Archive pour décembre 2008

L’INTERVIEW DE EHUD BARAK PAR CLAUDE LANZMANN DANS LES TEMPS MODERNES

décembre 21, 2008

Le dernier numéro des « Temps Modernes » est centré sur « la sexagénaire jeunesse d’Israël ». Il s’ouvre sur une interview de Ehud Barak,ministre de la Défense d’Israël , par Claude Lanzmann. Plusieurs idées intéressantes sont développées dans cette interview.

Après la critique de l’impréparation et du manque de clarté des objectifs de la guerre contre le Hezbollah en 2006 (Barak compare cette action à un orchestre philarmonique à qui on demanderait le matin de jouer le soir la 8ème Symphonie de Mahler), il critique le fait que Israël n’ait pas poussé jusqu’au bout la logique d’autonomie de Gaza, ce qui fait que aux yeux de la communauté internationale, il est toujours considéré comme responsable des conditions de vie dans cette entité. Alors que, si un état indépendant bombardait Israël comme le font les terroristes du Hamas, la riposte globale aurait paru absolument justifiée, comme ce serait le cas si la Syrie le faisait par exemple.

L’affirmation peut tout à fait être discutée, car les Islamistes , dans leur guerre mondiale contre le sionisme, sont tout à fait prêts à sacrifier la population d’une ville pour rendre la vie impossible à l’Etat Hébreu, et ils sont passés maîtres dans la prise en otage des populations civiles  derrière lesquelles ils s’abritent pour leurs actions meurtrières,suivies de discours victimaires au moment des ripostes.

Abordant ensuite le point des négociations avec les Palestiniens, il souligne la difficulté de négocier avec des interlocuteurs qui ne contrôlent pas la moitié de leur population.

Il dit que les Israéliens font l’expérience de la désillusion vis à vis de deux grands rêves, l’un à droite, celui du « Grand Israël », correspondant à la vision messianique ,  l’autre à gauche, le grand rêve utopique d’un ange qui descendrait du ciel pour enlacer un nouveau Moyen-Orient, le rêve que l’empressement des Israéliens à accorder un crédit excessif à leurs voisins puisse changer l’attitude de ces voisins à l’égard de leur présence ici.

Barak dit que les Israéliens comprennent de mieux en mieux aujourd’hui combien cette région est dure, et , avec l’expérience du désenchantement relatif à ces deux utopies, que ils doivent trouver un moyen de vivre avec cette réalité que les gens autour d’eux ne les aiment pas, que un grand nombre de ces voisins souhaitent que ils disparaissent ou qu’ils retournent aux lieux d’où ils sont venus.

La conclusion de Barak est que un accord de paix n’aboutira que lorsque ces voisins auront définitivement admis que que Israël ne peut être vaincu militairement, que le terrorisme ne l’aura pas à l’usure, et que il ne se laissera pas entraîner dans des guet-apens diplomatiques proposant des compromis à sens unique( formule visant évidemment l’angélisme de la gauche, qui tenait les autres mouvements politiques israéliens  pour responsable des échecs du processus de paix, et non pas la partie palestinienne).

Barak reprend le parallèle établi par les Arabes avec la situation des Croisades et développe l’idée que l’échec des Croisades a été causé par l’intégration et l’influence par le milieu (intermariages, corruption, moeurs locales) qui a fait avaler par ce milieu les Croisés, dilués dans leur environnement et devenus si faibles que la bataille de Hattin, gagnée pat Saladin, n’était que le coup de grâce porté à une entité déja corrompue et pourrie jusqu’à l’os.

