sont prononcés  et les actions nazies  applaudies et données en exemple, que ils ne se démarquent pas de ces organisations terroristes et de leurs appels au meurtre passe les limites.

Le gouvernement français a manifesté son inquiétude devant le risque d’ "importation" du conflit sur le sol français, et il essaye de prendre des mesures pour l’éviter . Il essaye de lancer des initiatives pour résoudre les  souffrances de la population et arriver à des compromis raisonnables.

Mais une partie de la presse ,ne suit pas cette voie.

Libération avait choisi de fermer son site internet devant le déferlement de haine et d’injures qui le submergeait. Le Monde faisait part de son inquiétude devant le taux extrêmement élevé de  commentaires refusés pour cause d’inacceptabilité (40 % au lieu de 8 à 10 ordinairement).

Mais l’Humanité Dimanche titre sur les "massacres", ce qui lui vaudra bien  quelques dizaines de milliers de lecteurs satisfaits et retardera d’autant son extinction.

Quant au nouveau journal de Siné,créé à la suite de sa mise à la porte de Charlie Hebdo pour cause de propos antisémites, il fait toute sa couverture avec un dessin effrayant de haine: Un drapeau israélien ou les lignes traçant l’étoile de David sont remplacés par des ossements. C’est le même Siné qui déclarait sa haine des juifs il ya quelques années et déclarait  vouloir qu’ils vivent dans la peur, ou qu’ils meurent, sauf les propalestiniens.

Que les médias fassent leur travail et qu’ils informent sur la situation d’urgence vécue par les civils , et leurs souffrances est une chose. Mais qu’ils mettent de l’huile sur le feu, soit par choix partisan, soit dans une surenchère  d’effets émotionnels pour gagner de l’auditoire, est inacceptable.

Quand aux partis de gauche, ils doivent veiller à ne pas cautionner, ne serait ce que par leur présence, les prêcheurs de haine qui manipulent les masses et tentent de constituer des groupes de pression qui pourraient bien un jour se tourner contre eux quand ils trouveront insuffisantes ces tolérances,et que ils demanderont plus.

L’extrême gauche, elle, est fidèle à ses clichés tiers mondistes et anticapitalistes. Ce qu’elle essaye de capitaliser, elle, c’est le ressentiment des populations immigrées,leur impression de ne pas être respectées, ou intégrées, et elle se montre à leurs yeux sensible à leur vision de victimes universelles, au prix de ne pas les contrarier dans leurs dérives haineuses. Il n’est pas sûr que ce soit un bon calcul , mais de toutes façons, ces compromissions doivent être dénoncées.

LE TEXTE DE LA LICRA CONTRE L’OFFENSIVE DES PAYS MUSULMANS ET DES DICTATURES CONTRE LES DROITS DE L’HOMME

décembre 14, 2008

Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux.

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’ONU et la destruction de ces principes par la même ONU? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001, la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même ouy Gandhi avait commencé à exerccer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés les "Mort à l’Amérique!" et "mort à Israël!", et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et les violences contre les femmes.

Alarmée par les graves disfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’Homme (CDH) censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer: c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban2 qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l’homme", la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s"y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s"y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs.Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

Une triple alliance composée de la Conférence des Organisations islamiques (OCI) représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, ou Cuba,le Vénézuela et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine avec la complaisance cynique de la Russie_ oeuvre ainsi à la mise en place d’une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines du racisme, Doudou Diène, d"clare d’ores et déja qu"énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une tradition esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port  de signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale".

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’Islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-paroles de cette nouvelle alloance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l’homme, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l’homme et à la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l’exige, la Haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé des principes à venir, ainsi résumés:"offense aux principes religieux considérée comme raciste".

Bien pire,dès le elndemain,vingt et un iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël,pays membre de l’ONU,créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en temps que juriste, elle s’estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser se shôtes". Charbonnier est maître chez soi. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des Nations en 1933, pour se soustrairre à toute critique d’une institution internationale impuissante, mais dont les principes n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l’ONU aujourd’hui.

