Archive pour janvier 2012

Obama, Sarkozy, Israël et l’effort pour stopper la course à la bombe iranienne

janvier 23, 2012

d’après l’article du Monde 20/1/2012 de Natalie Nougayréde.

Dans le post précédent ,l »L’Iran commence à avoir peur » qui évoquait le fait que , pour la première fois depuis le début de la crise  créée par l’ambition de l’Iran de se doter de la bombenatomique, l’Iran montrait qu’il craignait vraiment les mesures radicales envisagées par l’Occident , nous nous interrogions sur la raison qui pouvait bien avoir fait attendre si longtemps pour mettre en place des sanctions radicales, alors que il était évident que les mesures antérieures étaient dénuées de tout impact sur les Iraniens.

L’article de Natalie Nougayréde dans le Monde apporte des lumières très convaincantes sur ce qui s’est joué entre les Etats Unis et la France  pendant toute la fin de l’année 2011  autour de cette question.

Derrière la facadede bonne entente affichée par les deux pays , des tensions sont apparues nous dit N.N. les responsables français reprochant à l’administration Obama d’avoir été hésitante pour la mise en oeuvre de sanctions radicales contre l(Iran, alors que selon eux un compte à rebours est engagé.

« Obama s’est fait imposer par le Congrès américain les mesures qu’il a signées le 31 décembre »portant sur un étouffement progressif des transactions internationales avec la Banque centrale iranienne,relève-t-on à Paris. »Il l’a fait à son corps défendant » souligne un officiel,rappelant que le Sénat américain avait voté par « 100 voix contre zéro » pour imposer une politique plus stricte vis à vis de l’Iran, alors que la Maison Blanche voulait diluer ou retarder certaines mesures.

« Un diplomate français de haut rang », dit elle, souligne que il a été difficilepour monsieur Obama d’envisager des mesures contre le pétrole iranien car le président américain serait prisonnier de considérations électorales: une flambée des cours du brut rejaillirait négativement sur sa campagne de rééletion;

« Placé sous la pression du parti Républicain, dont tous les candidats ne cessent d’agiter le danger iranien,Barack Obama aurait par ailleurs du mal à reconnaître  ce qui est perçu à Paris comme « l’échec de sa politique de la main tendue » à Téhéran. »

« Encore aujourd’tui, certains officiels  français se méfient d’une propension de l’administration américaine à rechercher un compromis « bancal » avec Téhéran..C’est pourquoi Paris insiste au sein du groupe des grandes puissances traitant cette crise pour que l’exigence de la suspension de l’enrichissement d’uranium inscrite dans les résolutions de l’ONU depuis 2006 soit constamment rappelée. »

Alors que Washington hésitait à frapper le secteur des exportations iraniennes de pétrole, l’Elysée avait rendu publique le 21 Novembre 2011 une lettre de M. Sarkosy aux autres dirigeants occidentaux, appelant à des mesures plus décisives: interruption des achats de brut iranien et gel des avoirs de la Banque centrale. Ce sont ces mesures- en particulier l’embargo pétrolier- que la France estime avoir réussi à imposer au niveau de l’Union européenne, qui devrait annoncer des mesures en ce sens le 23 janvier.

« La France, par son activisme en faveur de sanctions d’un registre nouveau, veut s’inscrire dansun triangle diplomatique avec Israëlet Washington , dans l’espoir d’occupper un rôle central. Les responsables français ont ainsi relayé lemessage israelien au sein de l’Europe et auprès de l’équipeObama pour la mise en place d’un embargo pétrolier. Non sans d’ailleurs s’appuyer sur des contacts au sein du Congrès américain manifestement conçu à Paris comme un allié, ainsi qu’il l’est par le premier ministre israelien Benyamin Netanyahou. »

Mais la France n’endosse pas pour autant la ligne des faucons du Likoud, insiste -t-on à Paris, car elle continue de faire l’analyse que le scénario militaire contre l’Iran serait une « catastrophe » , comme l’avait dit M. Sarkosy dès aout 2007.

