Archives de septembre 2015

La vague de bons sentiments soutenue par le PS abaisse les défenses nationales devant l’immigration massive comme devant la crise économique

septembre 21, 2015

La politique reculant devant l’émotion, le pathos se substituant à la réflexion, l’incohérence mêlant le rejet des migrants avec l’ouverture massive des frontières,l’appel à compenser les déficits de la natalité de  l’Allemagne jouant à contresens du chômage de masse en France,les prises de position du Pape appelant à l’amour et à la fraternité universels, tout cela crée une cacophonie qui ne profite en fin de compte que à deux ennemis de la  démocratie: l’extrême droite qui jubile en engrangeant les adhésions, car les électeurs sont de plus en plus sceptiques devant  le semi gauchisme du PS comme devant les promesses non tenues de la droite; les terroristes islamistes qui voient s’ouvrir devant eux un boulevard pour l’infiltration et la prise de contrôle de vastes masses non intégrées,prêtes à ouvrir des oreilles complaisantes aux discours apocalyptiques de Daech. Le PS n’est pas le seul en Europe à surfer sur la vague de sentimentalisme qui a remplacé la conscience politique par la bonne conscience:Angela Merkel elle même succombé aux sirènes du sentiment de culpabilité des riches devant les démunis. Le Parti  Travailliste anglais vient de nommer à sa tête un ultra gauchiste  partisan du retrait de la grande Bretagne de l’Otan , hostile aux frappes anglaises en Syrie souhaitées  par Cameron, un vieil ami de l’OLP et du Hezbollah,pacifiste à tout crin.Les deux forces du gauchisme et de l’ extrême droite progressent rapidement en Europe, se disputant les dépouilles des partis traditionnels qui n’ont pas trouvé de solution, face à la crise mondiale et à la mutation économique et sociale  de la mondialisation. La  rétraction numérique et idéologique de la classe ouvrière, passée de porteuse de « l’avenir glorieux de la révolution » à un groupe qui voit tomber l’une après l’autre ses citadelles industrielles et se sent menacé dans son statut social, et que le PS a décidé de laisser tomber pour se resserrer autour de son électorat fonctionnaire et bientôt, de sa clientèle immigrée des banlieues, comme l’a fait le PC. L’Europe est désarmée juridiquement devant  la concurrence économique des pays de l’Est comme  devant celle des prolétariats d’Asie et d’Afrique

Il y a une cohérence profonde derrière l’incohérence apparente de la politique de Hollande et sa politique zigzagante: dans l’incapacité de trancher entre son aile gauchiste qui pousse des cris d’orfraie à chaque mesure d’allure libérale, et qui rêve de chausser les bottes de Syriza pour faire une bonne politique  à la Tsipras: emprunter sans rembourser, dépenser sans compter et se constituer un électorat client intéressé à la poursuite de la gabegie dont il profite, et son aile sociale démocrate qui est tentée par le libéralisme, mais n’ose pas affronter les anathèmes de l’aile gauche qui la met face à son vide théorique;Qu’il choisisse une aile ou une autre,il risque de se retrouver avec un PS réduit de moitié,et donc condamné à l’échec électoral et à la perte de ses mandats électoraux, l’horreur!! c’est pourquoi il distribue les bonbons, tantôt à gauche, tantôt à droite

C’est pourquoi aussi  le soutien aux immigrés est un terrain rêvé pour montrer qu’il a toujours un coeur,et qui penche vers des mesures encore plus généreuses,là, il n’y a pas d’intérêt national qui tienne quand il s’agit de sauver l’honneur du socialisme. Seuls ont voix au chapitre l’anathème et la surenchère

Evidemment, il a été assez désorienté quand Merkel a proposé d’accueillir 250000 réfugiés en Allemagne, créant un mouvement de masse des migrants qui ont afflué par trains entiers pour profiter de l’aubaine .