La thèse qu’il développe, c’est que au contraire, Israël a le potentiel pour  être à l’avant-garde des autres dans cette région, et défier les attentes et les rêves de nombre de ses habitants.
Le terme de « peuple élu » se trouve remplacé dans son esprit par celui de peuple qui décide de mettre en place une « société d’excellence ».C’est ce qu’il propose comme but et ambition à la société israélienne:être à l’avant garde de la société mondiale dans tous les domaines, de l’éducation à la science, être un modèle de vie culturelle et de qualité de vie, un modèle de vie tout court;

On perçoit dans cette vision idéale de la société israélienne la nostalgie de l’époque héroïque des kibboutz qui posaient les modèles d’une utopie sociale concrète, en écho aux utopies de l’époque, en même temps que l’orgueil d’avoir fondé, avec la religion juive, les fondements de la civilisation « judéochrétienne » qui  est le substrat du monde occidental actuel.

L’article  se conclut sur le parallèle établi avec d’autres petites nations, Singapour, la Finlande, l’Irlande qui ont par des actes de volonté, réussi à surmonter le handicap de leur taille ou de leurs conflits internes, question vitale pour l’Israël de notre époque ou des époques antérieures.

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LE TEXTE DE LA LICRA CONTRE L’OFFENSIVE DES PAYS MUSULMANS ET DES DICTATURES CONTRE LES DROITS DE L’HOMME

décembre 14, 2008

Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux.

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’ONU et la destruction de ces principes par la même ONU? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001, la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même ouy Gandhi avait commencé à exerccer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés les « Mort à l’Amérique! » et « mort à Israël! », et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et les violences contre les femmes.

Alarmée par les graves disfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’Homme (CDH) censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer: c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban2 qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s »y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s »y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs.Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

Une triple alliance composée de la Conférence des Organisations islamiques (OCI) représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, ou Cuba,le Vénézuela et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine avec la complaisance cynique de la Russie_ oeuvre ainsi à la mise en place d’une véritable révolution prétendument « multiculturelle ». Ainsi le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines du racisme, Doudou Diène, d »clare d’ores et déja qu »énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une tradition esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port  de signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé « islamophobie occidentale ».

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’Islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-paroles de cette nouvelle alloance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l’homme, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux « droits de l’homme et à la diversité culturelle ». Portant le voile, comme la loi de la République islamique l’exige, la Haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé des principes à venir, ainsi résumés: »offense aux principes religieux considérée comme raciste ».

Bien pire,dès le elndemain,vingt et un iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël,pays membre de l’ONU,créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en temps que juriste, elle s’estimait tenue, et par souci de « ne pas offenser se shôtes ». Charbonnier est maître chez soi. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des Nations en 1933, pour se soustrairre à toute critique d’une institution internationale impuissante, mais dont les principes n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l’ONU aujourd’hui.

Les grands crimes politiques ont toujours  eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l’ennemi du peuple, au nom de la race,au nom de l’émancipation des masses laborieuses ou au nom d’un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d' »avenir radieux » ont ouvert grand la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’ Histoire fut commis.

Face à  cette stratégie, les Démocraties, d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d’une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple thibétin face aux enjeux des exportations vers la Chine. Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée  néerlandaise après l’assassinat de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d’avoir blasphémé l’islam dans son film « Soumission »? Les exemples s’additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l’intégrisme islamique impose sa loi par la terreur. Combien d’Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche Orient, en Turquie, au Pakistan ont déja payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l’obscurantisme religieux?

Si par malheur l’ONU devait consacrer l’imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé au racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s’inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

L’assemblée générale de décembre 2007 a déja entériné des textes condamnant des formes d’expression considérées comme diffamatoires de l’islam. L’enjeu est clair, il est mondial, c’est de la défense des libertés de l’individu qu’il est question.

Soit les démocraties se ressaisissent, à l’exemple du Canada, qui vient d’annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant « qu’elle risquait d’être marquée par des expressions d’intolérance et d’antisémitisme », et cessent de s’abstenir ou de voter des résolutions contraires à l’idéal universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations Unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire: « Nous ne savions pas ».

