Archive pour août 2008

Afghanistan: le Parti Socialiste récidive dans le néo pacifisme

août 21, 2008

Comme on pouvait s’y attendre, le PS français a sauté sur l’émotion provoquée part les premières pertes importantes subies par les forces françaises déployées en Afghanistan pour redéployer sa rhétorique antiguerre, essayant de trouver encore un autre angle d’attaque contre Nicholas Sarkosy, en jouant sur les réflexes anti- guerre du « peuple de gauche », essayant de développer en France une réaction de rejet par rapport au gouvernement semblable à celle qui a frappé Tony Blair en Grande Bretagne pour son soutien à la guerre en Irak initiée par Georges Bush.
Pour cela le PS, pris de vertige devant le vide intellectuel qui le caractérise depuis des années et l’incapacité où il se trouve de rompre avec la logomachie « antilibérale » ,écartelé entre un électorat traditionnel dont il a besoin et qui reste attaché aux schémas populaires de l’état providence, et des classes moyennes qui ont pris acte, en partie, du côté dramatiquement inadapté aux défis des temps modernes de ces conceptions, cherche par des moyens de pure propagande, à instiller l’idée que le gouvernement est mu par un désir de se comporter en « valet » des USA.
Il espère ainsi disqualifier le gouvernement en faisant rejaillir sur lui l’impopularité de G.Bush, faire l’amalgame entre la guerre de Bush déclenchée en Irak sur de faux pretextes et sans l’accord de l’ONU et la guerre en Afghanistan qui vise à empêcher Al Khaïda de reconstituer ses sanctuaires pour développer ses attaques démentes contre l’Occident et tous les Juifs, les Chrétiens, ou même certains musulmans qui ne le sont pas comme elle le veut.
Le gouvernement savait parfaitement en envoyant des troupes supplémentaires que la situation militaire était en train de se dégrader, c’est justement pour cela qu’il l’a fait, et parce que les troupes canadiennes menacaient de s’en aller si elles n’étaient pas épaulées par des forces supplémentaires, que les Américains, déja à la limite de leurs possibilités avec l’Irak, ne pouvaient pas apporter.
« C’est une guerre sans but » ose dire Moscovici,qui cherche un moyen de se distinguer de la cohorte des candidats au poste de premier secrétaire du PS.
La bassesse des petites manoeuvres politiciennes du PS, la navigation à vue en fonction d’un hypothétique mieux dans un quelconque sondage,l’absence de toute considération à long terme des intérêts fondamentaux du pays, ne trompent pas grand monde en France. Une très large majorité de Français ne sont pas dupes des postures dans tous les sens et des petites formules dont se repaissent les dirigeants socialistes.
Au fond,l’idée de ceux-ci, c’est que l’armée est une force suspecte à priori d’être au service des puissants, susceptible d’être utilisée contre le peuple,et que c’est de toute façon un fardeau financier pour les épaules de celui ci, que l’on ferait peut être bien de convertir en postes supplémentaires dans les crèches ou en postes d’enseignants.

La cacophonie permanente qui caractérise depuis des années le discours du PS, sa lutte désespérée pour justifier son existence entre l’extrême gauche protestataire qui se moque de tout souci réaliste, et les libéraux qui sont naturellement plus à l’aise que lui pour faire du libéralisme, le conduisent au verbalisme vide qui devient sa marque de fabrique particulière, et le signe de l’irresponsabilité de plus en plus flagrante de sa politique.
Il avait déja été question dans ce blog de l’entreprise de déligitimation de l’intervention française en Afghanistan menée par Hollande qui parlait d’une armée « d’occupation »,terme qui évoque directement l’Irak, le colonialisme, et même l’occupation allemande.
Les stéréotypes de la pensée socialiste ont la vie dure.Le fait qu’ils se manifestent dans le champ de la lutte antiterroriste et dans celui de la Défense Nationale est inquiétant, car si les erreurs économiques mettent en jeu le bien être des gens, celles de la guerre et de la paix mettent en jeu la sécurité et l’existence des gens et celle des nations. On frémit de penser que de pareils irresponsables peuvent se voir confier les rênes d’un pays, dans un mouvement de rejet ou de déception de la population vis à vis de ses attentes insatisfaites

La manipulation de l’opinion devient ainsi l’arme essentielle de ceux qui n’ont rien à dire ni à proposer, et qui n’apprennent rien. La gauche, qui ne dispose que d’un seul schéma mental pour penser une situation ou il y a des armées occidentales et des armées du tiers monde, celui de l’oppression colonialiste,ne saisit aucun des enjeux stratégiques et idéologiques du monde moderne. Elle ne comprend ni les enjeux identitaires, ni les enjeux nationaux; elle fait preuve d’un aveuglement face aux discours qui flattent ce manichéisme .

