Archive pour décembre 2018

Le populisme n’est plus que chez nos voisins, il est chez nous.

décembre 22, 2018

Le danger que l’on sentait monter de tous les côtés à travers les conflits inter européens, l’apparition dans tous les grands  états européens de mouvements populaires s’incarnant dans des positions nationalistes, le refus  des politiques d’austérité soutenues par les états essayant de mener une politique cohérente, ce danger menace  directement la France. Ce refus de prendre en considération les réalités économiques, inauguré par le refus des Grecs de payer leurs dettes et la venue au pouvoir d’un parti ultra gauchiste qui promettait de ne pas céder aux exigences des prêteurs a montré le danger croissant de succès pour la démagogie sans limites que se permettent les partis d’opposition, comptant profiter de la décrédibilisation des partis au pouvoir. Les uns après les autres,  les partis extrêmes reprennent à leur compte les revendications les plus extravagantes des masses, sentant  les portes du pouvoir s’entrouvrir pour eux. Mais il ya des causes réelles à l’angoisse des masses populaires ( sentiment d’être négligées et méprisées, et d’être les laissés pour compte de la mondialisation, sentiment d’une certaine injustice fiscale.) qui méritent examen et réflexion. Les Italiens, qui  vivaient avec les populistes qui avaient pris le relais de la démocratie chrétienne et du parti socialiste, anéantis par la révélation de leurs forfaitures ont fonctionné avec ces deux mouvements populistes, cinq étoiles et la ligue, après 20 ans de Berlusconisme , qui se sont alliés pour partager le pouvoir malgré leurs différences antagonistes. Là aussi, les promesses mirobolantes  dé faire passer un déficit finançant toutes sortes de cadeaux ont abouti à un recul et au renvoi de ses promesses aux calendes grecques.

En Espagne, le mouvement indépendantiste pro catalan a tenté un coup de force pour imposer son indépendance sans tenir compte de la volonté de la majorité des Espagnols, avec comme résultat l’obligation pour ses dirigeants de s’enfuir et de se mettre « en cavale » pour éviter des lourdes peines de prison, ceci se déroulant quand même sur un fond de crise politique ou les partis, même Podemos, l’à peu près équivalent deLFI, n’arrivent pas  à former une majorité pour gouverner.

En Allemagne, l’extreme droite profite de la baisse de prestige de Merkel avec ses positions ultra laxistes en matière d’immigration pour relever la tête et capter le mouvement de révolte contre cette négation du sentiment populaire d’envahissement.

Le problème général dans toute l’Europe, c’est que les élites au pouvoir nient ces sentiments de dépossession des masses, que ce soit par rapport à leur identité nationale  ou par rapport à leur place dans la société;

La révolte en France des « gilets Jaunes » exprime ce désir de revanche des « invisibles » qui se rendent visibles pour rappeler leur existence et faire entendre leur souffrance, Et même, ils éprouvent un certain plaisir à  percevoir  de la peur dans les rangs de l’autorité qui leur fait face; Le comportement émeutier a trouvé un soutien  chez la majorité de la population qui s’est identifié avec ce soulèvement des pauvres, mais qui commence à prendre conscience du danger pour la démocratie représenté par ce pouvoir de la rue,.

L’expérience de cette violence portée à l’incandescence dans les dernières manifestations parisiennes a fait sentir le potentiel ravageur  de destruction des institutions de ce rejet de toute autorité. Les caillassages de policiers ou de pompiers dans les banlieues se sont prolongés  par les agressions physiques des  membres des forces de l’ordre avec des moyens sidérants de haine (bouteilles d’acide, boules de pétanque, marteaux, etc..).
La haine de toute autorité, les injures proférées à jet continu contre le président, l’attaque des symboles de la nation (l’arc de triomphe) montrent que certains freins ont lâché. Cette jacquerie sans chefs démontre ce que peut donner  un mécontentement qui ne se sent plus pris en compte par les autorités élues par la nation. Les policiers n’inspirent plus le respect, la justice n’est plus que  un tigre en papier qui est prisonnière des lois dictées par le politiquement correct, l’état est identifié aux « riches ». La rage destructrice et la haine, le refus d’une négociation qui ne serait pas une reddition sans condition  des instances légales , la  confiscation de la parole par des leaders autoproclamés qui commencent à envisager de remplacer les politiciens professionnels, et se lancent dans une surenchère sans limite  ( pourquoi pas une mercédès et le SMIG à 2500 euros ironise XX dans sa polémique avec Poutou, le chef du « Nouveau Parti  Anticapitaliste°.)

Les partis politiques  d’opposition soutiennent le mouvement, quand ils ne l’encouragent pas à mots ambigus,.LFI et le Rassemblement National tout en faisant semblant de défendre le système démocratique en France, tirent sur lui à boulets rouges et défendent les revendications  qui visent à remplacer l’état de droit par le pouvoir de la rue.