les conséquences de cette décision irréfléchie n’ont pas tardé;Devant l’afflux énorme suscité par cet appelL’Allemagne a du fermer certaines de ses frontières, créant ainsi la première entorse aux accords de Schengen, alors qu’elle apparaissait jusque là comme le meilleure élève de la construction européenne . Les uns après les autres, les états d’Europe envisagent de fermer leurs frontières devant la vague énorme d’immigration qui se prépare et qui dépasse de très loin tout ce qui avait déjà suscité l’inquiétude auparavant. Les gouvernements apparaissent sidérés et dépassés devant un phénomène qui apparaissait seulement comme une menace à long terme et qui s’avère à effet immédiat.C’es toute la construction européenne qui est menacée de se détricoter extrêmement rapidement. La politique européenne qui était déjà prisonnière des divergences d’intérêts nées des orientations économiques fondamentales de chaque pays se doublent des équilibres politiques différents et de l’apparition de forces qui ne jouent pas le jeu du compromis comme les principaux partis d' »avant ».

Pour le vieux fond universaliste du PS ,  les frontières sont un concept dépassé et il faut aller vers un état mondial en  élargissantl’Union au maximum (il existait une tendance au PS qui rêvait d’intégrer la Russie à l’UE sans réfléchir à l’opposition de fond de la Russie aux valeurs occidentales et au poids qu’aurait représenté plus de 100 millions de russes dans l’Europe,ne parlons pas   de ll’importance des minorités musulmanes tentées par l’islamisme. Dans le même esprit, un forte minorité souhaitait l’intégration de la Turquie, 80 millions d’habitants,presque tous musulmans et de moins en moins laïques. Comme quoi toutes les folies ont été envisagées et l’impression domine  que si le PS avait été plus uni, ces folies auraient bien pu s’imposer, car au niveau européen, elle ne manquaient pas de partisans, aveuglés par leur idéologie ou calculant les bénéfices électoraux qu’ils auraient pu tirer de ces modifications

La volonté de gommer les particularismes, présentés comme des archaïsmes, montre l’attirance pour l’uniformité, qui ressemble, vue de l’extérieur,à l’égalité.Le débat est ancien, depuis la Révolution Française, entre Jacobins partisans de la lutte contre les pouvoirs et les identités régionales, et les Montagnards, défenseurs des identités locales et des contre pouvoirs face à l’Etat  tous puissant qui veut supprimer les pouvoirs intermédiaires entre un citoyen abstrait et lui-même.

Le PS garde des attirances pour ce genre de philosophie,si on peut parler de philosophie là ou il s’agit plutôt de réflexes.

Mais la confusion reste fréquente au PS, entre souci de l’identité nationale et nationalisme, mot chargé  pour les socialistes de connotations honteuses(agressivité et mépris envers les autres peuples, exclusion,militarisme). La notion d’identité nationale, si matière à discussion qu’elle soit, est vécue par les socialistes comme un terrain miné, sur lequel ils n’ont rien à dire et ou l’on veut les attirer pour montrer leur incapacité à penser cette question . Ce n’est pas faux, mais à qui la faute s’il y a un tel impensé chez eux?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le manque de vision à long terme est la principale faiblesse de l’Occident face à Daech.

septembre 16, 2015

A l’heure ou les troupes de Daech progressent sur le terrain sans que les frappes aériennes réussissent à les freiner, malgré les pertes qu’elles lui font subir, et ou les ralliements à Daech se multiplient, ainsi que les attentats meurtriers qui essaiment dans tous les pays, la prise de conscience du danger progresse chez les dirigeants occidentaux, mais jusqu’à quel point?

Les signes d’une réorientation des choix stratégiques deviennent de plus en plus nombreux: La décision de François Hollande d’autoriser des frappes en Syrie, alors que  jusque il y a un mois, il ne fallait pas faire le moindre geste qui apporte un peu d’air à Assad signe le fait que le gouvernement a compris qu’il devait sortir de sa position idéologique de ni/ni.L’effet pratique sera faible, mais le signal est donné: Daech menace les intérêts vitaux de notre pays  et de notre civilisation, avec la guerre de civilisation qu’il nous a déclaré. Daech est la pointe de ce conflit de civilisation et il y a derrière lui des centaines de millions de musulmans, qui n’approuvent pas forcément les horreurs qu’il commet, mais qui sont intérieurement persuadés que la civilisation occidentale est radicalement opposée à leurs valeurs: la démocratie, la liberté de pensée et l’égalité des sexes sont vécues comme antagonistes à leur religion et leurs coutumes et dans le conflit qui se précise, les attachements culturels joints à leurs frustrations et leurs sentiment de persécution en font un immense réservoir de forces dans l’affrontement qui durcit de jour en jour.

