Archive pour mars 2016

le génocide porté par le rêve djihadiste

mars 28, 2016

Le dernier massacre perpétré par les pro-talibans au Pakistan à Lahore  contre les chrétiens rassemblés dans un jardin d’enfants glace d’horreur ceux qui ont eu accès à l’information: plus de 70 morts, en majorité des femmes et des enfants , des centaines  de blessés. Des petits enfants tués volontairement, leur seul tort étant ( ou celui de leurs parents)d’être d’une autre religion que les musulmans majoritaires dans ce pays. Dans quel but, sinon de pousser les chrétiens à fuir ce pays, pour qu’il soit purifié de toute présence non musulmane qui « souille » la terre de l’islam. Ce rêve d’un entre -soi qui exclut toute différence,cette incapacité à supporter la différence de point de vue ou de croyance et qui conduit aux meurtres les plus abjects, c’est la caractéristique de l’islam du Pakistan

Ce pays qui a introduit une loi sur le blasphème qui permet de condamner à mort quiconque est accusé d’atteinte aux textes sacrés et a ainsi permis a des imam pervers de monter de toute pièces des dossiers d’accusation permettant de condamner des innocentes complètes et de terroriser une communauté entière est le pays de toutes les haines et de toutes les horreurs. C’est le pays ou 150 élèves d’une école pour enfants de militaires ont été froidement abattus un par un pour « punir » leurs parents de leurs activités . Le meurtre d’enfants est ainsi intronisé comme mode légitime d’éviction d’une communauté qui ne plaît pas à quelques individus ivres de haine.La peste de la haine meurtrière de l’autre se répand à grande vitesse dans l’environnement pourri de ce pays né déjà de l’impossibilité originelle de cohabiter avec l’autre, l’Hindouiste.

Il est vrais que les Hindous n’étaient pas en reste de fanatisme meurtrier à l’époque de la séparation d’avec l’Inde, époque ou Pakistanais et Hindous s’échangeaient des trains entiers remplis de cadavres.

Mais les Pakistanais ont fait fort quand même  en laissant un responsable de leur programme atomique proposer aux dictatures islamiques de la région de partager avec eux leurs secrets de fabrication de la bombe atomique, jusqu’à ce que cela ait été découvert.Comme les candidats à l’atome ne manquaient pas, l’information n’a pas été perdue pour tous le monde.( les Israéliens ont discrètement anéanti une usine nucléaire syrienne en construction il y a quelques années. Quand on voit l’utilisation par Assad des armes de destruction massive contre son propre peuple, on imagine difficilement quels scrupules auraient pu le freiner si les Israéliens n’avaient pas écrasé  dans l’oeuf ses rêves atomiques.

D’une façon générale, ceux qui rêvent de solutions radicales dans la région pour se débarrasser des peuples qui ne leur conviennent pas ne manquent pas: Les Turcs ont été les premiers à joindre les actes à la parole et ont exterminé tous les Arméniens qu’ils pouvaient, avec massacres d’enfants, viols des femmes et anéantissement par la marche forcée dans le désert. Ils n’ont jamais reconnu ce génocide reconnu par la planète entière et continuent à emprisonner ceux qui évoquent la réalité de cette époque. Et maintenant le grand Vizir de ce nouvel empire Ottoman rêve d’en faire autant avec les Kurdes, qu’il fait assassiner par son armée qu’il prétend employer contre l’EI, mais ce doit être des erreurs de visée.L’EI a lui tenté le génocide de la population Yazidie, qui n’y a échappé en partie que grâce à l’intervention aérienne des Occidentaux.

Assad a inauguré différentes techniques d’assassinat de masse: après la torture massive des opposants, l’emploi des gaz, puis des barils d’explosifs largués sur les civils dans les villes, puis le siège des villes privées de nourriture. Quelques millions de Syriens cherchent désespérément à trouver un lieu pour survivre.

