Archive pour mai 2016

Hollande a grillé en France la carte d’une modernisation du PS et ouvert la route à toutes les régressions gauchistes, violentes et démagogiques

mai 21, 2016

Le climat politique s’alourdit en France, avant même que s’ouvre vraiment la campagne présidentielle. Lors des deux derniers échecs retentissants du gouvernement socialiste:  celui sur la déchéance de nationalité et celui sur la réforme du code du travail , les socialistes , se sont heurtés à un front commun de toutes les forces  opposées au changement, regroupant frondeurs du PS,militants du pcf,écologistes,membres du front de gauche,joints aux syndicats heureux de redorer leurs blasons dans la manifestation de leur pouvoir de nuisance. La mobilisation permanente des militants, la violence croissante des manifestants qui souhaiteraient qu’une  bavure policière leur fournisse un martyr mobilisant les foules.la surenchère syndicale et la propagande essayant de mettre de l’huile sur le feu, la violence croissante des casseurs qui sentent bien l’hésitation du gouvernement partagé entre sa rage de subir ces assauts qui partent de ses propres rangs et la peur d’alimenter le feu de la colère et de la déception qu’il a lui même créées montrent la montée de la tension.La CGT avec ses affiches accusant la police d’agressions contre des citoyens innocents a ouvert le feu d’une campagne provocatrice évoquant les grandes grèves et manifestations  insurrectionnelles de 1953, déclenchées sur l’ordre express de Moscou.. On voit bien que un syndicat comme la CGT , encore sous influence du PCF, même si il n’est plus entièrement aux ordres comme il y a quelques dizaines d’années,ne serait ce que parce que le PCF n’a plus de ligne unie et qu’il est maintenant éclaté en une multitude de tendances  représentant toutes les nuances du gauchisme plus ou moins encore teintées de marxisme léninisme, rêve de recouvrer son prestige perdu et son statut d’interlocuteur incontournable dans tous les conflits

L’extrême gauche, qui a psychologiquement rompu les liens de solidarité qui la reliaient encore au reste de la gauche, est désormais rentrée dans une stratégie de confrontation totale avec ceux qui ne sont plus pour elle que des « social traîtres », des complices de la société capitaliste,comme aux plus belles années du stalinisme on qualifiait la social- démocratie.  Mélanchon est l’un des principaux artisans de cette entreprise de ripolinage des slogans de l’époque « glorieuse « du PCF et de son emprise sur une partie des couches intellectuelles.. Mais le mélanchonisme qui semblait il y a encore peu de temps un pastiche  des époques  de domination intellectuelle du marxisme léninisme , ne fait plus autant rire,même quand il annonce que « la révolution est au bout de la rue ». De la Grèce de Tsipras à l’Espagne de Podemos, du parti travailliste de Corbyn jusqu’aux primaires auxUSA, Il sent qu’il a le vent en poupe.  La déconsidération des élites dirigeantes dans l’Europe, les mensonges et la lâcheté  du gouvernement socialiste, ont dégoûté les masses inquiètes devant la  crise sans solution. La fin de l’ascenseur social des trente glorieuses a laissé libre cours à une idéologie du chacun pour soi qui  ouvre la route à la lutte classe contre classe qui est au coeur du discours gauchiste;Quand Mélanchon pouvait dire: « si je vois quelqu’un qui gagne 4000 euros, je lui fait les poches », c’est un programme de guerre civile qu’il énonçait. Il existe maintenant des oreilles qui écoutent ce genre de discours, même s’il ne s’agit que de minorités.
Mais le rêve  de cette extrême gauche , c’est de balayer du paysage politique toute expression du  raisonnable, pour ne laisser la place que aux passions:( envie exacerbée, dénonciation de boucs émissaires,utilisation de la violence et de l’intimidation,flatter les illusions et bien sur, encourager l’auto surestimation des soutiens de cette politique).L’espoir d’une politique courageuse menée par la social démocratie s’est effondré devant les minuscules calculs politiciens de Hollande, aussi minables que son apparence. Lui ne s’en relèvera pas, malgré ses manoeuvres désespérées, mais c’est l’existence même d’une alternative rationnelle aux délires de l’extrême gauche qui est menacée, car identifiée à sa politique d’équilibre immobiliste. Le néo stalinisme est en marche. Les horreurs de la Révolution culturelle et du PolPotisme paraissaient avoir définitivement déconsidéré les âneries du gauchisme, la fin de l’urss semblait avoir réglé le compte du communisme: les revoilà, chassés par la porte qui reviennent par la fenêtre: intolérance, incantations, et organisation du désordre: il va falloir recommencer à vivre avec ces plaies.Les socialistes qui en représentaient une version supportable leur ont ouvert la route. Les gauchistes sont  déterminés à empêcher toute évolution et à bloquer la France par tous les moyens.Il faut juste espérer que eux n’ouvriront pas la route à l’extrême droite qui leur sert d’alibi.Il faudra aussi compter avec l’aile islamo gauchiste, puissante dans plusieurs centres de cette mouvance, en particulier au PC qui  a tentée d’étoffer ses effectifs en pleine dégringolade en recrutant dans la population émigrée. De Aubry qui avait accepté des piscines à horaires réservés aux femmes pour ne pas contrarier les islamistes à  Bartolone qui avait axé sa campagne aux régionales..sur l’allégation de favoritisme pour la « France blanche » adressée  à  Pécresse la candidate de droite, les dérapages existent et risquent de se multiplier. Le MRAP, organisation soi disant anti raciste, noyautée par le PCF, qui a axé ses campagnes sur la lutte contre « l’islamophobie » est devenu un soutien  des thèses victimaires proislamistes, etc…En cas de prise du pouvoir au PS par les gauchistes, il faudra s’attendre à une accentuation  de l’anti israélisme et du soutien accordé aux Palestiniens avec des dérapages antisémites de plus en plus fréquents. Les temps qui s’annoncent ne sont pas joyeux.