Si un homme comme Hollande, éloigné des conflits et cherchant plutôt la conciliation en arrive à prôner cette escalade , c’est vraiment qu’une marche a été franchie.Les Occidentaux comprennent de plus en plus que le danger est à notre porte.Si 400 km de Méditerranée, sont franchissables par des centaines de milliers de migrants Alors quelques centaines de terroristes décidés ne se laisseront pas arrêter par une grosse mare.

Hollande a compris que il y a des priorités, et que la première est de circonscrire et d’éteindre l’incendie qui gronde à nos portes, et aussi à l’intérieur de nos frontières.

Les Américains semblent eux aussi avoir compris que seul un front très large des ennemis de Daech peut stopper la montée de l’épidémie. Ils ont commencé très partiellement à revoir leur stratégie, auparavant fondée sur l’Armée Syrienne Libre qui est en train de disparaître petit à petit, d’une part en ranimant la puissance de l’Iran avec la signature du pacte nucléaire, et d’autre part en faisant baisser la tension avec la Russie autour de l’action déstabilisatrice menée par la Russie en Ukraine.En même temps, les Américains craignent une augmentation de l’influence russe au Proche Orient, ce qui fait évidemment partie des plans russes.

Ce qui caractérise malheureusement la situation, c’est l’impossibilité d’une stratégie gagnante sur tous les plans:Les meilleurs ennemis de Daech (Syrie,Iran, Russie, Egypte) sont eux mêmes des dictatures sinistres., mais se battre pour la démocratie à la place des peuples n’a produit que des catastrophes: Irak, Lybie, les tentatives de réformer le monde arabe par la force n’ont conduit que à la progression des islamistes et des ennemis de l’Occident Soutenir l’Iran conduit à un affaiblissement du lien avec l’Arabie Saoudite, compter sur la participation de la Russie à cette alliance anti Daech la réintroduit dans le jeu au Proche Orient dont elle était pratiquement exclue,soutenir les ennemis de Daech revient à soutenir l’action du Hezbollah  et des Gardiens de la Révolution qui constituent  la force de choc qui reste acquise à Assad. Chaque gain d’un allié dans la lutte contre Daech a son prix qu’il faut payer Ce prix est lourd, mais c’est celui d’une guerre mondiale ou l’acquisition d’alliés est l’étape préalable fondamentale  à l’affrontement direct avec l’ennemi.Les alliances qui se nouent, l’isolement politique et militaire de Daech conditionnent le succès possible de cette coalition.

L’idéal serait évidemment que les pays arabes menacés par Daech (Iran, Arabie Saoudite,Egypte, s’allient pour fournir, malgré leur rivalité pour dominer la région, les troupes pour une intervention au sol, soutenue par l’ONU. Ce n’est pas impossible, considérant le rôle générateur d’épouvante de Daech, mais les ambitions particulèires et les habitudes de manipulation de ces pays en font un panier de crabes ou toutes les traîtrises sont possibles.
En tout cas, l’intervention des frappes françaises ne pourra que montrer la nécessité de cette intervention au sol. Les Français y sont favorables en majorité,mais l’afflux des réfugiés fuyant les horreurs de ces pays n’y est pas pour rien. Et il s’agit bien d’envoyer les troupes arabes au combat

Une guerre des civilisations, que l’on le veuille ou non, a commencé. Les européens l’abordent dans le désordre, la division et la confusion. Une petite lueur d’espoir naît de ce que quelques dirigeants ont pris la mesure de l’enjeu .Mais l’ont ils vraiment compris?