Gaza: vers un cessez le feu unilatéral d’Israël

Au 22 ème jour de la bataille de Gaza, les évènements semblent prendre une nouvelle tournure avec ce qui perce d’un projet israélien de cessez le feu unilatéral: les combats semblent baisser d’intensité, les chars israéliens se seraient replacés en position d’attente à la périphérie de la ville. Quel est le sens d’une telle décision , si elle se confirme?

Après la surprise produite par les informations convergentes vers cette position du gouvernement israélien, parvenue alors que , militairement, la situation paraît  de plus en plus maîtrisée par l’armée israélienne, ce qui se dessine c’est une stratégie politique fine, qui vise à empêcher le Hamas de renverser sa défaite militaire en succès politique, comme cela s’est souvent passé dans les guerres « asymétriques » ou une victoire militaire pouvait  aboutir paradoxalement à un succès politique des vaincus (victoire politique de l’Egypte , battue militairement, en 1956 dans le conflit de Suez, victoire politique du FLN en Algérie alors que ses troupes étaient réduites et traquées par le plan Challe,etc.).

Cela a été visiblement l’objectif du Hamas dans cette guerre, et que l’Etat Israélien prenne en compte cette dimension, et cherche à priver le Hamas de cette possibilité de crier victoire est fondamental, et marque la capacité israélienne à intégrer la dimension politique dans le combat contre le mouvement terroriste.

Le Hamas , qui présentait des exigences fantaisistes: levée du blocus israélien, retrait des troupes, contre une simple trève de 6mois ou un an,  se retrouve au point de départ, les Israéliens ayant clairement, encore une fois posé le cadre  du cessez le feu: pas de retrait de Gaza pour le moment, pas de levée du blocus, pas de réouverture des points de passage, ou de certains seulement ( ils exigeaient que Rafah soit remis entre les mains du Fatah. Une simple suspension des combats.

Parallèlement, Israël a négocié avec les Etats Unis un accord de contrôle des réapprovisionnements du Hamas ( technologie américaine pour la détection des tunnels, partage des informations satellitaires sur les infiltrations par mer des bateaux qui larguent des containers) qui montre que la confiance entre les alliés et leur accord sur le fond demeure.

Ainsi, le Hamas est privé du gain politique qu’il gagnerait d’un allègement du blocus accompagné d’une trève qui lui donnerait du temps pour respirer.Ses tentatives de contourner les conditions israéliennes pour l’arrêt de la guerre par un « donnant donnant » dont il tirerait reconnaissance implicite échouent . Israël reste maître du jeu politique et laisse les fanfaronnades du Hamas se perdre dans le vide. Comme l’a déclaré Tzipi Livni à Washington, « la fin de la guerre ne dépend pas d’un accord avec le Hamas, mais plutôt d’un arrangement contre le Hamas ». Ceux qui ont espéré arriver à un compromis qui serait une demi-victoire pour le Hamas et donc une demi-défaite pour Israël en sont pour leurs frais.Le Hamas a beau se contorsionner pour essayer de transformer une défaite militaire en succès politique,les Israéliens ne lâchent pas leur prise, continuent à refuser le dialogue avec l’organisation terroriste qui a juré leur perte,et trouvent des solutions qui leurs permettent de conserver la proximité avec leurs alliés, américains et européens, sans se soucier des cris de rage des pays arabes qui soutiennent,ouvertement ou à bas bruit, le mouvement islamo-terroriste.Le Hamas reste isolé, à part le soutien de l’Iran et de la Syrie, états eux-mêmes terroristes, qui n’arrivent pas à entraîner avec eux les autres états arabes, qui savent à quoi s’en tenir sur ce mouvement  plus ou moins téléguidé par les deux états bandits évoqués.

Les gesticulations du Hamas restent donc sans effet:Les choses vont se décider  en dehors de lui et contre lui :les vrais interlocuteurs seront les Etats Unis, l’Europe, l’Egypte et peut -être la Turquie. Les efforts de ses parrains ne lui épargneront pas la satisfaction des conditions posées par Israêl, dont la population reste soudée dans le sentiment de la légitimité de cette bataille et de ces exigences. On est cette fois très loin du doute qui avait saisi cette population dans la période faste des mouvements pacifistes, dans la campagne pour le retrait du Liban, et dans l’impression d’échec qui avait suivi la guerre de 2006. Cette fois, contre les efforts vains des pacifistes pour détacher la population de l’action de son armée et de son gouvernement, c’est au contraire un sentiment renouvelé de confiance, d’unité et de lien organique avec l’armée qui s’est recréé, et qui a complètement marginalisé ceux qui attaquaient cette articulation vitale pour le pays.

Provisoirement, en attendant l’effet diviseur des législatives, et les conclusions sur le processus de paix que tireront les Israéliens, ainsi que la nouvelle donne de Obama, Israël a retrouvé une unité qui n’était plus visible dans l’éparpillement  de son système politique

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