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l’islamo gangstérisme et sa traînée de barbarie

octobre 23, 2012

L’éditorial du Monde du 22 octobre était consacré à ce sujet et reprenait la liste des exactions commises par les islamistes du nord Mali: viols des femmes et esclavage sexuel imposé à celles ci, trafic d’êtres humains, mutilations, trafic de drogue, on retrouve la litanie de crimes barbares que l’on a déjà rencontré dans les exactions  du GIA en Algérie, mais aussi  dans les horreurs provoquées par les bandes armées qui ravagent certains pays d’Afrique Noire et qui pratiquent la même sauvagerie  (viols, esclavage sexuel , rapt d’enfants enrôlés de force et contrôlés par la dépendance à la drogue, trafics divers.

Le traitement barbare infligé aux femmes et aux enfants, la constitution de revenus par les trafics divers, de drogue en premier lieu, montrent l’intrication grandissante entre les milieux maffieux et les mouvements de guérilla ou de terrorisme, qui faute de l’appui financier de  nations, ne peuvent survivre que par des trafics occultes, dans lesquels ils rentrent en contact avec les groupes maffieux qui partagent leur culture de la clandestinité , de la violence, et du mépris des valeurs humaines. La particularité des islamo- gangsters, c’est l’hypocrisie de leur discours, qui met en avant la soi disant amoralité des Occidentaux ( règne de l’argent, sexualité libérée) pour glorifier leur soi disant moralité: ils ne boivent pas d’alcool, mais violent, mutilent par leurs "châtiments", et mettent les corps d’innocents en charpie par les bombes sans l’ombre d’une hésitation..

On assiste donc à la naissance de cet amalgame monstrueux entre les milieux du crime,fondés  sur l’assassinat, le commerce de produits toxiques, l’exploitation des désirs  contraires à la santé ou au respect de l’autre, et la domination par la force et la peur, et les groupes islamistes prêts à tous les crimes pour nuire à l’Occident, et qui utilisent la religion comme ,moyen d’accéder au coeur identitaire des masses musulmanes, et comme paravent pour enrober dans des discours moralisateurs les pires atteintes à la morale qui puissent exister.

Ce qui est effrayant dans ce processus, c’est la facilité avec laquelle ces systèmes, dont la perversité paraît évidente aux yeux des Occidentaux pénètrent dans l’esprit de très nombreux musulmans, la religion jouant le rôle de "passeur" pour l’idéologie criminelle qui se drape dans la manipulation des textes religieux..

Mais plus profondément, on voit bien combien est efficace l’excitation du sentiment d’ exclusion de la vie normale( accès aux postes de travail, mariage,poids social) qu’il soit fondé ou exagéré pour exaspérer le sentiment d’injustice.

Déjà le communisme, en bâtissant une idéologie fondée  sur la "haine de classe" opposant de façon manichéenne les odieux riches et les  parfaits exploités avait exacerbé sciemment les ressentiments, les envies qui existaient naturellement dans les sociétés, et donné une justification victimaire à la violence contenue par les institutions sociales,disqualifiant le droit  et les piliers de la société présentés comme supports de l’"exploitation. Le succès et l’extension immense de ces thèses, ayant même pénétré les milieux intellectuels, avait montré comment jouer sur les rancoeurs sociales et le désir de détruire les autres si l’on a un prétexte , est un levier qui marche à tous les coups ou presque. Désigner un responsable des malheurs ou des insatisfactions trouve toujours des auditeurs ravis de pouvoir extérioriser la haine des autres qui est en eux, surtout si l’on décrit cette haine comme un sentiment  servant de base à des réformes de la société conduisant vers une société idéale, purifiée des éléments supposés la polluer.

Le nazisme avait désigné les Juifs comme l’élément négatif qu’il fallait éliminer de la société, affirmant aux Allemands que ils étaient l’aristocratie de l’humanité  et leur murmurant à l’oreille que ils avaient le droit d’écraser le reste du monde et de se servir à volonté  de toutes  ses richesses.Enivrés de ce discours , ils suivirent Hitler jusque dans les derniers instants du système. La rivalité et la comparaison avec l’autre ,  sources d’envie de le détruire ou  de lui nuire pour ce qu’il provoque d’insatisfaction ou d’angoisse, sont combattues par les institutions et les codes sociaux, qui  remplacent la lutte de tous contre tous par  le "faire société" qui fixe un ordre vivable. Malheureusement, si la société institue des groupes sociaux entre les individus avec leurs codes de conduite et d’obligations, elle n’efface pas  la rivalité et la haine des groupes sociaux les uns pour les autres. La haine individuelle se transfère sur les groupes , et les idéologies qui visent à conquérir les esprits fournissent des argumentaires pour la détestation de l’"autre groupe" , défini  comme néfaste et justifiant son écrasement social ou même physique par un trait "démonisé".

Le fond d’agressivité et de lutte pour la suprématie qui existe chez tous les humains , et qui est circonscrit par les codes sociaux ,est au contraire excité par les démagogues et les pervers de tout poil, qui élaborent des systèmes donnant une apparence de cohérence et de rationalité à  ce qui est en fait une ouverture donnée aux instincts les plus bas, aux pulsions  de domination et de prédation qui n’attendent qu’un autorisation  et une justification extérieure pour se donner libre cours.

Partout dans le monde et même en Europe, des démagogues rabâchent aux défavorisés que c’est la faute de certains groupes indifférents à leurs difficultés ou à leurs souffrances si ils souffrent et que eux sauront les débarrasser de ces parasites et leur apporter la joie dont ils se sentent privés. Dans un autre monde (les promesses qui engagent le moins), ou dans celui ci, si on leur confie les rênes du pouvoir, qu’ils n’ont aucune intention de lâcher ,si  leurs partisans changent d’avis.

L’islamo gangstérisme, tout en mettant en oeuvre les moyens les  plus amoraux et barbares ,  tente de se construire une clientèle sur le mode maffieux, rendant des services sociaux  à une population qui est ensuite mise sous sa "protection" au sens des racketters qui vendent leur services de protection contre une soumission à leurs volontés.

De la religion n’est retenu que le message de mort adressé aux sceptiques ou aux croyants en d’autres religions, le message ethnocentriste faisant des non- musulmans des être humains dénués de toute valeur, et des musulmans le sel de la terre auto proclamé.

Le recul de la religion chrétienne, universaliste et fondée sur l’exemplarité (?) morale de ses propagandiste  a laissé la place à des  idéologies particularistes,défendant  le remplacement des valeurs universelles par des valeurs partisanes, justifiant l’emploi de tous les moyens puisque pour elle toutes les fins justifient tous les moyens, surtout le crime. Il  se crée ainsi une sorte d’internationale du crime, à laquelle s’agrègent mouvements terroristes, dictatures régnant par la terreur,mafias criminelles et finances véreuses , et qui tente de renforcer  la puissance de ses composants par la synergie de ses réseaux et de ses moyens financiers. Les religions sont capables du meilleur et du pire.L’islamisme a choisi sans hésiter le pire et continue à s’étendre en prêchant la haine et la mort et en s’alliant avec le pire des humains

La volonté de puissance nihiliste , point commun du terrorisme islamiste et de la terreur nazie

mars 28, 2010

Klaus Mann , le fils de Thomas Mann ,  dans un de ses écrits anti -nazis publié sous la forme d’un recueil intitulé "Contre la barbarie" , racontait comment il s’était par hasard  trouvé assis dans une brasserie munichoise à quelques mètres de Hitler et s’interrogeait sur la façon dont le monde avait pu laisser un personnage aussi minable développer son système de crime et de folie . Il faisait déjà preuve d’une immense lucidité, à l’époque ,  en dénonçant sans relâche  les lâchetés et les bassesses des intellectuels qui se ralliaient ou faisaient preuve d’ambigüité vis à vis  du discours mensonger, criminel et ennemi de toutes les valeurs spirituelles et civilisées tenu par les nazis , et en révélant les deux ressorts fondamentaux de Hitler  ( dont il disait , reprenant la critique d’un autre , qu’il n’y avait pas à en faire la caricature tant il était lui-même sa propre caricature):

- un égocentrisme monstrueux, dont il avait lu la présence dans ce regard froid et vide qu’il avait croisé dans cette brasserie

–sa volonté de détruire tout ce qui l’entourait.

Dans sa lucidité prémonitoire, Klaus Mann avait perçu  ce qui était fondamental dans le nazisme , derrière le bazar idéologique raciste et nationaliste : le fait que tout cela pouvait être  toujours abandonné d’un instant à l’autre si la recherche du pouvoir l’exigeait – et malheur à l’idiot qui prenait au mot  ces idées ou ces déclarations. Les seuls nazis intelligents étaient ceux qui comprenaient que tout cela n’était que l’habillage nécessaire à la pure volonté de puissance , qui s’exprimait d’ailleurs  dans le discours  idéologique sur les êtres supérieurs et les êtres inférieurs , et dans le pouvoir absolu de vie et de mort résumé  dans le mot ou le geste -gauche -droite – qui dans les camps décidait de la vie ou de la mort des êtres humains.

La volonté de puissance nue, exprimée  dans le sadisme des rapports à l’intérieur du système lui même , comme dans l’idéologie débile du surhomme ,et dans la réduction  de l’existence aux purs rapports de force , ne pouvait conduire que à l’anéantissement de l’Autre indéfiniment renouvelé.

Klaus Mann l’avait parfaitement compris en disant très tôt après la guerre que même si les nazis avaient gagné la guerre contre les Américains et les Russes , , ils se seraient trouvé d’autres adversaires à combattre ( y compris dans leurs rangs s’il le fallait) par ce que justement la volonté de puissance ne s’éprouvait que dans l’anéantissement de l’autre répété à l’infini.

En même temps , la compréhension fulgurante qu’il avait eu , en un regard , de la minabilité de Hitler  donnait la clef de cette volonté de puissance exacerbée jusqu’au crime de masse: la "banalité du mal"  développée par Hannah Arendt était  l’effet de la médiocrité humaine  fondamentale de ces nazis  et du refus de se reconnaître en elle : La galerie de médiocres grotesques des dirigeants nazis est édifiante : Eichmann , le bureaucrate obséquieux ,Himmler , le "surhomme" grassouillet ,  Goering , l’obèse vaniteux , etc… Tous ces hommes, pour avoir le sentiment d’exister , ont choisi de se surpasser dans le Mal, à défaut d’être capables du Bien. C’est ainsi que se constitue une collection de cas de nihilistes , ivres d’orgueil et de toute puissance , choisissant d’être par le pouvoir de tuer , de détruire , de terroriser,et d’anéantir et jouissant de ce pouvoir.

C’est là que gît la nature perverse du nazisme et du terrorisme : ils sont pur plaisir de dominer , de maîtriser  , de faire souffrir et de détruire l’ Autre , pure jouissance tirée  de la haine déclenchée par le fait que l’ Autre existe malgré eux et mieux qu’eux.

On rejoint par là la thèse de H.M. Enzensberger sur le "perdant radical"  qu’il définit comme celui  qui a l’impression  de n’avoir aucune des raisons de de satisfaction qu’ont les autres ( réussite personnelle , familiale , sociale ) -le raté intégral qu’était Hitler , peintre raté et clochardisé – et qui est envahi par la rage et la haine contre les autres qui ont réussi ou qui ont au moins une part de satisfaction dans la reconnaissance d’un statut valorisant quelconque : machisme de certains groupes , orgueil des "petits blancs" de faire partie d’une "race supérieure" ,etc.

C’est ce qui se passe dans l’univers des terroristes islamistes , ou l’on voit se dessiner une opposition entre les petits soldats que l’on envoie se faire sauter,  qui croient  dans le fatras idéologico- religieux qu’on leur administre , et sont poussés par la rage et l’humiliation de leur sentiment de non existence , et la haine de voir les autres exister tranquillement à côté d’eux, et  les dirigeants , qui vivent une épopée du Mal , jouissent de faire irruption sur la scène de l’Histoire et des médias , prennent la mesure de leur puissance par les difficultés des démocraties à trouver la parade à  leurs techniques de meurtres de plus en plus raffinées ( les dernières trouvailles étaient les explosifs cachés dans l’anus des terroristes et  les explosifs liquides injectés dans la poitrine de femmes -kamikases).

Là encore , on retrouve  dans l’idéologie d’Al Kaïda (à distinguer du simple intégrisme musulman) des similitudes avec l’idéologie nazie : la domination de la religion musulmane  comme but à remplacé la domination de la race germanique , le "complot"  sionisto-américain  a remplacé le complot judéo-ploutocratico américain , la démocratie est méprisée comme il y a 60 ans et ses faiblesses  exploitées cyniquement .

La seule différence est la détermination des puissances occidentales – malgré l’existence d’un courant pacifiste dans les pays européens qui refuse l’idée de se battre contre le danger et préfère se fermer les yeux , à l’image des munichois de 1938 , inconscients des immenses souffrances qu’allaient leur infliger – en plus du déshonneur – leur lâcheté et leur aveuglement.

Comme à l’époque des nazis , il n’existe pas d’alternative. La lutte ne cessera que par la destruction de l’un des protagonistes.

Klaus Mann disait que "Hitler n’était pas un génie du Mal ni un surhomme diabolique.Il était simplement  d’une méchanceté peu commune et un peu cinglé".

On peut ajouter que les hommes  sont souvent prêts à suivre ceux qui flattent leurs pulsions insatisfaites , ce que savent  tous ceux qui veulent le pouvoir , et que Hitler avait compris quelles étaient celles de la masse du peuple allemand, comme les dirigeant terroristes islamistes  comprennent les frustrations  , les humiliations et les souffrances des masses musulmanes. La volonté de puissance est une composante  fondamentale de l’humain. Elle rejoint quand elle devient un but en soi la pulsion de mort imaginée par Freud ,pulsion de haine et de destruction , et de lutte contre l’Esprit.

Le terrorisme islamique de notre époque montre que les masques que peut prendre la recherche perverse de cette jouissance  sont infiniment variés et renouvelables et que tous les peuples peuvent céder à l’appel des sirènes séductrices de la volonté de puissance , même les plus cultivés et les plus éduqués , comme les peuples européens de l’entre -deux- guerres.

l’antisémitisme , produit de la haine générée par les passions identitaires, et au premier plan le nationalisme.

octobre 5, 2009

La résurgence d’un antisémitisme massif dans le monde arabo-musulman, entretenu par une propagande qui   joue continuellement la confusion entre les catégories Juif et Israélien et qui entrelace  les clichés  et les stéréotypes antisémites avec les thèmes de persécution par l’Etat Israélien, en misant sur la haine comme facteur de mobilisation des masses arabes, conduit à s’interroger, une fois encore sur les mécanismes de développement de ce phénomène social et politique qu’est l’antisémitisme.

C’est le développement de l’antisémitisme nazi qui reste l’exemple à la fois le plus absolu et le plus mystérieux de cette forme de psychose collective qui peut s’emparer d’un peuple, et le mener à la destruction de lui-même en même temps que à la destruction de l’autre.

Les catégories manquent pour qualifier cette dérive de la pensée qui conduit aux déchaînements de bestialité qui se sont produit dans l’Allemagne nazie, avec la participation de la population et des élites toutes entières, à l’exception de rares individus.

D’un point de vue simplement psychiatrique, si il n’y a aucun doute quant à la nature paranoïaque de la personne de Hitler, on ne peut penser que toute la population allemande était elle aussi paranoïaque, et le mystère reste  entier de la prise de ce discours sur les masses allemandes et leur adhésion enthousiaste à ses affirmations.

Pourtant, si on examine toute la période de montée du nazisme dans l’entre deux guerres, ce qui apparaît  comme fondamental, c’est la montée d’un sentiment national exacerbé par l’incompréhension de la défaite de 1918, par les réparations exigées par les vainqueurs, par l’occupation d’une partie du pays et son maintien sous tutelle par les puissances alliées.

Or le sentiment national allemand s’est toujours développé sur un mode différent de celui des Français: contrairement à la vision "contractuelle" du sentiment français, fondée sur l’adhésion aux valeurs de la République, c’est une vision  anti-rationnelle basée sur l’idée du "Volkgeist", c’est à dire d’une âme profonde  du peuple, issue de la langue, des traditions, des mythes et qui constituerait l’essence véritable de la Nation. C’est le passé collectif qui ferait de chaque individu ce qu’il est et sa valeur réelle.

Les conséquences de cette vision,qui n’est pas propre au nazisme,  que l’on trouve dans beaucoup de mouvements nationalistes, et qui privilégie un seul aspect de l’identité de chacun, celui qui est le produit passif de l’histoire du peuple, sont décisives pour le rejet de ce qui n’est pas partie prenante de toute cette histoire. Toutes les minorités nationales, tous les groupes qui ne  possèdent pas cette référence  à la culture originelle sont vécus comme des menaces pour cette idée de la collectivité, comme  des "corps étrangers" qui empêchent la réalisation de l’unité mythique de la nation quand ils ne sont pas vécus comme hostiles "par nature", puisque ils sont soupconnés de fonctionner en miroir, et donc de vouloir imposer leur culture propre. Pour les nationalistes, chaque peuple ne peut être que un organisme visant à réaliser son essence contre les autres qui ont le même projet.

Tout mouvement nationaliste, qui peut se résumer à  un mouvement passionnel identitaire,posant comme base que la dimension collective de l’identité ( le legs des générations antérieures) est plus importante  que les qualités propres et les choix libres de l’individu, conduit, par sa logique interne, à la fois  à l’hostilité aux groupes minoritaires,vécus comme trahissant le groupe principal, et à la négation de l’individu qui doit s’effacer devant le groupe, seule entité porteuse de valeurs. Parallèlement, tout nationalisme , qui se veut défenseur des intérêts de sa collectivité nationale, est un "égoïsme à plusieurs", et plus le nationalisme sera passionnel, plus il négligera les droits de l’"Autre", considérant que son sacrifice pour sa Nation l’exonère de  toute prise en compte des droits ou des intérêts de l’autre.

Ce qui est particulier au nationalisme, comme représentation d’un système d’identité, c’est  son aptitude à virer  à la haine de l’Autre qui est vécu comme obstacle à la réalisation de l’identité propre,et, facilement, comme complotant pour affirmer la sienne de façon déloyale.

On rejoint par là la façon dont les conflits identitaires sont générateurs d’animosités aigues, et  de violences pouvant aller jusqu’au génocide.

Le conflit  yougoslave récent a montré comment les peuples pris dans ces conflits identitaires pouvaient aboutir à des impossibilités de cohabitation pacifique allant jusqu’au nettoyage  ethnique, aux meurtres entre voisins et aux tentatives de génocide.

Cette conception de l’identité comme conférée par le groupe conduit à une exaltation de ce fonds collectif culturel, historique, linguistique  et à la production de mythes, que l’on trouve dans tous les mouvements nationalistes, célébrant les "supériorités"  de ce legs.

La particularité du nazisme a été de fabriquer une synthèse entre ces thèmes de "supériorité" nationale et  un racisme biologique qui donnait une apparence de scientificité  à cette conception de l’essence nationale en l’ancrant dans le ‘naturel" en plus du culturel.

Cela s’est fait évidemment au mépris de toute réalité et de toute scientificité, mais l’avantage de propagande a été très grand , donnant une caution de pseudo objectivité, dans une période de grand prestige de la science (parallèlement d’ailleurs aux prétentions "scientifiques" du "socialisme scientifique", aussi mythiques que les divagations racistes nazies), et aboutissant  à une apparence de cohérence et de force du système mythique élaboré en bricolant des fragments récupérés dans les champs les plus divers.

On voit là comment se constitue une mythologie politique. A la différence d’un délire à  proprement parler, qui est une production pathologique de l’esprit d’un seul individu, construite avec les éléments particuliers à cet individu (idées, hallucinations, produits de l’imagination et des angoisses vitales de cette personne) le mythe est une construction collective, à laquelle collaborent de nombreuses personnes qui assemblent, recyclent,relient des fragments  de théories ou de réponses ou de mythes antérieurs pour construire un système doué d’une capacité d’emporter la conviction.

On peut y trouver des correspondances avec le phénomène de la construction d’une rumeur: dans les cas récents : négation de la réalité des attentats du 11 septembre par exemple, rumeur de la responsabilité de Paris dans les inondations de la vallée de la Somme, rumeurs ayant couru sur  le maire de Toulouse Dominique Baudis, rumeur de trafic d’organes par l’armée israélienne avec les corps des Palestiniens

Dans ces cas, la croyance se développe dans un espace déterminé par un champ paranoïaque: il y a un complot, les élites mentent, il y a des systèmes de puissances occultes. A partir de cette croyance vague, la rumeur naît, enfle et s’accroche à un évènement surmédiatisé en en proposant une interprétation "comploteuse". Un groupe détesté ( les élites, les "gros", les riches, les Juifs..) est considéré comme étant à la source du crime ou de la manipulation.

La rumeur est donc  une croyance aberrante qui exprime une défiance envers les savoirs rationnels ou communément admis et la préférence pour les impressions du sujet, largement infiltrées par  les préjugés , les idées toutes faites, et les mouvements affectifs .

Le monde étant trop compliqué à décrypter, une explication simplifiante est proposée qui a en plus le mérite de donner un label d’intelligence à ceux qui l’adoptent ( eux ne sont pas dupes et sont donc plus forts que  le commun des naïfs qui les entourent).

De la même façon, les Allemands, décontenancés par leur défaite, désorientés par la crise  économique catastrophique qui menait le pays au bord de la décomposition,  frustrés dans leur orgueil national et rêvant de revanche, ont cessé de croire en la brève et inefficace expérience de démocratie qu’ils ont eu et se sont raccrochés aux joueurs de flûte de la rumeur nazie, qui flattaient leur envie de se sentir supérieurs et de dominer les autres.

Dans le monde musulman actuel, on voit bien des facteurs du même ordre se mettre en place:  sentiment d’humiliation et désir de revanche, théories du complot "judéo américain", absence de moyens de décryptage de la réalité politique liée à l’analphabétisme et à la propagande des pouvoirs en place, absence d’avenir pour des générations entières,  exaltation identitaire accompagnant le développement de l’Islam et  constituant un retournement de la dévalorisation générale.

Mais dans la question de l’antisémitisme, l’utilisation politique est toujours un élément déterminant. Les dirigeants nazis ,qui étaient convaincus par leur propre mythe nationaliste et raciste, au point de penser  à la fin de la guerre plus important de terminer leur oeuvre d’extermination plutôt que de consacrer toutes leurs forces au combat, ont utilisé constamment l’antisémitisme comme ressort de mobilisation de la population, en essayant de créer un monde manichéen ou le mal absolu -qu’ils étaient eux mêmes- était constitué par les Juifs, dont ils faisaient le négatif de leur identité. Les mécanismes de tromperie, de projection et de propagande éhontée se voyaient bien quand par exemple  ils accusaient les juifs d’avoir déclenché la 2 ème guerre mondiale (après leur avoir fait perdre la 1ère !)et justifiaient ainsi l ‘extermination dont ils les menacaient.

La fascination exercée par la violence des discours nazis, l’excitation produite par le sentiment de la force collective, la libération d’énergie   créée par la suppression des barrières morales et l’économie du travail de conscience, la déculpabilisation de tous les instincts bas    et l’abandon des sentiments humains promus par le système tout entier, ses responsables, ses légistes, l’orgie de meurtres montrée en spectacle à la population entière, trouvent leur source  dans les pulsions les plus élémentaires, contenues par l’appareil civilisationnel.

Chez les nazis,c’est la civilisation elle-même qui a été l’objet de la volonté de destruction, et la sauvagerie qui ,dans un retournement pervers, a été placée en position d’idéal à atteindre, et déguisée en  civilisation.

Dans l’islamisme terroriste actuel, il ya une volonté d’éradication de la civilisation occidentale, au nom de l’identité musulmane, qui conduit  aussi à la plus extrême sauvagerie , elle aussi déguisée en "culture" musulmane. L’orgie de meurtres, et l’inversion des valeurs au nom de la religion, et derrière elle, d’une fallacieuse revalorisation de l’identité musulmane réutilise les vieilles formules, qui marchent auprès des peuples. En flattant l’Ego des masses, on les mobilise encore plus que en leur promettant des richesses matérielles.

La version iranienne des procès de Moscou

août 4, 2009

Le régime  iranien, de plus en plus isolé, continue sa fuite en avant dans l’escalade de terreur politique destinée à dissuader les opposants, c’est à dire toute la population sauf les soutiens directs du régime.  En fait, il y a une forme de panique  qui apparaît dans la violence inouïe mise en oeuvre, d’abord dans la rue, puis maintenant dans les tortures et dans la mise en scène grotesque des pseudo procès ou l’on voit des accusés, comme au temps des pires procès staliniens, reconnaître qu’ils ont fait partie d’un complot étranger monté par les puissances diaboliques qui entourent l’Iran, avouer les fautes imaginaires inventées par leurs procureurs et réciter les aveux extorqués sous la torture.

Ce qui est surprenant, c’est que le régime n’a même pas l’intelligence de comprendre l’aspect contre-productif de cette escroquerie judiciaire, qui ne fait que attirer davantage l’attention sur l’escroquerie éléctorale qui l’ a précédée, et qui est soulignée  par l’évidence immédiate du mensonge, de la propagande, et de la volonté de teroriser qui l’inspire.. Au contraire, il semble que le ministre du renseignement qui lui se serait opposé à cette mise en scène grotesque, ait été limogé pour cette raison;

De plus en plus de témoignages filtrent, au fur et à mesure de l’accentuation de la répression, sur les tortures et les assassinats perpétrés dans les geôles du régime. Auparavant, on connaissait déja la cruauté inhumaine avec laquelle le régime traitait ceux qui lui résistaient ( mutilations d’un pied et d’une mainpour les chefs de Moujahidines livrés par les pays voisins, pour les réduire à l’état de loques infirmes, et donner une "leçon" à ceux qui les suivent). Mais cette fois ce sont les dirigeants réformateurs qui sont la cible des traitements inhumains.

