Archives de novembre 2010

Le voile islamique, écarté des écoles, tente sa rentrée dans les crèches.

novembre 1, 2010

(D’après l’article  de Marie Christine Tabet du JDD  du 31/10 / 2010).

Le 8 novembre 2010 doit se rejuger devant les prud’hommes le licenciement d’une éducatrice de la crèche de Chanteloup  « Baby Loup » , qui après  deux congés parentaux successifs , a annoncé qu’elle viendrait désormais travailler voilée. Face au refus de l’établissement, préoccupé de préserver sa neutralité religieuse, elle a proposé une transaction : son départ contre   12000 euros (!!). Devant le rejet de sa demande, elle s’est tournée vers le conseil des prudhommes … qui lui a conseillé de s’adresser à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre Les Discriminations)

Celle ci lui a donné raison, considérant que le règlement d’une association ne peut être supérieur à la liberté religieuse.

Elizabeth Badinter, marraine de cette crèche, est entrée dans la bataille pour défendre la direction de la crèche, et surtout, donner  à ce conflit la dimension réelle qui est la sienne: celle d’une récidive de ceux qui ont tenté de faire admettre le voile à l’école pour les élèves, et qui, après l’échec qu’ils ont subi au bout d’une bataille de 15 ans (entre 1989 et 2004) , essayent une nouvelle manoeuvre  pour exploiter les failles du système légal français.

Elle a fait appel à Manuel Valls, qui après avoir visité la crèche , a posé la question de cette affaire à l’Assemblée Nationale.

Surtout, Elizabeth Badinter, tout en affirmant son respect pour la Halde, a expliqué dans une interview au JDD que « la Halde  se place dans une optique anglo-saxonne « différencialiste » « . Une nouvelle demande va être adressée à la Halde , espérant que sa nouvelle présidente aura des positions plus républicaines  que le président précédent.

Bien que l’on puisse déceler  une démarche plus intéressée que fondamentalement religieuse ou politique   dans la tentative de monnayage de son départ par l’éducatrice , cette situation est très éclairante de la façon dont l’islamisme peut tirer parti de tous les précédents qui ouvrent des brèches  dans la laïcité française , même si ceux qui ont ouvert les brèches ne l’ont pas fait pour la « cause » religieuse. Surtout ce qui est impressionnant , c’est de voir comment l’engrenage s’est mis en place: à partir de ce qui ressemble à une  tentative de manipulation de l’employeur par une employée pour obtenir une prime de départ.  Le conseil des prud’hommes n’a pas jugé cela comme un problème de licenciement , et s’est défaussé sur une autre instance , la Halde. Celle -çi  a traité la question sous l’angle idéologique de la liberté religieuse , sans se soucier du principe général de préservation des  fondements de la société française. Elle s’est posée non comme juge d’un équilibre politique menacé par des libertés données aux ennemis de la liberté, mais comme un avocat qui trouve toutes les ficelles qui permettent de faire gagner son client. Continuellement sollicitée pour des questions de discriminations (embauche , logements , entrée dans des boîtes de nuit), elle n’a pas vu que la « victime » était peut -être une  manipulatrice , et que sa décision était une décision politique et idéologique dont les implications dépassaient très largement le problème d’une personne.

La crèche de Chanteloup est une association au service du public et vivant sur des fonds publics . Les personnes qui y travaillent y sont perçues comme « faisant fonction de public » comme c’est le cas par exemple dans des dispensaires d’hygiène mentale ou des services sociaux  où des associations privées reçoivent délégation de gestion  par l’état ou la commune . Les personnes y travaillant sont des travailleurs du privé , rémunérés par des associations privées, et n’ont pas le statut de fonctionnaires. Pourtant , les considérer comme n’ayant pas une  » fonction publique » est un tour de passe passe , une tricherie formelle , un « jésuitisme » si l’on peut utiliser le terme en matière d’islamisme.

C’est la confusion introduite par le discours victimaire des islamistes , et relayée par l’ambigüité des prises de position de la hiérarchie catholique qui  pense pouvoir bénéficier des brèches dans la laïcité  ouvertes par les intégristes musulmans , qui permet aux islamistes d’avancer leurs pions  dans leur offensive générale  qui tend à les mettre en position de contrôler les actes et les pensées  d’abord de la population musulmane, et ensuite de toute la population. Comme au temps de la bataille du voile , la liberté de penser des musulmans doit être protégée contre ceux qui parlent soi disant en leur nom , et en vérité à leur place.

Derrière la revendication de liberté d’expression religieuse , c’est la guerre ouverte à toutes les valeurs de la société française : démocratie , égalité des sexes , tolérance envers les différences et liberté de pensée ,  qui avance masquée. Derrière  le langage de la liberté de religion , c’est la haine de tout ce qui n’est pas  religion , et la volonté de le détruire.