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Jacques Julliard dénonce la dérive islamogauchiste d’une petite fraction de l’intelligentsia et montre la tentation de la violence qui s’étend

mai 7, 2016

L’article de Jacques Julliard pose d’emblée la question: pourquoi une petite poignée d’intellectuels ont réussi à imposer une véritable sanctuarisation de l’Islam dans l’espace politique français. « Pourquoi ces intellectuels, pour la plupart agnostiques et libertaires, se sont ils brusquement pris de passion pour la religion la plus fermée, la plus identitaire, et dans sa version islamiste, la plus guerrière et la plus violente à la surface du globe?Pourquoi cette étrange intimidation, parée des plumes de la morale? Pourquoi ne peut on plus parler de l’islam que en présence de son avocat? »

« Le résultat est stupéfiant, aberrant. On vient en effet d’assister, en l’espace de deux ou trois ans, à la plus incroyable inversion de presque tous les signes distinctifs de la gauche, ceux dans lesquels traditionnellement elle se reconnaît et on la reconnaît.

Au premier rang d’entre eux, la laïcité. Longtemps elle fut pour elle le marqueur par excellence pour s’opposer à la droite. Or voici que brusquement elle est devenue suspecte à une partie de l’extrême gauche intellectuelle, qui a repris sans vergogne à son compte les errances de Nicholas Sarkozy sur la prétendue « laïcité ouverte ». Car la laïcité de papa, dès lors qu’elle s’applique à l’islam et non plus au seul catholicisme, apparaît soudain intolérante, voire réactionnaire. Pis que cela, elle charrierait avec elle de vagues relents de revanche catholique! Depuis que l’Eglise s’y est ralliée, elle serait devenue infréquentable! »

« or la République à son tour est devenue suspecte . N’a t elle pas une connotation presque identitaire, « souchienne » disent les plus exaltés, pour ne pas dire raciste?N’est elle pas le dernier rempart de l’universalisme occidental contre l’affirmation bruyante de toutes les minorités. N’est elle pas fondée sur ce qui rapproche les hommes plutôt que sur ce qui les distingue ? Un crime majeur aux yeux des communautaristes… »

 