On trouve là une version contemporaine de l’Inquisition,  qui était à l’époque l’expression de la volonté de contrôle complet des consciences par l’Eglise, prête à assurer son pouvoir sur les esprits par la terreur publiquement exposée.La folie à laquelle conduit l’idée d’être le défenseur de Dieu, et l’absence de  respect d’aucune loi, ni d’aucune limite pour ceux qui pensent incarner sa volonté et  faire respecter "sa" loi, rejoint la folie du régime stalinien, privé de toute boussole morale par l’idée que tout ce qui sert le Parti est bon et tout ce qui le dessert est le Mal, ce qui aboutit  aux procès ou les propres militants du Parti sont pris au piège du syllogisme:Le Parti a toujours raison,-en tout- donc si des responsables du Parti les accusent d’être des traîtres, ou bien ils ont raison, ou bien c’est qu’ ils contestent l’idée qu’ils ont eux -mêmes toujours défendue,celle  du Parti comme source unique de toute vérité, et ils sont donc des traîtres au Parti, puisqu’ils le désavouent, en même temps qu’ils se désavouent eux mêmes

On retrouve dans cette convergence entre le fonctionnement religieux des Partis Communistes  et celui des partis fondamentalistes religieux la même convergence que l’on commence  à repérer entre les mouvements ultragauchistes (PCF, trotzkistes,altermondialistes,etc.)de notre époque  et l’islamisme, unis dans leur haine commune du monde occidental et libéral, et qui se rejoignent dans la diabolisation du sionisme, identifié  à la pénétration odieuse à leurs yeux du monde occidental sur la terre sacrée (selon eux) des musulmans, et chargé de toutes les ignominies du monde ( en général celles qu’ils pratiquent allégrement eux mêmes)

En attendant, le régime iranien perd chaque jour davantage de crédit dans le monde, et démontre  à chaque fois davantage  son enfermement dans l’extremisme religieux, qui pour la première fois depuis la prise de pouvoir par Khomeyni, n’est plus en phase avec la population. Toutes les critiques adressées  auparavant au régime du Shah  s’appliquent désormais au régime des mollahs: refus de la démocratie, terreur policière,etc… Surtout, le régime est lui -même divisé entre les partisans d’aller jusqu’au bout de la violence pour garder le pouvoir, et ceux qui pressentent que ce n’est pas seulement le gouvernement qui est menacé par la colère populaire, mais le régime islamique lui-même, ce qui mènerait à l’inutilité de leurs efforts depuis trente ans.

Cependant rien n’est évidemment joué. La terreur politique a montré sa capacité à perdurer malgré les révoltes de la population (Cuba, Chine,etc), et l’attitude ambigüe de la Russie et de la Chine restent encore un facteur d’incertitude dans l"évolution de la crise de ce régime

La légende malmenée de David et Salomon

mars 6, 2009

La légende malmenée de David et Salomon

(Quand l’archéologie démythifie la Bible)

Article de Le Monde 2 du 23 décembre 2006

Cet article est une interview de deux archéologues, l’israélien Israël Finkelstein et l’Américain Neil Asher Silberman, auteurs des « Rois sacrés de la Bible » (Bayard,320 p) et de « La Bible dévoilée » (Bayard,430p,2006)

I.Finkelstein est coresponsable des fouilles du site de Megiddo et ancien directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de Tell Aviv.

N.A. Silberman est directeur du Ename Center for Public Archaeology and Heritage Presentation et éditeur associé de la revue Archaeology

Dans cette article, les auteurs remettent en cause la vision littérale ,inspirée des textes sacrés, de la période historique des rois David et Salomon. La conception d’une monarchie unifiée, à cette époque, leur paraît erronée et devoir être remplacée par la coexistence de cités-états, gouvernées par de minuscules roitelets. Les vestiges de grands monuments ,datés jusque là de cette époque, paraissent devoir,grâce aux procédés scientifiques de datage par le carbone 14, être considérés comme liés à la période ultérieure de la dynastie Omride en Israel. Jérusalem aurait été, d’après les fouilles extrêmement nombreuses de cette région une bourgade de 2000 habitants au maximum avec ses environs ..

L’unité du peuple israelien paraît aux auteurs bien postérieure à cette mythique monarchie unifiée, et leur semble le produit de l’émigration vers le sud des populations d’Israel ,après l’écrasement de leurs forces par le royaume assyrien, alors au faîte de sa puissance. La population du sud –le royaume de Juda aurait alors doublé en une vingtaine d’années seulement. C’est la classe dirigeante qui aurait du alors chercher à réunir ces populations par une idéologie et une histoire commune. On aurait alors assisté en Juda à la fondation d’une nouvelle idéologie d’Etat, fondée sur l’unicité du peuple hébreu, sur la centralité du culte dans le Temple de Jérusalem, sur l’unicité de la dynastie légitimement régnante, c’est à dire la lignée davidique.

Les auteurs disent que nous avons tous l’idée que le Temple de Salomon à Jérusalem était le lieu de culte unique,mais que c’est un non- sens et qu’il existe des preuves archéologiques que à son époque et même plus tard, il y avait,dans les endroits reculés de Juda des cultes parallèles organisés par les aristocraties locales. C’est seulement sous Ezéchias, que ces petits temples sont détruits et que débute la centralisation du culte à Jérusalem.La centralisation du culte est une décision politique,certainement pas religieuse ni spirituelle. Cette dimension spirituelle n’interviendra que vers le VI ème et V ème siècle avant JC, avec l’introduction de la notion de Dieu unique. Auparavant, il s’agit de Dieu local, ou national, comme partout à cette époque.

Ce bouleversement apparaît lié pour les auteurs à la défaite de Megiddo, ou le pharaon Néchao II tue le roi de Juda,Josias. Cette défaite, qui aurait pu signifier l’échec du Dieu nationzl, est au contraire présentée comme une punition des fautes du peuple juif, faisant du Dieu un Dieu universel, et pas seulement protecteur des ressortissants de son « implantation »

locale.

Le messianisme apparaît alors aux auteurs comme un moyen d’entretenir l’espoir d’une suite à l’histoire en annonçant la venue d’un nouveau roi qui sera, à son tour, choisi par Dieu parmi les descendants de David et Salomon . Ainsi se crée la matrice du Christianisme à venir.

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette remise en perspective de l’histoire et de la masse d’idées reçues charriées par la transmission de la vision littérale des textes sacrés, et dont on voit l’impact sur des visions politiques dans cette région.

Lien utile :

http://histoireenprimaire.free.fr/ressources/bible.htm


LES RABBINS LIBERAUX S’OPPOSENT A DES DEMANDES ANTILAIQUES D’UNE PARTIE DE LA COMMUNAUTE

mars 6, 2009

Dans un article du Figaro du 18/01/2008, les rabbins Daniel Farhi, Stephen Berkowitz et Celia Surget ont critiqué la réclamation faite au près de la HALDE par des associations juives émettant des exigences concernant la fiscalité des dons, les places dans les carrés confessionnnels juifs dans les cimetières, le calendrier des examens pour les élèves et les étudiants juifs, la nourriture cachère dans les hopitaux.

Ils soulignent que il ya quelque chose d’indécent à s’adresser pour cela à une autorité chargée de lutter contre les discriminations prohibées par la loi, d’accompagner les victimes ,de promouvoir les bonnes pratiques pour faire entrer dans les faits le principe d’égalité.

Ainsi ils dénoncent ceux qui ne semblent plus comprendre l’esprit des décisions du Grand Sanhedrin de 1807, selon lesquelles la Loi du pays est la Loi. Certains, relèvent ils, accumulent les exigences de moins en moins compatibles avec une vraie citoyenneté. Leur prise en compte irait à l’encontre de la laïcité française à laquelle ils réaffirment leur attachement. Ils rappellent que les carrés confessionnaux dans les cimetières sont des dérogations, non un droit en soi, que il est inadmissible de vouloir imposer l’arrêt des digicodes au pretexte d’une pratique orthodoxe de certains locataires juifs, aux dépens de la sécurité et de la tranquillité des autres occupants.

Cette prise de position se démarquant de la surenchère intégriste et communautariste des ultra orthodoxes est bienvenue, au moment ou les discours pro-religieux de Sarkozy ouvrent une brèche dans la laïcité que ces fondamentalistes rêvent d’utiliser pour renforcer leurs positions. Leur conclusion me paraît pouvoir être reprise à la lettre: "Il y a deux siècles, en acceptant la devise de la République -Liberté, Egalité, Fraternité-, les juifs ont aussi implicitement accepté cette autre devise:Judéité, Laïcité, Citoyenneté.

Par la propagande et par les armes les mouvements islamistes à la conquête du pouvoir total dans le monde musulman

janvier 25, 2009

L’année 2009 commencée par l’affrontement militaire entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste Hamas, va se poursuivre par la tentative de négociation entre les Etats Unis de Barack Obama et l’Iran, dont l’enjeu sera la guerre ou la paix dans la région et peut être dans une grande partie du monde.

Comprendre la signification de l’apparition sur la scène politique mondiale de ces nouveaux acteurs que sont les mouvements islamistes, dans les pays musulmans ou dans les populations musulmanes des pays non musulmans est essentiel pour ne pas se tromper dans l’évaluation des dangers  et dans l’élaboration des stratégies pour les contenir ou pour les vaincre.

Ceci nécessite d’éclaircir les liens qui existent entre les idéologies qui ont entraîné les masses derrière ces mouvements et les masses elles-mêmes. Or, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la force d’entraînement des idéologies n’est pas due à leur apparence plus ou moins véridique, même si chacune se flatte d’être l’incarnation d’une vérité. C’est la satisfaction des désirs humains , des besoins insatisfaits et des passions qu’elles promettent, et qu’elles réalisent dans la lutte pour la suprématie qui est leur visée.

Ainsi, ce qui a fait le succès de  l’idéologie nazie, auprès du peuple allemand, c’était non pas la cohérence des théories raciales, inexistante, mais le désir de revanche après la défaite de 1918, l’envie de se sentir supérieur aux peuples voisins, la mégalomanie flattée dans tous les domaines, la possibilité de jeter aux orties toutes les contraintes de la morale, le rêve d’une domination sans frein sur les autres.

De même, l’idéologie communiste a entraîné l’adhésion de masses immenses par la promesse d’un renversement des places sociales, dans lequel ouvriers et paysans devenaient les figures les plus valables dans l’échelle sociale, entrepreneurs et intellectuels étant réduits à des statuts  inférieurs, quand ce n’était pas de victimes expiatoires.

En ce qui concerne les masses musulmanes de notre époque, le sentiment de plus en plus répandu actuellement semble être le ressentiment tourné contre le reste du monde, le monde occidental en particulier. Ce ressentiment est lié à la conscience d’un fossé qui va en s’élargissant entre le bien être (relatif) des sociétés démocratiques et la conscience, rendue plus aigüe par la mondialisation médiatique, de la stagnation désespérante des pays musulmans, de la paralysie sociale de ces états quand ce n’est pas leur enfoncement progressif dans la misère. Partout, les mêmes images de misère, de chômage, d’exil perçu comme la seule issue, de corruption, de dictatures.  L’Algérie, 45 ans après son accession à l’indépendance, est contrôlée par un parti unique qui n’est que le masque de la corruption , des trafics, des malversations et des incompétences, d’un système pourri jusqu’à la moelle et qui n’ a pas su produire le développement rendu possible par les immenses ressources naturelles du pays. L’Egypte, pays d’une civilisation splendide vieille de 5000 ans, est la victime d’émeutes de la faim qui montrent son état de délabrement social et économique. Le Pakistan étouffe sous la masse des miséreux, etc..

Partout, dans ces pays, le sentiment d’être les descendants d’une culture brillante, les héritiers d’empires puissants qui ont dominé une partie du monde, à une époque reculée il est vrai, s’accompagne d’un vécu d’humiliation, proportionnel à l’exacerbation d’ un orgueil collectif réactionnel,  lié à cette origine glorieuse, et aboutit à une rancoeur qui vire de plus en plus  au désir de revanche et à la haine. Les régimes politiques qui portent la responsabilité (avec les peuples qui les maintiennent au pouvoir) de cet échec à  s’ajuster au monde tel qu’il est , encouragent cette déviation  de l’insatisfaction des peuples sur des boucs émissaires, l’Occident globalement, les USA et Israël en particulier.

Comme du côté Occidental  une partie de la population, embourbée dans les vestiges de culpabilité liés à l’époque du colonialisme, fait chorus avec ces thèses victimaires et renforce ce discours projectif,et comme les intellectuels indépendants sont quasi inexistants dans le monde musulman, le discours se développe et s’auto confirme sans trouver d’obstacles sérieux à sa rhétorique.

L’échec des espoirs liés au socialisme et au nationalisme, qui n’ont résolu aucun des problèmes de ces peuples, quand il ne les ont pas aggravés, aboutit au repli communautaire sur le patrimoine commun de ces peuples, la religion, qui fait d’eux un ensemble de plus d’un milliard d’individus, donnant le sentiment d’une force collective . Celle-ci compense les constats d’échec à prétendre à tous les titres de gloire de l’époque actuelle: importance militaire, économique, scientifique, culturelle, ou le retard se creuse continuellement.

C’est ce désir de puissance frustré, ce sentiment d’être les oubliés de la planète à l’heure ou les anciens pays du tiers monde de l’Asie et d’Amérique Latine montrent comment on peut se sortir du sous développement par le travail et l’intelligence, que les islamistes  exploitent à fond.Ils  exaltent la religion comme identité positive face  à la dévalorisation des identités nationales, flattent la haine latente de ces masses et l’exacerbent, soutenant la seule chose positive que voient en se regardant ces masses déshéritées: leur soumission à un ordre transcendant, qui , lui au moins, est grand. D’où la violence inouïe qui surgit lorsqu’elles se croient attaquées ( ou quand on leur dit qu’elles sont attaquées), dans la dernière chose qui leur reste: la religion, qui est en même temps leur point d’attache à la civilisation, et la seule chose grande dont elles peuvent se revendiquer.

Les islamistes, qui ont peu à peu pris la mesure du levier extraordinaire dont ils disposaient pour activer tous les ressorts émotionnels principaux de ces peuples, en ont tiré les conséquences: ils ont décidé de jouer à fond la carte du ressentiment des masses arabes, pour s’emparer du pouvoir partout ou ils le peuvent, avec une idée très claire dans leur esprit: là où ils s’empareront du pouvoir, ils ne le relâcheront plus. Peu importe les voies, électorales (tout à fait envisageables à certains endroits: en Algérie avec le FIS, à Gaza avec le Hamas, etc.) ou par la force (à Gaza également avec le coup de force militaire du Hamas,etc), une fois au pouvoir, tous les moyens les plus sanglants seront utilisés sans vergogne pour le conserver.

Le discours "intégriste" des islamistes prend ainsi la place d’un discours nationaliste et en est l’équivalent. Partout, il joue la carte de la haine contre "l’étranger" (La terre arabe devient "une terre sainte" que la présence des étrangers" profane", comme on l’a vu pour la présence des troupes américaines en Arabie", et il va de soi que les Juifs aussi profanent la terre palestinienne. Les étrangers sont la cible préférentielle des meurtres d’ Al Khaida, ou des extrémistes pakistanais venus faire un massacre à Bombay.

Tout ce qui est non musulman est suspect, et il y a un projet clairement établi de faire "une chasse gardée" des territoires de religion musulmane, d’éradiquer tout ce qui est autre, les chrétiens, même arabes, en font l’amère expérience à Gaza ou ils sont sous la terreur islamiste, comme en Irak ou même en Turquie.

Les mouvements nationalistes dans les pays musulmans sont de plus en plus coiffés par les islamistes (en Tchétchénie par exemple), plus déterminés, plus extrémistes, et soutenus par les Etats islamistes ou leurs alliés, financièrement et militairement. L’exemple de la Palestine, ou le Fatah perd du terrain, avec le recul de ses composantes marxisantes, face au prestige combattant des islamistes, est inquiétant.

A partir de là, il n’existe pratiquement plus de  voie alternative dans beaucoup de pays musulmans à l’islamisme, pour mobiliser les foules de déshérités. Parallèlement, une partie de la classe moyenne ( petits cadres, diplômés au chômage ,etc.) voit une possibilité d’accéder au pouvoir dans les wagons de l’islamisme, en même temps qu’une idéologie qui lui redonne une importance, comme  en Allemagne, une partie de la bureaucratie s’est ralliée au régime, pour avoir des miettes de pouvoir.

Les religieux, eux, poursuivent un but double.

Le principal est d’encadrer la population et de la conquérir à l’idée de mettre la religion au poste de commandement, en prenant la tête des luttes nationales et sociales, comme les communistes le faisaient avec leurs "courroies de transmission" (syndicats, organisations de masse, mouvements pacifistes). Mais la lutte nationaliste est pour eux un moyen plutôt qu’une fin en soi, même si ils adhèrent parfaitement à ses buts. Une fois au pouvoir, l’expansion de leur puissance (militaire, diplomatique, d’influence) étatique se confond avec le renforcement intérieur de leur emprise sur le pays et là encore, le nationalisme, et la haine de l’autre restent les ressorts qui leurs permettent d’être en phase avec les sentiments de la masse.

On comprend dans ces conditions la politique de l’Iran. Acquérir la bombe leur permettrait de sanctuariser leur Etat religieux, qui tout en régnant par la terreur sur le pays, n’a pas réussi à éradiquer le philo -américanisme d’une partie de la population, ni une sourde opposition aux côtés les plus rétrogrades de l’idéologie du régime. La faiblesse du régime, c’est justement le côté avancé de ce pays, l’existence d’une bourgeoisie émancipée, d’une classe instruite et désireuse de modernité qui courbe la tête sous la répression, mais n’est pas anéantie et sans laquelle, le pays ne peut pas survivre. D’où le désir de conclure éventuellement un pacte avec les Etats Unis pérennisant la situation, qui n’est toujours pas acquise définitivement pour le régime, qui cherche également, en prenant la tête d’une croisade pour la destruction d’Israël, à acquérir un prestige qui le mettrait à l’abri de toute contestation.

La religion est ainsi devenue le vecteur d’un "nationalisme sans nation" avide de revanche, haineux et pousse au crime, tout en prétendant défendre des valeurs humaines.  Comment rétablir une relation de raison avec le monde musulman et le séparer de cet enfoncement dans une paranoia  vers laquelle le poussent  les manipulateurs de l’Islam, comment ne pas le confondre avec cette psychose, ce qui l’y engagerait encore davantage, sans pour autant valider son discours persécuté? C’est toute la question de l’époque actuelle.

L’amalgame est aussi dangereux que la complaisance et la naïveté.

Trève à Gaza: le recul du mouvement islamiste continue:sera-t-il suffisant?

janvier 18, 2009

Quelques heures après avoir annoncé qu’il n’arrêterait pas les combats "tant qu’un seul soldat sioniste resterait sur le sol de Gaza", le Hamas a annoncé qu’il décidait une trêve de 8 jours, délai qu’il "donnait" à Israël pour quitter la bande de Gaza. Tout le monde peut apprécier l’effronterie de ce mouvement qui donne généreusement un délai à celui qui lui laisse à peine un filet d’air pour respirer, comme ceux qui donnent avec magnanimité l’ordre au soleil de se lever, le matin. Olmert  a annoncé que les buts d’Israël avaient été "totalement atteints" , ce qui laisse un peu perplexe: les buts étant l’arrêt des tirs de roquettes et  de l’approvisionnement en armes du Hamas, le résultat n’est pas totalement évident, même si il n’est pas exclu. Il est maintenant clair que d’une façon ou d’une autre, les grandes démocraties (USA, France, Grande Bretagne), ont signé des accords concrets avec Israël selon lesquels ils s’engagent à mettre en oeuvre les moyens d’éviter la reconstruction des tunnels.Il faut d’ailleurs souligner que contrairement à l’Angleterre et à la France, les Etats Unis n’ont pas demandé la fin du blocus ou le départ des troupes israéliennes, ce qui montre que le cessez le feu est pour eux un objectif en lui même, et qu’il y a eu probablement des accords plus larges que sur les tunnels dans la rencontre israélo américaine qui a eu lieu récemment.Même l’Egypte, dont Israël s’est plaint de la duplicité dans cette question, car elle ne faisait rien ,malgré ses discours, pour mettre un terme à leurs construction du côté egyptien , semble prête à jouer son rôle( son inaction étant liée à la pression des opposants islamistes au régime, qui l’accusaient de ne pas contrer le blocus économique des"frères" palestiniens. D’une façon ou d’une autre, il existe maintenant un consensus pour empêcher le réarmement du Hamas par l’Iran et la Syrie, et la situation est très différente de celle du Hezbollah, qui bénéficie de lignes d’approvisionnement directes avec ses maîtres. La victoire d’Israël, même si elle doit attendre les accords finaux avec les grandes puissances pour se matérialiser, ne fait pas beaucoup de doute sur ce plan. Par contre, l’arrêt total des tirs, qui est une exigence profonde de la population israélienne, qui ne comprendrait pas qu’une guerre, si coûteuse en vies civiles,ait été conduite sans arriver à ce résultat et qu’on considère comme un succès ce qui ne serait  qu’une atténuation de l’intensité des tirs est pour le moment moins évident. Il n’existe pour le moment aucune garantie, si ils sont suspendus le temps de la trève que ils ne reprendront pas si celle ci n’est pas reconduite. Leur nombre a baissé progressivement dans les derniers jours de l’offensive , mais l’omniprésence des troupes israéliennes y a certainement beaucoup contribué. Que se passera -t-il quand elles se retireront, Pour le moment, les Israéliens maintiennent la pression, puisque ils ne changent rien sur le blocus, ni sur le retrait des troupes.Riposter aux tirs ne les empêchera pas plus que avant l’offensive. Si leurs objectifs ont été, non pas de détruire totalement le Hamas, mais de le contraindre à arrêter les tirs et de le désarmer, c’est la conclusion des discussions qui montrera si les buts ont été atteints ou pas.En tout cas , les dirigeants israéliens savent que celui qui repartirait sns avoir résolu le problème pourrait dire adieu à tout espoir de réussite électorale  dans trois semaines, aux législatives qui arrivent. Un accord provisoire ne changerait rien à cette donnée, personne ne souhaitant la perspective de devoir recommencer la même guerre, dans quelques mois ou quelques années. Le Hamas, bras armé de l’Iran et de la Syrie en Palestine, souhaite faire de Gaza une base de départ de l’offensive qui dans son esprit doit éliminer  Israël de la région. IL s’appuie sur une vision de type djihadiste, qui analyse la situation dans la région en termes identiques  à celle de l’époque des Croisades. Pour eux, Israël est une excroissance du monde judéo chrétien qui sera éliminée comme les Croisés au 12 ème siècle. Rendre la vie impossible en Israël par la terreur créée par les bombardements ou par d’autres moyens terroristes est un moyen de préparer l’époque ou le Moyen Orient sera "Judenrein"; ils font déja régner la terreur antichrétienne dans le territoire de Gaza (exactions, expulsions, meurtres, intimidations). La haine qui suinte de tous leurs propos n’est même pas liée au conflit palestinien: celuici est instrumentalisé par eux, comme par tous les mouvements islamistes, pour s’emparer de la direction des masses  du Moyen Orient, déstabiliser les régimes modérés, et instaurer des dictatures religieuses terroristes. Leurs discours belliqueux et insultants flattent les masses frustrées et humiliées de cette région, comme les Allemands ont été flattés par l’orgueil délirant des discours nazis qui après l’humiliation de leur défaite en 1918, leurs disaient qu’ils étaient supérieurs au monde entier et faits pour le dominer.C’est pourquoi Israêl ne peut pas se permettre de laisser un tel cancer se développer et s’armer à ses côtés. Sa victoire eventuelle dépendra de sa capacité à donner un coup d’arrêt sans ambiguïté à l’ horreur qui se répand dans le sillage de cette foliede notre époque :le délire de puissance de l’islamisme djihadiste. Pour le moment, l’heure est à l’attente des décisions prises par les puissances qui se concertent , Israêl gardant la possibilité de reprendre la main quand il le souhaitera.

Gaza: vers un cessez le feu unilatéral d’Israël

janvier 17, 2009

Au 22 ème jour de la bataille de Gaza, les évènements semblent prendre une nouvelle tournure avec ce qui perce d’un projet israélien de cessez le feu unilatéral: les combats semblent baisser d’intensité, les chars israéliens se seraient replacés en position d’attente à la périphérie de la ville. Quel est le sens d’une telle décision , si elle se confirme?

Après la surprise produite par les informations convergentes vers cette position du gouvernement israélien, parvenue alors que , militairement, la situation paraît  de plus en plus maîtrisée par l’armée israélienne, ce qui se dessine c’est une stratégie politique fine, qui vise à empêcher le Hamas de renverser sa défaite militaire en succès politique, comme cela s’est souvent passé dans les guerres "asymétriques" ou une victoire militaire pouvait  aboutir paradoxalement à un succès politique des vaincus (victoire politique de l’Egypte , battue militairement, en 1956 dans le conflit de Suez, victoire politique du FLN en Algérie alors que ses troupes étaient réduites et traquées par le plan Challe,etc.).

Cela a été visiblement l’objectif du Hamas dans cette guerre, et que l’Etat Israélien prenne en compte cette dimension, et cherche à priver le Hamas de cette possibilité de crier victoire est fondamental, et marque la capacité israélienne à intégrer la dimension politique dans le combat contre le mouvement terroriste.