, L.e premier à donner l’exemple a été Mélanchon, avec sa contestation de la perquisition menée chez lui et le quasi pugilat avec le procureur ou il  a manifesté son parti pris antiflic et  antijustice l’encouragement à la rébellion et à laviolence, lorsqu’il continue à défendre la dictature néostalinienne de Madeiros au Vénézuela,  avec sa terreur contre ses  opposants, ses centaines de morts, et la ruine totale du pays qui meurt de faim alors qu’il possède un sous sol bourré de pétrole. Les partis traditionnels, PS,LR, qui ont été balayés par Macron, tiennent ainsi leur revanche et semblent inconscients du fait qu’ils creusent leur propre tombe en défendant les fossoyeurs de la démocratie qui veulent le pouvoir à ceux qui ont la plus grande gueule.

Mais la volonté de ne pas être  pris dans le tsunami anti légalité  et de coller au mouvement  pour sauver leurs meubles les conduit à ne pas défendre le compromis nécessaire pour sortir de l’ornière ou le mouvement conduit le pays tout entier.

La France vient de s’offrir une simili révolution qui fait peur à tout le monde mais surtout aux défenseurs de la démocratie, Les »ennemis du système » râlent de plaisir devant le recul obligé du gouvernement.Le passage éventuel d’un « référendum d’initiative citoyenne » concrétiserait le succès  des opposants à tout.La reprise en choeur de ce slogan du RN qui ouvre une ligne de pouvoir parallèle à celui issu des lois de la République permet d’attaquer les autorités légales sous n’importe quel prétexte . Le règne de la démagogie et des discours qui plaisent au peuple et aux réseaux sociaux, hauts parleurs des fake news, sera désormais la » vérité » qui s’imposera. Le grand gagnant sera l’extrême droite, comme le montrent les derniers sondages: Le Pen passe en tête des sondages pour les prochaines élections, dépassant les macronistes, et dominant LFI , plombé  par la démonstration du dérapage complet de Mélenchon, avec plus du double de ses voix.

Sa percée fulgurante tient pour beaucoup à la faiblesse de Wauquiez, qui s’est accroché au  wagon des gilets jaune, faute de courage pour négocier des concessions,  sans s’opposer clairement au changement de régime réclamé par la rue. Le PS étant toujours aussi inexistant et discrédité, la déconfiture et le bafouillage de la droite laisse le champ libre à l’ultra droite et met la démocratie à la merci de la haine qui suinte des propos des extrémistes qui prennent le train au vol. Les derniers propos de Ruffin, après ses déclarations grotesques de haine à Macron ont été pour défendre un partisan de l’extrême droite fascisant et antisémite, ami du sulfureux antisémite Alain  Soral s’attirant la seule critique de Clémentine Autin chez LFI, ce qui montre la perméabilité des Insoumis aux discours rouge-brun.

PS  Aux dernières nouvelles sur la manif à Paris d’aujourd’hui (22 décembre), des  manifestants ont entonné  la chanson de Dieudonné, dont ils savent forcément les connotations antisémites, ainsi que celles du geste qui va avec. Quand la bêtise se joint à la vulgarité, et finalement à la haine….

GB

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Israel face à la haine islamiste

décembre 4, 2018

Le débat qui a divisé le gouvernement comme l’opinion publique dernièrement en Israel concernait la décision de lancer ou non une vaste offensive contre le Hamas, à la suite des centaines de fusées lancées contre sa population, après les provocations des manifestations à sa frontière et des lancers de ballons incendiaires.Israel était ainsi confronté à deux stratégies possibles:

Soit  refuser de transmettre  au Hamas l »argent donné par le Quatar, et le pétrole pour alimenter les centrales  électriques, au risque de désespérer encore plus les masses déshéritées des habitants de Gaza, et  lancer une opération meurtrière contre Gaza par des bombardements massifs; le risque étant que ces  bombardements sur une énorme concentration urbaine fassent des  dégâts tr§s lourds dans le population civile et mineurs  aux troupes du Hamas protégés par les boucliers humains mis en place depuis longtemps.

La preuve en est le côté dérisoire des frappes israéliennes des derniers temps, qui ne frappent que des bâtiments vides d’où les militants islamistes se retirent grâce aux avertissements donnés par l’aviation préalablement à ses frappes.
Le risque supplémentaire est que les états arabes (syrie, iran,etc..) se refassent une virginité en passant alors à l’assaut soi disant au nom des morts palestiniens,, en fait pour régler leur compte à leurs oppositions., et avec la complicité de toutes les opinions publiques occidentales qui crieront à la disproportion des forces quand ce ne sera pas au génocide.

L’autre vision des choses est le choix de Netaniahou, soutenu par l’Etat Major et les services de  renseignement:Ne pas laisser au Hamas le choix du moment de déclencher une offensive israélienne, ;ne pas soumettre la population israélienne à un déluge de fusées et négocier avec le hamas une trêve en attendant le moment choisi pour un « règlement des comptes ».