Des frappes aériennes auraient pour effet de « souder les Iraniens derrière  Khamenei,souder tous les chiites derrière l’Iran, et elles ne feraient que retarder le programme nucléaire iranien sans lui porter un coup d’arrêt définitif » dit un officiel catégorique. et « c’est précisément pour chercher une alternative à ce qui serait une grosse bêtise israélienne » que la France déploie tant d’efforts en faveur des sanctions.

« Celles ci visent à convaincre l’Iran qu’il vaut mieux arrêter avant qu’il ne soit trop tard son programme nucléaire plutôt que d’encourir des mesures susceptibles d e provoquer un effondrement économique du pays et donc de mettre en péril le r »gime.Il y a urgence à faire aboutir cette stratégie car l’année 2012 est  « cruciale ». »Nous sommes convaincus qu’il reste à peu près un an avant la bombe « iranienne, et que les Israeliens n’attendront pas un essai nucléaire iranien pour régler le problème » commente un responsable français. »

« Selon un diplomate français de haut rang,, si les Israéliens veulent « taper » avant qu’un stade irréversible soit atteint, le meilleur moment , c’est avant l’élection présidentielle américaine ». Car en pleine campagne électorale,Barack Obama » serait soumis à une pression politique irrésistible pour ne pas laisser Israël seul face à la tentation de frapper militairement ». « Si Israël frappe, souligne cette source, ce sera avantle 6 novembre. » En précisant : »Le moment de tous les dangers, c’est l’été 2012. »

Que peut on penser de cette situation et de ses implications?

La première chose , c’est  la surprise de découvrir l’attitude timorée de Barack Obama , dont on pensait qu’il avait plus d’audace et de clairvoyance , et que en particulier , il mesurait l’étendue du danger pour le monde  si l’Iran accédait à la bombe et pouvait à l’abri de celle ci poursuivre son programme nucléaire , menaçant de plus en plus de pays dans la région  , et pas seulement Israël. Le rique de prolifération  créé par le désir de ne pas laisser à l’Iran un avantage aussi énorme , ne peut que se concrétiser par l’entrée dans la course nucléaire des autres puissances régionales concurrentes: Arabie Séoudite, Egypte, Turquie , régimes éminemment instables , menacés de prise de contrôle par les islamistes , quand ce n’est pas déjà fait.

L’explication par les préoccupations électorales , face à un renchérissement du brut , à quelque chose de dérisoire et d’inquiétant. Que une crise vitale pour le monde soit suspendue à un enjeu si limité est effrayant.

Surtout , elle  montre que l’Etat Israélien ne peut pas confier son destin aveuglément à son ami et protecteur américain, qui a ses intérêts propres qui entrent parfois en contradiction avec ceux de son protégé.Les attaques contre Obama le présentant comme promusuman étaient viles et mensongères , mais ceux qui ont vu la possibilité d’un positionnement américain s’écartant de la défense vitale d’Israël n’ont pas eu complètement tort.

Israël , dépendanr économiquement et militairement de l’aide américaine est obligé de trouver une stratégie qui ne soit ni complètement subordonnée , ni complètement indépendante de celle des USA.

Un autre point intéressant est de voir la qualité de la détermination sarkozienne , l’obstination avec laquelle la diplomatie française trouve une voie propre dans l’imbroglio moyen oriental ,et la capacité à prendre des riques et à  assumer son rang, à côté du profil bas des autres pays européens , et cela , pour changer , sans posture déclamatoire et sans opposition systématique à la politique américaine.

Cependant des inconnues restent encore:

Les quelques mois qui séparent l’entrée en vigueur des sanctions de la date  d’obtention potentielle de la bombe par les Iraniens suffiront -ils à faire plier l’Iran , ou bien manquera-t-il quelques mois pour que le régime soit vraiment pris à la gorge et tiendra-t-il  désespérément jusqu’à l’obtention de la bombe?