Le Hamas , qui présentait des exigences fantaisistes: levée du blocus israélien, retrait des troupes, contre une simple trève de 6mois ou un an,  se retrouve au point de départ, les Israéliens ayant clairement, encore une fois posé le cadre  du cessez le feu: pas de retrait de Gaza pour le moment, pas de levée du blocus, pas de réouverture des points de passage, ou de certains seulement ( ils exigeaient que Rafah soit remis entre les mains du Fatah. Une simple suspension des combats.

Parallèlement, Israël a négocié avec les Etats Unis un accord de contrôle des réapprovisionnements du Hamas ( technologie américaine pour la détection des tunnels, partage des informations satellitaires sur les infiltrations par mer des bateaux qui larguent des containers) qui montre que la confiance entre les alliés et leur accord sur le fond demeure.

Ainsi, le Hamas est privé du gain politique qu’il gagnerait d’un allègement du blocus accompagné d’une trève qui lui donnerait du temps pour respirer.Ses tentatives de contourner les conditions israéliennes pour l’arrêt de la guerre par un "donnant donnant" dont il tirerait reconnaissance implicite échouent . Israël reste maître du jeu politique et laisse les fanfaronnades du Hamas se perdre dans le vide. Comme l’a déclaré Tzipi Livni à Washington, "la fin de la guerre ne dépend pas d’un accord avec le Hamas, mais plutôt d’un arrangement contre le Hamas". Ceux qui ont espéré arriver à un compromis qui serait une demi-victoire pour le Hamas et donc une demi-défaite pour Israël en sont pour leurs frais.Le Hamas a beau se contorsionner pour essayer de transformer une défaite militaire en succès politique,les Israéliens ne lâchent pas leur prise, continuent à refuser le dialogue avec l’organisation terroriste qui a juré leur perte,et trouvent des solutions qui leurs permettent de conserver la proximité avec leurs alliés, américains et européens, sans se soucier des cris de rage des pays arabes qui soutiennent,ouvertement ou à bas bruit, le mouvement islamo-terroriste.Le Hamas reste isolé, à part le soutien de l’Iran et de la Syrie, états eux-mêmes terroristes, qui n’arrivent pas à entraîner avec eux les autres états arabes, qui savent à quoi s’en tenir sur ce mouvement  plus ou moins téléguidé par les deux états bandits évoqués.

Les gesticulations du Hamas restent donc sans effet:Les choses vont se décider  en dehors de lui et contre lui :les vrais interlocuteurs seront les Etats Unis, l’Europe, l’Egypte et peut -être la Turquie. Les efforts de ses parrains ne lui épargneront pas la satisfaction des conditions posées par Israêl, dont la population reste soudée dans le sentiment de la légitimité de cette bataille et de ces exigences. On est cette fois très loin du doute qui avait saisi cette population dans la période faste des mouvements pacifistes, dans la campagne pour le retrait du Liban, et dans l’impression d’échec qui avait suivi la guerre de 2006. Cette fois, contre les efforts vains des pacifistes pour détacher la population de l’action de son armée et de son gouvernement, c’est au contraire un sentiment renouvelé de confiance, d’unité et de lien organique avec l’armée qui s’est recréé, et qui a complètement marginalisé ceux qui attaquaient cette articulation vitale pour le pays.

Provisoirement, en attendant l’effet diviseur des législatives, et les conclusions sur le processus de paix que tireront les Israéliens, ainsi que la nouvelle donne de Obama, Israël a retrouvé une unité qui n’était plus visible dans l’éparpillement  de son système politique

Gaza: l’étau israélien se resserre inexorablement sur le Hamas

janvier 14, 2009

Au 19 ème jour de l’offensive israélienne, la situation prend de plus en plus tournure: les troupes israéliennes pénètrent lentement et précautionneusement dans Gaza, en utilisant toute leur puissance de feu.

Elles ont réussi jusqu’à présent à subir  extrêmement peu de pertes (une dizaine de tués, dont 4 par un tir "ami"). Aucun soldat israélien n’a été enlevé comme le promettait le Hamas , les" pièges" annoncés par le Hamas n’ont piégé personne, et le nombre de roquettes lancées quotidiennement par le Hamas diminue progressivement, ce qui prouve à la fois la diminution de ses capacités et le fait que elles ne sont pas encore annihilées.

Les commentateurs de la presse commencent à dire que le Hamas a intérêt à négocier si il veut sauver une partie du pouvoir qu’il a encore à Gaza. Les rodomontades de son leader ("La victoire est plus proche que jamais") sont interprétées comme le dernier rideau de fumée avant que le Hamas cède et concède dans la négociation les points qu’Israêl a fixés comme les conditions sine qua non d’un arrêt des combats:arrêt définitif des tirs de roquettes et coupure des réapprovisionnements en armes par les tunnels.

Il est bien sur trop tôt pour tirer les leçons de cette guerre, mais certains points commencent à se dessiner:

L’un d’entre eux est l’aveuglement profond des pacifistes israéliens, qui, si ils n’ont quasiment pas pu s’opposer au déclenchement de la guerre, tant la population était unanime à exprimer sa colère et sa résolution à obtenir la cessation des attaques contre elle, ont essayé de faire cesser l’offensive dès les tous premiers jours, alors qu’aucun résultat significatif n’était obtenu, et qu’il n’y avait aucun moyen d’aboutir à ce que le Hamas , puisqu’il pensait pouvoir s’en tirer à bon compte, et même "gagner" politiquement au moins, sinon militairement cède sur les points essentiels.C’est une vraie démonstration d’irresponsabilité et de parti pris idéologique qu’ils ont faite, et les israéliens s’en souviendront.

Un autre point est  la façon dont les différentes organisations de défense des droits de l’homme ont affiché un parti pris anti israélien très violent dans leur condamnation des victimes civiles occasionnées par l’offensive, développant une présentation très partiale de la situation: en effet non seulement ils passaient sous silence le fait que le mouvement terroriste avait délibérément choisi de se mettre au mileu des civils pour en faire des boucliers humains dont il espérait que les victimes seraient vécus comme des martyrs des israéliens, ce qui est contraire aux lois de la guerre, mais aussi qu’ils avaient installé des stcks d’armes, des bases  et des refuges dans les lieux proscrits par ces lois de la guerre: hopitaux, écoles, édifices religieux, tout ce qui pouvait produire des victimes susceptibles de produire encore plus d’émotion.

Surtout , ces associations, qui ne portent jamais plainte contre les actions terroristes, ont rejoint l’amalgame entre victimes latérales d’un conflit et meurtres intentionnels développé par les médias propalestiniens, et sont rentrés dans la stratégie du Hamas qui visait à faire interrompre l’offensive israélienne par le biais de la pression internationale. Il y a une dérive que l’on observe dans ces mouvements, investis par des individus dont les orientations sont souvent d’extrême gauche, et qui mélangent tiers mondisme,droit de l’hommisme,et "anti impérialisme" dans des positions dont les choix politiques sous -jacents sont cachés dans les plis d’un moralisme sourcilleux qui ferme les yeux sur certaines atteintes aux droits pour en souligner d’autres.

Un autre point est aussi la nécessité pour Israël de garder une autonomie de décision dans la conduite de sa politique nationale.La façon dont la plupart des nations ont pensé d’abord en termes humanitaires à protéger avant tout les populations civiles palestiniennes, sans proposer de solution pratique à l’agresion subie par les populations civiles israéliennes bombardées par le Hamas, laisse pensif sur la confiance qu’on peut leur accorder dans les crises internationales.

Il faut attendre la conclusion du conflit pour pouvoir en tirer tous les enseignements, et en particulier, quelles seront les retombées dans la confrontation électorale de février,mais, surement, quelque chose va changer dans la donne pour la région.

ISRAEL PEUT IL GAGNER MILITAIREMENT ET POLITIQUEMENT LA GUERRE DE GAZA ?

janvier 12, 2009

Au 17ème jour de la riposte israélienne au refus du Hamas de prolonger la trève et à la reprise par lui des bombardements du Sud d’Israël, le gouvernement israélien est partagé entre la poursuite de l’offensive et la tentative de trouver une solution négociée qui aboutisse à un arrêt garanti des bombardements et à une cessation du réapprovisionnement militaire du Hamas par les tunnels.

Une victoire militaire est elle possible dans les combats urbains contre une milice armée?

Il existe au moins trois exemples qui l’ont prouvé: le premier est celui de la bataille de Beyrouth, en 1982, au cours de laquelle l’armée israélienne après avoir encerclé la ville,et alors que on lui prédisait les pertes les plus lourdes,  a investi la ville et en a chassé les troupes du Fatah, qui n’ont du leur salut qu’à la protection de leur retraite par une force internationale qui voulait préserver  Arafat pour conserver une option  d’existence d’un état palestinien. La victoire militaire a été complète

La suite politique a été moins brillante, car le rapport de force intérieur libanais s’est progressivement détérioré avec la division en clans rivaux de la minorité chrétienne alliée d’Israël, et le recul de son poids politique en même temps que l’entrée d’une partie d’entre eux dans le groupe commensal de la Syrie. La montée en puissance du Hezbollah a suivi le développement de l’islamisme militant, et le retrait du Liban d’Israël a donné un énorme coup d’accélérateur au prestige de cette organisation qui a étendu, sur le mode des réseaux islamistes, une structure parallèle à l’Etat. Enfin, leur résistance à l’attaque israélienne mal conçue de 2006 a achevé de leur conquérir les esprits des chiites.

Le deuxième exemple  de bataille gagnée par Israël dans un environnement urbain défavorable est celui de la bataille de Jennine, en Cisjordanie. Dans cette bataille menée par l’armée israélienne contre les terroristes qui multipliaient les attentats suicides contre la population israélienne (1000 morts en 4 ans), les terroristes multipliaient les prédictions depertes insupportables pour les Israéliens assuraient que ce serait le "Stalingrad" de Tsahal (ils n’ont jamais eu peur de l’abus de mots) . Quand l’ armée israélienne est entrée dans le camp, ils ont ameuté le monde entier en parlant d’un carnage, d’un "holocauste" de la population civile. Les faits ont montré que il y avait eu une cinquantaine de morts civils, alors que plusieurs centaines de miliciens avaient été tués  et que cette défaite avait scellé l’échec de la 2ème Intifada, intifada militaireà la différence de la guerre des pierres et qui avait surtout consisté enmeurtres de la population civile israélienne.

Le 3ème exemple est celui de Sadr-City ,l’immense quartier chiite de Bagdad,peuplé de deux millions et demi de deshérités et où avaient eu lieu des centaines d’attaques, des milliers de morts durant le contrôle de ce quartier par "l’armée du Mahdi".et les multiples bandes qui semaient la terreur.

La bataille livrée par l’armée américaine épaulée par les troupes de la nouvelle armée irakienne a écrasé , avec le soutien de l’aviation en particulier,la milice chiite qui a disparu des rues. Le quartier est contrôlé, pacifié. Il n’y a pas eu une seule bombe, un seul meurtre de masse depuis 6 mois dans le quartier. "Nous avons du tuer beaucoup de miliciens pour reprendre ce lieu" déclare un commandant des forces irakiennes qui  dirige une partie des forces qui quadrillent le quartier.L’officier dit, dans le reportage du journaliste du Monde,que il a saisi des milliers de mines et d’engins explosifs disséminés dans les rues et des tonnes d’armements divers", ce qui montre que ce genre de "pièges" n’est pas incontournables.

A Falloudja, aussi, les troupes britanniques ont du se faire aider de la logistique américaine pour évincer de la ville les milices chiites ou tout simplement criminelles qui se croyaient toutes puissantes, mais elles ont réussi à redonner le pouvoir aux autorités légales.

Il existe donc pour une armée moderne, puissament équipée, le moyen de livrer bataille et de la gagner sans subir des pertes insupportables dans un environnement urbain contre une guérilla mobile et plus ou moins fondue dans la population.

Actuellement, les Israéliens ont réussi à occupper des positions de plus en plus avancées dans le dispositif du Hamas, au prix de pertes extrêmement légères (une dizaine de tués contre  550 chez le Hamas d’après eux). Ils sont donc devant le choix d’augmenter encore la violence du combat pour écraser encore plus le Hamas, d’autant que leur armée est mal adaptée à une guerre statique, ou d’accepter une trève qui figerait la situation actuelle.Ils ont un problème de temps, car l’entrée en fonction de Obama risque de changer la donne, car ils n’ont pas les moyens de s’opposer à une injonction américaine, ou du moins pas longtemps. La limite est donc celle du 20 janvier, et le Hamas, pour le moment, rêve de tenir jusque là.

Israël peut-il sortir vainqueur politiquement du conflit?

Le premier objectif d’Israël, dans cette guerre, est de montrer à sa propre population (un dixième de la popuation israélienne serait  sous le feu potentiel des roquettes du Hamas, en tenant compte de celles à plus grande portée) qu’il peut les protéger, ce qui est l’aspiration première de tout individu et ce qu’il attend de tout état.

Il est clair que c’est le premier objectif de cette guerre, et que aucun gouvernement de l’arrêtera s’il n’a pas la garantie que ces tirs cesseront.

Or,le Hamas va se trouver dans une situation politiquement difficile: ou il refuse de négocier un accord qui reposera obligatoirement sur les deux piliers que sont arrêt des tirs et suppression des tunnels qui le réalimentent en fusées et en armes ( il existe des solutions technologiques pour détecter ces tunnels, et une force d’interposition pourrait la mettre en oeuvre), et il apparaîtra comme le responsable de la continuation des combats qui iront vers son écrasement graduel.

Ou il accepte un tel accord, qui sera certainement accompagné d’une levée du blocus israélien sur Gaza, et il ne pourra pas se targuer d’avoir réussi face aux israéliens. Son pouvoir de nuisance , sur lequel repose une grande partie de son prestige, sera extrêmement réduit. Il restera les ruines causées par la guerre qu’il a déclencée en ne renouvelant pas la trève avec Israêl.

Il faut garder à l’esprit que la plupart des pays arabes ( pas la Syrie et certainement pas l’Iran) ne souhaitent pas une victoire politique du Hamas, même si il ne peuvent pas le dire, face à leurs opinions publiques chauffées à blanc par  Al Jazira.

D’autre part, la sensibilisation des opinions occidentales aux malheurs des habitants de Gaza est variable selon les pays. En France , malgré les manifestations bruyantes dans les rues, l’opinion reste partagée à peu près également entre ceux qui attribuent la responsabilité du conflit à l’un ou l’autre des protagonistes ( dernier sondage  du Parisien du 12/01/09: responsables :18% Israël,23% ,le Hamas, 28%, autant l’un que l’autre, 31%, ne savent pas)

Du côté israélien , le soutien de la population est toujours aussi massif:plus de 90% de la population.

Dans leur immense majorité ils sont d’accord avec l’adage qui dit: "il vaut mieux recevoir des insultes que des condoléances", et le fait que ils ne soient pas aimés des arabes , un peu plus ou un peu moins n’est pas leur souci essentiel .

Le fait que le Hamas  apparaisse comme le seul opposant déterminé à Israël  n’est pas  nouveau, et les populations mesurent aussi ce qu’il en coûte de suivre des surenchères bellicistes. Les renseignements israéliens affirment (mais peut on les croire), que la population locale, qui se sent en partie otage du Hamas,reproche à celui-ci  les destructions et les pertes humaines causées par la guerre.

La  violence terroriste de la 2ème intifada , même si ils l’ont soutenue,a bien été perçue par les Palestiniens comme inefficace à  faire plier l’Etat Hébreu, et finalement une erreur politique.

Si Israël arrive à obtenir son but essentiel, la mise  hors d’état de nuire du Hamas, ce qui n’est pas identique à sa destruction complète, objectif à peu près inatteignable,quoique dira celui-ci, qui criera forcément victoire, comme les soldats du Fatah faisant le V de la victoire,en partant moisir dans les camps du Yemen après leur défaite à Beyrouth  , il aura remporté une victoire politique, restauré le pouvoir de dissuasion deTsahal, et créé des conditions favorables pour la partie serrée de négociations qui va s’engager avec la rentrée en lice des USA, avec Barack Obama.

La haine antijuive attisée par certains médias et les islamistes s’étend avec la complicité de l’extrême gauche

janvier 11, 2009

Le Monde du 11/01/09 rapporte une information stupéfiante: à La Haye,la gauche radicale, le Socialistische Partij , "qui compte une forte représentation parlementaire, a participé activement , il y a quelques jours, à un défilé qui clamait :"Hamas,Hamas, les juifs au gaz".

Que les masses arabes, travaillées par les images en boucle de Al Jazeira, montrant des enfants ou des civils victimes de bombardements, laissent déborder de la colère et de la rage impuissante peut se comprendre.

Mais que des organisations de gauche participent à des manifestations dans lesquelles le Hamas essaye de créér des réflexes antisémites pour étendre  sa vision du monde ou les Juifs sont le "Mal", ou des appels au meurtre sont prononcés  et les actions nazies  applaudies et données en exemple, que ils ne se démarquent pas de ces organisations terroristes et de leurs appels au meurtre passe les limites.

Le gouvernement français a manifesté son inquiétude devant le risque d’ "importation" du conflit sur le sol français, et il essaye de prendre des mesures pour l’éviter . Il essaye de lancer des initiatives pour résoudre les  souffrances de la population et arriver à des compromis raisonnables.

Mais une partie de la presse ,ne suit pas cette voie.

Libération avait choisi de fermer son site internet devant le déferlement de haine et d’injures qui le submergeait. Le Monde faisait part de son inquiétude devant le taux extrêmement élevé de  commentaires refusés pour cause d’inacceptabilité (40 % au lieu de 8 à 10 ordinairement).

Mais l’Humanité Dimanche titre sur les "massacres", ce qui lui vaudra bien  quelques dizaines de milliers de lecteurs satisfaits et retardera d’autant son extinction.

Quant au nouveau journal de Siné,créé à la suite de sa mise à la porte de Charlie Hebdo pour cause de propos antisémites, il fait toute sa couverture avec un dessin effrayant de haine: Un drapeau israélien ou les lignes traçant l’étoile de David sont remplacés par des ossements. C’est le même Siné qui déclarait sa haine des juifs il ya quelques années et déclarait  vouloir qu’ils vivent dans la peur, ou qu’ils meurent, sauf les propalestiniens.

Que les médias fassent leur travail et qu’ils informent sur la situation d’urgence vécue par les civils , et leurs souffrances est une chose. Mais qu’ils mettent de l’huile sur le feu, soit par choix partisan, soit dans une surenchère  d’effets émotionnels pour gagner de l’auditoire, est inacceptable.

Quand aux partis de gauche, ils doivent veiller à ne pas cautionner, ne serait ce que par leur présence, les prêcheurs de haine qui manipulent les masses et tentent de constituer des groupes de pression qui pourraient bien un jour se tourner contre eux quand ils trouveront insuffisantes ces tolérances,et que ils demanderont plus.

L’extrême gauche, elle, est fidèle à ses clichés tiers mondistes et anticapitalistes. Ce qu’elle essaye de capitaliser, elle, c’est le ressentiment des populations immigrées,leur impression de ne pas être respectées, ou intégrées, et elle se montre à leurs yeux sensible à leur vision de victimes universelles, au prix de ne pas les contrarier dans leurs dérives haineuses. Il n’est pas sûr que ce soit un bon calcul , mais de toutes façons, ces compromissions doivent être dénoncées.

L’INTERVIEW DE EHUD BARAK PAR CLAUDE LANZMANN DANS LES TEMPS MODERNES

décembre 21, 2008

Le dernier numéro des "Temps Modernes" est centré sur "la sexagénaire jeunesse d’Israël". Il s’ouvre sur une interview de Ehud Barak,ministre de la Défense d’Israël , par Claude Lanzmann. Plusieurs idées intéressantes sont développées dans cette interview.

Après la critique de l’impréparation et du manque de clarté des objectifs de la guerre contre le Hezbollah en 2006 (Barak compare cette action à un orchestre philarmonique à qui on demanderait le matin de jouer le soir la 8ème Symphonie de Mahler), il critique le fait que Israël n’ait pas poussé jusqu’au bout la logique d’autonomie de Gaza, ce qui fait que aux yeux de la communauté internationale, il est toujours considéré comme responsable des conditions de vie dans cette entité. Alors que, si un état indépendant bombardait Israël comme le font les terroristes du Hamas, la riposte globale aurait paru absolument justifiée, comme ce serait le cas si la Syrie le faisait par exemple.

L’affirmation peut tout à fait être discutée, car les Islamistes , dans leur guerre mondiale contre le sionisme, sont tout à fait prêts à sacrifier la population d’une ville pour rendre la vie impossible à l’Etat Hébreu, et ils sont passés maîtres dans la prise en otage des populations civiles  derrière lesquelles ils s’abritent pour leurs actions meurtrières,suivies de discours victimaires au moment des ripostes.

Abordant ensuite le point des négociations avec les Palestiniens, il souligne la difficulté de négocier avec des interlocuteurs qui ne contrôlent pas la moitié de leur population.

Il dit que les Israéliens font l’expérience de la désillusion vis à vis de deux grands rêves, l’un à droite, celui du "Grand Israël", correspondant à la vision messianique ,  l’autre à gauche, le grand rêve utopique d’un ange qui descendrait du ciel pour enlacer un nouveau Moyen-Orient, le rêve que l’empressement des Israéliens à accorder un crédit excessif à leurs voisins puisse changer l’attitude de ces voisins à l’égard de leur présence ici.

Barak dit que les Israéliens comprennent de mieux en mieux aujourd’hui combien cette région est dure, et , avec l’expérience du désenchantement relatif à ces deux utopies, que ils doivent trouver un moyen de vivre avec cette réalité que les gens autour d’eux ne les aiment pas, que un grand nombre de ces voisins souhaitent que ils disparaissent ou qu’ils retournent aux lieux d’où ils sont venus.

La conclusion de Barak est que un accord de paix n’aboutira que lorsque ces voisins auront définitivement admis que que Israël ne peut être vaincu militairement, que le terrorisme ne l’aura pas à l’usure, et que il ne se laissera pas entraîner dans des guet-apens diplomatiques proposant des compromis à sens unique( formule visant évidemment l’angélisme de la gauche, qui tenait les autres mouvements politiques israéliens  pour responsable des échecs du processus de paix, et non pas la partie palestinienne).

Barak reprend le parallèle établi par les Arabes avec la situation des Croisades et développe l’idée que l’échec des Croisades a été causé par l’intégration et l’influence par le milieu (intermariages, corruption, moeurs locales) qui a fait avaler par ce milieu les Croisés, dilués dans leur environnement et devenus si faibles que la bataille de Hattin, gagnée pat Saladin, n’était que le coup de grâce porté à une entité déja corrompue et pourrie jusqu’à l’os.

La thèse qu’il développe, c’est que au contraire, Israël a le potentiel pour  être à l’avant-garde des autres dans cette région, et défier les attentes et les rêves de nombre de ses habitants.
Le terme de "peuple élu" se trouve remplacé dans son esprit par celui de peuple qui décide de mettre en place une "société d’excellence".C’est ce qu’il propose comme but et ambition à la société israélienne:être à l’avant garde de la société mondiale dans tous les domaines, de l’éducation à la science, être un modèle de vie culturelle et de qualité de vie, un modèle de vie tout court;

On perçoit dans cette vision idéale de la société israélienne la nostalgie de l’époque héroïque des kibboutz qui posaient les modèles d’une utopie sociale concrète, en écho aux utopies de l’époque, en même temps que l’orgueil d’avoir fondé, avec la religion juive, les fondements de la civilisation "judéochrétienne" qui  est le substrat du monde occidental actuel.

L’article  se conclut sur le parallèle établi avec d’autres petites nations, Singapour, la Finlande, l’Irlande qui ont par des actes de volonté, réussi à surmonter le handicap de leur taille ou de leurs conflits internes, question vitale pour l’Israël de notre époque ou des époques antérieures.

LE TEXTE DE LA LICRA CONTRE L’OFFENSIVE DES PAYS MUSULMANS ET DES DICTATURES CONTRE LES DROITS DE L’HOMME

décembre 14, 2008

Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux.

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’ONU et la destruction de ces principes par la même ONU? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001, la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même ouy Gandhi avait commencé à exerccer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés les "Mort à l’Amérique!" et "mort à Israël!", et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et les violences contre les femmes.

Alarmée par les graves disfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’Homme (CDH) censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer: c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban2 qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l’homme", la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s"y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s"y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs.Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

Une triple alliance composée de la Conférence des Organisations islamiques (OCI) représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, ou Cuba,le Vénézuela et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine avec la complaisance cynique de la Russie_ oeuvre ainsi à la mise en place d’une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines du racisme, Doudou Diène, d"clare d’ores et déja qu"énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une tradition esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port  de signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale".

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’Islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-paroles de cette nouvelle alloance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l’homme, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l’homme et à la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l’exige, la Haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé des principes à venir, ainsi résumés:"offense aux principes religieux considérée comme raciste".

Bien pire,dès le elndemain,vingt et un iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël,pays membre de l’ONU,créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en temps que juriste, elle s’estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser se shôtes". Charbonnier est maître chez soi. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des Nations en 1933, pour se soustrairre à toute critique d’une institution internationale impuissante, mais dont les principes n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l’ONU aujourd’hui.

Les grands crimes politiques ont toujours  eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l’ennemi du peuple, au nom de la race,au nom de l’émancipation des masses laborieuses ou au nom d’un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’"avenir radieux" ont ouvert grand la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’ Histoire fut commis.

Face à  cette stratégie, les Démocraties, d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d’une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple thibétin face aux enjeux des exportations vers la Chine. Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée  néerlandaise après l’assassinat de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d’avoir blasphémé l’islam dans son film "Soumission"? Les exemples s’additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l’intégrisme islamique impose sa loi par la terreur. Combien d’Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche Orient, en Turquie, au Pakistan ont déja payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l’obscurantisme religieux?

