Le Hamas fait partie de la galaxie monstrueuse née de l’hybridation du politique et du fondamentalisme islamiste

Au moment ou l’on apprend par des militants du Fatah que plusieurs dizaines d’entre eux ont été emprisonnés et torturés par le Hamas dans des écoles transformées en centres de torture pendant l’offensive israélienne à Gaza, et que au moins trois d’entre eux se sont fait arracher les yeux, parce que ils étaient accusés d’avoir livré aux israéliens le dirigeant du Hamas tué par un bombardement, la nécessité de réfléchir sur la nature de ce mouvement s’impose. L’apparition d’une nouvelle espèce de mouvements politiques au croisement de la religion, de la dictature politique et de l’emprise idéologique complète sur leurs membres, dont la visibilité est apparue nettement aux yeux du monde avec les attentats de septembre 2001 à New York, même si les prémisses existaient déja depuis bien plus longtemps, trouble depuis longtemps les analystes politiques du monde entier.

La première manifestation éclatante de l’existence de ces nouveaux venus sur la scène politique mondiale a été la prise de pouvoir par l’ayatollah Khomeiny, quand il a renversé le pouvoir du Shah et instauré un système de pouvoir qui mixait à tous les niveaux appareil politique et appareil religieux, chacun se servant de l’autre pour se renforcer et écarter tout opposant éventuel au nouveau système qui se mettait en place.

De ce point de vue,beaucoup de points communs existent avec les deux grands systèmes totalitaires du 20ème siècle, le nazisme et le communisme: en effet, dans ces deux cas existait une sorte de double pouvoir ou d’un côté existaient des organismes officiels de l’Etat (assemblées, élections,législation) et de l’autre, une hiérarchie parallèle, celle du Parti, qui détenait le pouvoir effectif, doublait à tous les niveaux les organes légaux (commissaires politiques dans l’Armée Rouge,SS dans l’armée allemande, services secrets au service du Parti, etc.) et mettait les moyens formidables de l’Etat au service d’un groupe politique,  éradicant toute opposition par la terreur de masse(camps de concentration, goulags, exécutions ).

Dans ces deux systèmes, l’idéologie de ces mouvements proposait non seulement une orientation politique (fondée sur la racisme pour l’un, la lutte de classe pour l’autre), mais un système de valeurs total, dictant un mode d’être, un modèle de type humain auquel chacun était invité à se conformer, sous peine  de danger grave. Les dirigeants de ces mouvements à la fois partageaient cette idéologie, et en même temps pouvaient s’en  dégager avec le plus grand cynisme pour protéger leur pouvoir, et l’utilisaient comme instrument pour justifier celui-ci et comme outil de conquête des masses.

Les dirigeants islamistes , qui dans un premier temps, ne se préoccupaient que de religion, ont compris à un moment (celui de l’échec de l’idéologie socialiste dans le monde musulman) l’immense pouvoir potentiel qu’ils possédaient avec la religion pour atteindre et captiver les masses musulmanes,et capter leur désarroi identitaire face au monde occidental. Les masses peu cultivées, l’absence de perspectives politiques avec la fin du socialisme et du nationalisme arabe, la quasi absence d’intellectuels hors de la sphère  religieuse leur ont ouvert un champ immense, déja préparé par la traditionnelle intrication du politique dans le religieux dans l’Islam.

A partir de ce moment ,l’idée de faire des mouvements religieux la base poitique de groupes visant la prise du pouvoir, par une stratégie soit de réseaux sociaux parallèles à l’Etat défaillant, soit de lutte armée appuyée sur des revendications nationalistes, s’est mise en place.

Deux courants se sont alors développés: le courant djihadiste, avec Al Khaida, qui déclare une guerre ouverte à tout le monde non musulman, rêve de façon délirante d’une domination mondiale exercée par l’Islam, et attire les despérados de l’Islam à qui est proposé une mort au combat ou dans l’éclair d’un attentat,thérapeutique radicale de la désinsertion et du désarroi identitaire qui frappe les musulmans déboussolés et isolés dans le monde moderne. Ce courant a réussi à établir des bases de repli dans les pays dont l’identité  est incertaine et se structure autour de la religion musulmane plus que  sur une histoire nationale ( Pakistan, Somalie,Afghanistan); Le courant chiite, rejoint par les frères musulmans et une série de mouvements d’opposition dans les pays dirigés par des régimes modérés , lui, vise la conquête du pouvoir dans les pays arabes,en alternant le travail de tissage de réseaux sociaux suppléant l’incapacité des états ,et les mouvements armés qui tentent par la force de conquérir le pouvoir (Hezbollah, Hamas, ex GIA) à la pointe du fusil et de la prise de contrôle des populations par la terreur et l’intimidation.

Ces mouvements sont caractérisés par une intense mise en condition des populations (propagande incessante par les médias arabes, pressions exercées pour obtenir l’ adhésion, puis la soumission aux règles religieuses présentées comme étant l’essence de l’identité communautaire, le grignotage de positions clefs dans l’Etat, les institutions enseignantes, les centres de pouvoir et d’influence locaux, qui placent leurs adversaires en position de plus en plus isolée et défensive.

L’ensemble aboutit à un système qui mélange la violence , le refus de l’autre, une propagande grossière, mais efficace, un contrôle de plus en plus grand de l’information, dans la phase de développement des mouvements, et quand le pouvoir est conquis, une répression féroce de toute déviance ( cf l’Iran avec ses tortures , ses exécutions et ses mutilations .

La caractéristique de ces mouvements, moins suicidaires que les partisans d’Al Khaida,est la manipulation perverse de toutes les frustrations du monde musulman  à qui la religion est opposée comme résolvant tous les problèmes, rétablissant l’unité du monde musulman, sa puissance,son prestige, pour le modeste prix de lui confier le destin politique des pays ou elle triompherait.La rhétorique religieuse se mêle à la rhétorique politique et donne le spectacle effarant de religieux prêchant l’assassinat,la destruction et la haine, imaginant des complots politiques perfides, et rêvant de leur puissance politique future. Le mensonge, le meurtre,le double langage sont les outils de prédilection de militants à qui tout peut être autorisé, puisque c’est pour Dieu qu’ils se  battent.

Le Hamas, qui appuie tantôt sur le côté religieux, tantôt sur le côté politique, suivant les besoins du moment  et suivant l’interlocuteur, . manie tous ces outils avec une perversité qui vaut bien celle du Hezbollah² Cela fait bien longtemps que la vérité n’estpas en odeur de sainteté dans les pays arabes, mais le double langage est parfois porté à la hauteur des beaux arts.Qu’importe quand, suivant le principe de la propagande de Goebbels, ce qui compte, ce n’est pas la vérité d’une proposition, mais sa répétition.Le Hamas pourra dire que il n’a perdu que 48 hommes dans cette guerre.Les Palestiniens ne demandent qu’à croire ce genre de discours, que leurs dirigeant leur assène depuis des dizaines d’années.

Peut être les dirigeants européens sont ils prêts à parler avec le Hamas. Ils ont bien parlé avec Hitler en 1938, à Munich. Cela avait été un franc succès dans l’opinion française de l’époque .

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