ISRAEL PEUT IL GAGNER MILITAIREMENT ET POLITIQUEMENT LA GUERRE DE GAZA ?

Au 17ème jour de la riposte israélienne au refus du Hamas de prolonger la trève et à la reprise par lui des bombardements du Sud d’Israël, le gouvernement israélien est partagé entre la poursuite de l’offensive et la tentative de trouver une solution négociée qui aboutisse à un arrêt garanti des bombardements et à une cessation du réapprovisionnement militaire du Hamas par les tunnels.

Une victoire militaire est elle possible dans les combats urbains contre une milice armée?

Il existe au moins trois exemples qui l’ont prouvé: le premier est celui de la bataille de Beyrouth, en 1982, au cours de laquelle l’armée israélienne après avoir encerclé la ville,et alors que on lui prédisait les pertes les plus lourdes,  a investi la ville et en a chassé les troupes du Fatah, qui n’ont du leur salut qu’à la protection de leur retraite par une force internationale qui voulait préserver  Arafat pour conserver une option  d’existence d’un état palestinien. La victoire militaire a été complète

La suite politique a été moins brillante, car le rapport de force intérieur libanais s’est progressivement détérioré avec la division en clans rivaux de la minorité chrétienne alliée d’Israël, et le recul de son poids politique en même temps que l’entrée d’une partie d’entre eux dans le groupe commensal de la Syrie. La montée en puissance du Hezbollah a suivi le développement de l’islamisme militant, et le retrait du Liban d’Israël a donné un énorme coup d’accélérateur au prestige de cette organisation qui a étendu, sur le mode des réseaux islamistes, une structure parallèle à l’Etat. Enfin, leur résistance à l’attaque israélienne mal conçue de 2006 a achevé de leur conquérir les esprits des chiites.

Le deuxième exemple  de bataille gagnée par Israël dans un environnement urbain défavorable est celui de la bataille de Jennine, en Cisjordanie. Dans cette bataille menée par l’armée israélienne contre les terroristes qui multipliaient les attentats suicides contre la population israélienne (1000 morts en 4 ans), les terroristes multipliaient les prédictions depertes insupportables pour les Israéliens assuraient que ce serait le « Stalingrad » de Tsahal (ils n’ont jamais eu peur de l’abus de mots) . Quand l’ armée israélienne est entrée dans le camp, ils ont ameuté le monde entier en parlant d’un carnage, d’un « holocauste » de la population civile. Les faits ont montré que il y avait eu une cinquantaine de morts civils, alors que plusieurs centaines de miliciens avaient été tués  et que cette défaite avait scellé l’échec de la 2ème Intifada, intifada militaireà la différence de la guerre des pierres et qui avait surtout consisté enmeurtres de la population civile israélienne.

Le 3ème exemple est celui de Sadr-City ,l’immense quartier chiite de Bagdad,peuplé de deux millions et demi de deshérités et où avaient eu lieu des centaines d’attaques, des milliers de morts durant le contrôle de ce quartier par « l’armée du Mahdi ».et les multiples bandes qui semaient la terreur.

La bataille livrée par l’armée américaine épaulée par les troupes de la nouvelle armée irakienne a écrasé , avec le soutien de l’aviation en particulier,la milice chiite qui a disparu des rues. Le quartier est contrôlé, pacifié. Il n’y a pas eu une seule bombe, un seul meurtre de masse depuis 6 mois dans le quartier. « Nous avons du tuer beaucoup de miliciens pour reprendre ce lieu » déclare un commandant des forces irakiennes qui  dirige une partie des forces qui quadrillent le quartier.L’officier dit, dans le reportage du journaliste du Monde,que il a saisi des milliers de mines et d’engins explosifs disséminés dans les rues et des tonnes d’armements divers », ce qui montre que ce genre de « pièges » n’est pas incontournables.

A Falloudja, aussi, les troupes britanniques ont du se faire aider de la logistique américaine pour évincer de la ville les milices chiites ou tout simplement criminelles qui se croyaient toutes puissantes, mais elles ont réussi à redonner le pouvoir aux autorités légales.

Il existe donc pour une armée moderne, puissament équipée, le moyen de livrer bataille et de la gagner sans subir des pertes insupportables dans un environnement urbain contre une guérilla mobile et plus ou moins fondue dans la population.