Les grands crimes politiques ont toujours  eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l’ennemi du peuple, au nom de la race,au nom de l’émancipation des masses laborieuses ou au nom d’un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’"avenir radieux" ont ouvert grand la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’ Histoire fut commis.

Face à  cette stratégie, les Démocraties, d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d’une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple thibétin face aux enjeux des exportations vers la Chine. Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée  néerlandaise après l’assassinat de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d’avoir blasphémé l’islam dans son film "Soumission"? Les exemples s’additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l’intégrisme islamique impose sa loi par la terreur. Combien d’Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche Orient, en Turquie, au Pakistan ont déja payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l’obscurantisme religieux?

Si par malheur l’ONU devait consacrer l’imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé au racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s’inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

L’assemblée générale de décembre 2007 a déja entériné des textes condamnant des formes d’expression considérées comme diffamatoires de l’islam. L’enjeu est clair, il est mondial, c’est de la défense des libertés de l’individu qu’il est question.

Soit les démocraties se ressaisissent, à l’exemple du Canada, qui vient d’annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant "qu’elle risquait d’être marquée par des expressions d’intolérance et d’antisémitisme", et cessent de s’abstenir ou de voter des résolutions contraires à l’idéal universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations Unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire: "Nous ne savions pas".

Premiers signataires:

Elizabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean Claude Buhrer, Chala Chafik, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Dvajan, Jacques Dugowson, Frédéric Ensel, Alain Finkielkraut, Elizabeth de Fontenay,Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefèvbre, Corinne Lepage, Malka Markovich, Albert Memmi, Jea-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui;

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à: licra@licra.org

Liste complète des signataires à:www.licra.org

LE LIKOUD EST DESORMAIS UN PARTI EXTREMISTE

décembre 10, 2008

(d’après l’article de Gilles Paris dans Le Monde.fr du 09/12/08)

C’est ce qu’ à déclaré le premier ministre  Ehoud Olmert après les primaires du Likoud qui viennent de se dérouler en Israël.

Tous les observateurs font en effet le même constat, celui de la droitisation de ce parti, dont le signe le plus éclatant est la nomination sur sa liste électorale de Moshé Feiglin, animateur du courant Manhigoute Yehoudite (direction juive) , accompagné de deux proches en position éligible comme lui.

Ce courant est un des plus extrémiste en Israël, mais Feiglin, à la différence des autres groupuscules d’extrême droite, a choisi une politique d’entrisme dans le Likoud, ou il a obtenu progressivement des scores de plus en plus importants  dans les élections internes. On se trouve dans une situation qui serait celle, en France, ou le Front National aurait décidé d’investir progressivement l’UMP, pour avoir un levier d’action politique plus efficace que le statut de parti contestataire.

Feiglin a ainsi célébré  comme "un acte de résistance" l’assassinat de 23 musulmans en prière dans une mosquée au caveau des  Patriarches en 2004 par l’extrêmiste juif Baruch Goldstein, et réclamé après le lynchage par les Palestiniens de deux soldats israéliens à Ramallah que Israël chasse les habitants de cette ville pour les remplacer par des Juifs, avant la suite qui serait non seulement le transfert des Palestiniens des Territoires, mais aussi celui de toutes les populations arabes présentes dans le "grand Israël".

Cette radicalisation du Likoud l’empêche, comme le souligne Gilles Paris dans son article, de se présenter comme un parti pragmatique peu différent sur le fond de Kadima, et obère sa capacité d’attraction aux prochaines législatives.

Comme le dit Haim Oron, chef du Meretz, "le Likoud a ôté son masque et montre son vrai visage.La combinaison Feiglin-rebelles du Likoud a contribué à former un part d’extrême droite. Le peuple devra  désormais choisir entre la liste du Likoud et une alternative en quête de paix, capable de dialoguer avec les Etats Unis et le reste du monde".

