Suspense en Israël à la veille des élections du 10 février

A l’avant veille des élections, le suspense est très grand  quant à l’issue de cette confrontation. La presse est unanime à diagnostiquer une droitisation de la population, et les sondages sont  aussi homogènes à constater que Netanyahou est en tête actuellement, et que le parti d’extrême droite de Avigdor Lieberman va effectuer une percée qui va le faire passer largement devant le parti travailliste.

Cependant, les jeux ne sont pas faits pour plusieurs raisons. D’abord, Tzipi Livni a réduit l’écart qui la sépare de Netanyahou, qui n’est plus, d’après le dernier sondage (6 février) que  de 27 sièges au Likoud contre 25 sièges pour Kadima. De plus, une part importante de l’électorat semble ne pas avoir fait son choix et se déterminera au dernier moment, et les électeurs de Kadima paraissent plus que ceux du Likoud sûrs de leurs choix. Enfin Netanyahou est inquiet de la progression de Israël Beiteinou, le parti de Lieberman, qui se développe au détriment de son propre électorat.

D’autre part , l’insuffisance de la base électorale de chacun des principaux partis les contraint à des alliances électorales pour avoir la majorité. Or, si le bloc des droites,qui trouve sa base dans le refus d’une reconnaissance d’un état palestinien qui disposerait d’une partie de Jerusalem comme capitale, est nettement plus nombreux que celui de l’alliance du centre et des gauches, il y a des contradictions internes dans ce bloc qui peuvent lui poser de sérieux problèmes.

Lieberman pourrait ne pas trouver de poste satisfaisant dans un cabinet dirigé par Netanyahou, et il est très opposé aux  pouvoirs exhorbitants accordés aux religieux, comme une part importante de son électorat russophone.

Netanyahou, qui représente une droite qui craint d’être l’otage des extrêmistes, a annoncé sa volonté de former un cabinet d’union nationale ou Barak aurait vraisemblablement le minstère de la défense.

Livni annonce aussi sa volonté de faire un gouvernement d’union nationale, dont elle dit que il pourrait être plus ouvert (à droite) que ne le serait à gauche celui de Netanyahou.

Il existe donc une marge d’incertitude, qui va dépendre en partie des votes « tactiques » des électeurs qui voudront contraindre les « grands »  partis à certaines alliances.

Deux  conséquences fondamentales vont découler de ces choix.La principale sera liée au processus de négociation avec les palestiniens: si la droite passe, le processus sera gelé- quelque soient les  astuces verbales qui seront utilisées pour le masquer, ce qui aura pour conséquence immédiate la disqualification des tentatives palestiniennes pour faire exister un état palestinien côte à côte avec l’ état Israélien, avec pour effet instantané l’effondrement du Fatah, la prise de contrôle de la population palestinienne par le Hamas islamiste, terroriste, et agent direct de l’Iran, l’annulation de la reconnaissance d’Israël par les palestiniens et leur revendication d’un état unique en Palestine. En même temps cela isolera Israël de ses alliés américains et européens , et le rendra encore plus fragile face aux nouveaux soutiens des musulmans que seront les Chinois et les Russes, par intérêt géostratégique.

La seconde conséquence risque d’être, si la droite contraint Kadima à se retrouver dans l’opposition, l’éclatement de cette formation et le retour au bipartisme traditionnel en Israël, avec le manichéisme qui s’ensuit, et le risque de rupture de l’unité du pays.

L’incertitude qui règne encore sur les conclusions de la guerre de Gaza, et en particulier le fait que les bombardements continuent, même si c’est de façon extrêmement réduite, a entamé le crédit des membres du gouvernement. Le sentiment le plus répandu dans la population israélienne, en dehors du soutien presque unanime à cette guerre, est que il y avait une possibilité d’aller beaucoup plus loin dans l’écrasement du Hamas, et que le gouvernement s’est arrêté juste avant de franchir ce pas, par manque de détermination.

C’est  ce sentiment qui fait le lit de l’extrême droite et de sa progression, les considérations de sécurité passant avant toutes les autres dans l’esprit des Israéliens. L’augmentation de la pression iranienne, avec le lancement réussi de leur satellite, et la décision russe de mettre en route le réacteur qu’ils  fournissent à l’Iran avant la fin de l’année, accroît encore l’impact du facteur sécuritaire dans les choix de la population israélienne. L’annonce par Netanyahou « qu’il ne laissera pas l’Iran acquérir la capacité nucléaire « peut être aussi inquiétante que rassurante pour ceux qui voient l’avenir s’assombrir dans la région.

Israël arrive à la croisée des chemins, et les Israéliens, habitués à ausculter tous les signes de danger  dans leur environnement, feront certainement peser ce facteur dans leur décision d’après-demain.

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One Comment sur “Suspense en Israël à la veille des élections du 10 février”

  1. Israel Infos Says:

    Shass a l’air de faire son trou


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