Ceci est sans doute une prise en considération des nouveaux éléments qui sont intervenus dans le rapport des forces au Moyen Orient: l’intervention des Russes après la chute de leur avion de reconnaissance descendu par erreur par les Syriens ce  dont Moscou a attribué la responsabilité aux Israéliens, a placé la Russie en position d' »arbitre » dans le conflit, par la capacité qu’ils ont de déni d’accès aux avions israéliens par leurs fusées sol-air  S300 d’une portée de plusieurs centaines de kilomètres. La situation est complexe, car les Russes ne seront plus aux commandes des S300 qu’ils ont vendu aux Syriens, et ceux ci pourront être attaqués par les Israéliens. En attendant que les russes aient fini de former les artilleurs syriens, les Américains et les Israéliens profitent de de la fenêtre sans S300 pour attaquer à coups redoublés les bases iraniennes en Syrie.La question est de savoir si les S300 pourront être détruits ( et ne seront pas immédiatement remplacés par des matériels russes encore plus performants qui existent déjà). L’hypothèse qui circule actuellement selon laquelle les Russes négocieraient un adoucissement des sanctions économiques contre l’Iran en échange d’un retrait des iraniens de Syrie ne peut satisfaire Israel car tout allègement des sanctions contre l’Iran priverait ces sanctions de poids et donc permettrait à l’Iran de continuer sa progression vers l’arme atomique, ce qui est le danger le plus grave pour Israel. De plus, les iraniens disposent d’une autre carte dans la région qui est le Liban où le Hezbollah , avec sa quasi armée, très entraînée et superéquipée par l’Iran, constitue une tête de pont .directe avec la ligne Beyrouth/Téhéran

Mais la diplomatie des Russes est . complexe:ils veulent s’installer en acteurs dominants dans la région, mais ils ne veulent pas donner les moyens d’une hégémonie locale à l’Iran avec qui ils ont été provisoirement alliés contre Daech; et avec la Turquie, leur alliance est ambivalente et surtout basée sur le désir de nuire aux Etats Unis.

Heureusement, pour le moment, la Chine se tient à l’écart de cette zone, elle privilégie la construction de sa « route de la soie « , la voie de son expansion en Asie et en Afrique.

Ce qui est certain, c’est que la domination militaire totale d’Israel dans la région n’est plus qu’un souvenir. Israel reste la plus grande puissance, mais les Arabes grignotent cet avantage et le prix que devra payer Israel en cas de conflit sera de plus en plus lourd.

Les arabes le sentent et multiplient  les insultes et les rodomontades, comptant aussi sur la volonté israélienne de préserver sa population.Le domaine du mensonge et du cynisme  leur ouvre des avenues pour les  provocations.

L’attitude  menaçante de l’extrême droite israélienne, qui est prête à engager le combat immédiatement correspond à une situation antérieure ou Israel avait les moyens d’écraser dans l’oeuf toutes les menaces arabes. On peut comprendre le dépit de cette fraction du pays qui enrage de subir des coups en ne ripostant que de façon symbolique, ce qu’ils interprètent comme un signal de faiblesse envoyé à leurs adversaires, chose qui n’est pas entièrement fausse.En même temps, peut être que se lancer dans une autre opération « bordure protectrice » risque de ne pas permettre à Israel de développer tous ses moyens, et réoccuper Gaza paraît un but fou et absurde: se remettre sur le dos la gestion de deux millions d’arabes désespérés et suicidaires n’est pas une bonne idée.
Quand Israel a conquis Beyrouth après une bataille de rue qu’on lui annonçait impossible à gagner, il a du céder à la pression internationale et laisser les palestiniens et Arafat quitter le Liban, et les années qui ont suivi ont été celle de l’installation du Hezbollah. et de son contrôle grandissant de tout le Liban.

En conclusion, les  pressions des « durs » de l’extrême droite, si elles répondent à un désir de punir les agresseurs à l’origine de ces actes terroristes  que sont l’envoi  de fusées et d’obus sur des populations civiles, et si la riposte a toujours été le principe de Tsahal,  la solution du compromis prônée par Nétanyahou et les plus hautes autorités militaires du pays prennent en compte les éléments généraux de la situation.La négociation menée à ce moment obligeait à une modération temporaire. L’ennemi principal reste l’Iran, le Hamas est un ennemi secondaire, il ne s’agit pas de faire s’embraser tous les fronts en même temps et de diviser ses forces s’il n’y a pas d’urgence. Si provisoirement les bombardements cessent en échange  d’un peu d’argent fourni par les pays arabes et de quoi donner un peu d’électricité » aux habitants de Gaza, plutôt que de faire mourir des dizaines de soldats israéliens dans les combats, c’est le bon choix qui a été fait, même si tout le monde sait que ce n’est que partie remise.

De  plus chacun sait que en Israel, l’arrière plan politicien est toujours présent dans les polémiques sur la stratégie générale.L’extrême droite a tenté de faire tomber le gouvernement et y est presque  parvenue. Ceux qui ont préféré ne pas déclencher l’incendie maintenant ne sont pas des gauchistes pacifistes de « La Paix Maintenant »,ce sont des hommes de droite qui sont prêts à demander au pays les sacrifices indispensables… s’il le faut.

GB