Dans l' »Etat Islamique », les maisons des chrétiens sont marquées d’un signe distinctif, ce qui permet aux djihadistes de  satisfaire leurs désirs de rapines, de viols ou de meurtres quand l’envie les en prend. Les cinquante derniers juifs yéménites  viennent d’être exfiltrés par les israéliens, dernière chance avant l’égorgement.

Le programme djihadiste, élégant par sa simplicité ,propose le choix entre la conversion et la mort. De temps en temps, il exécute quelques dizaines de chrétiens pour rappeler aux autres que il ne plaisante pas.

Tous les musulmans ne rêvent pas de tuer tout le monde sauf eux, mais l’idée que tuer des non musulman n’est pas une si mauvaise idée fait son chemin dans les milieux adjacents au djihadisme, c’est à dire dans les milieux des délinquants, des imams recruteurs et des convertis. Ceux qui rêvent de pays purifiés de toute présence non musulmane et qui tuent sans le moindre remords les petits enfants par dizaines sont mûrs pour le prochain génocide: mais frapperont ils d’abord le voisin chrétien ou le voisin sunnite ou le voisin chiite?

Sunnites et chiites finiront ils par s’échanger des trains de cadavres?

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Un livre très éclairant de Jean Birnbaum sur le djihad et la gauche: « Un silence religieux »

mars 28, 2016

Le livre de jean Birnbaum analyse avec une très grande finesse et beaucoup de détails ce qui lui apparaît comme une constante de la pensée de gauche face au rôle de la religion aussi bien dans la politique française que dans la politique internationale: son incapacité à apprécier le poids propre du facteur religieux  dans la mobilisation des masses musulmanes, que ce soit dans les luttes d’indépendance comme la guerre d’Algérie, dans la révolution Iranienne de Khomeini , ou dans la vague d’engagements en faveur de l’Etat Islamique.

A chaque fois, la gauche se voile le face devant le fait  que l’idéologie marxiste ne reconnaît comme facteur décisif des mobilisations que le facteur des luttes sociales et sous estime constamment le pouvoir d’enthousiasme et d’entraînement de l’idéologie religieuse. Car contrairement à ce qu’est devenue la religion dans le mode occidental, la religion islamique imprègne complètement la vie des musulmans et est le repère fondamental de toute leur existence et de la plupart de leur gestes. Ainsi il détaille longuement comment les hommes de gauche qui se sont impliqués dans le combat pour  l’indépendance de l’Algérie ont refusé de critiquer les tendances proislamiques qui ont imprégné les Algériens qui ont mené cette lutte. Les Algériens eux mêmes, dont une partie  reprenaient à leur compte les illusions du discours athée dans les prises de position officielles ont fait des efforts pour masquer cette dimension qui s’est dévoilée après l’obtention de l’indépendance dans la campagne d’islamisation du pays, l’éradication de nombreuses écoles au profit des écoles islamiques, et l’élimination des organes de presse francophones. Ceux qui ont même choisi de rester en Algérie ont été peu à peu déçus ou écoeurés par le parti pris pro religieux des autorités et se sont  retrouvés pour nombre d’entre eux contraints à émigrer en France. Là encore, comme d’habitude une « omerta » a fonctionné, interdisant toute critique des figures idéalisées des  » combattants du peuple » sous peine d’être accusé de « faire le jeu de l’ennemi »

Birnbaum consacre un chapitre à la prise de position de Foucault, qui a été accusé de faire l’apologie de la révolution khomeiniste, ce qu’il conteste, mais il dit que Foucault a été fasciné par l’émergence de la révolte pure, et par l’immense énergie produite par l’élan religieux, avant que le politique reprenne les choses en main et que s’instaure la dictature de l’ossification en régime politique appuyé sur une hiérarchie politico- religieuse prête à tout pour consolider son pouvoir;