Premiers signataires:

Elizabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean Claude Buhrer, Chala Chafik, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Dvajan, Jacques Dugowson, Frédéric Ensel, Alain Finkielkraut, Elizabeth de Fontenay,Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefèvbre, Corinne Lepage, Malka Markovich, Albert Memmi, Jea-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui;

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à: licra@licra.org

Liste complète des signataires à:www.licra.org

LE LIKOUD EST DESORMAIS UN PARTI EXTREMISTE

décembre 10, 2008

(d’après l’article de Gilles Paris dans Le Monde.fr du 09/12/08)

C’est ce qu’ à déclaré le premier ministre  Ehoud Olmert après les primaires du Likoud qui viennent de se dérouler en Israël.

Tous les observateurs font en effet le même constat, celui de la droitisation de ce parti, dont le signe le plus éclatant est la nomination sur sa liste électorale de Moshé Feiglin, animateur du courant Manhigoute Yehoudite (direction juive) , accompagné de deux proches en position éligible comme lui.

Ce courant est un des plus extrémiste en Israël, mais Feiglin, à la différence des autres groupuscules d’extrême droite, a choisi une politique d’entrisme dans le Likoud, ou il a obtenu progressivement des scores de plus en plus importants  dans les élections internes. On se trouve dans une situation qui serait celle, en France, ou le Front National aurait décidé d’investir progressivement l’UMP, pour avoir un levier d’action politique plus efficace que le statut de parti contestataire.

Feiglin a ainsi célébré  comme « un acte de résistance » l’assassinat de 23 musulmans en prière dans une mosquée au caveau des  Patriarches en 2004 par l’extrêmiste juif Baruch Goldstein, et réclamé après le lynchage par les Palestiniens de deux soldats israéliens à Ramallah que Israël chasse les habitants de cette ville pour les remplacer par des Juifs, avant la suite qui serait non seulement le transfert des Palestiniens des Territoires, mais aussi celui de toutes les populations arabes présentes dans le « grand Israël ».

Cette radicalisation du Likoud l’empêche, comme le souligne Gilles Paris dans son article, de se présenter comme un parti pragmatique peu différent sur le fond de Kadima, et obère sa capacité d’attraction aux prochaines législatives.

Comme le dit Haim Oron, chef du Meretz, « le Likoud a ôté son masque et montre son vrai visage.La combinaison Feiglin-rebelles du Likoud a contribué à former un part d’extrême droite. Le peuple devra  désormais choisir entre la liste du Likoud et une alternative en quête de paix, capable de dialoguer avec les Etats Unis et le reste du monde ».

Même si on  ne partage pas d’une façon générale les vues du Meretz, on ne peut qu’être frappé par la justesse de cette formulation: si le peuple israélien choisit l’extrêmisme du Likoud, il n’y aura plus de dialogue possible avec les Etats Unis, fermement engagés dans la voie d’une paix reposant sur la coexistence de deux états sur cette terre, comme la quasi-totalité de la communauté internationale. Israël sera alors coupé de ses soutien vitaux, stratégiques, économiques et militaires, ce qui est sans le moindre doute une politique suicidaire.

Là ou l’extrême droite accuse la gauche et Kadima de mener une politique suicidaire en donnant un état aux ennemis d’Israël, c’est elle même qui creusera la tombe du pays en le désarmant,égarée dans ses délires religieux et sa mythologie mégalomaniaque, incapable d’apprécier les vrais rapports de force, emportée  par sa vision illusoire d’une capacité militaire à maîtriser tous les problèmes politiques de la région.

Kadima, seul  parti de taille à s’opposer au Likoud avec un parti travailliste  en pleine déroute, crédité de seulement 8 % des voix,arrivera -t-il à remonter son retard dans les sondages sur le Likoud avec la prise de conscience de cette évolution inquiétante de son adversaire?

Nous le saurons bientôt.