Besancenot, avec l’aplomb sans faille qui le caractérise, a déja donné le ton de l’extrême gauche: »la guerre en Afghanistan est une aventure colonialiste menée pour le pétrole « (!!!)
Le PS est plus adroit et nuancé,mais la marge est étroite. Il ne parle que de rééxaminer la stratégie,de réviser le « tout militaire » de l’intervention,chose sur laquelle le gouvernement a depuis longtemps annoncé sa propre volonté de réorienter vers une afghanisation l’aide à la guerre antitalibane.
Mais Libération ,sous l’influence très prosocialiste de Joffrin, donne l’angle sous lequel la gauche aborde la question: »Faut-il partir? » titre-t-il en pleine première page, comme si la question se posait.
Ces gens pensent-ils qu’une guerre se mène avec moins de 10 morts?
Ignorent-ils que si eux ne veulent pas faire la guerre, d’autres ont décidé de la leur faire, que cette guerre, si ils ne vont pas en Afghanistan, viendra en France, que celle ci connaîtra des vagues d’attentats, comme il y en a eu déja, comme il y en a partout dans le monde;
Oublient ils que l’objectif des talibans,si ils parviennent à reprendre le pouvoir en Afghanistan, au delà du rétablissement d’un sanctuaire pour la base arrière d’Al Khaida, est de joindre leurs forces aux éléments troubles du Pakistan (services secrets,groupes ultra religieux, secteurs de l’armée,etc.) pour s’emparer des armes atomiques de ce pays, avec les riques de chantage mondial et surtout de disséminatin que cela comporte, comme cela a déja eu lieu avec le Dr Khan, qui a répandu dans le monde entier des secrets atomiques fondamentaux (Corée,Lybie, Syrie,etc;).
Pensent ils que il ne s’agit que d’une veangeance « privée » des USA après les attentats du 11 septembre?
Croient ils de haute politique de tirer son épingle militaire du jeu et de laisser les autres courir les risques pour soi, en les traitant de colonialistes par dessus le marché.

Si la population française est phobique de tout conflit armé, fait-il tenir un discours munichois qui flatte le désir de tranquillité à tout prix de certains?
La réalité est que les socialistes ont beau avoir plumé la volaille communiste sous l’égide du grand politique qu’était Mitterand, cette volaille leur a inoculé des cadres de pensée, des schémas mentaux dont leur propre médiocrité politique ne leur a pas permis de se séparer entièrement. Ils restent habités par des automatismes d’analyse issus de la formidable influence intellectuelle des communistes qui eux mêmes restent, audelà des adaptations de surface, tout entiers formatés de cette façon

Dans l’univers manichéen des socialistes, les Américains ne peuvent être que des voyous capitalistes, la solidarité entre nations partageant une même culture que une Sainte Alliance tournée contre les miséreux du tiers Monde,l’amitié avec nos alliés que une forme de larbinage juste bonne à déclencher des quolibets.De là à ce que ils nous annoncent une grande campagne  » pour faire rentrer au pays les soldats qui meurent inutilement si loin de leurs proches », il n’y a peut être pas si loin qu’on le pense.

Le »Nouveau Part Anticapitaliste » de Besancenot a déja décidé de mettre sur pied une « grande manifestation » contre la guerre et pour le retrait des troupes  françaises d’Afghanistan, avrc le PCF et les autres forces partisanes de ce retrait. Les socialistes sont divisés, entre ceux qui ne souhaitent qu’un rééxamen de la stratégie sans retrait, et ceux qui veulznt le retrait, l’aile gauche- ou gauchiste- de ce même parti. On voit bien là les clivages, proches de ceux concernanr les pro européens et les antieuropéens qui partagent fondamentalement ce parti,  entre tentations gauchistes ou tiersmondistes et groupes  plus réalistes, sociaux démocrates, déconnectés de l’idéologie gauchisante, mais sans boussole dans le monde libéral qui s’impose à eux.

A suivre, donc.

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L’AFFAIRE SINE:L’EXTREME GAUCHE VOLE AU SECOURS DE L’ANTISEMITISME

août 1, 2008

La polémique née du renvoi du dessinateur Siné par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour cause d’écrits antisémites est très révélatrice d’un certain état d’esprit qui règne dans les cercles politiques de l’extrême gauche, et qui fait que la limite entre « antisionisme » et antisémitisme est constammment frôlée, et , en fait, assez souvent franchie.