Même si on  ne partage pas d’une façon générale les vues du Meretz, on ne peut qu’être frappé par la justesse de cette formulation: si le peuple israélien choisit l’extrêmisme du Likoud, il n’y aura plus de dialogue possible avec les Etats Unis, fermement engagés dans la voie d’une paix reposant sur la coexistence de deux états sur cette terre, comme la quasi-totalité de la communauté internationale. Israël sera alors coupé de ses soutien vitaux, stratégiques, économiques et militaires, ce qui est sans le moindre doute une politique suicidaire.

Là ou l’extrême droite accuse la gauche et Kadima de mener une politique suicidaire en donnant un état aux ennemis d’Israël, c’est elle même qui creusera la tombe du pays en le désarmant,égarée dans ses délires religieux et sa mythologie mégalomaniaque, incapable d’apprécier les vrais rapports de force, emportée  par sa vision illusoire d’une capacité militaire à maîtriser tous les problèmes politiques de la région.

Kadima, seul  parti de taille à s’opposer au Likoud avec un parti travailliste  en pleine déroute, crédité de seulement 8 % des voix,arrivera -t-il à remonter son retard dans les sondages sur le Likoud avec la prise de conscience de cette évolution inquiétante de son adversaire?

Nous le saurons bientôt.

L’IRAN EST LE PRINCIPAL DANGER POUR LA SECURITE ET LA LIBERTE DANS LE MONDE DANS LA DECENNIE QUI VIENT

septembre 15, 2008

La caste religieuse qui s’est emparée méthodiquement des leviers du pouvoir en Iran, et qui a pris le pays en otage de ses rêves d’exportation de la révolution islamique et d’extension de celle-ci au monde entier, ne se tient plus de joie à l’idée qu’elle va accéder à la possession de l’arme suprême: l’atome .

Celui-ci mis entre les mains des fous de Dieu, c’est le pire cauchemar que peuvent faire les démocraties. La politique agressive de la nouvelle Russie,aussi consciente de ses atouts économiques que de ses faiblesses militaires reste dans le domaine du rationnel. La formidable irruption de la puissance chinoise, indifférente aux considérations de liberté, est aussi dans le champ de la rationalité. L’une et l’autre de ces deux puissances sont sorties de l’univers de l’idéologie, et défendent avec cynisme , leurs intérêts économiques et stratégiques de grands pays.

La secte religioso-politique qui dirige l’Iran n’a qu’un seul corpus de pensée: une lecture du Coran toute entière tournée vers une interprétation qui ne retient de ce texte que les éléments allant dans le sens d’une croisade mondiale contre les non-musulmans, justifiant que tout le pouvoir sur le monde soit confié aux dirigeants de cette secte. Le fait de se considérer comme chargés d’une mission divine les autorise aux pires atrocités ( terrorisme, chantage,meurtres et tortures des opposants) en toute bonne conscience, et ils peuvent tranquillement lapider, pendre, mutiler tous ceux qui ne partagent pas leur vision du sacré. Avec la tranquille assurance des mystiques, ils annoncent à la face du monde leurs projets mégalomaniaques:détruire l’Etat Israélien, vaincre les divers "Satan" qui les entourent.

Le côté incroyable du tissu d’inepties qu’ils développent très sérieusement fait douter les Occidentaux de la réalité de leur croyance en ces folies, ce qui est une erreur fondamentale: leur conviction est totale, et c’est ce qui fait le principal danger de cette secte. Comme toutes les sectes, elle développe  un radicalisme de la pureté par rapport aux églises dominantes, définies comme corrompues et dévoyées, en s’appuyant parfois sur des éléments de réalité. Ce radicalisme s’accompagne du sentiment d’être une élite des croyants, et parfois même les seuls croyants, d’être donc chargés d’une mission : soutenir et propager la "vraie" foi. Comme toutes les sectes religieuses, elle crée un univers idéologique coupé  des réalités extra religieuses, ou tout est second par rapport à la primauté de la Foi, et  de la lecture qui en est faite par le gourou de la secte (ou le chef de la mini église).