Si par malheur l’ONU devait consacrer l’imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé au racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s’inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

L’assemblée générale de décembre 2007 a déja entériné des textes condamnant des formes d’expression considérées comme diffamatoires de l’islam. L’enjeu est clair, il est mondial, c’est de la défense des libertés de l’individu qu’il est question.

Soit les démocraties se ressaisissent, à l’exemple du Canada, qui vient d’annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant "qu’elle risquait d’être marquée par des expressions d’intolérance et d’antisémitisme", et cessent de s’abstenir ou de voter des résolutions contraires à l’idéal universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations Unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire: "Nous ne savions pas".

Premiers signataires:

Elizabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean Claude Buhrer, Chala Chafik, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Dvajan, Jacques Dugowson, Frédéric Ensel, Alain Finkielkraut, Elizabeth de Fontenay,Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefèvbre, Corinne Lepage, Malka Markovich, Albert Memmi, Jea-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui;

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à: licra@licra.org

Liste complète des signataires à:www.licra.org

LE LIKOUD EST DESORMAIS UN PARTI EXTREMISTE

décembre 10, 2008

(d’après l’article de Gilles Paris dans Le Monde.fr du 09/12/08)

C’est ce qu’ à déclaré le premier ministre  Ehoud Olmert après les primaires du Likoud qui viennent de se dérouler en Israël.

Tous les observateurs font en effet le même constat, celui de la droitisation de ce parti, dont le signe le plus éclatant est la nomination sur sa liste électorale de Moshé Feiglin, animateur du courant Manhigoute Yehoudite (direction juive) , accompagné de deux proches en position éligible comme lui.

Ce courant est un des plus extrémiste en Israël, mais Feiglin, à la différence des autres groupuscules d’extrême droite, a choisi une politique d’entrisme dans le Likoud, ou il a obtenu progressivement des scores de plus en plus importants  dans les élections internes. On se trouve dans une situation qui serait celle, en France, ou le Front National aurait décidé d’investir progressivement l’UMP, pour avoir un levier d’action politique plus efficace que le statut de parti contestataire.

Feiglin a ainsi célébré  comme "un acte de résistance" l’assassinat de 23 musulmans en prière dans une mosquée au caveau des  Patriarches en 2004 par l’extrêmiste juif Baruch Goldstein, et réclamé après le lynchage par les Palestiniens de deux soldats israéliens à Ramallah que Israël chasse les habitants de cette ville pour les remplacer par des Juifs, avant la suite qui serait non seulement le transfert des Palestiniens des Territoires, mais aussi celui de toutes les populations arabes présentes dans le "grand Israël".

Cette radicalisation du Likoud l’empêche, comme le souligne Gilles Paris dans son article, de se présenter comme un parti pragmatique peu différent sur le fond de Kadima, et obère sa capacité d’attraction aux prochaines législatives.

Comme le dit Haim Oron, chef du Meretz, "le Likoud a ôté son masque et montre son vrai visage.La combinaison Feiglin-rebelles du Likoud a contribué à former un part d’extrême droite. Le peuple devra  désormais choisir entre la liste du Likoud et une alternative en quête de paix, capable de dialoguer avec les Etats Unis et le reste du monde".

Même si on  ne partage pas d’une façon générale les vues du Meretz, on ne peut qu’être frappé par la justesse de cette formulation: si le peuple israélien choisit l’extrêmisme du Likoud, il n’y aura plus de dialogue possible avec les Etats Unis, fermement engagés dans la voie d’une paix reposant sur la coexistence de deux états sur cette terre, comme la quasi-totalité de la communauté internationale. Israël sera alors coupé de ses soutien vitaux, stratégiques, économiques et militaires, ce qui est sans le moindre doute une politique suicidaire.

Là ou l’extrême droite accuse la gauche et Kadima de mener une politique suicidaire en donnant un état aux ennemis d’Israël, c’est elle même qui creusera la tombe du pays en le désarmant,égarée dans ses délires religieux et sa mythologie mégalomaniaque, incapable d’apprécier les vrais rapports de force, emportée  par sa vision illusoire d’une capacité militaire à maîtriser tous les problèmes politiques de la région.

Kadima, seul  parti de taille à s’opposer au Likoud avec un parti travailliste  en pleine déroute, crédité de seulement 8 % des voix,arrivera -t-il à remonter son retard dans les sondages sur le Likoud avec la prise de conscience de cette évolution inquiétante de son adversaire?

Nous le saurons bientôt.

Défaite des extrémistes à Hébron

décembre 6, 2008

La "maison de la discorde"  à Hebron, immeuble occupé par les colons extrémistes qui refusaient de se soumettre à la loi,c’est à dire à la décision de de la Cour de Justice Suprême, qui avait ordonné l’évacuation de cet endroit en attendant qu’un jugement définitif sur le droit de propriété des uns ou des autres soit prononcé, a été évacuée par les forces de police israéliennes après des échauffourées brèves, mais violentes, qui n’ont fait que quelques blessés légers.

Cette bataille,politique, religieuse et symbolique a dévoilé beaucoup d’éléments de la situation politique israélienne actuelle.

D’abord, elle a montré que malgré la mobilisation très importante des extrémistes, ceux-ci  n’avaient pas, pour le moment du moins, la possibilité de s’opposer aux évacuations quand le gouvernement se donnait les moyens de les  mettre en acte. Bien que ils aient fait signer des pétitions par un grand nombre de personnes, la majorité de la population et les principaux  partis politiques ont condamné le refus de se soumettre aux décisions de la justice, comprenant parfaitement que ce sont les fondements mêmes de l’Etat israélien qui sont en danger si l’état de droit n’est plus respecté, si la plus haute instance juridique du pays est bafouée, si le fait accompli et l’injustice s’imposent par la volonté d’une toute petite minorité. Il y a une conscience qui se développe, face à l’escalade de violence et de haine de ces extrémistes, de ce  que ces ultras sont un vrai danger pour la sécurité de tous autant que pour la démocratie.

Parallèlement, l’Etat qui n’avait pratiquement démantelé aucune implantation depuis  celles de Gaza, autant par crainte d’affronter l’opinion publique en apparaissant comme divisant les juifs et les dressant les uns contre les autres, que par  ambigüité politique, a été poussé à réagir par l’escalade des colons qui l’ont mis en situation de ne pas pouvoir continuer à céder sans se déconsidérer complètement, intérieurement et extérieurement. Le résultat est un coup d’arrêt à l’audace et l’impunité croissantes des ultras et un désaveu de ceux-ci par la majorité de la population.

Un autre point qui s’est révélé dans ce conflit, c’est le potentiel de haine,et – c’est un comble- de racisme qui est recelé par la vie en circuit fermé des ultras religieux, vivant dans un univers parallèle à la société israélienne, avec leurs écoles,leurs chefs religieux, leurs quartiers, leurs communautés. Ce sont des incubateurs de fanatisme qui se sont développés et dont on voit apparaître les rejetons. Les adolescents violents et fanatiques, qui ne reconnaissent aucune autorité autre que leurs rabbin, eux mêmes fanatiques, ne se rendent pas compte que ils sont les images en miroir des adolescents arabes aux visages masqués par les keffieh qui attaquent les juifs partout ou ils le peuvent. Les graffiti racistes, les agressions contre les voisins palestiniens,produisent le même dégoût que les déchaînements  antijuifs qui éclatent sporadiquement dans les villes arabes.

Ce qui apparaît clairement à cette occasion, c’est que  ce n’est pas un conflit de religion, ni de civilisation, qui est en jeu, mais un conflit entre société fermée et société ouverte, société libre et société d’oppression et d’obscurantisme.

Ce qui est réconfortant, c’est que la population israélienne semble raison garder, face à l’hystérie de certains groupes. Ce qui est inquiétant, c’est que la dérive de ces groupes violents peut s’accentuer, et aboutir, dans un climat de surexcitation, au passage à la violence armée, c’est à dire une forme de guerre civile. La société israélienne, dans sa bigarrure, contient à la fois l’attachement à la tolérance et à la diversité qui est la base de son existence, et les germes de l’intolérance par l’intégrisme religieux qui est aussi une des racines de cette nation.

Ce sera la responsabilité de tous les partis politiques de ne pas se laisser tenter par l’utilisation de ces forces malsaines et dangereuses pour l’unité et l’existence même du pays.

Kadima , une dernière chance pour la paix au Moyen Orient

novembre 17, 2008

L’échec de la tentative de Tzipi LIvni  dans sa tentative de constitution d’un gouvernement de coalition, avec les travaillistes et avec le Shas fait planer une grande inquiétude sur la possibilité de trouver une majorité, pour le prochain gouvernement, qui ait les mains libres pour mener des négociations de paix avec les palestiniens.

Or tout le monde est à peu près d’accord actuellement pour penser , parmi ceux qui souhaitent l’existence de deux états côte à côte, que le temps joue contre  les chances d’un accord.

En effet, le facteur le plus grave sur ce plan est la continuation de la colonisation à Jerusalem sur un mode qui vise à empêcher toute continuité territoriale d’un état palestinien avec Jérusalem Est et en particulier avec les Lieux Saints. Or un Etat palestinien sans au moins une partie de Jerusalem Est est absolument inacceptable pour la partie palestinienne, et débouchera sur une guerre à  outrance.

C’est le calcul évident de la droite dure israélienne, dont Netanyahou est la figure de proue, qui continue à croire possible un Grand Israël,et qui pense que le peuple israélien aura beaucoup de mal à  admettre des expulsions à Jérusalem même, compte tenu de la difficulté qu’il a eu à admettre ces expulsions déja dans le Sinaï égyptien et dans la bande de Gaza, alors que ces territoires ne faisaient pas partie de "Eretz Israêl". Cette droite politique est même dépassée dans l’extrêmisme par pratiquement tous ses alliés, la nébuleuse de colons mystiques prêts à presque toutes les provocations, dela violence contre les voisins palestiniens jusqu’à l’agression contre Tsahal si celle-ci prend position contre leurs activités illégales.

L’existence de Kadima, le parti créé par Ariel Sharon  quand il a compris que le Likoud ne laisserait pas passer sa décision de sortir de Gaza, a été une bouffée d’espoir dans le pays, et à  laissé espérer que les 60 % de la population qui admettent la nécessité de l’existence de deux états sur cette terre pourraient trouver une représentation hors  du clivage radical dans lequel ils étaient prix jusque là entre le pacifisme flirtant avec le gauchisme  du parti travailliste et l’obstination expansionniste et la surenchère extrêmiste du Likoud.

Le premier succès de ce parti qui avait réuni des figures importantes venues d’un bord comme de l’autre (Shimon Peres, Ariel Sharon ,etc.), s’était traduit par un succès impressionnant aux premières élections qui avaient suivi sa création. La mise à l’écart de Sharon consécutive à son accident vasculaire cérébral, l’absence de charisme de Olmert suivie de l’échec de la campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, puis de ses démêlés honteux avec la justice ont dilapidé le capital de confiance que les Israéliens avaient placé dans ce mouvement.

La nomination de Tzipi Livni constitue une dernière chance pour ce parti d’échapper aux tendances centrifuges qui le menacent , et de voir chacun de ceux qui ont quitté la droite ou la gauche pour le rejoindre repartir vers leurs milieux d’origine.

Les partis du centre en Israël n’ont jamais,  jusqu’à présent, eu de forte longévité. Mais le phénomène de son apparition coincide avec l’érosion continue de l’influence et du pouvoir des travaillistes, passés de la majorité absolue  à une estimation de 11 députés sur 120 aux prochaines législatives, et au fait que même le Likoud ne représente que un quart de l’électorat. Le problème des alliances est donc crucial, et l’alliance de la gauche et du centre part avec un handicap de un ou deux sièges dans les estimations actuelles.

Pourtant le choix clair de Livni qui a refusé les maquignonages de bas étage  et a eu le courage d’aller affronter les électeurs fait passer un souffle de fraîcheur dans l’univers politique israélien bien abîmé par les combinaisons politiciennes liées au système de la proportionnelle intégrale, quand ce n’est pas celui des compromissions financières. Les électeurs lui en sauront ils gré? Sont ils prêts à donner une chance au processus de paix en lui permettant de se passer des conditions exhorbitantes des partuscules religieux ou extrêmistes? Veulent ils continuer à échapper au clivage du pays en deux camps irréconciiables?

Le pays est sur le fil du rasoir. Cette élection vaut bien celle de Obama, avec les enjeux énormes de politique internationale qu’elle a entraîné.

L’extrême droite elle ne s’y trompe pas et déchaîne sa violence verbale contre Kadima, qu’elle accuse d’être alignée sur "La Paix maintenant", parce qu’elle sent bien, comme le parti travailliste d’ailleurs que Kadima détache d’eux des électeurs qui n’étaient chez eux que faute d’alternative.

PARTAGE DE JERUSALEM: QUELLES SONT LES HYPOTHESES ACTUELLES?

octobre 30, 2008

D"après le livre de  Frédéric ENCEL:"GEOPOLITIQUE DE JERUSALEM"

Ouvrage remarquable paru en février 2008, le livre de Encel ,docteur en géopolitique et enseignant à Sciences Po, étudie la place de Jérusalem dans les représentations  des différentes parties du conflit israélo arabe et les différentes stratégies, militaires,démographiques, diplomatiques,médiatiques en jeu pour la possession de cette cité au centre des systèmes symboliques de chacun des belligérants; le dernier chapitre du livre examine toutes les hypothèses qui ont été envisagées pour trouver des solutions acceptables par les deux camps.

1)L’internationalisation des Lieux Saints.

"Pour les adversaires politiques, "les Lieux Saints ne sont certes pas rien, mais pas tout non plus". "Au delà de leur existence intrinsèque,de leur accès plus ou moins libre, l’enjeu majeur se situe bien au niveau de leur possession. Ainsi pour un Juif , prier librement au Mur des Lamentations est une chose, accomplir son devoir de croyant sous souveraineté juive en est une autre, infiniment plus précieuse et valorisante. De même un musulman palestinien ne sera pas satisfait , même accueilli avec des fleurs par un soldat israélien, si la souveraineté de l’esplanade des Mosquées, échappe à ses coreligionnaires et citoyens, et donc en partie à lui".

L’internationalisation des Lieux Saints se heurte à trois difficultés majeures:

D’abord celle de les repertorier; Ainsi l’Etat juif pourrait limiter volontairement  leur nombre afin d’en voir le moins possible passer sous contrôle international (il ne s’agit évidemment pas des 3 principaux Mur des Lamentations, Saint sepulchre,Esplanade des Mosquées reconnus de tout le monde.).Les chrétiens et les musulmans ayant évidemment l’intérêt inverse, de soustraire le maximum de lieux au contrôle israélien;

Ensuite se poserait la question de savoir qui gérerait les lieux internationalisés. Côté israélien, on n’accorde aucune confiance aux instances et aux forces internationales. Côté palestinien, des pressions intégristes pourraient s’exercer contre la présence de personnes de confession juive dans les personnels onusiens.

Enfin, quelles seraient les prérogatives de cette force: simple observateurs, démunis de pouvoir réel, et donc à la merci de toutes les provocations extrêmistes,ou dotés de moyens d’action, et risquant alors de devenir aussi des cibles pour une escalade.

"En fait, l’abandon par Israël de sa souveraineté sur les lieux saints juifs,si difficilement retrouvés ,paraît inimaginable à la population israélienne, et apparaîtrait comme une capitulation  avant même la bataille, déclenchant une opposition à laquelle aucun gouvernement ne pourrait résister. Les palestiniens, ne perdant pas ce qu’ils n’ont pas, pourraient y voir  une défaite de leur adversaire, en attendant plus, dans un deuxième temps."

2) l’internationalisation de la ville.

Ce  projet irréaliste, fondé sur la division de la ville selon la frontière de 1948, qui a l’avantage de séparer, sans enchevêtrement, les deux populations, est en fait inacceptable pour les israéliens, car en plus de perdre la souveraineté sur les lieux saints juifs, ils perdraient la quasi totalité des quartiers forteresses implantés depuis 1967. Les palestiniens , pour les mêmes raisons que plus haut y verraient l’avantage du désavantage de leurs ennemis.

3)l’internationalisation de Jérusalem et de toute la région environnante.

Ce projet est encore plus irréaliste que les précédents, er produit évidemment l’opposition catégorique des Israéliens. L’idée est d’élargir la zone neutralisée, en y incluant Bethléém et Ramallah, villes principales chrétienne et palestinienne, pour équilibrer les populations. Mais même le Vatican a cessé de réclamer l’internationalisation des lieux saints, la communauté chrétienne est numériquement d’un autre ordre de grandeur que les juifs et les palestiniens.

4) la souveraineté partagée: une ville pour deux états..

Encel dit que depuis 1967, les Israéliens ont laissé la porte ouverte à un compromis de cette sorte. En fait, les Israéliens garderaient la souveraineté sur la ville, mais laisseraient des très larges responsabilités de gestion municpale, (infrastructures, services techniques et sociaux, à l’exception de la sécurité), à l’autorité palestinienne. Le parti travailliste est acquis à cette hypothèse, qui aurait pour avantage, du point de vue israélien, de ne pas prévoir de déracinement des populations juives des  implantations, et de maintenir la souveraineté. Mais ce sont les palestiniens qui seraient privés de l’essentiel Une variante,à leurs yeux: la souveraineté sur une partie de Jerusalem. On ne peut donc pas escompter qu’ils se contentent de si peu;

Une autre hypothèse envisage une division plus ou moins selon la frontière de 48, la ville restant ouverte. Les juifs des implantations vivraient en tant que résidents israéliens sous souveraineté palestinienne, ou partiraient. Cette hypothèse est évidemment séduisante pour les palestiniens, pas du tout pour les israéliens;

Une variante plaît beaucoup à Yehoshua,qui consiste à ne faire de Jerusalem  la capitale d’aucun état, Tel Aviv étant celle d’Israël, Ramallah celle de la Palestine. Le caractère complètement déréel de cette idée, qui fait abstraction de toute la charge symbolique, pour les juifs comme pour le monde musulman, attachée à cette ville illustre bien  la capacité à errer de certains intellectuels pris dans leurs contradictions.

5) Le contrôle mixte, ou la souveraineté conjointe;

Cette conception ferait que à tous les échelons de la gestion de la ville,un nombre égal de représentants juifs et arabes exerceraient le contrôle conjoint sur les deux parties de la ville.Par souci d’équilibre démographique, Ramallah et Bethlléem,et aussi Maale Adounim et Beth Shemesh y seraient intégrés. La surface de la ville serait alors cinq fois plus grande que la superficie actuelle;

L’avantage du point de vue israélien serait de ne pas déraciner ni contraindre à vivre sous souveraineté étrangère les habitants des cités forteresses. Du point de vue palestinien, il y aurait  une reconnaissance politique, sans aller jusqu"à la souveraineté exclusive. Du moins "deviendraient_ils "copropriétaires", à égalité avec les israéliens"; Les obstacles à cette cogestion sautent aux yeux: y aurait il des possibilités de modifier les populations  habitant au moment de l’accord?

Toutes ces hypothèses montrent leurs aspects peu réalistes, soit que elles ne satisfont pas la revendication fondamentale de souveraineté d’un côté ou de l’autre, soit qu’elles présupposent une capacité à trouver des accords dont on ne voit pas le moindre indice actuellement. Quand on voi lle côté laborieux des accords pour l’Europe, imaginer entre les ennemis mortels que sont Juifs et Arabes des accords incessants paraît une pure utopie, et la source assurée de la réapparition immédiate de conflits conduisant très rapidement au redémarrage de l’affrontement.

Comme le dit Encel"une bonne frontière étatique vaut mieux qu’un enchevêtrement de prérogatives fonctionnelles, difficilement applicables sur le terrain et génératrices de fièvresmystiques et nationalistes.

Il développe l’idée que" l’imbrication des populations,, même dans de vastes espaces,est presque invariablement,, lorsque l’antagonisme risque de dégénérer en guerre ouverte, un obstacle à la résolution du conflit et la condition idéale pour que s’instaure une spirale de violence généralisée et souvent incontrôlable, menant, comme dans l’ex-Yougoslavie, à des catastrophes… En tout état de cause, le grand soir de la fraternité Abrahamique paraît fort lointain, et les interprétations contemporaines des Livres Saints nous en éloignent plutôt,, qui réactivent la fascinante nécessité de la limite territoriale…"

Consubstantielle à l’idée d’une nécessaire séparation des populations, la notion de frontière devrait s"appliquer à Jerusalem plus que partout ailleurs, quoi qu’en pensent les partisans de "la paix des coeurs".

"C’est précisément parce que Jerusalem cristallise les passions, suscite l’instrumentation de sa sacralité à des fins politiques,qu’une implacable frontière, étatique,matérialisée,( qui ne prendrait pas nécessairement la forme de barbelés), c’est à dire reconnaissable à la fois par les adversaires sur le terrain et les autres nations devra objectivement baliser l’espace en jeu.

L’heure du declin de l’Etat-Nation n’a pas encore sonné et les Palestiniens ne se plieront pas à un autre statut politique et réclameront de vivre  et d’évoluer en nationaux palestiniens dans des frontières sures et reconnues, en particulier à Jérusalem."

6)L’hypothèse du corridor palestinien.

c’est l’hypothése privilégiée, avec beaucoup de précautions oratoires, par F. Ensel

"Au terme de ce projet,la majeure partie de Jerusalem resterait sous la souveraineté d’Israël et la boucle de la ceinture israélienne autour de Jerusalem-Est resterait ouverte pour qu’un corridor relie la Vieille Ville à l’Etat palestinien. Il ne s’agirait pas d’une aberration comme le couloir de Dantzig a pu l’être en son temps, puisque Israël conserverait sa pleine continuité territoriale. Contrôlé (militairement, politiquement, administrativement) par les Palestiniens, cette zone habitée par une population exclusivement arabe serpenterait entre les quartiers juifs de Jerusalem_Est et plusieurs implantations du Grand Jerusalem;

Pour ce qui est de l’Esplanade des Mosquées,, les autorités musulmanes continueraient à gérer les lieux en s’intégrant aux structures étatiques palestiniennes. Le gouvernement palestinien prendrait le contrôle du site moyennant des restrictions drastiques en matière d’armement. En effet les israéliens redoutent que les flambées de violence sur l’Esplanade ne dégénèrent en contrebas, atteignant  l’esplanade du Mur des Lamentations. Reste le problème posés par les militants juifs mystiques, intriqués dans la population des quartiers arabes. Là, Encel n’envisage pas le délogement de ces gens , et est obligé de se rabattre sur une solution de cogestion, contraire à son idée de séparation  nette des populations;

Un te projet  nécessite pour sa réalisation des conditions difficiles à réaliser.

D’abord un gouvernement israélien indépendant des pressions des partis religieux, donc fondé sur les partis de gauche ou laïques.L’apparition du parti centriste Kadima, susceptible de s’allier avec les travaillistes  pour mener les négociations augmente la probabilité d’une telle combinaison;

Ensuite une Autorité Palestinienne disposant d’une marge de manoeuvre par rapport aux pressions islamistes, ce qui varie avec la conjoncture politique;

Enfin et surtout, il est vital de laisser l’ouverture du passage pour les palestiniens, vers leurs lieux saints. La tentatve d’implantation des extrêmistes religieux juifs en plein coeur de ce passage, dans le quartier arabe de  Ras al-Amoud risque de constituer un fait accompli irréversible sans énormes difficultés et ainsi de constituer un seuil au delà duquel il n’y aurait plus aucun compromis possible pour les adversaires. C’est surement l’idée directrice de ceux qui ont décidé cette implantation, c’est à dire la politique du pire: celle ou la seule issue est la défaite définitive de l’adversaire. Les pays du monde entier verraient d’un très mauvais oeil cette attitude, et la feraient payer très cher à celui des belligérants qui ferait preuve d’une intransigeance aussi radicale.

Dissémination nucléaire au Moyen Orient: un risque fou

octobre 10, 2008

Les dernières nouvelles du Moyen Orient n’inspirent pas davantage d’optimisme que celles de la planète financière. L’impression générale reste celle que l’on préfère débrancher les alarmes plutôt que prendre des mesures.

De nombreux commentateurs occidentaux répètent la même litanie: les grandes puissances n’ont pas les moyens d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. En même temps, tous insistent sur la nécessité de monter le niveau des sanctions et de négocier en même temps: mais quelles sanctions? La Russie, qui est décidée à faire pièce aux Etats Unis par tous les moyens pour essayer de retrouver un statut de puissance perdu avec la dissolution de l’empire soviétique, et la Chine pour qui il est vital de se  ménager des accès au pétrole qui va devenir un facteur limitant de son économie jouent toutes les deux un double jeu évident,et cherchent à se concilier les bonnes graces de l’Etat bandit iranien. On est dans la situation ou l’on serait quand certaines polices tentent d’arrêter des gangsters pendant que d’autres services négocient des accords d’impunité avec les mêmes. Quant aux négociations, les Iraniens envisagent de négocier après qu’ils auront produit la bombe, quand ils auront un moyen de pression immense. Avant, il ne s’agit que de gagner du temps.

Pendant ce temps, on apprend que la Syrie, instruite par l’expérience de la frappe israélienne qui a détruit la centrale nucléaire en construction, a décidé de poursuivre sa politique de construction d’une capacité nucléaire, mais cette fois en s’inspirant de l’exemple iranien, c’est à dire en dissimulant et en dispersant ses installations sur le modèle des cascades de centrifugeuses utilisé par l’Iran. Qui a fourni ce matériel  ultra sophistiqué à la Syrie, qui est elle même bien incapable de le fabriquer ? Mystère.

On frissonne en tout cas à l’idée que le régime de gangsters, de trafiquants, et de tortionnaires qui existe à Damas, qui manipule les attentats et la terreur politique au Liban, puisse lui aussi escompter bénéficier de la bombe d’ici quelques années.L’ Etat mafieux syrien, constitué de l’équilibre des différents clans criminels représente à peu près ce que serait la Colombie aux mains des cartels de la drogue: un mélange abject de terrorisation de la population, de mise en esclavage des gens pour le bénéfice de quelques tueurs cherchant à satisfaire sans limite leurs appétits grossiers.

