la volonté de domination et la haine, piliers des rêves fous des islamistes

L’énigme posée à l’humanité par la vague de haine meurtrière qui a commencé à grandir dans le monde musulman parallèlement  au reflux des idéologies socialistes et tiers mondistes et à la croissance du fondamentalisme religieux ne peut pas être résolue  en l’ envisageant uniquement comme le produit direct de la religion islamique .

L’islamisme n’est pas la conséquence automatique du corpus  théorique de l’Islam , même s’il existe dans celui-ci des facteurs favorisant cette dérive . Il est plutôt la réponse trouvée par un petit groupe de penseurs politiques  doctrinaires qui , comprenant  que le socialisme n’apportait pas  de solution  au retard  croissant des sociétés musulmanes  et que  la démocratie nécessitait des siècles  avant de pouvoir   apporter ses fruits à la population, ont essayé de renverser la manière de poser les questions  en  substituant  une réponse identitaire à la question politique , économique et sociale posée par le retard des sociétés musulmanes.

Ce renversement complet de la façon d’envisager les problèmes était assez proche de la façon dont les nationalismes  ont pu être utilisés dans le passé pour  déplacer les problèmes politiques et sociaux vers des questions « affectives » de  fierté ou d’humiliations collectives , à cela près que ils ont parfaitement saisi que dans le monde arabo-musulman ,  la communauté religieuse était infiniment plus significative que l’appartenance à tel ou tel pays.

C’est un nouveau paradigme politique qui s’est ouvert à ce moment , de la même façon que dans l’entre deux guerres, la naissance des fascismes européens à complètement bouleversé le système classique des partis politiques , opérant un mixage  de différents éléments qui a complètement désemparé  les mouvements traditionnels , incapables de comprendre cette logique autre et donc de trouver la parade à son succès foudroyant auprès des masses.

Le fondamentalisme religieux qui s’est développé   massivement parallèlement, sans être lié directement à la volonté de prise de pouvoir politique était le produit des mêmes sentiments   d’échec culturel et d’infériorité civilisationnelle  que  ceux sur lesquels s’était bâtie la réaction politique islamiste.

La  défaite soviétique en Afghanistan ,la prise de pouvoir en Iran ,la démonstration de la fragilité des pouvoirs arabes  ( Liban , Algérie,) ont donné le sentiment  aux groupes islamistes que le pouvoir était à leur portée . Le fondamentalisme religieux et l’islamisme politique ont commencé à marcher la main dans la main , s’appuyant l’un et l’autre sur les blessures d’orgueil identitaire répandues dans le monde musulman  de plus en plus confronté  à son infériorité dans de nombreux domaines face à l’Occident .

La religion , facteur d’identité collective forte , comme elle avait pu l’être en Europe dans les siècles précédents , procurait un socle de certitudes partagées qui permettait de masquer les incapacités de ces sociétés  a s’adapter aux nécessités du monde moderne. Au contraire , c’est « le grand bond en arrière » , pour reprendre le mot de Martin Amis , qui était choisi , une forme de déni de la réalité  qui conduisait à s’enfermer dans un monde de plus en plus clos et contraint à de plus en plus de violence pour éviter la confrontation avec  cette réalité .

C’est ce qui apparaît dans les croyances quasi délirantes de  certains islamistes qui n’hésitent pas à annoncer la venue, non pas du Messie , mais d’un nouveau califat en Europe par exemple , dans des propos menaçants et d’une arrogance étrangère à tout sens des réalités.

Mais cette arrogance et cette injonction de se soumettre à eux, font écho au système politique des « dhimmis » , c’est à dire  au statut d’inférieurs réservé aux non musulmans dans les sociétés musulmanes , ou ils sont tolérés mais au prix de certaines mesures vexatoires délibérément établies pour montrer le statut supérieur de n’importe quel musulman sur les non-musulmans et la place de dominés de ceux-ci.

C’est cette division du monde  en dominants et dominés  qui structure toute la vie traditionnelle islamique : l’homme domine le femme , le père domine l’enfant, le dirigeant domine le simple citoyen , le musulman domine le non musulman. Quand il n’y a personne à dominer , on n’est plus rien.

Le modèle anthropologique , c’est le caïd , ou plutôt le despote asiatique.  C’est ce qui fait que le musulman qui a perdu son pouvoir sur  tout le monde devient le « perdant radical » qui peut penser à  un meurtre suicidaire . Il ne peut que rêver d’un retour du temps béni d’avant la rencontre avec le monde occidental moderne qui lui enjoint de cesser de dominer sa femme et ses enfants et de les traiter en égaux , qui lui interdit de se prétendre supérieur aux juifs et aux chrétiens et renverse même ce rapport de supériorité en rapport d’infériorité.