.Dans un autre chapitre ,il étudie les effets de la négation de l’importance  du religieux et du déni de l’essentialité des symboles religieux  dans les mouvements politiques: Ainsi le NPA a abouti à une crise gravissime et une forme d’éclatement à la suite de l’ambiguité de son positionnement sur la question du voile après la présentation d’une candidate voilée aux élections. De nombreux membres de ce mouvement, restés attachés à la défense des droits des femmes se sont révoltés contre la banalisation du fait par la direction et  l’abandon d’une position laïque ferme

En tout cas, il dégage l »importance du « theologico politique », et en particulier du fait que l’islam est la seule religion qui , « à l’échelle mondiale, s’impose de façon militante, se propose comme avenir  de ce monde ». Il est aussi « la seule puissance spirituelle dont l’universalisme surclasse l’internationalisme de la gauche sociale et défie l’hégémonie du capitalisme mondial. ». Il représente la force politico spirituelle dont les effets sont les plus intenses,celle dont la prétention globale rebat les cartes du monde.

Cette force autonome du religieux, « tout se passe comme si nous(étions plus capable de la reconnaître. Comme si nous avions oublié qu’elle a longtemps constitué une évidence souveraine »

Marcel Gauchet  écrit: « Ce déni, cet embarras, cette perplexité montrent en fait à quel point nous sommes sortis de la religion. Nous en sommes tellement loin que le pouvoir de mobilisation qu’elle conserve nous échappe. »

« Pendant des siècles, on ne pouvait penser aucun aspect de la vie, ni le temps ni l’espace, in les gestes quotidiens ni l’autorité légitime sans le rapporter immédiatement à Dieu. La religion enveloppait chaque existence et chaque conscience, elle structurait les sociétés, fondait la politique. Mais après une longue période de sécularisation, nous en avons perdu jusqu’au souvenir ».

« Or ce qui fait la puissance de l’expérience religieuse, c’est qu’elle donne un « sens » aux destins des croyants, une orientation commune. un certain degré Jour après jour, les prières er les rituels guident leurs corps, les récits mythiques et les forme symboliques orientent leur esprit. A  un certain degré d’enthousiasme et de partage, cette quête finit par primer sur toute autre considération.

Car la foi « ne constitue pas une doctrine abstraite, c’est un ensemble de sentiments qui engagent toute la personne du fidèle dans sa quête du divin, et qui déterminent un certain rapport au monde. Etre religieux, c’est obéir à une parole qui touche à chaque aspect de l’existence, et d’abord au corps.. Ce qui et en jeu, c’est une polarisation du sacré et du profane, du vrai et du faux, du bien et du mal, du pur et de l’impur, polarisation qui des conséquences immenses pour les croyants. » Pour lui, le djihadiste est plutôt qu’un déshérité ou un imbécile un jusqu’au boutiste de la vérité. Ce qui le relie aux autres djihadistes, ce sont des textes, des actes et une foi identique. Mais le djihadiste est aussi un fondamentaliste qui combat les musulmans qui considèrent le texte sacré comme étant à interpréter, et de diverses manières. Dans cette guerre interne au monde musulman, il est proche de la ligne « légalitaire » de l’islam contre l’islam spirituel, qui s’ossifie dans le seul respect de la charria, un ensemble de règles prétendument dictées par Dieu de toute éternité

Mais malheureusement, notre époque est celle de la domination de plus en plus étendue de cet Islam de violence et de haine,avec le soutien des groupes qui détiennent le pouvoir et dans les lieux d’enseignement de la religion

Ainsi, pour Birnbaum , le djihadisme est le raidissement sanglant de l’islam, ce qui veut dire à la fois qu’il défigure l’islam comme spiritualité et qu’il n’a pas « rien à voir » avec lui. Les djihadistes ne savent pas lire les textes qu’ils brandissent. Ils déchiffrent les mots, mais sont « incapables d’envisager la lecture comme pratique d’interprétation, comme élan vers l’autre, comme geste de vie »