« Il y’a quelque chose d’insolite dans le néocléricalisme musulman qui s’est emparé d’une frange de l’intelligentsia. Parce que l’islam est le parti des pauvres,comme ils le prétendent? Je ne crois pas un seul instant à ce changement de prolétariat. Du reste, allez donc voir en Arabie saoudite si l’islam est la religion des pauvres. Je constate plutôt que l’islamo-gauchisme est né du jour ou l’islamisme est devenu le vecteur du terrorisme aveugle et de l’égorgement. »

« Pourquoi cette conversion? Parce que l’intelligentsia est devenue depuis le début du XX ème siècle, le vrai parti de la violence.Si elle préfère la Révolution à la réforme, ce n’est pas en dépit mais à cause de la violence. Sartre déplorait que la Révolution française n’ait pas assez guillotiné. Et si je devais établir la liste des intellectuels français qui ont adhéré au XX ème siècle, les uns à la violence fasciste, les autres à la violence communiste, cette page n’y suffirait pas. ». Je préfère, dit il, citer les noms de quelques uns qui ont toujours témoigné pour la démocratie et sauvé l’honneur de la profession: Camus, Mauriac, Aron… »

Cette caractérisation d’une couche sociale intellectuelle par son goût de la violence à un effet de dévoilement impressionnant: quelque chose de l’ordre de la violence intellectuelle apparaît tellement à l’oeuvre dans les prises de position des ténors de l’intelligentsia  en faveur des positions extrémistes que l’on sent  la rivalité, le désir de manifestation d’une « puissance » intellectuelle , et la mesure de son pouvoir à travers la capacité à subjuguer mentalement l’interlocuteur, et plus encore , les masses populaires.  La logique imparable d’un raisonnement qui cache ses postulats biaisés est l’équivalent d’une arme avec laquelle ils effectuent des moulinets:les mots  sont des boulets qui abattent des rangs entiers d’adversaires. Car conquérir les esprits est bien la lutte suprême, l’enjeu de la politique qui détermine qui a le pouvoir et qui ne l’a pas. Quand Sartre déclare que les anticommunistes sont des chiens,  il choisit le camp de la plus sombre dictature du siècle, le miroir du fascisme pour les crimes et la violence, et il jouit de sa violence verbale, de son habileté à choisir les mots qui font mouche. Les militaires ont la force des armes et de l’entraînement, les entrepreneurs  celle de l’argent et des relations, les vedettes celle de la séduction. Les intellectuels ont le pouvoir des mots et la science du maniement des idées, et la violence de leurs luttes est celle des batailles  historiques.Leur science n’est pas un sport de combat, mais une lutte ou tous les coups sont permis. La fascination pour la violence des jusqu’au boutistes traduit la fascination pour l’acte qui tranche le débat, et il y a une volonté de montrer que l’homme de pensée est autant capable de trancher que l’homme d’action.  Les hommes de pensée peuvent ainsi être conduits à surenchérir dans la violence, tout en protestant que ce ne sont que des mots: l’exemple des élèves de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm en mai 68 et de leur engagement dans les rangs des zélateurs de Mao, leur alignement sur les violences ignobles de la Révolution Culturelle, leur tentative de mimer, en mots, la Résistance française contre l’occupant, l’arrogance de leurs discours, et leur cautionnement par Sartre qui défendait leurs journaux a montré à quel abaissement pouvait conduire cette course  à celui qui sera le plus révolutionnaire de tous. Cette élite intellectuelle s’est précipitée dans l’abêtissement des slogans anonnés en coeur et a réduit son analyse  à la récitation des versets de ce catéchisme rouge. montrant par là son désir de se soumettre à un maître et de remplacer la réflexion par la foi.

Les islamo-gauchistes ne font que prendre la suite des générations gauchistes précédentes, qui de Staline à Mao et de Pol Pot  à  Daech ont adoré les dictateurs génocidaires qui voulaient changer le peuple pour qu’il corresponde à leur délire. Car ce qui menace tous ces dictateurs en herbe, c’est l’enfermement dans leur système de pensée et la perte de contact avec la réalité.