Actuellement, les Israéliens ont réussi à occupper des positions de plus en plus avancées dans le dispositif du Hamas, au prix de pertes extrêmement légères (une dizaine de tués contre  550 chez le Hamas d’après eux). Ils sont donc devant le choix d’augmenter encore la violence du combat pour écraser encore plus le Hamas, d’autant que leur armée est mal adaptée à une guerre statique, ou d’accepter une trève qui figerait la situation actuelle.Ils ont un problème de temps, car l’entrée en fonction de Obama risque de changer la donne, car ils n’ont pas les moyens de s’opposer à une injonction américaine, ou du moins pas longtemps. La limite est donc celle du 20 janvier, et le Hamas, pour le moment, rêve de tenir jusque là.

Israël peut-il sortir vainqueur politiquement du conflit?

Le premier objectif d’Israël, dans cette guerre, est de montrer à sa propre population (un dixième de la popuation israélienne serait  sous le feu potentiel des roquettes du Hamas, en tenant compte de celles à plus grande portée) qu’il peut les protéger, ce qui est l’aspiration première de tout individu et ce qu’il attend de tout état.

Il est clair que c’est le premier objectif de cette guerre, et que aucun gouvernement de l’arrêtera s’il n’a pas la garantie que ces tirs cesseront.

Or,le Hamas va se trouver dans une situation politiquement difficile: ou il refuse de négocier un accord qui reposera obligatoirement sur les deux piliers que sont arrêt des tirs et suppression des tunnels qui le réalimentent en fusées et en armes ( il existe des solutions technologiques pour détecter ces tunnels, et une force d’interposition pourrait la mettre en oeuvre), et il apparaîtra comme le responsable de la continuation des combats qui iront vers son écrasement graduel.

Ou il accepte un tel accord, qui sera certainement accompagné d’une levée du blocus israélien sur Gaza, et il ne pourra pas se targuer d’avoir réussi face aux israéliens. Son pouvoir de nuisance , sur lequel repose une grande partie de son prestige, sera extrêmement réduit. Il restera les ruines causées par la guerre qu’il a déclencée en ne renouvelant pas la trève avec Israêl.

Il faut garder à l’esprit que la plupart des pays arabes ( pas la Syrie et certainement pas l’Iran) ne souhaitent pas une victoire politique du Hamas, même si il ne peuvent pas le dire, face à leurs opinions publiques chauffées à blanc par  Al Jazira.

D’autre part, la sensibilisation des opinions occidentales aux malheurs des habitants de Gaza est variable selon les pays. En France , malgré les manifestations bruyantes dans les rues, l’opinion reste partagée à peu près également entre ceux qui attribuent la responsabilité du conflit à l’un ou l’autre des protagonistes ( dernier sondage  du Parisien du 12/01/09: responsables :18% Israël,23% ,le Hamas, 28%, autant l’un que l’autre, 31%, ne savent pas)

Du côté israélien , le soutien de la population est toujours aussi massif:plus de 90% de la population.

Dans leur immense majorité ils sont d’accord avec l’adage qui dit: « il vaut mieux recevoir des insultes que des condoléances », et le fait que ils ne soient pas aimés des arabes , un peu plus ou un peu moins n’est pas leur souci essentiel .

Le fait que le Hamas  apparaisse comme le seul opposant déterminé à Israël  n’est pas  nouveau, et les populations mesurent aussi ce qu’il en coûte de suivre des surenchères bellicistes. Les renseignements israéliens affirment (mais peut on les croire), que la population locale, qui se sent en partie otage du Hamas,reproche à celui-ci  les destructions et les pertes humaines causées par la guerre.

La  violence terroriste de la 2ème intifada , même si ils l’ont soutenue,a bien été perçue par les Palestiniens comme inefficace à  faire plier l’Etat Hébreu, et finalement une erreur politique.

Si Israël arrive à obtenir son but essentiel, la mise  hors d’état de nuire du Hamas, ce qui n’est pas identique à sa destruction complète, objectif à peu près inatteignable,quoique dira celui-ci, qui criera forcément victoire, comme les soldats du Fatah faisant le V de la victoire,en partant moisir dans les camps du Yemen après leur défaite à Beyrouth  , il aura remporté une victoire politique, restauré le pouvoir de dissuasion deTsahal, et créé des conditions favorables pour la partie serrée de négociations qui va s’engager avec la rentrée en lice des USA, avec Barack Obama.

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