La bombe entre les mains des "cartels "serait un scénario d’horreur dont on se rapproche.

L’Iran, si il obtient la bombe, se délectera de transférer cet instrument de terreur à des sous fifres Syriens qui dévieront vers eux les risques de représailles en cas d’utilisation de cette arme.

A défaut de cette solution, le Hezbollah sera sûrement un zélé agent des basses oeuvres iraniennes, comme  sa nature l’y oblige.Dénué d’autonomie par rapport à l’Iran dont il est la créature, on peut s’attendre au pire de la part de cette milice fanatisée qui grignote le pouvoir  au Liban pour le plus grand plaisir de son maître iranien. Or des informations très inquiétantes sont parvenues du Liban faisant état de troubles étranges ayant frappé des dizaines de personnes dans une zone contrôlée par le Hezbollah, pour lesquels des experts iraniens seraient venus spécialement décontaminer la région. De là à penser que le Hezbollah, avec l’aide des militaires iraniens qui l’encadrent, serait en train de manipuler des armes chimiques dans la perspective du prochain conflit avec Israël, il n’y a qu’un pas. Comme quoi, dans la ligne des transgressions des interdits des lois de la guerre, on peut s’attendre au pire, et sans doute vaut-il mieux ne pas s’appuyer sur l’espoir d’une "modération" naturelle des Fous de Dieu.Les régimes de terreur de l’Iran comme de la Syrie ne connaissent que la force et son abus comme ligne de conduite, et la surenchère dans la menace comme tactique générale. L’ internationale des états maffieux se met en place, et elle espère arriver par l’équilibre de la terreur à imposer ses volontés à la communauté des nations libres.

L’entrée de la Syrie dans la course à l’arme nucléaire signifie que l’exemple iranien donne déja des idées à d’autres régimes de la région, puisque les sanctions restent inopérantes. A quand une bombe algérienne, à portée de la France, ou Soudanaise pour permettre au régime criminel qui  dirige  le pays de se débarasser des populations chrétiennes du Sud ?.

Dans un article récent, Maryam Radjavi associait l’attitude des dirigeants occidentaux à celle des souris qui, dans un conte du poète Obeid Zakani,cherchaient à amadouer un chat en le couvrant de présents. Quand comprendra-t-on  qu’un prédateur obéit à sa nature, et pas aux cadeaux qu’on lui fait, même si ceux ci sont parfois bons à prendre, dans un premier temps.

L’ATTENTAT CONTRE ZEEV STERNHELL: L’EXTREMISME MENACE LA DEMOCRATIE

septembre 28, 2008

L’attentat commis contre l’historien Zeev Sternhell, membre fondateur du mouvement pacifiste "La Paix Maintenant"  constitue une nouvelle source d’inquiétude pour l’avenir du système politique démocratique israélien, déja lourdement obéré par la proportionnelle intégrale, qui donne un pouvoir de chantage démesuré aux petits partis religieux ou aux mouvements catégoriels, et par la corruption qui s’étend à un grand nombre d’hommes politiques.

Le développement d’une violence physique dans les rapports des colons avec les Palestiniens, le rôle de certains leaders religieux, qui au nom de visions théologiques qui refusent les réalités du monde actuel, encouragent l’extrêmisme, légitiment les violences et le refus de la légalité démocratique, et poussent les fidèles à la violence politique, constituent des signes alarmants d’une fêlure dans le consensus sur les valeurs qui constituent le socle de la société israélienne;

Cet attentat doit évidemment être condamné, ses auteurs traqués et punis, mais surtout le discours pousse au crime qui le produit doit être combattu par tous les défenseurs de la démocratie.

Cependant, le fait d’être une victime ne signifie pas nécessairement que l’on ait raison.Zeev Sternhell, connu pour ses prises de position contre la colonisation, reprises par "La Paix Maintenant", a parfois pris des positions extrêmistes lui même: proposant d’envoyer les chars contre les colons, et surtout, déclarant, ce qui a ébahi une bonne partie de ses lecteurs, que les Palestiniens feraient mieux de faire des attentats limités aux colons plutôt que frappant des victimes civiles partout dans les villes israéliennes.

Ce dérapage d’un pacifiste, conseillant aux terroristes  des cibles parmi les civils des colonies- cibles "raisonnables", choisies chez ses ennemis politiques, plutôt que des cibles "manquant de lucidité" parmi l’ensemble de la population israélienne, fait froid dans le dos, et montre , derrière le discours pseudo impartial, l’incapacité à penser la collectivité nationale et la solidarité naturelle face à un ennemi. C’est une des raisons essentielles du désintérêt  manifesté de plus en plus par la population israélienne pour cette organisation qui finit par opposer un bon peuple israélien,généreux et pacifique, fraternel avec les palestiniens, et un mauvais peuple,"colonialiste", oppresseur des faibles arabes. Ce discours , séduit par le discours palestinien destiné justement à séduire la gauche israélienne et internationale, oublie que les gouvernements de gauche, travaillistes, ont poursuivi la même politique d’implantation que la droite :car les enjeux de souveraineté territoriale ne se jouent pas au niveau des bons sentiments, mais dans des rapports de force comprenant tous les domaines: stratégiques, diplomatiques,médiatiques, ou chaque partie a ses points faibles et ses points forts

Zeev Sternhell ne s’est pas limité à ces déclarations ébouriffantes. Il a mis sur le même plan, au point de vue des conséquences de blocage du processus de paix, le terrorisme palestinien et les entraves à la circulation créées par les barrages israéliens ou les réquisitions de terres.

Il a défendu la solution politique d’une imposition par la force, par les grandes puissances, de leur solution de paix, par le biais d’une occupation militaire imposée aux Israéliens comme aux  Palestiniens, puisque "ni les uns ni les autres ne sont capables de gérer leurs extremistes". Ceci reviendrait de fait à désarmer l’Etat Israélien et à remettre son destin entre les mains de grandes puissances _ pourquoi pas l’ONU tant que l’ on y est-dont les intérêts peuvent être très éloignés ( pétrole, géostratégie mondiale, etc.)de ceux de  l"Etat hébreu et de sa souveraineté (voir les périodes antérieures).

En même temps, dans une interview toute récente à l’Express, il reconnaissait que, alors que il a passé 25 ans de sa vie politique à essayer de rétablir des relations de confiance et de reconnaissance entre Palestiniens et Israéliens,  les Palestiniens et les Arabes ,si ils en avaient la possibilité,  jetteraient les Israéliens à la mer avec un grand plaisir.

Comme quoi, tous les bons sentiments humanistes , généreux , et politiquement corrects, ne résistent pas à cette réalité: quand on a un ennemi, d’abord on ne lui sert pas la soupe, et ensuite, pour la réconciliation, on attend que la guerre soit finie. La fraternisation, qui soulagerait tellement la conscience des pacifistes, n’est pas l’angle sous lequel on peut examiner la situation politique et stratégique actuelle. Se gagner les bonnes graces de quelques coeurs purs ne peut pas être  la ligne à suivre quand deux nationalismes s’affrontent pour la même terre. Les pacifistes font la démonstration, à travers les discours du type de celui de Sternhell, qu’ils préfèrent le risque d’une guerre civile à celui d’une guerre avec les palestiniens pour éviter le malaise de leur mauvaise conscience. Le compromis qui devra être trouvé sera froid, dicté par la raison, ou il ne sera pas. La fraternisation ne peut être envisagée de façon réaliste dans les décennies à venir, compte tenu du développement d’un islamisme radical, qui situe dans la sphère du sacré les revendications territoriales et qui n’envisage aucun compromis avec les israéliens, seulement des trèves en attendant leur expulsion finale.

L’IRAN EST LE PRINCIPAL DANGER POUR LA SECURITE ET LA LIBERTE DANS LE MONDE DANS LA DECENNIE QUI VIENT

septembre 15, 2008

La caste religieuse qui s’est emparée méthodiquement des leviers du pouvoir en Iran, et qui a pris le pays en otage de ses rêves d’exportation de la révolution islamique et d’extension de celle-ci au monde entier, ne se tient plus de joie à l’idée qu’elle va accéder à la possession de l’arme suprême: l’atome .

Celui-ci mis entre les mains des fous de Dieu, c’est le pire cauchemar que peuvent faire les démocraties. La politique agressive de la nouvelle Russie,aussi consciente de ses atouts économiques que de ses faiblesses militaires reste dans le domaine du rationnel. La formidable irruption de la puissance chinoise, indifférente aux considérations de liberté, est aussi dans le champ de la rationalité. L’une et l’autre de ces deux puissances sont sorties de l’univers de l’idéologie, et défendent avec cynisme , leurs intérêts économiques et stratégiques de grands pays.

La secte religioso-politique qui dirige l’Iran n’a qu’un seul corpus de pensée: une lecture du Coran toute entière tournée vers une interprétation qui ne retient de ce texte que les éléments allant dans le sens d’une croisade mondiale contre les non-musulmans, justifiant que tout le pouvoir sur le monde soit confié aux dirigeants de cette secte. Le fait de se considérer comme chargés d’une mission divine les autorise aux pires atrocités ( terrorisme, chantage,meurtres et tortures des opposants) en toute bonne conscience, et ils peuvent tranquillement lapider, pendre, mutiler tous ceux qui ne partagent pas leur vision du sacré. Avec la tranquille assurance des mystiques, ils annoncent à la face du monde leurs projets mégalomaniaques:détruire l’Etat Israélien, vaincre les divers "Satan" qui les entourent.

Le côté incroyable du tissu d’inepties qu’ils développent très sérieusement fait douter les Occidentaux de la réalité de leur croyance en ces folies, ce qui est une erreur fondamentale: leur conviction est totale, et c’est ce qui fait le principal danger de cette secte. Comme toutes les sectes, elle développe  un radicalisme de la pureté par rapport aux églises dominantes, définies comme corrompues et dévoyées, en s’appuyant parfois sur des éléments de réalité. Ce radicalisme s’accompagne du sentiment d’être une élite des croyants, et parfois même les seuls croyants, d’être donc chargés d’une mission : soutenir et propager la "vraie" foi. Comme toutes les sectes religieuses, elle crée un univers idéologique coupé  des réalités extra religieuses, ou tout est second par rapport à la primauté de la Foi, et  de la lecture qui en est faite par le gourou de la secte (ou le chef de la mini église).

Toutes les valeurs sont ainsi relativisées et subordonnées à une seule: l’obéissance aveugle à l’interprétation d’un texte sacré fournie par une autorité religieuse. Toute pensée individuelle est suspecte de scepticisme vis à vis du divin, dont  le chef religieux est l’interprète direct et incontestable.

Cette certitude d’être dans le droit chemin s’accompagne d’une haine pour tout ce qui conteste cette vision des choses qui amène à des voeux de destruction de l’autre dont l’extrêmisme islamique, dans sa paranoïa, est le véhicule le plus dangereux.

Ceux qui refusent les "lumières" de cette foi ne méritent que les pires traitements, dont la mort, ils ne font pas partie de la "communauté" des êtres dignes de vivre.

Le parallèle avec le nazisme est évident. La haine de l’autre, la négation de toute valeur humaine à cet autre, la justification des pires violences au nom de la "mission sacrée" dont se réclament les tueurs, l’alibi donné aux méthodes les plus barbares, constituent le fond intellectuel de cette idéologie  de domination mondiale qui a trouvé ses milices et son  appareil militaire.

Avoir la bombe leur permettra d’approcher de leurs rêves les plus fous: changer d’échelle dans leurs combats, faire chanter le monde entier comme ils l’ont déja fait avec les otages américains, puis avec les français (guerre des ambassades).

Le pire est encore que leur attirance pour le martyre rend , au delà des attentats suicides pour lesquels les volontaires s’inscrivent en Iran par dizaines de milliers, pensable leur capacité à provoquer des catastrophes nucléaires mondiales, une 3ème guerre mondiale surement- et très volontiers même-, mais aussiune apocalypse nucléaire générale, le monde ne méritant pas de vivre "s’il refuse la vraie foi".

Rarement le monde aura été au bord de décisions fondamentales engageant la possibilté d’une défaite de l’humain, et même d’une disparition de l’humanité, comme dans la période actuelle. La dernière guerre mondiale a coûté des dizaines de  millions de morts et des souffrances inouïes. C’est quelque chose de cet ordre qui est en jeu dans les quelques années qui viennent. L’humanité sera-t-elle assez responsable pour faire face à cette échéance?

IRAN ET MOYEN ORIENT: IL FAUT SE PREPARER A UNE GUERRE

septembre 8, 2008

Carl Clausewitz le dit dans son livre de génie: la guerre  a pour but d’imposer sa volonté à l’autre , par la violence.

Or, le régime iranien, sur un mode symétrique à celui d’Al Khaida, ne cesse de clamer sa volonté d’imposer, par la force, sa volonté;. Volonté d’éradiquer toute critique de son option théocratique, par la terreur policière, la surveillance de la population, la torture et la mort dans ses geôles; Volonté de détruire l’Etat israélien, par la construction d’une force atomique qui neutraliserait celle d’Israël, ce qui lui permettrait de le détruire ou de le rendre invivable avec l’appui du Hezbollah libanais à qui on apprend qu’il fournit des missiles très sophistiqués, sans commune mesure avec les "Kassam" artisanaux du Hamas gazaoui, et qu’il pousse à s’emparer progressivement de l’Etat libanais, ce qui permettrait  à l’armée iranienne d’y amener des éléments à portée de fusil d’Israël. Volonté de déstabiliser les régimes fragiles de l’Arabie Saoudite et les Emirats, pour bouleverser l’équilibre politique régional et éliminer le rival honni sunnite, et le supplanter dans l’autorité sur le milliard de musulmans de la planète, tout en devenant le principal producteur d’énergie de la région, avec le pouvoir de nuisance et de chantage économique que cela représente .

L’objectif reste l’établissement d’une hégémonie régionale qui mette à l’abri le régime de toute forme de remise en question de sa mainmise théologique moyenâgeuse et barbare, et qui assure le contrôle total des populations environnantes sur le mode déja réalisé sur le plan intérieur.

L’arrogance grandissante du régime des mollahs, la façon dont il défie l’Amérique , affaiblie par son échec relatif en Irak et mise en difficulté en Afghanistan( sans parler du danger mortel  qui plane d’une déstabilisation du Pakistan), et dont il ne se cache même pas de ses desseins d’anéantissement de l’Etat israélien, tout cela montre le sentiment  de force de cet état contrôlé par la bande de fanatiques qui s’en est emparé il y a vingt cinq ans et qui, comme Hitler en 1933, a réussi à mettre la puissance d’un grand état au service d’un projet politique fou.

Ce qui est évidemment le plus inquiétant, dans cet état de choses , c’est le côté  à la fois irrationnel et profondément pervers de cette configuration:

irrationnel, parce que le but est  d’instaurer et d"étendre un système basé sur la négation de l’évolution du monde et de la réalité et articulé sur la référence à  des textes datant de 1500 ans, en décalage complet avec le monde tel qu’il est, d’où la nécessité de maquiller continuellement les vérités contradictoires avec ce discours. De plus, le parallèle avec la folie fanatique hitlérienne montre que  même l’intérêt propre des fanatiques peut être oublié quand il s’agit des fondements idéologiques de leur système: énergies détournées de l’ effort de guerre allemand pour organiser et effectuer la destruction des Juifs d’Europe

pervers, parce que c’est au nom de la religion, qui est à priori une des plus hautes formes de morale et de représentation des valeurs humaines fondamentales, que s’exerce la barbarie la plus cruelle, la plus brutale et la plus cynique après celle d’Al Khaida et de ses égorgeurs. Quand ce sont les prêtres, non des individus isolés, mais toute la caste religieuse dirigeante, qui donnent les ordres de torture ou d’assassinat, qui élaborent des plans de coup d’état, des campagnes de terrorisme et des prises d’otage, on sait que il n’y aura aucune barrière morale ou humaine qui pourra les arrêter.

Le discours pseudo rassurant tenu par certains selon lequel les dirigeants iraniens sont des gens rationnels, qui n’appuieront jamais sur le bouton de la bombe, est un leurre total.

Avant tout parce que leur idée n’est pas de bombarder atomiquement  Israël, mais d’établir un équilibre de la terreur nucléaire qui ouvre la route aux autres moyens qu’ils ont à leur disposition. Les dirigeants iraniens ont parfaitement assimilé la leçon de toutes les guerres asymétriques de l’époque moderne, ou tous les moyens s’intriquent (militaires, politiques, médiatiques) et interagissent pour arriver au résultat recherché. Ils ne visent pas l’apocalypse, mais ils la gardent en réserve comme ultime moyen d’action en cas de situation désespérée pour leur régime. Ils ne veulent pas une vitrification de leur pays,mais s’emparer des commandes  de la région, vaincre Israël pour en tirer un prestige inouï auprès des masses musulmanes.

Mais poussés dans leurs derniers retranchements, ils sont capables absolument de tout. Les chiites, tout le monde le sait maintenant, ont le culte du martyre et un gouvernement qui a envoyé les enfants en avant de ses troupes pour ouvrir le passage dans les champs de mines irakiens, dans la guerre Iran-Irak ne sera arrêté par aucune considération humaine.

Avec une jouissance perverse, les dirigeants iraniens enferment les Occidentaux dans une alternative dont ils ne trouvent pas l’issue pour le moment.

-Si les Américains ou les Israéliens les attaquent maintenant, ils provoqueront  la fermeture du détroit d’Ormuz, une probable crise économique en Occident, une flambée d’attentats dans le monde entier ( des informations récentes montrent que le Hezbollah développe des "cellules dormantes" dans différents pays dans ce but), une offensive du Hezbollah libanais contre israël, et une rentrée en conflit des chiites irakiens actuellement calmes. De plus, après la faillite relative de l’invasion de l’Irak et les mensonges qui l’ont accompagnée, les opinions publiques assez mobiles des USA et des pays occidentaux ne sont plus du tout favorables à des actions militaires. Le Pentagone lui même, par le fameux rapport qui prétendait que les Iraniens ne menaient plus de projets nucléaires militaires- ce qui s’est avéré faux , et qui était invraisemblable-, a réussi à tuer dans l’oeuf les projets éventuels de Bush, ce qui était le but de la manoeuvre. Il est évident d’ailleurs que les Américains, qui manquent déjà de troupes pour mener la guerre en Afghanistan, auraient du mal à tenir un 3ème front terrestre actuellement ( ce dont il ne s’agit nullement à priori), et il y a un risque d’augmentation énorme du sentiment anti américain et des violences dans tout le monde arabe, fragilisant même les régimes prooccidentaux.

La résurgence d’une sorte de pré-guerre froide avec la Russie n’arrange rien non plus, la Russie paraissant prête à faire feu de tout bois pour  contrer les USA si ceux ci s’opposent à ses volontés d’affirmation de puissance.Enfin, dernier élément et non des moindres, la plupart des analystes semblent d’accord pour penser que aucune frappe ne serait décisive, que les installations nucléaires iraniennes sont dispersées, protégées ,lointaines et pour certaines inconnues, et que leurs destruction ne serait que temporaire, ne faisant que gagner peu de temps et soudant le pays derrière ses dirigeants.

-Si les Américains et les Israéliens ne bougent pas, l’objectif iranien sera atteint très rapidement (1 à 2 ans d’après la plupart des estimations ) et ce pays qui a déja utilisé le chantage vis à vis des Américains avec la prise en otage du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran ,qui a réduit à l’impuissance la plus grande puissance mondiale pendant 1 an et demi avec quelques dizaines d’otages ,commencera le chantage  à grande échelle. Il a déjà menacé l’Europe et prépare des missiles à plus longue portée.

La capacité de chantage et de  se maintenir de la Corée du Nord et de son régime ubuesque a montré que une petite puissance nucléaire dispose d’une vraie capacité de neutraliser les grandes puissances ( menace du faible au fort, base de la stratégie de la dissuasion française ). D’autre part,  la capacité de survie des dictatures qui éradiquent par la violence l’opposition intérieure est très grande:4O ans de Salazar, 35 de Franco,40 ans pour les dictatures communistes d’Europe de l’Est et Cuba,70 ans pour l’URSS. les mollahs non seulement ne se sentent pas menacés, mais ils ont le sentiment d’avoir le vent en poupe.

L’attitude des Américains,et des Occidentaux, d’essayer de négocier un compromis général avec l’Iran lui reconnaissant une sorte de pouvoir régional en échange d’un renoncement à la maîtrise de l’arme nucléaire ne paraît pas intéresser les Iraniens, qui pensent être les maîtres du jeu, et obtenir par eux mêmes, sans concessions, la même chose que avec concessions.

Les pressions économiques exercées sur l’Iran sont actuellement sans le moindre effet, d’autant plus que elles sont très réduites , entre autre à cause de la résistance qu’y opposent Russes et Chinois, par intérêt à ménager les Iraniens. (Les Russes, avec une mauvaise foi toute stalinienne, contestent les buts nucléaires militaires des Iraniens ! ). Les Iraniens pensent que l’avenir et la survie de leur régime sont liés à la possession de l’arme atomique, et là dessus, ils ne cèderont pas, surtout à quelques pas du but. C’est ce qui conduit vers le conflit: les Occidentaux disent que cette possession de l’arme atomique est inacceptable pour eux, mais ils donnent l’impression d’être impuissants à matérialiser ce refus. Israël se retrouve donc en première ligne.

L’ensemble de ces paramètres montre bien que les Occidentaux sont pris entre Charybde et Scylla, et que agir comme ne pas agir ne débouche que sur des situations ultra dangereuses.

Les Iraniens ont donc l’intention de resserrer le noeud coulant autour du cou d’Israel progressivement et   de le prendre en étau entre Hamas et Hezbollah en augmentant progressivement le coût  en vies humaines et en dégâts jusqu’à le rendre intolérable à la population israélienne, tout en maintenant la posture victimaire du peuple palestinien.

Israel, qui voit la tempête approcher, et qui est resté sur un demi échec dans sa guerre au Liban, ne pourra attendre sans agir que la situation soit totalement  hors de contrôle. D’un moment à l’autre, sur ordre de Téhéran à qui il es totalement inféodé, le Hezbollah appuiera sur le bouton de lancement des dizaines de milliers de fusées qu’il a stocké au Liban. Ce qui le retient pour le moment, c’est le processus  de conquête rampante de l’Etat Libanais dans lequel il est engagé avec succès, et qu’il ne veut pas gâcher en apparaissant comme faisant sa propre guerre contre Israël. Mais ce n’est qu’une question de temps, et chaque jour qui passe renforce son équipement, sa préparation, et son contrôle sur l’Etat Libanais et sur la population chiite.

Quelles sont les caractéristiques de cette situation:

Ce qui caractérise la situation actuelle au proche Orient, c’est bien que l’Iran est le danger principal,pour Israël comme pour l’Occident en général, qu’il est en position  historiquement favorable, qu’il a annoncé ses buts stratégiques et politiques, qui sont de destruction d’Israël et de domination régionale,et que seule la force arrêtera l’expansion de ce régime d’obscurantisme et de terreur. Il ne servira à rien aux Occidentaux de se cacher derrière leur petit doigt:l’Etat terroriste iranien, annexé par une clique de religieux criminels et fanatiques, est un danger extrême pour la paix régionale et mondiale. Il cherche continuellement à étendre sa sphère d’influence et de contrôle dans la région par tous les moyens de déstabilisation à sa portée. Lui laisser accès à la bombe est presque aussi dangereux que le faire pour Al Khaida. Ses dirigeants, pervers et criminels,sont tout à fait capables de disséminer leur nouvelles armes et de les confier à des "irréguliers" qui feront à leur place le travail de terreur qu’ils ont mené eux mêmes jusqu’à présent ( attentats meurtriers en France, égorgement de Chapour Bakhtiar à Paris par un commando de tueurs,etc.).Les volontaires, assurés de la bénédiction des plus hautes autorités religieuses, seront légion.

Quand on apprend, il y a quelques années, par la publication dans le journal "Le Monde" des  débats du part communiste cubain, que Castro avait demandé, à l’époque de la crise des fusées, que l’URSS lui confie le pouvoir de décision sur les têtes nucléaires entreposées à Cuba, pour attaquer de lui même les USA et qu’il avait admis que Cuba serait vitrifiée par la riposte, mais que cela prouverait au monde que les Cubains avaient quelque chose dans le ventre (!!!), on n’a plus la moindre illusion sur les capacités de folie des dictateurs et les tentations qu’ils peuvent avoir, comme Hitler, d’entraîner leur peuple dans leur défaite pour satisfaire leur mégalomanie paranoïaque par une apocalypse qui serait leur feu d’artifice final et les rendrait inoubliables.

On peut laisser des peuples étouffer sous la botte de leurs dictatures si celles-ci ne s’occuppent pas du reste du monde, même si ce n’est pas glorieux. Mais si leur dessein affiché  de ces dictatures est de s’imposer, par la force, à tous ceux qui les entourent et de faire céder le monde entier, il faut rapidement réagir, avant que elles aient trouvé le moyen de concrétiser leurs ambitions délirantes.

Du côté de l’ Occident, soit les sanctions deviennent tellement fortes que elles contraignent l’ Iran à céder, mais c’est très peu vraisemblable , compte tenu en particulier du double jeu russe et chinois, et de l’ enjeu fondamental  que le nucléaire représente pour la République Islamique. Soit "quelqu’un" détruit les installations atomiques iraniennes (Israël ou les Américains). Soit  personne ne réagit, et la prolifération du nucléaire au Proche Orient n’aura plus de limites, et on ira vers une catastrophe infiniment plus grave que les ennuis à prévoir en cas  d’intervention (les états egyptien et saoudien voudront à leur tour faire pièce à la puissance iranienne). La détermination américaine sera décisive dans ce choix, et donc le résultat des éléctions présidentielles américaines.