Toutes les valeurs sont ainsi relativisées et subordonnées à une seule: l’obéissance aveugle à l’interprétation d’un texte sacré fournie par une autorité religieuse. Toute pensée individuelle est suspecte de scepticisme vis à vis du divin, dont  le chef religieux est l’interprète direct et incontestable.

Cette certitude d’être dans le droit chemin s’accompagne d’une haine pour tout ce qui conteste cette vision des choses qui amène à des voeux de destruction de l’autre dont l’extrêmisme islamique, dans sa paranoïa, est le véhicule le plus dangereux.

Ceux qui refusent les "lumières" de cette foi ne méritent que les pires traitements, dont la mort, ils ne font pas partie de la "communauté" des êtres dignes de vivre.

Le parallèle avec le nazisme est évident. La haine de l’autre, la négation de toute valeur humaine à cet autre, la justification des pires violences au nom de la "mission sacrée" dont se réclament les tueurs, l’alibi donné aux méthodes les plus barbares, constituent le fond intellectuel de cette idéologie  de domination mondiale qui a trouvé ses milices et son  appareil militaire.

Avoir la bombe leur permettra d’approcher de leurs rêves les plus fous: changer d’échelle dans leurs combats, faire chanter le monde entier comme ils l’ont déja fait avec les otages américains, puis avec les français (guerre des ambassades).

Le pire est encore que leur attirance pour le martyre rend , au delà des attentats suicides pour lesquels les volontaires s’inscrivent en Iran par dizaines de milliers, pensable leur capacité à provoquer des catastrophes nucléaires mondiales, une 3ème guerre mondiale surement- et très volontiers même-, mais aussiune apocalypse nucléaire générale, le monde ne méritant pas de vivre "s’il refuse la vraie foi".

Rarement le monde aura été au bord de décisions fondamentales engageant la possibilté d’une défaite de l’humain, et même d’une disparition de l’humanité, comme dans la période actuelle. La dernière guerre mondiale a coûté des dizaines de  millions de morts et des souffrances inouïes. C’est quelque chose de cet ordre qui est en jeu dans les quelques années qui viennent. L’humanité sera-t-elle assez responsable pour faire face à cette échéance?

L’AFFAIRE SINE:L’EXTREME GAUCHE VOLE AU SECOURS DE L’ANTISEMITISME

août 1, 2008

La polémique née du renvoi du dessinateur Siné par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour cause d’écrits antisémites est très révélatrice d’un certain état d’esprit qui règne dans les cercles politiques de l’extrême gauche, et qui fait que la limite entre "antisionisme" et antisémitisme est constammment frôlée, et , en fait, assez souvent franchie.

On pourrait penser que conformément à la formule célèbre selon laquelle "l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles", plus le sentiment "anticapitaliste "est non articulé dans une vision politique cohérente, plus se manifestent les confusions de style juif=capitaliste=impérialiste etc…

Cette hypothèse se vérifie en effet parfoisdu côté des militants de base ,et les militants de la LCR ou du PCF et de certains cercles des Verts,ne se caractérisent pas par la nuance de leurs analyses, mais plutôt par le simplisme dénonciateur qui leur permet de cliver le monde en bons et mauvais, selon les intérêts variables de leur mouvement;

Siné lui même, en qui ils se reconnaissent et qu’ils défendent donc d’autant plus, représente une certaine forme d’anarchisme populaire et gras, qui a ses têtes de turc (les militaires, les curés, et, on le découvre, aussi les juifs)) sur lesquels il se défoule comme à la foire du Trône. A la différence de la finesse politique d’un Plantu, ou même de la férocité destructrice d’un Willem,les dessins de Siné expriment plutôt l’obsession tournéer contre certains groupes sociaux qu’il ne se lasse pas de caricaturer.En fait, il n’y a jamais chez lui d’analyse politique dans ses dessins, seulement l’expression d’une abhoration pour certains groupes,par laquelle il communie avec ceux qui partagent ces options,constituant ainsi un espace de consensus par lequel se reconnaissent reliés les tenants d’une certaine gauche traditionnelle anarchisante (haine de la religion, de l’armée, de l’ordre, etc.)