On pourrait penser que conformément à la formule célèbre selon laquelle « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles », plus le sentiment « anticapitaliste « est non articulé dans une vision politique cohérente, plus se manifestent les confusions de style juif=capitaliste=impérialiste etc…

Cette hypothèse se vérifie en effet parfoisdu côté des militants de base ,et les militants de la LCR ou du PCF et de certains cercles des Verts,ne se caractérisent pas par la nuance de leurs analyses, mais plutôt par le simplisme dénonciateur qui leur permet de cliver le monde en bons et mauvais, selon les intérêts variables de leur mouvement;

Siné lui même, en qui ils se reconnaissent et qu’ils défendent donc d’autant plus, représente une certaine forme d’anarchisme populaire et gras, qui a ses têtes de turc (les militaires, les curés, et, on le découvre, aussi les juifs)) sur lesquels il se défoule comme à la foire du Trône. A la différence de la finesse politique d’un Plantu, ou même de la férocité destructrice d’un Willem,les dessins de Siné expriment plutôt l’obsession tournéer contre certains groupes sociaux qu’il ne se lasse pas de caricaturer.En fait, il n’y a jamais chez lui d’analyse politique dans ses dessins, seulement l’expression d’une abhoration pour certains groupes,par laquelle il communie avec ceux qui partagent ces options,constituant ainsi un espace de consensus par lequel se reconnaissent reliés les tenants d’une certaine gauche traditionnelle anarchisante (haine de la religion, de l’armée, de l’ordre, etc.)

Mais ce qui est grave dans cette affaire, c’est que des intellectuels -tous les habitués de la cause palestinienne, mais aussi des dirigeants politiques importants des mouvements d’extrême gauche, se sont portés au secours de Siné, réclamant pour lui le droit à l’insolence et à la liberté de parole, comme si il s’agissait d’une atteinte à la liberté de parole et de critique, comme si on avait censuré un journal satirique.

Or, quand on examine les propos tenus par Siné, les choses sont absolument sans ambiguité:il s’agit de façon claire de calomnies antisémites:accuser Jean Sarkosy de se convertir au judaîsme pour « sa fiancée juive » et « pour faire son chemin dans la vie » est immédiatement reconnaissable à l’odeur nauséabonde de la presse antisémite telle qu’elle existait au temps de « Gringoire » ou de « Je suis partout », l’époque de la violence verbale inouïe qui se donnait libre cours dans l’entre deux guerres dans les colonnes de l’extrême droite;

Les intellectuels qui s’en sont alarmés et qui apportent leur soutien à Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, qui a licencié Siné le rappellent dans leur appel du Monde du 1er aout: Siné est un récidiviste de ce genre de propos, il a déja fait des déclarations sidérantes à ce propos:En 1982, après l’attentat de la rue de Rosiers,il déclarait à la radio Carbone 14: »Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs…Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est propalestinien. Qu’ils meurent! ».

On voit le côté célinesque, ranci dans sa haine au fond de son pavillon de banlieue,de cet homme qui ne parle plus que pour provoquer des connivences racistes. Peut être finira-t-il, comme Dieudonné, par demander à Le Pen d’être le parrain de l’un de ses enfants. (ce que celui ci s’est empressé d’accepter);

A Bensaîd , Krivine et Besancenot, qui ont reçu le renfort de Michel Onfray, et, il faut l’ admettre ,de plusieurs confrères dessinateurs de talent, s’opposent les intellectuels qui dénoncent la victimisation de l’antisémite Siné:voici les noms de ceux qui refusent l’ambiguité et la dérive intellectuelle des soutiens à un Dieudonné de l »écrit.

Alexandre Adler (historien)

Elizabeth Badinter (philosophe)

Pascal Bruckner (écrivain et philosophe)

Hélène Cixous (écrivain et philosophe)

Bertrand Delanoê (maire de Paris)

Jean Claude Gayssot (vice président de la région Languedoc-Roussillon)

Blandine Kriegel (philosophe)

Claude Lanzmann (cinéaste)

Daniel Leconte (cinéaste)

Bernard-Henri Levy (philosophe)

Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny)

Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire National Supérieur d’art dramatique)

Ariane Mnouchkine (metteur en scène)

Elizabeth Roudinesco (historienne)

Joann Sfar (dessinateur)

Dominique Sopo (président de SOS Racisme)

Fred Vargas (écrivain)

Dominique Voynet (sénatrice)

Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix)

Ils sont , pour les intellectuels comme pour les politiques (certains d’extrême gauche), l’honneur de leur corporation et la conviction maintenue que les politiques et les intellectuels ne disent pas tous n’importequoi, en tant que « spécialistes » de leurs domaines respectifs.

Lien intéressant à consulter:sur le blog « Autour de la liberté », l’article « Siné, l’antisémitisme n’est pas du cinéma », qui démonte très bien le mécanisme de l’insinuation dans l’article de Siné

http://autourdelaliberte.blogspot.com/2008/08/sin-lantismitisme-nest-pas-du-cinma.html