Du côté d’Israël, on peut considérer que la possession de l’arme atomique par l’Iran équivaut à termeà une condamnation à mort de l’Etat Hébreu. Dans ce cas, quel que soit le prix à payer, Israël frappera, en sachant que le prix sera déja au minimum un affrontement sans merci avec le Hezbollah. Mais celui ci est pratiquement inévitable. De toute façon, le conflit entre Israël et le Hezbollah, bras armé de l’Iran dans la région va éclater, et on peut penser qu’il va dépasser en violence les conflits précédents: des bombardements massifs vont toucher les populations civiles de part et d’autres, comme l’affrontement au Liban il y a deux ans en a donné un avant goüt.

Seul le côté très aléatoire du résultat des frappes  retient les Israéliens, et le risque d’être mis au ban de l’opinion publique mondiale . Shimon Peres, président de l’Etat hébreu, a adjuré le gouvernement de ne pas faire l’erreur de déclencher les frappes. Dans le cas, ou ils ne prennent pas l’initiative, c’est l’Iran qui décidera du moment de la confrontation. Il vient de renforcer son contrôle sur le Hezbollah en doublant, pour les opérations militaires , Nasrallah par un haut officier iranien.

D’une façon ou d’une autre, on va vers la guerre.

Afghanistan: le Parti Socialiste récidive dans le néo pacifisme

août 21, 2008

Comme on pouvait s’y attendre, le PS français a sauté sur l’émotion provoquée part les premières pertes importantes subies par les forces françaises déployées en Afghanistan pour redéployer sa rhétorique antiguerre, essayant de trouver encore un autre angle d’attaque contre Nicholas Sarkosy, en jouant sur les réflexes anti- guerre du "peuple de gauche", essayant de développer en France une réaction de rejet par rapport au gouvernement semblable à celle qui a frappé Tony Blair en Grande Bretagne pour son soutien à la guerre en Irak initiée par Georges Bush.
Pour cela le PS, pris de vertige devant le vide intellectuel qui le caractérise depuis des années et l’incapacité où il se trouve de rompre avec la logomachie "antilibérale" ,écartelé entre un électorat traditionnel dont il a besoin et qui reste attaché aux schémas populaires de l’état providence, et des classes moyennes qui ont pris acte, en partie, du côté dramatiquement inadapté aux défis des temps modernes de ces conceptions, cherche par des moyens de pure propagande, à instiller l’idée que le gouvernement est mu par un désir de se comporter en "valet" des USA.
Il espère ainsi disqualifier le gouvernement en faisant rejaillir sur lui l’impopularité de G.Bush, faire l’amalgame entre la guerre de Bush déclenchée en Irak sur de faux pretextes et sans l’accord de l’ONU et la guerre en Afghanistan qui vise à empêcher Al Khaïda de reconstituer ses sanctuaires pour développer ses attaques démentes contre l’Occident et tous les Juifs, les Chrétiens, ou même certains musulmans qui ne le sont pas comme elle le veut.
Le gouvernement savait parfaitement en envoyant des troupes supplémentaires que la situation militaire était en train de se dégrader, c’est justement pour cela qu’il l’a fait, et parce que les troupes canadiennes menacaient de s’en aller si elles n’étaient pas épaulées par des forces supplémentaires, que les Américains, déja à la limite de leurs possibilités avec l’Irak, ne pouvaient pas apporter.
"C’est une guerre sans but" ose dire Moscovici,qui cherche un moyen de se distinguer de la cohorte des candidats au poste de premier secrétaire du PS.
La bassesse des petites manoeuvres politiciennes du PS, la navigation à vue en fonction d’un hypothétique mieux dans un quelconque sondage,l’absence de toute considération à long terme des intérêts fondamentaux du pays, ne trompent pas grand monde en France. Une très large majorité de Français ne sont pas dupes des postures dans tous les sens et des petites formules dont se repaissent les dirigeants socialistes.
Au fond,l’idée de ceux-ci, c’est que l’armée est une force suspecte à priori d’être au service des puissants, susceptible d’être utilisée contre le peuple,et que c’est de toute façon un fardeau financier pour les épaules de celui ci, que l’on ferait peut être bien de convertir en postes supplémentaires dans les crèches ou en postes d’enseignants.

La cacophonie permanente qui caractérise depuis des années le discours du PS, sa lutte désespérée pour justifier son existence entre l’extrême gauche protestataire qui se moque de tout souci réaliste, et les libéraux qui sont naturellement plus à l’aise que lui pour faire du libéralisme, le conduisent au verbalisme vide qui devient sa marque de fabrique particulière, et le signe de l’irresponsabilité de plus en plus flagrante de sa politique.
Il avait déja été question dans ce blog de l’entreprise de déligitimation de l’intervention française en Afghanistan menée par Hollande qui parlait d’une armée "d’occupation",terme qui évoque directement l’Irak, le colonialisme, et même l’occupation allemande.
Les stéréotypes de la pensée socialiste ont la vie dure.Le fait qu’ils se manifestent dans le champ de la lutte antiterroriste et dans celui de la Défense Nationale est inquiétant, car si les erreurs économiques mettent en jeu le bien être des gens, celles de la guerre et de la paix mettent en jeu la sécurité et l’existence des gens et celle des nations. On frémit de penser que de pareils irresponsables peuvent se voir confier les rênes d’un pays, dans un mouvement de rejet ou de déception de la population vis à vis de ses attentes insatisfaites

La manipulation de l’opinion devient ainsi l’arme essentielle de ceux qui n’ont rien à dire ni à proposer, et qui n’apprennent rien. La gauche, qui ne dispose que d’un seul schéma mental pour penser une situation ou il y a des armées occidentales et des armées du tiers monde, celui de l’oppression colonialiste,ne saisit aucun des enjeux stratégiques et idéologiques du monde moderne. Elle ne comprend ni les enjeux identitaires, ni les enjeux nationaux; elle fait preuve d’un aveuglement face aux discours qui flattent ce manichéisme .

Besancenot, avec l’aplomb sans faille qui le caractérise, a déja donné le ton de l’extrême gauche:"la guerre en Afghanistan est une aventure colonialiste menée pour le pétrole "(!!!)
Le PS est plus adroit et nuancé,mais la marge est étroite. Il ne parle que de rééxaminer la stratégie,de réviser le "tout militaire" de l’intervention,chose sur laquelle le gouvernement a depuis longtemps annoncé sa propre volonté de réorienter vers une afghanisation l’aide à la guerre antitalibane.
Mais Libération ,sous l’influence très prosocialiste de Joffrin, donne l’angle sous lequel la gauche aborde la question:"Faut-il partir?" titre-t-il en pleine première page, comme si la question se posait.
Ces gens pensent-ils qu’une guerre se mène avec moins de 10 morts?
Ignorent-ils que si eux ne veulent pas faire la guerre, d’autres ont décidé de la leur faire, que cette guerre, si ils ne vont pas en Afghanistan, viendra en France, que celle ci connaîtra des vagues d’attentats, comme il y en a eu déja, comme il y en a partout dans le monde;
Oublient ils que l’objectif des talibans,si ils parviennent à reprendre le pouvoir en Afghanistan, au delà du rétablissement d’un sanctuaire pour la base arrière d’Al Khaida, est de joindre leurs forces aux éléments troubles du Pakistan (services secrets,groupes ultra religieux, secteurs de l’armée,etc.) pour s’emparer des armes atomiques de ce pays, avec les riques de chantage mondial et surtout de disséminatin que cela comporte, comme cela a déja eu lieu avec le Dr Khan, qui a répandu dans le monde entier des secrets atomiques fondamentaux (Corée,Lybie, Syrie,etc;).
Pensent ils que il ne s’agit que d’une veangeance "privée" des USA après les attentats du 11 septembre?
Croient ils de haute politique de tirer son épingle militaire du jeu et de laisser les autres courir les risques pour soi, en les traitant de colonialistes par dessus le marché.

Si la population française est phobique de tout conflit armé, fait-il tenir un discours munichois qui flatte le désir de tranquillité à tout prix de certains?
La réalité est que les socialistes ont beau avoir plumé la volaille communiste sous l’égide du grand politique qu’était Mitterand, cette volaille leur a inoculé des cadres de pensée, des schémas mentaux dont leur propre médiocrité politique ne leur a pas permis de se séparer entièrement. Ils restent habités par des automatismes d’analyse issus de la formidable influence intellectuelle des communistes qui eux mêmes restent, audelà des adaptations de surface, tout entiers formatés de cette façon

Dans l’univers manichéen des socialistes, les Américains ne peuvent être que des voyous capitalistes, la solidarité entre nations partageant une même culture que une Sainte Alliance tournée contre les miséreux du tiers Monde,l’amitié avec nos alliés que une forme de larbinage juste bonne à déclencher des quolibets.De là à ce que ils nous annoncent une grande campagne " pour faire rentrer au pays les soldats qui meurent inutilement si loin de leurs proches", il n’y a peut être pas si loin qu’on le pense.

Le"Nouveau Part Anticapitaliste" de Besancenot a déja décidé de mettre sur pied une "grande manifestation" contre la guerre et pour le retrait des troupes  françaises d’Afghanistan, avrc le PCF et les autres forces partisanes de ce retrait. Les socialistes sont divisés, entre ceux qui ne souhaitent qu’un rééxamen de la stratégie sans retrait, et ceux qui veulznt le retrait, l’aile gauche- ou gauchiste- de ce même parti. On voit bien là les clivages, proches de ceux concernanr les pro européens et les antieuropéens qui partagent fondamentalement ce parti,  entre tentations gauchistes ou tiersmondistes et groupes  plus réalistes, sociaux démocrates, déconnectés de l’idéologie gauchisante, mais sans boussole dans le monde libéral qui s’impose à eux.

A suivre, donc.

L’AFFAIRE SINE:L’EXTREME GAUCHE VOLE AU SECOURS DE L’ANTISEMITISME

août 1, 2008

La polémique née du renvoi du dessinateur Siné par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour cause d’écrits antisémites est très révélatrice d’un certain état d’esprit qui règne dans les cercles politiques de l’extrême gauche, et qui fait que la limite entre "antisionisme" et antisémitisme est constammment frôlée, et , en fait, assez souvent franchie.

On pourrait penser que conformément à la formule célèbre selon laquelle "l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles", plus le sentiment "anticapitaliste "est non articulé dans une vision politique cohérente, plus se manifestent les confusions de style juif=capitaliste=impérialiste etc…

Cette hypothèse se vérifie en effet parfoisdu côté des militants de base ,et les militants de la LCR ou du PCF et de certains cercles des Verts,ne se caractérisent pas par la nuance de leurs analyses, mais plutôt par le simplisme dénonciateur qui leur permet de cliver le monde en bons et mauvais, selon les intérêts variables de leur mouvement;

Siné lui même, en qui ils se reconnaissent et qu’ils défendent donc d’autant plus, représente une certaine forme d’anarchisme populaire et gras, qui a ses têtes de turc (les militaires, les curés, et, on le découvre, aussi les juifs)) sur lesquels il se défoule comme à la foire du Trône. A la différence de la finesse politique d’un Plantu, ou même de la férocité destructrice d’un Willem,les dessins de Siné expriment plutôt l’obsession tournéer contre certains groupes sociaux qu’il ne se lasse pas de caricaturer.En fait, il n’y a jamais chez lui d’analyse politique dans ses dessins, seulement l’expression d’une abhoration pour certains groupes,par laquelle il communie avec ceux qui partagent ces options,constituant ainsi un espace de consensus par lequel se reconnaissent reliés les tenants d’une certaine gauche traditionnelle anarchisante (haine de la religion, de l’armée, de l’ordre, etc.)

Mais ce qui est grave dans cette affaire, c’est que des intellectuels -tous les habitués de la cause palestinienne, mais aussi des dirigeants politiques importants des mouvements d’extrême gauche, se sont portés au secours de Siné, réclamant pour lui le droit à l’insolence et à la liberté de parole, comme si il s’agissait d’une atteinte à la liberté de parole et de critique, comme si on avait censuré un journal satirique.

Or, quand on examine les propos tenus par Siné, les choses sont absolument sans ambiguité:il s’agit de façon claire de calomnies antisémites:accuser Jean Sarkosy de se convertir au judaîsme pour "sa fiancée juive" et "pour faire son chemin dans la vie" est immédiatement reconnaissable à l’odeur nauséabonde de la presse antisémite telle qu’elle existait au temps de "Gringoire" ou de "Je suis partout", l’époque de la violence verbale inouïe qui se donnait libre cours dans l’entre deux guerres dans les colonnes de l’extrême droite;

Les intellectuels qui s’en sont alarmés et qui apportent leur soutien à Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, qui a licencié Siné le rappellent dans leur appel du Monde du 1er aout: Siné est un récidiviste de ce genre de propos, il a déja fait des déclarations sidérantes à ce propos:En 1982, après l’attentat de la rue de Rosiers,il déclarait à la radio Carbone 14:"Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs…Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est propalestinien. Qu’ils meurent!".

On voit le côté célinesque, ranci dans sa haine au fond de son pavillon de banlieue,de cet homme qui ne parle plus que pour provoquer des connivences racistes. Peut être finira-t-il, comme Dieudonné, par demander à Le Pen d’être le parrain de l’un de ses enfants. (ce que celui ci s’est empressé d’accepter);

A Bensaîd , Krivine et Besancenot, qui ont reçu le renfort de Michel Onfray, et, il faut l’ admettre ,de plusieurs confrères dessinateurs de talent, s’opposent les intellectuels qui dénoncent la victimisation de l’antisémite Siné:voici les noms de ceux qui refusent l’ambiguité et la dérive intellectuelle des soutiens à un Dieudonné de l"écrit.

Alexandre Adler (historien)

Elizabeth Badinter (philosophe)

Pascal Bruckner (écrivain et philosophe)

Hélène Cixous (écrivain et philosophe)

Bertrand Delanoê (maire de Paris)

Jean Claude Gayssot (vice président de la région Languedoc-Roussillon)

Blandine Kriegel (philosophe)

Claude Lanzmann (cinéaste)

Daniel Leconte (cinéaste)

Bernard-Henri Levy (philosophe)

Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny)

Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire National Supérieur d’art dramatique)

Ariane Mnouchkine (metteur en scène)

Elizabeth Roudinesco (historienne)

Joann Sfar (dessinateur)

Dominique Sopo (président de SOS Racisme)

Fred Vargas (écrivain)

Dominique Voynet (sénatrice)

Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix)

Ils sont , pour les intellectuels comme pour les politiques (certains d’extrême gauche), l’honneur de leur corporation et la conviction maintenue que les politiques et les intellectuels ne disent pas tous n’importequoi, en tant que "spécialistes" de leurs domaines respectifs.

Lien intéressant à consulter:sur le blog "Autour de la liberté", l’article "Siné, l’antisémitisme n’est pas du cinéma", qui démonte très bien le mécanisme de l’insinuation dans l’article de Siné

http://autourdelaliberte.blogspot.com/2008/08/sin-lantismitisme-nest-pas-du-cinma.html

La Paix Maintenant, un mouvement pacifiste qui a perdu son crédit

juillet 2, 2008

Les Amis de Shalom Arshav fêtaient il y a un mois le trentième anniversaire de cette organisation à la mairie du 9 ème arrondissement de Paris. La vidéo de cette manifestation organisée conjointement avec l’Association pour un Judaïsme Humaniste et Laïque et le Cercle Bernard Lazare montrait, derrière l’autosatisfaction de rigueur pour le fait de voir triompher des conceptions défendues avant tout le monde,la profonde inquiétude devant la paralysie du processus de paix, mais aussi devant la déconnexion du mouvement avec l’opinion publique israélienne, la perplexité devant ce décalage,et les différences difficilement masquées dans les discours tenus sur cette situation.

L’analyse la plus lucide et la plus fine était apportée par l’ex-ambassadeur israélien en France qui faisait ce constat: alors que les deux tiers de la population juive en Israël sont maintenant convaincus de la nécessité de l’existence d’un état palestinien comme condition de la paix dans la région, ils continuent à exprimer leur méfiance vis à vis de la Gauche, qui a pourtant depuis longtemps défendu cette thèse. Alors que la Droite n’ a pas de projet autre,c’est elle que la population charge de défendre le plus important à ses yeux: la préservation de la sécurité et de l’existence de l’Etat Juif.

Il dit en même temps la raison fondamentale de la désaffection de la population israélienne pour Shalom Arshav: reprenant le discours ultra simpliste de la représentante israélienne du mouvement, il va droit au coeur du problème: le discours de critique sans la moindre réserve de cette militante est perçu par les Israéliens comme impossible à distinguer du discours des Palestiniens,d’une part et d’autre part comme recelant potentiellement la possibilité de "tout lâcher" pour obtenir la paix avec eux;

De plus, il met l’accent sur le changement absolument essentiel de l’environnement d’Israel: non seulement évidemment la présence de l’Iran et d’un nouvel axe chiite (Iran, Irak, Hezbollah, Hamas, Syrie), mais le développement d’un fanatisme islamique qui se répand dans la population palestinienne, qui fait que on ne peut pas du tout écarter l’éventualité d’une victoire électorale du Hamas en Palestine, avec les conséquences extrêmes que cela pourrait avoir.( voir déjà ce qui se passe à Gaza).

La conséquence de ce fait, jointe à la période de plusieurs années de la 2ème intifada ou la population palestinienne a manifesté son adhésion au terrorisme anti civils, avec manifestations indécentes de joie à chaque mort israélien, a conduit au phénomène actuel: la perte de confiance envers la volonté profonde de paix des palestiniens, le doute quant à l’idée que tout terrain lâché ne sera pas une victoire sans contrepartie pour les fanatiques, et que la pensée que lasécurité est encore plus vitale dans ce contexte que dans la période de domination claire de l’état isrélien.

C’était extrêmement frappant, au vu de cette vidéo, de constater les doutes, les démentis de changement de position,l’embrouillamini de Albert Memmi, pourtant figure de proue du mouvement, dont on perçoit clairement le malaise et l’incertitude .

Car ce qui introduit justement la méfiance vis à vis de Shalom Arshav, c’est que eux ne disent rien de cette situation. Ils continuent inébranlablement à tenir le même discours que au moment de Oslo, sans introduire le moindre bémol. Ils considèrent que "ils n’ont pas à s’occuper de ce qui se passe chez les Palestiniens, ce n’est pas leur affaire, cela ne les regarde pas. Et du coup, l’analyse est biaisée . La critique des palestiniens est laissée aux Palestiniens eux mêmes, Shalom Arshav s’occupe de critiquer le gouvernement israélien, et ne s’occupe que de cela.

De plus deux éléments portent à augmenter encore la méfiance à leur égard.

Le premier c’est que dans le "paquet" des critiques de Shalom Arshav se mélangent des critiques de niveaux très différents: on entendait ainsi à cette réunion Elizabeth de Fontenay critiquer les "exactions " de Tsahal et le fait que "les civils n’étaient pas épargnés par les bombardements". Quand on sait la façon dont les terroristes ont bien soin de se placer au milieu des civils qu’ils utilisent comme boucliers humains, ces affirmations tiennent ni plus ni moins de l’angélisme, et on voit un vieux fond antimilitariste ressurgir dans le discours "de gauche", justifiant la méfiance des israéliens qui savent bien que disqualifier leur armée est attaquer un des fondements de leur unité et de leur sécurité.

De la même façon, quand on entend des militants évoquer , à propos de la délimitation des frontières avec le futur état palestinien, les frontières de 1948 aussi bien que celles de 67, on se frotte les yeux: il y a des gens à Shalom Arshav qui envisagent de discuter sur les frontières du partage de l’Onu, avec une largeur de 12 km à certains endroits d’Israël? Ces gens sont dangereux!

De façon semblable, autant la critique de la poursuite de l’établissement des colonies est fondée, autant la critique de tous les check points apparaît comme négligeant les questions de sécurité au nom de la poursuite de la paix et de la volonté de donner des gages rassurants aux palestiniens. L’argument toujours mis en avant par Shalom Arshav est que très peu des check points sont établis à la frontière même d’Israël, et sont justifiés par la protection de sa population. Mais l’argument est spécieux car ce n’est pas parce que un grand nombre d’entre eux sont là pour assurer la sécurité des colonies qu’ils doivent être supprimés. L’Etat israelien a la responsabilité d’assurer la sécurité de tous ses citoyens , même si ce sont des colons. Désapprouver la colonisation ne peut pas se régler en laissan les colons se faire assassiner par les palestiniens.Le fait de contester ces évidences est la vraie raison de la désaffection de la population pour cette organisation qui apparaît à ses yeux comme négligeant, au nom d’impératifs moraux universalistes et de positions pacifistes "à tout prix" la sécurité et les intérêts réels du peuple israélien; La population ne s’y trompe pas et elle voit bien les failles que tente de dissimuler le discours inébranlable des défenseurs de cette organisation. Ce qu’elle était seule à dire à une époque est devenu une évidence majoritaire, et ce qu’elle ajoute maintenant suscite un rejet viscéral de ceux qui sentent que les attaques contre l’armée et la politique de l’etat, dans cette période de "pré prochaine guerre", mettent en danger ce qui a le plus de valeur à leurs yeux.

L’ambiguité des mouvements pacifistes a toujours résidé dans le fait que au nom de l’idéal magnifique de la Paix, ils ont régulièrement fermé les yeux  sur les autres dimensions du problème que celle de l’unique question de la Paix ou de la Guerre; Avant la guerre de 14 18, les pacifistes français ont lutté de toutes leurs forces contre les budgets militaires français,pensant que les pacifistes allemands en feraient autant de leur côté. Moyennant quoi, la France avait pris du retard dans la course aux armements quand la guerre a éclaté, ce qui a donné, au départ un certain avantage aux Allemands. L’ intrication totale, dans toutes les guerres modernes, du militaire et du politique, la façon dont des guerres peuvent être gagnées militairement et perdues politiquement (guerre d’Algérie par exemple), le combat décisif pour gagner les opinions publiques, font que les mouvements pacifistes d’un pays sont désormais des éléments importants de la stratégie d’un pays ou d’un mouvement adverse. En s’interdisant toute critique des palestiniens et en réservant celles ci à l’Etat israelien, Shalom Arshav, qu’il le veuille ou non, pèse dans la lutte mondiale pour le gain des opinions publiques,en validant le portrait caricatural et unilatéral d’Israël dressé, partout où ils le peuvent, par les Palestiniens;

les "nouveaux historiens" d’Israël: l’état du débat

juin 25, 2008

article publié par http://www.nuitdorient.com

LES "NOUVEAUX HISTORIENS" D’ISRAËL: L’ÉTAT DU DÉBAT

Par Emmanuel Navon

Intervention au Collège des études juives de l’Alliance israélite universelle

27 novembre 2005

Cela fera bientôt vingt ans que l’historien israélien Benny Morris amorça un débat passionnel sur l’histoire de l’État d’Israël. En 1987, il publie La Naissance du Problème des Réfugiés palestiniens, un livre qui peint une image peu flatteuse du comportement des dirigeants israéliens pendant la guerre d’Indépendance. Un an plus tard, Morris publie dans le journal juif américain de gauche Tikkun un article dans lequel il forge le terme "nouveaux historiens," un terme qui, selon lui, englobe une nouvelle génération d’historiens israéliens qui ont eu récemment accès aux archives historiques classifiées du gouvernement et qui, contrairement à l’establishment, auraient le "courage" de démythifier l’histoire d’Israël.

Morris n’était pas un auteur isolé, et le terme de "nouveaux historiens" qu’il forgea décrivait bien une nouvelle vague. C’est à partir de la fin des années 1980 que plusieurs historiens israéliens publièrent des ouvrages très critiques à l’égard d’Israël: Avi Shlaim, Ilan Pappé, Baruch Kimmerling, Tom Seguev. Un phénomène était né.

Au début, il s’agissait d’un phénomène universitaire local et relativement isolé. Mais aujourd’hui, les idées des nouveaux historiens sont largement diffusées et influentes tant en Israël que dans le monde. En 1999, trois phénomènes consécutifs indiquèrent que les idées des nouveaux historiens avaient franchi le pas de la tour d’ivoire universitaire en Israël. La division historique de Tsahal publia un livre très critique sur la politique de défense d’Israël dans les années 1950. Le Ministère de l’Éducation nationale introduit un nouveau livre d’histoire minimisant l’héroïsme d’Israël et insistant sur l’humiliation et la souffrance des Arabes. Et le livre de Tom Seguev Le Temps des Anémones (qui affirme que c’est grâce aux Arabes et non aux Juifs que les Britanniques quittèrent la Palestine) parut en tête de liste des best-sellers pendant huit mois.

Les idées des nouveaux historiens ont également aujourd’hui un fort impact à l’étranger. En septembre 1999, la prestigieuse maison d’édition new-yorkaise Knopf publie le livre de Benny Morris Victimes: Une Histoire du Confit Arabo-Sioniste, 1881-1999. Ce livre affirme entre autres que le sionisme est d’une "moralité douteuse" et attribue aux dirigeants israéliens une responsabilité écrasante dans l’existence et la persistance du conflit israélo-arabe. Un mois plus tard, les éditions Norton publient le livre d’Avi Shlaim Le Mur de Fer: Israël et le Monde Arabe Depuis 1948. Le livre de Shlaim est univoque: Israël est responsable du conflit israélo-arabe, et c’est à Israël d’y mettre fin. Ces deux livres sont devenus des ouvrages de référence aux Etats-Unis

Même chose en France. En 2003, les Éditions Complexes publient la traduction française du livre de Benny Morris sous le titre: Victimes: Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste. Voici le commentaire du site d’Amazon sur ce livre:"l’auteur renouvelle complètement l’étude du conflit arabo-sioniste qu’il suit depuis l’arrivée progressive des colons juifs en Terre Sainte…Histoire détaillée et très documentée des relations entre Arabes et Juifs en Palestine depuis l’arrivée des premiers sionistes jusqu’à nos jours." Le conflit n’est donc pas entre deux peuples, mais entre un peuple (les Arabes) et une idéologie (le Sionisme), et ce conflit a commencé avec l’arrivée non pas des Juifs, mais des "colons juifs," c’est-à-dire d’étrangers venus voler une terre appartenant aux Arabes.