Mais ce qui est grave dans cette affaire, c’est que des intellectuels -tous les habitués de la cause palestinienne, mais aussi des dirigeants politiques importants des mouvements d’extrême gauche, se sont portés au secours de Siné, réclamant pour lui le droit à l’insolence et à la liberté de parole, comme si il s’agissait d’une atteinte à la liberté de parole et de critique, comme si on avait censuré un journal satirique.

Or, quand on examine les propos tenus par Siné, les choses sont absolument sans ambiguité:il s’agit de façon claire de calomnies antisémites:accuser Jean Sarkosy de se convertir au judaîsme pour "sa fiancée juive" et "pour faire son chemin dans la vie" est immédiatement reconnaissable à l’odeur nauséabonde de la presse antisémite telle qu’elle existait au temps de "Gringoire" ou de "Je suis partout", l’époque de la violence verbale inouïe qui se donnait libre cours dans l’entre deux guerres dans les colonnes de l’extrême droite;

Les intellectuels qui s’en sont alarmés et qui apportent leur soutien à Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, qui a licencié Siné le rappellent dans leur appel du Monde du 1er aout: Siné est un récidiviste de ce genre de propos, il a déja fait des déclarations sidérantes à ce propos:En 1982, après l’attentat de la rue de Rosiers,il déclarait à la radio Carbone 14:"Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs…Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est propalestinien. Qu’ils meurent!".

On voit le côté célinesque, ranci dans sa haine au fond de son pavillon de banlieue,de cet homme qui ne parle plus que pour provoquer des connivences racistes. Peut être finira-t-il, comme Dieudonné, par demander à Le Pen d’être le parrain de l’un de ses enfants. (ce que celui ci s’est empressé d’accepter);

A Bensaîd , Krivine et Besancenot, qui ont reçu le renfort de Michel Onfray, et, il faut l’ admettre ,de plusieurs confrères dessinateurs de talent, s’opposent les intellectuels qui dénoncent la victimisation de l’antisémite Siné:voici les noms de ceux qui refusent l’ambiguité et la dérive intellectuelle des soutiens à un Dieudonné de l"écrit.

Alexandre Adler (historien)

Elizabeth Badinter (philosophe)

Pascal Bruckner (écrivain et philosophe)

Hélène Cixous (écrivain et philosophe)

Bertrand Delanoê (maire de Paris)

Jean Claude Gayssot (vice président de la région Languedoc-Roussillon)

Blandine Kriegel (philosophe)

Claude Lanzmann (cinéaste)

Daniel Leconte (cinéaste)

Bernard-Henri Levy (philosophe)

Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny)

Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire National Supérieur d’art dramatique)

Ariane Mnouchkine (metteur en scène)

Elizabeth Roudinesco (historienne)

Joann Sfar (dessinateur)

Dominique Sopo (président de SOS Racisme)

Fred Vargas (écrivain)

Dominique Voynet (sénatrice)

Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix)

Ils sont , pour les intellectuels comme pour les politiques (certains d’extrême gauche), l’honneur de leur corporation et la conviction maintenue que les politiques et les intellectuels ne disent pas tous n’importequoi, en tant que "spécialistes" de leurs domaines respectifs.

Lien intéressant à consulter:sur le blog "Autour de la liberté", l’article "Siné, l’antisémitisme n’est pas du cinéma", qui démonte très bien le mécanisme de l’insinuation dans l’article de Siné

http://autourdelaliberte.blogspot.com/2008/08/sin-lantismitisme-nest-pas-du-cinma.html


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