Terreur politique en Iran: est ce le début de la fin?

La férocité de la répression, destinée à terroriser les opposants, qui se développe en Iran, par le biais des meurtres de manifestants, des emprisonnements, tortures et disparitions, indique àla fois le durcissement du régime  et l’incapacité ou il se trouve de maintenir les leurres démocratiques qu’il a essayé de développer pour ne pas affronter directement le peuple iranien.

Mais pour ,la première fois, l’écart entre la visée théocratique du régime,qui vise le contrôle total du politique par le religieux, et l’attente démocratique de la population, qui accepte le statut privilégié de la religion, mais pas son pouvoir exclusif de tout pouvoir populaire s’est manifesté de façon incontestable au cours de l’élection présidentielle.

Pour la première fois depuis la révolution iranienne, les religieux, qui pratiquaient l’ambiguité et le maquillage  de leurs objectifs, ont montré, alors que l’adhésion à la République islamique n’était pas en jeu, que la République était une fiction, et que ils étaient prêts à la jeter par dessus bord pour plonger dans une théocratie à l’état pur, c’est à dire un système ou le fondement de tout le pouvoir  était le clergé, et ou le peuple n’était souverain en rien.

Les menaces tout à fait explicites qu’ils ont adressées aux partis d’opposition (très limitée) ont montré que, au delà du trucage des élections, il n’était tout simplement pas question que la moindre opposition existe, dans le champ  politique, aux représentants  directs de l’autorité religieuse. C’est la loi du silence qui s’impose, par la force brutale de la police politique et de ses auxiliaires miliciens – qui faisaient régner l’ordre dans la rue par le meurtre et l’intimidation, de la même façon que les milices fascistes (SA,Chemises Noires) le faisaient à l’époque de la montée en puissance des fascismes européens. Cette étape évoque en effet l’époque ou les fascismes européens, ayant conquis l’ appareil d’état par les urnes et la défaillance des systèmes démocratiques,décidèrent de passer à la phase suivante de la conquête du pouvoir, celle de l’éradication de toute opposition de façon à écarter la possibilité même d’une alternative à leur régime. Cela s’était fait avec les mêmes modalités: la complicité de l’appareil policier et judiciaire progressivement noyauté par les membres des partis fascistes et leur action conjointe avec la violence extralégale des troupes de choc, appuyées sur la bienveillance policière,  et assurées de l’impunité dans leurs actions de terreur contre l’opposition.

Les parallèles sont nombreux entre l’arrogance folle des nazis et celle des dirigeants iraniens, qui insultent et provoquent le monde entier, et commencent à agiter la menace de reprendre leurs pratiques de chantage aux otages d’il y a 20 ans, en menaçant l’ambassade britannique et en essayant d’obtenir des gages politiques par l’intimidation.

Le fait qu’ils mènent cette politique d’intimidation avec seulement quelques diplomates potentiellement prenables en otages   fait froid dans le dos quand on pense à ce qu’ils pourraient exiger s’ils avaient la bombe.

Ce qui est essentiel dans le tournant qui vient de s’opérer, c’est que l’incertitude qui planait sur la volonté du régime, et à vrai dire, la dualité d’interprétation qui existait quand à  son fondement: politique essentiellement religieuse, ou politique essentiellement nationaliste, cette incertitude commence à se dissiper. Le but et le fondement  du système est avant tout religieux, c’est à dire idéologique.

Le système n’est pas la continuation sous la forme religieuse, de l’ambition de puissance de l’Iran. Son ambition est « au service de Dieu ». Il est prêt à utiliser la force des sentiments nationalistes, mais bien que limité à un pays  ( et à ses séides du Hezbollah et  du chiisme irakien), il est transnational.

En cela il se rapproche des talibans, et on peut dire que c’est une version chiite, bien sur, mais localisée, du fondamentalisme terroriste de Al Khaida, même si, pour des raisons religieuses et stratégiques, l’ antagonisme est très fort entre ces deux pôles de l’islamisme extrême.

C’est pourquoi l’air de « respectabilité » donné à ces extrêmistes par la gestion d’un grand état ne doit pas tromper. Il n’ y a pas une énorme différence entre laisser la bombe à l’Iran et la laisser à Al Khaida. L’Iran est plus facile à identifier comme éventuel origine d’une action nucléaire, mais il a par contre le bouclier humain de dizaines de millions d’innocents et les moyens   de nuisance internationale que n’ a pas Al Khaida, ne serait ce que à cause de sa puissance pétrolière et de ses moyens de provoquer une crise mondiale qui serait évidemment encore plus dommageable dans la période de crise générale ectuelle.

La question reste donc toujours ouverte: que faire si l’Iran ne dévie pas de sa route vers la bombe. Quels sont les moyens de le stopper?

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