Vous avez également Ilan Pappé de l’Université de Haïfa, qui appelle au boycott de sa propre université ainsi que du reste des universités israéliennes. Ilan Pappé affirme qu’Israël a commis une épuration ethnique en masse contre les Arabes en 1948, et que l’armée israélienne était plus puissante que toutes les armées arabes réunies. Il est un ardent défenseur de Teddy Katz, un étudiant de l’Université de Haïfa qui soumit en 1998 une thèse de maîtrise dans laquelle il affirma, sur la base de témoignages oraux, que l’armée israélienne avait massacré les résidents du village arabe de Al-Tantura en 1948. Poursuivi en diffamation par les anciens soldats accusés de crime, Katz rescinda ses affirmations. Sa défense fut financée par l’Autorité palestinienne. Le procès ainsi qu’un comité scientifique établi par l’Université de Haïfa montrèrent que les affirmations de Katz ne reposaient pas sur des preuves historiques tangibles et qu’il y avait de grandes différences entre les témoignages recueillis par Katz et leur transcription dans sa thèse. L’Université de Haïfa invalida rétroactivement la thèse en 2002.

Je cite cette affaire, car elle est typique de ce qu’ affirment les nouveaux historiens: ils auraient découvert des faits nouveaux jusqu’alors inconnus, des faits qui remettraient en cause les "mythes fondateurs" du sionisme.

Tel était bien l’argument de Benny Morris dans l’article qu’il publia dans la revue Tikkun en 1988. Selon Morris, ce qui le distingue lui et ses paires de leurs prédécesseurs et qu’ils sont prêts à révéler des fait gênants sur l’histoire d’Israël. Ces faits soi-disant gênants sont devenus accessibles aux historiens israéliens à la fin des années 1970 parce qu’Israël, comme beaucoup d’autre démocraties, ne déclassifie ses documents officiels qu’après une période de trente ans. Donc les documents officiels et classifiés du gouvernement israélien sur la guerre d’Indépendance de 1948 sont devenus disponibles en 1978, les documents sur la guerre de Suez en 1986, etc. Et c’est effectivement dans les années 1980 que les nouveaux historiens publièrent des livres très critiques à l’encontre d’Israël sur des sujets tels que le problème des réfugiés palestiniens, les actions anti-terroristes d’Israël dans les années 1950, la guerre de Suez, et le traitement des immigrants juifs sépharades.

En réalité, les soi-disant nouveaux historiens n’ont rien découvert de nouveau. Le livre publié par Avi Shlaim en 1988, Collusion au-delà du Jourdain, n’ajouta rien, sur le plan des faits, au livre de Dan Schueftan, L’Option jordanienne, publié deux ans avant (Dan Schueftan étant, précisons-le, considéré comme un "ancien historien"). De même que la critique par Tom Séguev de l’attitude des dirigeants sionistes pendant l’Holocauste dans son livre Le septième million, publié en 1991, n’ajouta rien, toujours sur le plan des faits, au livre de Dina Porat Le leadership empêtré, publié en 1986.

La nouveauté des nouveaux historiens ne réside donc pas dans les faits qu’ils n’ont pas dévoilés, mais dans l’idéologie qui les motive. Prenons l’exemple de Benny Morris. Dans son livre 1948 et après: Israël et les Palestiniens (publié en 1994), Morris admet lui-même qu’il est avant tout motivé par ses opinions politiques. Je cite: "Les opinions politiques des nouveaux historiens, ainsi que les considérations politiques du moment, sont parmi les facteurs qui les ont poussés à rechercher certains sujets plutôt que d’autres." Dans sont article dans la revue Tikkun, que j’ai mentionné à deux reprises, Morris écrit qu’on ne peut pas exclure la possibilité qu’Israël soit "entaché par un pêché originel." En 1999, il écrit dans un ouvrage collectif intitulé Crimes de Guerre que le traitement des Arabes palestiniens par Israël en 1948 fut une forme d’"épuration ethnique." Dans son livre Victimes, Morris écrit que le sionisme fut dès le début "une idéologie colonialiste et expansionniste," une idéologie infectée par "l’oblitération mentale des indigènes par les colons européens." C’est pourquoi, selon Morris, les sionistes réduirent les Arabes "à des objets jetables" au lieu de les considérer comme des êtres humains avec des aspirations légitimes. Avi Shlaim a récemment écrit que le sionisme est le pire ennemi des Juifs et qu’il est un échec total, et que l’État d’Israël est une honte et un fardeau. Ilan Pappé affirme dans un article publié dans Kol Haïr le 6 octobre 1995 que le sionisme est un mouvement colonialiste européen ayant "pris contrôle d’une terre qui ne leur appartient pas [aux Juifs]." Il se déclare ouvertement anti-Sioniste et en appelle au démantèlement de l’État d’Israël.

Il ne s’agit pas là de faits historiques, mais de jugements de valeurs. Ces jugements de valeurs sont parfaitement légitimes, et il est important qu’ils puissent être exprimés librement. Comme le disait Voltaire: "Je hais vos idées mais je suis prêt à mourir pour que vous puissiez les exprimer." Ce qui est malhonnête et inacceptable, c’est de tenter de promouvoir une idéologie sous le couvert d’une meilleure connaissance des faits, d’une honnêteté intellectuelle supérieure et d’une objectivité indubitable. Car les soi-disant nouveaux historiens ne sont ni plus érudits, ni plus honnêtes, ni plus objectifs que les autres. Au contraire.

Reprenons l’exemple de Benny Morris. Lorsque l’historien israélien Éfraim Karsh lut pour la première fois le livre de Benny Morris sur l’origine du problème des réfugiés palestiniens, il fut interpellé par une citation de Ben-Gourion qui lui paraissait suspecte. Il s’agissait d’une lettre écrite par Ben-Gourion à son fils Amos en 1937. Dans la version anglaise du livre de Benny Morris, la lettre de Ben-Gourion est citée de la façon suivante: "Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place." Or la version hébraïque du livre de Morris cite la lettre de Ben-Gourion à son fils de la façon suivante: "Nous ne souhaitons pas et n’avons pas besoin d’expulser les Arabes et de prendre leur place." Karsh fut tellement interpellé par cette traduction pour le moins étrange, qu’il décida d’examiner de plus près la documentation de Morris. Il publia ses conclusions dans un livre publié en 1997: Les nouveaux historiens et la fabrication de l’Histoire d’Israël. Le livre fut republié en 1999. Karsh affirme que les nouveaux historiens sont coupables de falsifications historiques.

Les nouveaux historiens se présentent comme une minorité de saints persécutés par une inquisition qui refuse que l’on remette en cause le dogme officiel. Morris se présente comme le Galilée de l’académie israélienne, une académie qui refuse d’admettre qu’Israël est né dans le pêché, de même que les pères de l’Église refusèrent d’admettre que la Terre est ronde. Selon lui, il ne fut pas titularisé pendant de nombreuses années, parce que "le système" était contre lui. De même que Zeev Sternhell écrit dans la préface de l’édition française de son livre Aux origines d’Israël: Entre nationalisme et socialisme que "l’historien qui révèle des vérités gênantes et qui détruit des mythes … est perçu comme un ennemi du peuple." Zeev Sternhell est titulaire d’une Chaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, ses livres sont généreusement financés par les instituts de recherche israéliens, et il est la coqueluche des médias israéliens et français. Pour un ennemi du peuple, il ne s’en sort pas mal.

Parlons franchement: les nouveaux historiens affirment qu’ils sont mis à l’écart parce qu’ils sont trop à gauche. Étant moi-même enseignant à l’Université de Tel-Aviv, je puis témoigner du fait que cette affirmation est hilarante. Les sciences humaines et sociales sont en réalité très peuplées par des universitaires dont les opinions sont bien plus radicales que celles de Morris: Ilan Pappé, Benjamin Hallahmi et Uri Ben-Éliezer de l’Université de Haïfa; Joseph Grodzinski, Yoav Peled et Tania Reinhardt de l’Université de Tel-Aviv; Israël Shahak, Baruch Kimmerling, Zeev Sternhell et Moshe Zimmerman de l’Université hébraïque de Jérusalem; Gabriel Piterberg, Uri Ram et Neve Gordon de l’Université Ben-Gourion. La liste est plus longue. J’aurais en revanche du mal a vous dressez une liste de professeurs conservateurs dans les départements d’Histoire ou de sciences politiques, en dehors de l’Université de Bar-Ilan. Par ailleurs, les idées des nouveaux historiens sont devenues influentes tant en Israël qu’à l’étranger. Qu’ils ne se présentent donc pas comme une minorité persécutée.

Mais revenons-en aux falsifications des nouveaux historiens relevées par Efraim Karsh. Les nouveaux historiens se sont attelés à peindre une image très peu flatteuse des dirigeants israéliens sur la base des archives disponibles depuis la fin des années 1970. Mais ils n’ont jamais tenté de réserver un traitement semblable, que Dieu préserve, aux dirigeants arabes. La réponse standard de Benny Morris à cette accusation est que les archives gouvernementales arabes ne sont pas accessibles. Mais cela est faux. Les archives du gouvernement jordanien sont ouvertes au chercheur, comme en témoigne Robert Satloff du Washington Institute for Middle East Policy. Pendant plus de deux ans, Satloff a examiné ces archives, tels que les documents militaires jordaniens pour la période 1952-1957. Par ailleurs, le Centre Moshe Dayan de l’Université de Tel-Aviv contient les archives de la presse arabe, ce qui constitue une source riche d’information que Morris a délibérément délaissée.

Dans son livre La Naissance du Problème des Réfugiés palestiniens, Benny Morris écrit que les intimidations des forces armées juives (la Hagana, le Etzel, et le Lehi) contribuèrent à l’exode des Arabes palestiniens, bien qu’il ajoute que le gouvernement juif provisoire "n’avait pas de politique de transfert des Arabes." Mais Morris ne mentionne pas le fait que les Juifs étaient également victimes d’intimidations de la part des forces armées arabes, et pourtant ils ne s’enfuirent pas. En ne mentionnant que les intimidations juives vis-à-vis des Arabes mais pas les intimidations arabes vis-à-vis des Juifs, Morris ne raconte que la moitié de l’histoire. Comme on peut le lire dans un rapport des autorités britanniques d’avril 1948: "Le terrorisme arabe à Jérusalem et Haïfa y rend la vie des Juifs difficile … Quant aux Juifs de Jérusalem, ils sont tenus en otage, et il est peu probable que les forces armées juives soient capables de lever le blocus arabe."

Morris fait référence à une citation de Ben-Gourion pour insinuer que celui-ci considérait le transfert des Arabes comme la seule réponse au fait que les Juifs ne constitueraient qu’une majorité relative dans le future État juif proposé en 1947 par la Commission spéciale de l’ONU sur le partage de la Palestine. Voilà comment Morris cite Ben-Gourion dans son livre: "Dans le territoire accordé à l’État juif, il y a à présent 520,000 Juifs … et à peu près 350,000 non Juifs, presque tous Arabes. Si on inclut Jérusalem, les Juifs ne constitueront que 60% de la population de l’État juif … Il faut donc une nouvelle approche, il faut que nous pensions comme un État." Fin de citation. Morris laisse le lecteur deviner ce Ben-Gourion voulait dire. Sans doute Ben-Gourion voulait-il dire qu’il fallait expulser les Arabes? Ce n’est pas ce que dit Morris, mais il laisse le lecteur deviner. Ce jeu de devinettes aurait été inutile si Morris n’avait pas coupé la citation au milieu. Car voilà la suite de la déclaration de Ben-Gourion que Morris cache à son lecteur: "Afin d’assurer l’existence et le futur de l’État juif, il faudra faire venir un million et demi de Juifs dans le pays." Autrement dit, Ben-Gourion voyait dans l’Aliyah –et pas dans l’expulsion des Arabes— la solution au problème démographique d’Israël. En coupant cette phrase de la citation de Ben-Gourion, Morris fait un usage tendancieux et malhonnête de ses sources. En 1996, Morris publie un article dans le Journal of Palestine Studies dans lequel il affirme que "à la fin des années 60 et dans les années 70, le Gush Emunim ne cessa de violer la loi en construisant des colonies en CisJordanie. Les gouvernements travaillistes de l’époque, dirigés par Lévi Eshkol, Golda Méïr et Yitzhak Rabin cédèrent au Gush Emunim." Le Gush Emunim ayant été créé en 1974, comment aurait-il pu construire des colonies à la fin des années 60? Et comment Lévi Eshkol aurait-il pu céder au Gush Emunim alors même qu’il mourut en 1969, soit cinq ans avant la création de ce mouvement? Même chose pour Golda Méïr qui démissionna en 1974, l’année où le Gush Emunim fut établi. Morris tronque également le texte du protocole du Conseil des Ministres du gouvernement provisoire de l’État juif en date du 16 juin 1948. Morris retranscrit les déclarations de Ben-Gourion de la façon suivante: "La guerre est la guerre. Nous ne l’avons pas commencée. Ce sont eux qui ont fait la guerre … Et je ne veux pas que ceux qui se sont enfuis reviennent. Je ne veux pas qu’ils refassent la guerre." Or la phrase "Je ne veux pas que ceux qui se sont enfuis reviennent" n’existe nulle part dans le protocole et est une fabrication de Morris. Voici le texte du protocole: "La guerre est la guerre. Nous ne l’avons pas commencée. Ce sont eux qui ont fait la guerre … Et je ne veux pas qu’ils nous refassent la guerre." Le rajout de cette phrase est une forfaiture.

On trouve le même genre de malhonnêteté chez Avi Shlaim. Dans son livre Collusion au-delà du Jourdain, Shlaim affirme que Golda Méïr et le roi Abdallah de Transjordanie complotèrent en novembre 1947 pour se partager la Palestine et donc empêcher l’établissement de l’État arabe palestinien recommandé par le plan de partage de l’ONU. Or il existe un document historique qui prouve que cette thèse est fausse. Dans une note adressée à l’Agence juive le 12 mai 1948, Golda Méïr relate de la façon suivante sa rencontre avec Abdallah en 1947: "Je lui avais clairement fait comprendre à l’époque que nous ne pouvions pas l’aider à envahir la Palestine Mandataire, puisque nous étions tenus d’honorer la résolution de l’ONU recommandant l’établissement de deux États. Nous ne pouvions donc pas –et c’est ce que je lui dis- soutenir la violation de cette résolution." Donc comment Shlaim peut-il affirmer que Golda Méïr et le roi Abdallah se mirent d’accord pour se partager la Palestine mandataire et passer outre la résolution de l’ONU? Tout simplement en évitant soigneusement de faire référence au document que je viens de citer et qui invalide sa thèse. Même chose chez Ilan Pappé, qui écrit dans son livre La Grande Bretagne et le Conflit Israélo-Arabe de 1948 à 1951, que lors de la rencontre entre Golda Méïr et le roi Abdallah, Golda Méïr donna son accord pour l’annexion du futur État arabe palestinien par la Transjordanie en échange de la promesse d’Abdallah de ne pas attaquer Israël. Or le rapport écrit par Golda Méïr sur cette rencontre dit exactement le contraire. Quant à Ben-Gourion, il était contre l’annexion de la CisJordanie à la Transjordanie. Voilà ce qu’il écrit le 18 décembre 1948: "Un État arabe en Palestine occidentale est moins dangereux qu’un État lié à la Transjordanie et plus tard à l’Irak." Et ce alors même que les "nouveaux historiens" se targuent de nous révéler la vérité grâce à des archives jusqu’alors inaccessibles. En réalité, autant Shlaim que Morris et Pappé ont une idée très précise de ce dont ils veulent convaincre leurs lecteurs, et ils omettent de citer ou de mentionner les documents qui contredisent leurs théories.

Avi Shlaim et Ilan Pappé ont une autre obsession: prouver que la Grande-Bretagne impérialiste et le mouvement sioniste complotèrent secrètement pour imposer leurs intérêts communs aux arabes. Il y a effectivement quelque chose de très nouveau dans cette thèse pour ceux qui, comme moi, n’ont pas le privilège de partager le savoir et l’honnêteté intellectuelle des nouveaux historiens. Car la réalité historique est que le Ministre britannique des Affaires étrangères lors de la Partition, Ernest Bévin, était un antisémite et un antisioniste, que la Grande Bretagne fit tout pour empêcher la partition de son mandat, qu’elle rejeta le plan de partage de l’ONU, qu’elle empêcha l’immigration juive en Palestine, qu’elle détint illégalement des dizaines de milliers de survivants de l’Holocauste dans des camps de concentration à Chypre pendant neuf mois afin qu’ils ne puissent pas prendre part à la guerre d’Indépendance d’Israël, qu’elle fournit aux armées arabes des armes et des officiers pendant la même guerre, qu’elle empêcha la livraison d’armes aux Juifs et ne laissa entrer que les armes destinées aux Arabes, qu’elle refusa de reconnaître l’État d’Israël pendant neuf mois après la proclamation de son indépendance, et qu’elle s’opposa à l’admission d’Israël aux Nations Unies.

Mais voilà ce qu’écrit Shlaim: "L’historiographie sioniste est pleine d’accusations vis-à-vis de la Grande Bretagne, qui aurait armé les armées arabes et aurait tout fait pour empêcher l’établissement de l’État juif … Ces accusations vont à l’encontre de la vérité historique telle qu’elle est révélée par les documents britanniques, arabes, et israéliens." Shlaim ajoute, écoutez bien, que Bévin était en réalité "l’ange gardien de l’État juif." Notez d’abord l’expression: "l’historiographie sioniste." Comme si il y avait en Israël un Politburo à la soviétique ou une police de la pensée à la George Orwell, responsable de l’historiographie officielle. Shlaim n’apporte aucune preuve historique pour contredire la soi-disant "historiographie sioniste" sur l’hostilité de Bévin à l’encontre du sionisme.

Richard Crossman, un collègue d’Ernest Bévin au sein du parti travailliste britannique, écrit la chose suivante: "Le but de Bévin était apparemment d’assurer que la Légion arabe d’Abdallah envahisse toute la Palestine, ne laissant un État juif si minuscule qu’il n’aurait d’autre choix que de se livrer à la merci du Gouvernement britannique." Le 20 mai 1948, cinq jours après l’invasion du nouvel État d’Israël par les armées arabes, Bévin écrit à son ambassadeur à Washington Lord Inverchapel: "Je n’ai aucune intention de reconnaître l’État juif, et encore moins l’intention de soutenir son admission aux Nations Unies." Sir John Troutbeck, le Chef du Bureau britannique au Caire écrit le 28 décembre 1948: "L’idée d’un État d’Israël contrôlant une grande partie de la Palestine, dont le Néguèv, ne peut que susciter notre inquiétude. Je ne veux pas sous-estimer le danger d’un Israël joignant le camp communiste." Non seulement Bévin fit tout pour empêcher la naissance et la survie de l’État d’Israël, mais il fit également tout pour empêcher l’immigration juive vers la Palestine, et ce même après la Shoah. Il souhaitait disperser les survivants de l’Holocauste à travers l’Europe et dans le reste du monde, et refusa fermement de les laisser entrer en Palestine britannique. Le 12 octobre 1945, il écrit à son ambassadeur à Washington Lord Halifax: "Il est vrai que les Juifs ont été victimes de persécutions et d’un massacre terrible. Mais ils s’en sont sortis, et beaucoup ont survécu. Il faut les aider à se réintégrer en Allemagne." Deux mois plus tard, le 4 décembre 1945, le Foreign Office publie un document officiel rejetant la demande américaine de laisser les survivants de l’Holocauste se réfugier en Palestine britannique. Ce document dit la chose suivante: "Les Juifs allemands vivent dans leur pays d’origine et ne l’ont jamais quitté. Leur "rapatriement" ou "retour" ne peut donc avoir lieu dans un pays [la Palestine] dans lequel ils n’ont jamais vécu." En décembre 1947, les Etats-Unis imposent un embargo militaire sur le Proche Orient en réponse à l’appel des Nations Unies de na pas exacerber la situation en Palestine. Le Foreign Office soutint cet embargo parce qu’il n’affecta que les Juifs (la Transjordanie, l’Égypte et l’Iraq étant armées par la Grande Bretagne, l’embargo américain ne les toucha pas). Le 31 janvier 1948, Le chef du Bureau proche oriental au Foreign Office, Michael Wright, écrit à Bévin: "Nous faisons tout pour que le gouvernement américain maintienne l’embargo, afin d’empêcher que les Juifs de Palestine obtiennent des armes." En effet, la Transjordanie, l’Égypte et l’Iraq étaient armées et entraînées par la Grande-Bretagne et liées à elle par des traités militaires. Pour Bévin, une défaite arabe aurait été une défaite britannique. Bévin était en faveur d’un cessez-le-feu en mai 1948 parce que sans cessez-le feu les Etats-Unis auraient probablement levé l’embargo. Le 26 mai 1948, il déclare au conseiller juridique du roi Farouq d’Égypte, Edgar Gallad Bey: "Si les Arabes rejettent le cessez-le-feu, nos efforts pour empêcher la levée de l’embargo n’auront servi à rien."

Le 11 juin 1948, Sir John Troutbeck, que j’ai cité plus haut, écrit: "Un État juif n’est pas plus dans notre intérêt que dans celui des arabes." Troutbeck compara également le mouvement sioniste à l’Allemagne nazie et le monde arabe à la Tchécoslovaquie démembrée par les Accords de Munich. Le Premier Ministre britannique Clément Attlee compara quant à lui l’entrée des Juifs en Palestine à l’invasion nazie en Europe centrale. Le 28 avril 1948, il explique à l’ambassadeur américain en Grande Bretagne que, bien que les Juifs entrèrent sans armes, "c’était exactement la méthode d’Hitler. Il faisait entrer les gens comme touristes, mais ils se procuraient des armes après s’être incrustés. Les Juifs entrèrent comme immigrants pour devenir des soldats." Mais l’hostilité de Bévin au sionisme n’était pas seulement le résultat de son antisémitisme. Le sionisme était contraire aux intérêts stratégiques de la Grande Bretagne. Comme l’écrit Bévin dans une étude stratégique soumise à Attlee: "Beaucoup de ressources matérielles, en particulier le pétrole, sont en jeu … Il est important que les Arabes n’aient pas le sentiment d’avoir été lésés."

Abba Eban, qui joua un rôle clef dans la décision des Nations Unies de recommander le partage de la Palestine, et qui fut le premier ambassadeur d’Israël à l’ONU et aux Etats-Unis, écrit dans ses Mémoires: "Le discours de Bévin [du 13 novembre 1945] nous fit comprendre sans l’ombre d’un doute que le peuple juif, plongé dans le désarroi, allait maintenant être assailli par le gouvernement britannique, qui avait donné trente ans auparavant sa bénédiction au foyer national juif. La rhétorique de Bévin était devenue vulgaire et insultante … Non pas que nous attendions de la Grande-Bretagne qu’elle fît abstraction de ses intérêts au Proche Orient, en particulier de son contrôle des ressources pétrolières … La Jordanie était un protectorat britannique. L’Égypte était liée à la Grande-Bretagne par un traité de défense, et les forces britanniques étaient encore présentes en Irak … Mais ces intérêts, pour légitimes qu’ils fussent, ne justifiaient aucunement l’animosité de Bévin à notre égard. En quoi avait-il besoin de déclarer que ‘Truman veut que les Juifs aillent en Palestine parce qu’il ne les veut pas à New York?" Abba Eban ajoute: "Je n’ai jamais rencontré un homme dégageant autant d’hostilité non seulement à travers ses propos, mais également à travers ses expressions faciales et son regard. Il n’exprima jamais à notre égard le moindre respect humain, sans parler de déférence diplomatique. Même son humour était vulgaire. Lors d’une de nos rencontres à Londres il y eut une coupure d’électricité (qui étaient fréquentes après la guerre), et Bévin s’exclama: ‘Tiens, toutes les lumières se sont éteint, sauf les Israélites!’ Bévin justifia son opposition au plan de partage en expliquant qu’il serait injuste de soumettre 400,000 Arabes à un gouvernement juif. Ce à quoi je ne puis m’empêcher de répliquer: en quoi serait-il plus juste de soumettre 650,000 Juifs à un gouvernement arabe … Sa seule réponse fut un regard assassin." C’est Bévin qui ordonna le refoulement de l’Éxodus en été 1947 et son renvoi vers Hambourg. Lorsque Abba Eban fut nommé ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Bévin refusa de lui adresser la parole. L’un des proches de Bévin, Christopher Mayhew, écrit dans ses Mémoires: "Il ne fait aucun doute que Ernest déteste les Juifs."

En dépit des ces faits et de ces documents historiques qui témoignent de l’animosité profonde de Bévin et du Foreign Office à l’égard du sionisme et de l’État d’Israël, Shlaim et Pappé affirment qu’il s’agit là d’une mythe fabriqué par l’ "historiographie sioniste," et qu’en réalité la Grande-Bretagne et le mouvement sioniste s’étaient alliés contre les Arabes. Pour reprendre l’expression de Shlaim, Bévin était l’ "ange gardien de l’État juif." Et ce sans apporter le moindre document historique à l’appui. Et pour cause: un tel document n’existe pas. Non pas que Shlaim et Pappé aient fait un travail d’archive de fond. Ils n’ont rien découvert ou renouvelé sur le plan des archives historiques, et leurs livres ne citent quasiment que des sources secondaires. Mais même s’ils avaient fait une recherche dans les archives, ils n’auraient pas trouvé de document certifiant le sionisme de Bévin ou la connivence stratégique entre la Grande-Bretagne et le mouvement sioniste.