L’Iran va-t-il tenter d’amener son féal libanais , le Hezbollah, à déclencher une offensive généralisée contre Israël, pour contraindre celui-ci à des représailles sanglantes au Liban, qui permettraient de créer un climat de haine d’Israêl qui lui permettrait de mobiliser la « rue arabe » et de pousser à un embrasement régional dans lequel ses intérêts seraient confondus avec ceux des palestiniens. Une vague de haine antioccidentale , attisée par les médias  excitateurs des chaînes islamistes ,dans le climat d’irrationnalité de ces pays pourrait menacer l’équilibre politique de ces régions. Cependant ,sur le plan purement israelien , il est évident, que ceuxci préfèrent subir une volée de missiles conventionnels plutôt que d’être sous la menace d’une seule bombe atomique qui pourrait anéantir la moitié de sa population.

Le régime iranien choisira-t-il la fuite en avant et l’escalade ou préfèrera-t-il limiter les dégâts , et jouer d’autres cartes que celle du nucléaire? Cèdera-t-il à ses  tendances au défi suicidaire ou essaiera-t-il de préserver quelques acquis. L’échec du bluff et de la provocation comme politique et comme base de sa propagande pourra-t-il être pris en considération par ses dirigeants? L’Histoire apparaît bien comme devant intégrer des éléments d’imprévisible , de calculs erronnés ou délirants, de mouvements irrationnels dont les conséquences sont imparables.

L’année 2012 sera celle de tous les dangers

GB

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L’Iran commence à avoir peur

janvier 4, 2012

Le déferlement des menaces iraniennes dans les dernières semaines montre de façon indiscutable que , pour la première fois depuis que les sanctions ont été mises en place pour le contraindre à cesser sa stratégie de construction  d’un appareil militaire nucléaire , l’Iran à peur que les nouvelles sanctions envisagées soient mises en application.

Autant les sanctions antérieures lui paraissaient dérisoires par rapport à l’importance pour lui de posséder l’arme nucléaire , instrument de sanctuarisation du régime , d’accès au rang de puissance incontournable et dominante dans la région et d’obtention de la parité stratégique avec Israël, autant les deux mesures envisagées pat les USA et la France: gel des avoirs de la Banque Centrale iranienne,et interdiction des achats du pétrole iranien menacent l’économie iranienne d’effondrement total et mettent le régime aux abois.

Pour la première fois, les pays occidentaux,entraînés par la France et les USA,trouvent le moyen -enfin!- de contourner l’obstacle jusque là infranchissables des veto russe et chinois qui protégeaient le régime iranien.. Il est évident qu’il s’agit des dernières possibilités d’action en dehors de l’action militaire directe avant la date fatidique , proche de quelques mois ,où les iraniens disposeront de leur propre bombe nucléaire et commenceront à utiliser à  fond le chantage nucléaire, y compris pour protéger leur propre système de production d’autres bombes, d’autres missiles avec des portées de plus en plus grandes ,menaçant directement de plus en plus de pays.

Ces deux menaces ,porteuses d’un potentiel dévastateur pour l’économie iranienne , expliquent la réaction de menace de blocage du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz. En même temps , les dirigeant iraniens savent très bien que porter atteinte à l’économie mondiale (renchérissement du cours du pétrole ,raréfaction des sources, troubles politiques liés a l’augmentation des difficultés économiques de nombreux états) serait d’abord une violation de tous les traités internationaux sur la liberté de circulation maritime, ce qui est un casus belli caractérisé, qui entraînerait automatiquement l’intervention au minimum des USA et éventuellement d’autres pays pour restaurer un droit de passage dont le non respect serait une atteinte de leurs intérêts vitaux.

Le chantage à la paralysie économique du monde occidental s’est renversé en un chantage ( pour la bonne cause de contraindre l’Iran à la négociation pour l’arrêt de  sa fabrication d’armes nucléaires)à la paralysie économique de l’Iran que manifestement les Iraniens n’avaient pas prévu , pensant être protégés par les veto russe et chinois.