C’est la source de la haine que cultivent les militants islamiques pour les Juifs et les Chrétiens : non seulement ils sont des  tenants d’une foi qui conteste la leur, ce qui justifie leur élimination, mais profondément , ils sont les tenants d’un ordre social qui prive  les musulmans de tout pouvoir de domination ,ce qui équivaut pour ceux ci à subir eux mêmes une domination. Les islamistes ne se privent pas de rappeler  obsessionnellement l’âge d’or des conquêtes musulmanes , celui de la propagation par la force de cette religion. Cette nostalgie d’une restauration  de l’époque ou la domination par la force pure procurait les délices de la toute puissance nourrit les rêves  de compensation à la faiblesse réelle , et  ceux de violence sans limite exercée par le dominant sur le dominé.

Le Juif et le Chrétien ne sont pas seulement  ceux qui tiennent pour   barbare le système  de violence  et d’oppression qui structure la vie traditionnelle musulmane, et qui lui opposent l’égalité et la liberté , au moins théoriques, de leur culture. Ce sont aussi des envahisseurs, puisque le sol musulman est sacré et réservé aux seuls musulmans , et des tentateurs qui essayent par leur liberté sexuelle de pervertir les nobles principes religieux musulmans .

Martin Amis , dans son livre intitulé ; « Le second avion » , recueil de ses réactions après le 11 septembre , raconte de façon extrêmement drôle , la façon dont le fondateur de l’islamisme , Quotb ,  s’est senti agressé , selon son propre récit ,  par la présence d’une Américaine attirante  , et comment , à la façon d’un inhibé effarouché , il s’est sauvé et a conçu un système dénonçant la perversité des femmes occidentales.

Le système religieux de l’Islam, qui peut fournir , comme d’autres systèmes religieux ,un  échafaudage de pensée justifiant la supériorité  de ses partisans  sur le reste du monde  ( les peuples élus ) et donner une caution  au statut infériorisé de la femme ( les hommes ont presque tous les droits , les femmes presque aucun) . est le discours apte à mobiliser  tous les candidats à la domination , tous les privés de prestige et de pouvoir qui enragent à la recherche d’une idéologie leur promettant une revanche radicale , dans ce monde en attendant le suivant.

Car l’attirance des masses musulmanes pour ce discours leur promettant d’être enfin ce dont ils rêvent : de nouveau , les maîtres de l’humanité,  n’est pas seulement  l’effet de la résistance à l’effritement des structures sociales claniques et féodales . C’est aussi la réponse aux voeux profonds de toute puissance et de jouissance dans l’exercice de la domination dont ils voient  le spectacle  réverbéré en permanence dans le miroir de leur société.

Le discours religieux , comme celui de tous les fondamentalismes , devient la carapace secrétée pour faire barrage à la réalité , l’armure de mots et de rites  qui rend  invalides les faits au profit de l’interprétation toute puissante tirée des textes sacrés, et qui protège de la dépression totale ou du délire.

Et le pouvoir des ayatollahs , comme celui des terroristes , est un exemple  de pouvoir exercé sur les autres ( les candidats au suicide , qu’on envoie à la mort en dominant leur esprit , et les victimes impuissantes  qu’on tue ou mutile comme le feraient des archanges de la mort).

L’idéologie religieuse ,  marqueur identitaire et matérialisation de la tradition qui constitue l’ horizon des références à défaut d’un espace pour penser  les complexités de la modernité , est , au delà de l’armature mentale qu’elle donne à leur pensée  , pour les chefs religieux ou politiques , le support de leurs ambitions immédiates ,  le relais auprès des masses en demande  d’illusions cachant la faillite de leurs systèmes politiques et sociaux et la misère de leur destin. Ce sont ces masses qui sont l’arme de  la conquête du pouvoir (parfois au sens concret : des missiles humains) ,  et aussi les premiers sur qui il  s’exerce . Leur présenter comme atteignables leurs rêves conscients ou cachés est toujours un calcul gagnant , pour un temps.

Après , si le pouvoir est conquis , la situation change , et la terreur peut s’exercer sur ceux qui l’ont mise au pouvoir.  L’ utopie , toujours fondée sur l’espoir de la réalisation des rêves , conduit toujours , par oubli des réalités , à de  plus en plus de violence pour empêcher  le retour de ces réalités. L’utopie islamiste , elle , commence , se poursuit et finit par la violence et le meurtre.

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