Défaite des extrémistes à Hébron

décembre 6, 2008

La « maison de la discorde »  à Hebron, immeuble occupé par les colons extrémistes qui refusaient de se soumettre à la loi,c’est à dire à la décision de de la Cour de Justice Suprême, qui avait ordonné l’évacuation de cet endroit en attendant qu’un jugement définitif sur le droit de propriété des uns ou des autres soit prononcé, a été évacuée par les forces de police israéliennes après des échauffourées brèves, mais violentes, qui n’ont fait que quelques blessés légers.

Cette bataille,politique, religieuse et symbolique a dévoilé beaucoup d’éléments de la situation politique israélienne actuelle.

D’abord, elle a montré que malgré la mobilisation très importante des extrémistes, ceux-ci  n’avaient pas, pour le moment du moins, la possibilité de s’opposer aux évacuations quand le gouvernement se donnait les moyens de les  mettre en acte. Bien que ils aient fait signer des pétitions par un grand nombre de personnes, la majorité de la population et les principaux  partis politiques ont condamné le refus de se soumettre aux décisions de la justice, comprenant parfaitement que ce sont les fondements mêmes de l’Etat israélien qui sont en danger si l’état de droit n’est plus respecté, si la plus haute instance juridique du pays est bafouée, si le fait accompli et l’injustice s’imposent par la volonté d’une toute petite minorité. Il y a une conscience qui se développe, face à l’escalade de violence et de haine de ces extrémistes, de ce  que ces ultras sont un vrai danger pour la sécurité de tous autant que pour la démocratie.

Parallèlement, l’Etat qui n’avait pratiquement démantelé aucune implantation depuis  celles de Gaza, autant par crainte d’affronter l’opinion publique en apparaissant comme divisant les juifs et les dressant les uns contre les autres, que par  ambigüité politique, a été poussé à réagir par l’escalade des colons qui l’ont mis en situation de ne pas pouvoir continuer à céder sans se déconsidérer complètement, intérieurement et extérieurement. Le résultat est un coup d’arrêt à l’audace et l’impunité croissantes des ultras et un désaveu de ceux-ci par la majorité de la population.

Un autre point qui s’est révélé dans ce conflit, c’est le potentiel de haine,et – c’est un comble- de racisme qui est recelé par la vie en circuit fermé des ultras religieux, vivant dans un univers parallèle à la société israélienne, avec leurs écoles,leurs chefs religieux, leurs quartiers, leurs communautés. Ce sont des incubateurs de fanatisme qui se sont développés et dont on voit apparaître les rejetons. Les adolescents violents et fanatiques, qui ne reconnaissent aucune autorité autre que leurs rabbin, eux mêmes fanatiques, ne se rendent pas compte que ils sont les images en miroir des adolescents arabes aux visages masqués par les keffieh qui attaquent les juifs partout ou ils le peuvent. Les graffiti racistes, les agressions contre les voisins palestiniens,produisent le même dégoût que les déchaînements  antijuifs qui éclatent sporadiquement dans les villes arabes.

Ce qui apparaît clairement à cette occasion, c’est que  ce n’est pas un conflit de religion, ni de civilisation, qui est en jeu, mais un conflit entre société fermée et société ouverte, société libre et société d’oppression et d’obscurantisme.

Ce qui est réconfortant, c’est que la population israélienne semble raison garder, face à l’hystérie de certains groupes. Ce qui est inquiétant, c’est que la dérive de ces groupes violents peut s’accentuer, et aboutir, dans un climat de surexcitation, au passage à la violence armée, c’est à dire une forme de guerre civile. La société israélienne, dans sa bigarrure, contient à la fois l’attachement à la tolérance et à la diversité qui est la base de son existence, et les germes de l’intolérance par l’intégrisme religieux qui est aussi une des racines de cette nation.

Ce sera la responsabilité de tous les partis politiques de ne pas se laisser tenter par l’utilisation de ces forces malsaines et dangereuses pour l’unité et l’existence même du pays.