Les Iraniens ne savent plus comment se sortir de cette impasse , et ils voient l’échec de leur chantage qui se retourne contre eux.

Ils voient également que les pays occidentaux ne sont pas  effrayés par leurs menaces, alors que ces menaces risquent même de se retourner contre eux. Bloquer le détroit d’Ormuz est aussi s’empêcher d’exporter leur propre pétrole , en particulier vers l’Inde et la Chine qui ne prendront pas vraiment bien cette atteinte à leurs propres intérêts vitaux. Mécontenter la Chine ,  seule alliée de poids de l’Iran avec la Russie revient à se tirer une balle dans le pied.

Les dirigeants iraniens , qui ont essayé d’acheter avec la rente pétrolière le soutien de quelques fractions de la population se trouveront vite confrontés à une crise sociale et politique d’envergure qui leur fait très peur.

C’est pourquoi les menaces quasi délirantes adressées à la Marine américaine , affirmant que l’Iran ne tolèrerait pas la rentrée du porte avions américain dans le golfe Persique , comme si ces eaux n’étaient pas internationales , mais la propriété privée de l’Iran , montrent que les Iraniens ne savent plus quoi faire pour freiner le processus qui s’engage.

Les menaces d’attaque contre un navire de la flotte américaine  sont insensées, car une telle attaque , équivalente à un Pearl Harbour Moyen Oriental , ne pourrait que déclencher l’entrée en guerre , en état de légitime défense , de l’Amérique , qui pour le moment souhaite encore éviter si possible cette extrêmité. Or , si un navire américain était attaqué par l’Iran , et éventuellement détruit avec des pertes lourdes , le gouvernement américain n’aurait pas  d’autre choix que de riposter avec les moyens gigantesques qui sont les siens.

Menacer les Etats Unis d’une sorte de nouveau 11 Septembre est stupide politiquement et suicidaire miltairement. Les bombinettes iraniennes ne sont rien par rapport à la puissance de feu américaine . D’ailleurs les Américains ont immédiatement répondu qu’il n’était pas question pour eux  de prendre en considération les menaces iraniennes et que leur flotte continuerait à se déplacer comme auparavant dans le Golfe Persique.

Si les Américains maintiennent leur position  de sanctions très dures vis à vis de l’Iran  (et on ne voit pas pourquoi ils ne le feraient pas), on va se diriger immanquablement vers une épreuve de force militaire. L’Iran ne pourra pas supporter le blocus américain et réagira dans le Golfe , ce qui entraînera immanquablement une riposte américaine.

La seule alternative est maintenant une reculade de l’Iran , qui essaiera de manoeuvrer pour gagner du temps, en faisant semblant d’accepter les exigences occidentales .Mais tout le monde sait maintenant que l’Iran est tout proche d’avoir une bombe , qu’il a menti pour gagner du temps depuis des années , et que il n’y a plus de temps à perdre en faux semblants. Les lignes rouges ont été tracées , et il n’y aura plus de tricheries moyen -orientales acceptées.

Le langage rempli de suffisance et d’arrogance des chefs militaires iraniens  s’adressant à la Marine américaine et disant qu » l’avertissement ne sera pas répété » est à la fois dérisoire  (le moustique qui menace l’éléphant) et inquiétant parce que il rend manifeste la perte du sens des réalités chez ces militaires ( les erreurs de jugement et d’appréciation commises par les militaires peuvent conduire  à des massacres et la plupart des guerres sont déclenchées par des militaires qui se sont trompés dans leurs évaluations de la situation).

Peut être les Iraniens comptent -ils sur l’aide du Mahdi caché pour gagner face aux Occidentaux , mais dans ce cas, ils ne devraient pas oublier que Dieu est plus fréquemment du côté des gros bataillons.