Ce qui prouve une fois de plus que les soi-disant nouveaux historiens n’ont rien découvert de nouveau et qu’ils ont décidé à priori de délégitimer et de diaboliser le sionisme et l’État d’Israël. Dans cette entreprise de délégitimation et de diabolisation, tous les moyens sont bons: cacher les sources qui contredisent la thèse préfabriquée, traduire de façon tendancieuse certaines citations et leur ajouter des phrases qui n’existent pas dans l’original, couper des citations au milieu lorsque seule la première partie convient à l’auteur, et avancer des thèses sans aucune preuve à l’appui en espérant que se démarquer de la soi-disant "historiographie officielle" suffira pour s’attirer la sympathie du lecteur et le ralliement des esprits critiques.

Il est sain et courageux de briser les mythes. Mais ce n’est pas ce qu’ont fait les soi-disant nouveaux historiens. En réalité, ils ont créé leurs propres mythes. Pourquoi? Parce que dans les années 1990 en Israël, l’esprit du temps était que pour faire la paix avec les Arabes, il fallait accepter leur version de l’histoire du conflit israélo-arabe. Or, selon cette version de l’histoire du conflit, les Arabes sont les victimes, les Juifs les agresseurs, le sionisme est un mouvement colonial, et l’intransigeance d’Israël la source du conflit. C’est cette idéologie que les nouveaux historiens auto-proclamés décidèrent de promouvoir pendant les années d’Oslo. C’est Simha Flapan, l’activiste israélien d’extrême gauche, qui expliqua en 1987 ses motivations dans son livre La naissance d’Israël: Mythes et Réalités. Son but, écrit-il, était de "miner les structures de propagande sioniste qui ont pendant trop longtemps constitué un obstacle aux forces de la paix dans mon pays." Autrement dit, si vous voulez la paix, il faut cesser d’être sioniste. Les Palestiniens disent que le sionisme est un mouvement colonialiste européen? D’accord. Que les Sionistes complotèrent avec la Grande-Bretagne contre les Arabes? Pas de problème. Que c’est Israël qui maintient volontairement le conflit israélo-arabe à cause de son nationalisme dément? Allons-y. Si c’est le prix à payer pour la paix, alors… Et en plus, cela plaît aux maisons d’éditions.

Benny Morris et Avi Shlaim décidèrent dans les années 1990 de servir la cause de la paix en écrivant une nouvelle histoire du conflit israélo-arabe, une histoire qui permettrait de réduire le fossé entre les positions arabes et israéliennes, en expliquant aux Israéliens que les Arabes ont raison. En 1999, Morris publie Victimes: Une Histoire du Conflit Arabo-Sioniste, et en 2000 Shlaim publie Le Mur de Fer: Israël et le monde arabe. Ils arrivent tous deux à la même conclusion: la paix avec les Palestiniens est à portée de main. Il suffit qu’Israël se retire des territoires conquis en 1967, accepte l’établissement d’un État palestinien, fasse un geste sur Jérusalem et les réfugiés, et le tour est joué. Et voilà qu’Éhud Barak applique cette recette à la lettre, à peine ces deux livres sortis en librairie. Et voilà qu’au lieu de la paix promise par nos deux experts, nous avons la guerre. Toute la théorie des nouveaux historiens s’effondre comme un château de cartes. Il y a deux façons de réagir à un tel fiasco: admettre que l’on s’est trompé, ou accuser les faits de d’avoir refusé de se conformer à la théorie. Benny Morris a choisi la première voie, Avi Shlaim la seconde.

En février 2002, Benny Morris publie un article dans The Guardian, pour expliquer pourquoi il ne croit plus à la paix. Il se confesse. Il se sent comme les communistes européens qui sympathisèrent avec l’Union soviétique et tombèrent de haut lorsque l’armée rouge envahit Budapest en 1956. En 1993, l’année où le processus d’Oslo fut entamé, Morris commença à écrire Victimes. Et puis, écrit Morris, Arafat a rejeté les propositions de paix de Camp David, déclenché une guerre meurtrière, et éduqué son peuple à la haine des Juifs et à la libération de toute la Palestine. Il n’a fait que continuer la politique de son prédécesseur et modèle, Hadj-Amin al-Husseini. Arafat est un menteur, il a trompé Israël, et l’Autorité palestinienne est devenue une usine de propagande et de mensonges qui bourre le crâne des Palestiniens et fourvoie les journalistes étrangers. Elle érige la mort et le meurtre des Juifs en valeur suprême. Le fond du problème est que le mouvement national palestinien continue de vouloir libérer toute la Palestine, refuse d’accepter la légitimité d’Israël, et ne signe des accords que pour améliorer sa position stratégique. Le droit du retour est un stratagème pour détruire Israël par la démographie. La paix est impossible avec les Palestiniens. C’est Benny Morris qui parle.

Dans un entretien avec Ari Shavit publié dans le journal Ha’aretz le 9 janvier 2004, Morris va plus loin. À propos des réfugiés palestiniens de 1948: "On ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs … Quand le choix est entre être détruit et détruire, il vaut mieux détruire … Il y a des circonstances dans l’Histoire qui justifient la purification ethnique. Lorsque le choix est entre la purification ethnique et le génocide –l’annihilation de votre propre peuple- je préfère la purification ethnique … Un État juif n’aurait pas pu émerger sans le déracinement de 700,000 Palestiniens. Il était donc nécessaire de les déraciner … Il n’était pas possible de laisser une cinquième colonne dans le pays. Dès l’instant où le Yishuv fut attaqué par les Palestiniens et les États arabes, il n’y avait pas de choix, il fallait expulser les Palestiniens. N’oubliez pas que les Arabes contrôlent une grande partie de la planète du fait de leurs conquêtes et de leurs meurtres. Ils ont 22 États. Les Juifs n’en avaient pas même un. Il n’y avait pas de raison de leur refuser ce droit. Donc, de mon point de vue, le besoin d’établir cet État passe avant l’injustice infligée aux Palestiniens." Mais ce n’est pas tout. Ben-Gourion, en 1948, "aurait dû finir le boulot. Je sais que cela enrage les Arabes et les tenants du politiquement correct, mais Ben-Gourion aurait dû organiser une expulsion en masse et vider le pays de tous ses Arabes –et ce jusqu’au Jourdain." Et Ari Shavit de répliquer: "J’ai du mal à croire ce que j’entends." Effectivement. Mais attendez, ajoute Morris, il n’est jamais trop tard: il est encore possible d’expulser les Arabes de Galilée et de CisJordanie dans le cas d’une "attaque arabe généralisée contre nous." "En cas de menace existentielle contre Israël" conclut Morris, "une telle expulsion sera justifiée."

D’où vient ce retournement? Morris s’explique: "Tout à commencé en l’an 2000. J’ai toujours été de gauche et j’ai refusé de servir dans les territoires … Mais lorsque les Palestiniens rejetèrent les propositions de Barak en juillet 2000 et les propositions de Clinton en décembre 2000, j’ai compris qu’ils refusent la solution de deux États. Ils veulent tout. Lod, et Acre, et Jaffa … Arafat nous a arnaqués et n’a jamais été sincère … [Les Palestiniens] n’acceptent pas l’existence d’un État juif, que ce soit sur 80% ou sur 30% du pays … Ce sont des barbares et il faut les enfermer dans une cage … Il faut enfermer cette bête sauvage." Et alors Ari Shavit lui demande: "Benny Morris, seriez-vous devenu de droite?" "Non, non" répond-t-il, "je suis toujours de gauche." Et pourtant il ajoute: "Ben-Gourion disait que les Arabes ne comprennent que la force … Il avait raison." "Et vous-vous dites de gauche?" insiste Shavit. "Je suis réaliste" précise Morris. Et puis Morris continue: l’Islam menace l’Occident de l’intérieur, l’Islam mène une guerre d’extermination contre l’Occident. Et ne vous trompez pas sur le titre du livre Victimes: les vraies victimes sont les Juifs, pas les Palestiniens car, je cite, "nous sommes une petite minorité dans un océan d’Arabes hostiles qui veulent nous éliminer." Enfin, conclut Morris: "Le politiquement correct nous empoisonne et nous empêche de voir la vérité. Je me sens un peu comme Albert Camus. Il était considéré comme un homme de gauche avec de hauts idéaux, mais lorsqu’il parlait de l’Algérie, il mettait sa mère avant ses idéaux. Eh bien, préserver mon peuple est plus important que les principes moraux universels."

Voilà. Le fondateur le la nouvelle historiographie israélienne est devenu le prototype de "l’ancien historien" qu’il abhorrait tant il y a deux décennies. À ceci près que les soi-disant anciens historiens n’ont jamais tenu les propos et n’oseraient jamais tenir les propos de Morris sur la bête sauvage qu’il faut enfermer dans une cage ou sur l’expulsion des Arabes que Ben-Gourion aurait dû mener à son terme en 1948, et qui reste envisageable aujourd’hui. Le révolutionnaire est devenu plus royaliste que le roi.

Mais Morris est l’exception qui confirme la règle. Shlaim, Pappé, Kimmerling et les autres n’ont pas bougé d’un iota, et ce en dépit de l’évolution du conflit israélo-arabe depuis septembre 2000. Et ce n’est pas étonnant, car ce ne sont pas les faits qui les intéressent, mais l’idéologie qu’ils souhaitent promouvoir.

D’un côté je me dis que je suis fier d’être le citoyen d’un pays qui offre une telle liberté d’expression. Et ne vous y trompez pas: je m’oppose à toute atteinte à la liberté d’expression et je suis contre les tentatives d’exclure Ilan Pappé de l’Université de Haïfa. Mais d’un autre côté, "La vie et la mort sont entre les mains de la langue." Autrement dit, les mots, les idées ont un pouvoir redoutable et peuvent tuer. Le génocide du peuple juif a commencé par une campagne de propagande, par des mots et par des idées. Et le combat contre l’État d’Israël aujourd’hui est essentiellement un combat d’idées. Il faut gagner ce combat. Le futur de l’État d’Israël en dépend.

ISRAEL DOIT-IL RESTER UN ETAT JUIF?

juin 13, 2008

D’après l’article de Amitai Etzioni paru dans Le Monde du 13/05/2008

"Est-il opportun qu’Israel soit un état Juif? Autant se demander s’il est bien nécessaire que le pape soit catholique. Pourtant, certains défenseurs des "droits de l’homme" se posent tout de même la question", et les antisionistes opposent état juif et état démocratique. L’idée soutenue par certains,à la gauche de la gauche, comme Burg par exemple, est que Israel devrait s’ouvrir au muticulturalisme, c’est à dire renoncer à ses valeurs juives pour devenir un état culturellement neutre, capable d’assurer l’intégration d’un million de citoyens arabes, ce qui "permettrait par la même occasion aux juifs laïques de ce qui est perçu comme un régime rabbinique oppressif( on ne peut se marier , divorcer, être enterré en Israel sans en référer à une autorité religieuse, juive musulmane ou autre)."

"Ces considérations négligent le fait que toutes les nations ont en commun des valeurs, une histoire, une identité partagée. Si l’on faisait des Etats neutres, elles seraient dépossédées de la dimension positive que nous apportent les communautés: on peut être prêt à mourir pour sa patrie, s’indigner personnellement de l’entendre dénigrée ou, tout simplement, éprouver de la fierté à voir ses compatriotes remporter une compétition internationale ou une médaille aux jeux olympiques."

"Les défenseurs des droits individuels prétendent que les valeurs communes des Israéliens juifs se sont de toute façon dissoutes, et que même les autres nations n’ont que de vagues notions de leur culture commune: au Royaume Uni, la notion de "britishness" se résumerait à un goût immodéré pour la bière et le cricket. On constate néanmoins que les nations dépourvues de valeurs fédératrices s’exposent à des secessions (comme au Canada ou en Espagne) et peinent à mettre en place une politique nationale qui exige des sacrifices pour le bien commun"…

"En cherchant à gommer ces cultures nationales, on risque un appauvrissement. C’est justement la crainte d’une telle déperdition qui attire tant d’électeurs européens vers les partis hostiles à l’immigration, et qui alimente des sentiments antipalestiniens en Israël"…

"La sociologie nous enseigne que les sociétés sont des organismes complexes, animés de besoins et de valeurs diverses parmi lesquelles on ne saurait en privilégier certaines que au détriment d’autres. Il n’est pas possible de ménager les susceptibilités de chacune des minorités sans risquer de compromettre l’essentiel: la communauté nationale."

"Tout effort visant à assimiler complètement les minorités( au mépris de leur culture propre) ou à liquider l’ethos national (au détriment de la culture commune) ne servira qu’à exacerber les conflits et les tensions. L’intérêt général voudrait plutôt que l’on parvienne à un juste dosage entre les apports positifs de la diversité et les valeurs fondamentales que nous sommes tenus de partager, tous tant que nous sommes."

Avraham Burg: la mutation d’un dirigeant israélien en ennemi d’Israël

mai 16, 2008

L’apparition très fréquente dans tous les médias de Avraham Burg au moment ou l’Etat Israélien célèbre son soixantième anniversaire n’est en rien l’effet du hasard.

Il est au contraire un homme providentiel pour ces médias aux yeux de qui il cumule plusieurs avantages: ancien président de l’Agence Juive, de l’organisation sioniste mondiale, ancien président de la Knesseth, il apparaît comme quelqu’un qui a derrière lui une vie de sionisme militant (sinon pourquoi l’aurait on nommé à ces postes), de patriotisme ( sinon pourquoi la présidence de la Knesseth) de militantisme travailliste (il frôle le présidence du parti travailliste)avec les plus hautes responsabilités et donc la plus haute reconnaissance de ces qualités. On imagine que un homme à qui l’on confie de telles tâches n’est ni un idiot, ni un irresponsable, ni un excité. Il pourrait donc apparaître , quand il parle, comme "représentatif" d’une pensée qui existe en Israël , et peut être répandue , puisque il a été, dans plusieurs domaines ,un élu.

Mais le discours qu’il tient depuis que il n’occupe plus ces fonctions n’ a plus rien à voir avec le sionisme, ni l’israelianité.C ‘est le discours d’un homme qui s’est converti, et qui brûle ce qu’il a adoré avec la rage de ceux qui veulent prouver qu’il n’ont plus rien de commun avec leur croyance initiale Le phénomène n’est pas exceptionnel, dans la vie psychologique ordinaire, mais dans le domaine politique, il est rarement aussi total, et en tout cas aussi brusque.

Interviewé par le journal Haaretz, en juin 2007, il tient , devant le journaliste outré par ses propos , des positions de plus en plus provocantes . Développant les idéees de son livre ""abandonner le ghetto sioniste" , il admet ne plus trouver acceptable la notion d’Etat Juif. Il admet ne pas accepter la Loi du retour, et propose de la remettre en discussion. Quand le journaliste lui dit que son livre est anti israélien au sens le plus profond du terme, qu’il en émane une répugnance à l’égard de l’Israelianité, il ne dément pas et répond qu’il est désormais "audelà de l’israelité". Il dit que des trois identités qui le constituent- humaine, juive, israélienne- il "sent que l’élément israélien le dépossède des deux autres".

Le journaliste reprenant la thèse du livre de Burg ( Hitler a gagné parce que les juifs sont devenus presque nazis) lui dit: "Dans votre livre , nous ne sommes pas seulement des victimes du nazisme.Nous sommes presque des judéo-nazis. Vous être prudent. Vous ne dites pas que Israël est l’Allemagne nazie, mais vous n’en êtes pas loin. Vous dites que Israël en est au stade de l’Allemagne pré-nazie. La encore, Burg ne dément pas . Il se dit plutôt optimiste que pessimiste, parce que il dit avoir commencé son livre comme un deuil, un deuil d’Israël, avec l’idéee que tout était perdu, et avoir écrit un titre pour son livre "Hitler a gagné" Il l’a donc transformé en "Vaincre Hitler".

Alain Finkielkraut a très justement démonté l ‘abandon de l’éthique de responsabillté chez A.B. au moment ou il a renoncé à son poste à la Knesseth et son remplacement par un "exhibitionnisme moral, "la dictature du coeur" et le narcissisme de la conviction".

Mais quand on y regarde de plus près, on voit qu’il y a une continuité entre la position pacifiste, culpabilisée,prête à tout lâcher pour le confort de la bonne conscience que l’on trouve dans une aile gauche des travaillistes qui ne s’arrête pas à l’acceptation de la justesse et de la nécessité d’un état palestinien, mais qui glisse vers le rejet de toute faute du côté israélien, et pour qui les trente deniers de l’adhésion aux thèses des ennemis de son peuple sont le certificat de bonne moralité que ces ennemis sont tout prêts à leur fournir (très provisoirement) en échange de ces bons et loyaux services.

En tous cas, Burg peut, dans les médias, apparaître – ce qui lui fait évidemment très plaisir- comme un interlocuteur valable, face aux défenseurs du droit à exister d’Israël, celui qui peut représenter une alternative raisonnable au sionisme, puisque il n’est pas "partie prenante" comme un Palestinien. Les médias peuvent ainsi appâter les spectateurs ou les lecteurs avec des déclarations fracassantes, qui font monter l’audience, faire espérer une polémique ultra violente et excitante, et préparer en douceur l’ éventualité d’une alternative avec le sionisme,si les rapports de force internationaux rendent cette éventualité plus intéressante.

Les ravages que peuvent entraîner les visions religieuses de la politique ne s’appliquent pas en Israel que à la droite religieuse, expansionniste et obscurantiste; la vision religieuse d’une gauche bien pensante, plus soucieuse de préserver sa bonne conscience universelle que d’avoir à penser les conflits internes de valeurs qui sont l’essence même du politique,n’est pas meilleure; Le culte de la belle âme aux mains propres, car sans mains, a encore des beaux jours devant lui.

" Israel, un examen moral":le raisonnement troublé par la culpabilité de A.B.Yehoshua

avril 21, 2008

Dans le livre intitulé "Israël, un examen moral" ,Yehoshua, considérant que tous les arguments du sionisme ( pour s’implanter en Palestine) ne peuvent être réellement retenus car non fondés en morale (le droit historique, la religion, le défrichement des terres, la déclaration Balfour,) cherche un argument différent et qui s’impose de façon indiscutable, et annonce qu’il pense en avoir trouvé un:" le droit surgi de la détresse". Pour illustrer cette idée, il imagine une "fable". Il suggère au lecteur de s’imaginer juge devant trancher le cas d’un individu SDF, "dont le vagabondage sans refuge met en péril sa vie et celle des siens", qui "squatte" le logement de quelqu’un.

Naturellement, dit il ,nous l’aurions acquitté, ce délit relevant d’un mal nécessaire. Cela, dit il, à condition que le SDF ne "s’empare" que d’une partie de la maison. S’il avait occupé toute la maison, contraignant les occupants à partir et à errer à leur tour, l’acte aurait du être condamné d’un point de vue moral.

Cette fable,qui résume très bien toutes les idées développées par Yehoshua dans le livre,est extrêmement significative d’un raisonnement implicite tenu par la gauche pacifiste israelienne, et par ceux qui contestent la légitimité de l’Etat Israelien.

La première partie du raisonnement consiste à tenir pour nul tout argument qui repose sur une autre base que morale. Tout argument fondé sur l’Histoire, sur le Droit International, est balayé pour ne prendre en considération que la "morale", ramenée ici à une partie de celle-ci:la priorité de la survie de quelqu’un surle droit de propriété et les avantages matériels d’un autre.

On retrouve quelque chose qui est à la racine d’un postulat de la pensée gauchiste-et parfois de gauche-:le malheur donne tous les droits: il faut simplement faire attention dans le maniement de cet argument , car il se retourne très facilement contre celui qui l’emploie: ce n’est pas pour rien que les états hésitent à mettre en pratique le droit de réquisition des logements-non occupés-, et que le droit de propriété est inscrit dans les droits fondamentaux de l’homme, droit à jouir des fruits de son travail. On peut faire preuve d’indulgence envers une mère qui vole dans un supermarché pour nourrir ses enfants, on ne peut pas faire de tous les supermarchés des self service pour personnes défavorisées. Le chemin qui sur ces prémisses conduit à la justification de toutes les violences,à tous les arbitraires et à toutes les oppressions est très rapidement parcouru.

Dans le cas d’Israël, le malheur des Palestiniens peut conduire à tout justifier (terreur tournée contre les civils, crimes contre l’humanité). Car la détresse donne certains droits, mais pas tous les droits, cela d’autant plus que la priorité accordée aux victimes s’accompagne d’un processus émotionnel qui conduit à, sous l’effet de l’émotion compassionnelle, oublier toute rationalité, toute proportionnalité, et à basculer sans réserve dans l’adhésion à leur revendication.

Revenons à la fable de Yehoshua, qui condense si bien les raccourcis de pensée présents dans beaucoup d’esprits, en la développant à notre façon.

Le SDF en question n’est pas n’importe quel SDF. C’est l’ancien propriétaire de la maison, qui l’a habitée pendant un millénaire, qui y a fondé une culture dont les descendants (chrétiens) ont conduit la civilisation humaine à ses plus grandes réalisations.

Cet ancien propriétaire n’est pas parti ailleurs en villégiature, comme un membre de la Jet Set qui déserte une propriété de luxe ou il s’ennuie. Il en a été expulsé par la force des armes ,et déporté de force à des milliers de kilomètres. Un peuple entier a été déplacé , arraché à son pays, et dispersé.

Pendant toute son errance forcée, le SDF a clamé son attachement à cette habitation. Celle-ci a été occupée par des voisins, qui l’ont modifiée et décorée selon leur goût.Quand il y revient, il s’efforce de la restaurer, engage des travaux -ce qui n’est pas la même chose que se contenter d’occuper les lieux-.même si cela n’ouvre pas des droits pour autant.

Les occupants, qui eux n’ont jamais connu la période ou le SDF était là chez lui,et sentant que leur droit de propriété va être remis en cause, tentent de l’expulser par la force, et échouent. Le problème: deux propriétaires, l’ancien -le SDF- et le nouveau -les Palestiniens- se disputent le même bâtiment, est soumis à une juridiction internationale, l’ONU, qui reconnaissant que les deux parties ont des droits sur l’objet du litige partage l’objet entre les deux, seule véritable solution morale, car elle préserve la légitimité des uns et des autres.

Cette légitimité est celle de l’ancien et du nouvel occupant, pas celle du plus malheureux.Le premier occupant a été privé de sa terre par la force,cette privation n’a aucune base légale ni morale. Le nouvel occupant est à son tour dépossédé en partie, par la force, de quelque chose qu’il avait acquis par la force-d’un tiers.

L’ONU, dont on ne peut évidemment pas dire qu’il soit un parangon de morale et de justice, a, à cette époque, réellement tenté de trouver une solution équitable à un problème sans précédent.

On peut laisser là cette fable et ne pas forcer les analogies. Ce qui se dégage de cela, c’est l’impasse intellectuelle dans laquelle s’engagent ceux-essentiellement la gauche israelienne et internationale- qui ne peuvent penser un problème politique en d’autres termes que en oppositions binaires :victimes/bourreaux, dominants/dominés, bien/mal.

Ces grilles de lecture passent à côté des véritables enjeux: enjeux identitaires, ou deux peuples affirment leur identité et réclament un état pour soutenir cette identité et ne pas se fondre dans leur environnement, ce qui est en soi aussi moral que de refuser de mourir ( en tant que l’on est soi et pas un autre), enjeux stratégiques régionaux et mondiaux, ou derrière les discours sur la morale se profilent les rapports de force entre le monde islamique et l’Occident, entre les régimes dictatoriaux régionaux et leurs peuples.

La vision "moralisante " de la gauche, en reprenant le discours victimaire du monde arabe à son compte, concède le terrrain aux adversaires d’israel avant même que la discussion commence et introduit la division dans son propre camp. Cette tendance naturelle du discours de gauche se renforce de ce que une partie de ses défenseurs conteste une autre volonté du sionisme: celle de transformer "l’homme juif", forgé par les siècles d’existence de paria,. Cette tendance considère que l’être juif, modelé par la Thora, est par essence moral, et même plus moral que les "non juifs",sentiment de supériorité non justifié, et que par conséquent, il est plus important pour les juifs que pour les autres peuples d’avoir une attitude morale. La politique de rapport de force, d’ailleurs imposée par l’environnement d’Israël, leur est insupportable, et ils tentent de garder une "pureté éthique" contre tout réalisme, quitte à donner des gages à leurs ennemis, pensant garder ainsi l’essence même de leur identité.

Le fond de la question est pourtant ailleurs, dans la difficulté de faire coexister deux discours nationalistes, c’est à dire deux discours identitaires, catégories encore à peu près impensées et impensables à gauche, et d’arriver à un compromis sur le partage de la terre, dont l’un et l’autre ont besoin pour asseoir les moyens de soutenir ces identités.

Ce réveil des nations, difficilement compris à gauche, doit être pensé, ainsi que le dit Alain Dieckhoff dans "La nation dans tous ses états" (Champs/Flammarion) ,"non comme l’irruption d’un tribalisme primitif, mais comme une manifestation centrale de la modernité". En effet, l’ère de l’individualisme, inaugurée par la Révolution Française en supprimant les corps intermédiaires entre l’individu et l’Etat produit une nostalgie des identités collectives, un sentiment de vide qui cherche à se combler dans les recherches communautaires, religieuses ou nationalistes.L’homme universel des Lumières est libre, mais à la recherche d’un ancrage et d’une "chair"(terme utilisé par Finkielkraut) que l’abstraction du statut de citoyen ne comble pas.


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