Israel face à la haine islamiste

Le débat qui a divisé le gouvernement comme l’opinion publique dernièrement en Israel concernait la décision de lancer ou non une vaste offensive contre le Hamas, à la suite des centaines de fusées lancées contre sa population, après les provocations des manifestations à sa frontière et des lancers de ballons incendiaires.Israel était ainsi confronté à deux stratégies possibles:

Soit  refuser de transmettre  au Hamas l »argent donné par le Quatar, et le pétrole pour alimenter les centrales  électriques, au risque de désespérer encore plus les masses déshéritées des habitants de Gaza, et  lancer une opération meurtrière contre Gaza par des bombardements massifs; le risque étant que ces  bombardements sur une énorme concentration urbaine fassent des  dégâts tr§s lourds dans le population civile et mineurs  aux troupes du Hamas protégés par les boucliers humains mis en place depuis longtemps.

La preuve en est le côté dérisoire des frappes israéliennes des derniers temps, qui ne frappent que des bâtiments vides d’où les militants islamistes se retirent grâce aux avertissements donnés par l’aviation préalablement à ses frappes.
Le risque supplémentaire est que les états arabes (syrie, iran,etc..) se refassent une virginité en passant alors à l’assaut soi disant au nom des morts palestiniens,, en fait pour régler leur compte à leurs oppositions., et avec la complicité de toutes les opinions publiques occidentales qui crieront à la disproportion des forces quand ce ne sera pas au génocide.

L’autre vision des choses est le choix de Netaniahou, soutenu par l’Etat Major et les services de  renseignement:Ne pas laisser au Hamas le choix du moment de déclencher une offensive israélienne, ;ne pas soumettre la population israélienne à un déluge de fusées et négocier avec le hamas une trêve en attendant le moment choisi pour un « règlement des comptes ».

Ceci est sans doute une prise en considération des nouveaux éléments qui sont intervenus dans le rapport des forces au Moyen Orient: l’intervention des Russes après la chute de leur avion de reconnaissance descendu par erreur par les Syriens ce  dont Moscou a attribué la responsabilité aux Israéliens, a placé la Russie en position d' »arbitre » dans le conflit, par la capacité qu’ils ont de déni d’accès aux avions israéliens par leurs fusées sol-air  S300 d’une portée de plusieurs centaines de kilomètres. La situation est complexe, car les Russes ne seront plus aux commandes des S300 qu’ils ont vendu aux Syriens, et ceux ci pourront être attaqués par les Israéliens. En attendant que les russes aient fini de former les artilleurs syriens, les Américains et les Israéliens profitent de de la fenêtre sans S300 pour attaquer à coups redoublés les bases iraniennes en Syrie.La question est de savoir si les S300 pourront être détruits ( et ne seront pas immédiatement remplacés par des matériels russes encore plus performants qui existent déjà). L’hypothèse qui circule actuellement selon laquelle les Russes négocieraient un adoucissement des sanctions économiques contre l’Iran en échange d’un retrait des iraniens de Syrie ne peut satisfaire Israel car tout allègement des sanctions contre l’Iran priverait ces sanctions de poids et donc permettrait à l’Iran de continuer sa progression vers l’arme atomique, ce qui est le danger le plus grave pour Israel. De plus, les iraniens disposent d’une autre carte dans la région qui est le Liban où le Hezbollah , avec sa quasi armée, très entraînée et superéquipée par l’Iran, constitue une tête de pont .directe avec la ligne Beyrouth/Téhéran

Mais la diplomatie des Russes est . complexe:ils veulent s’installer en acteurs dominants dans la région, mais ils ne veulent pas donner les moyens d’une hégémonie locale à l’Iran avec qui ils ont été provisoirement alliés contre Daech; et avec la Turquie, leur alliance est ambivalente et surtout basée sur le désir de nuire aux Etats Unis.

Heureusement, pour le moment, la Chine se tient à l’écart de cette zone, elle privilégie la construction de sa « route de la soie « , la voie de son expansion en Asie et en Afrique.

Ce qui est certain, c’est que la domination militaire totale d’Israel dans la région n’est plus qu’un souvenir. Israel reste la plus grande puissance, mais les Arabes grignotent cet avantage et le prix que devra payer Israel en cas de conflit sera de plus en plus lourd.

Les arabes le sentent et multiplient  les insultes et les rodomontades, comptant aussi sur la volonté israélienne de préserver sa population.Le domaine du mensonge et du cynisme  leur ouvre des avenues pour les  provocations.

L’attitude  menaçante de l’extrême droite israélienne, qui est prête à engager le combat immédiatement correspond à une situation antérieure ou Israel avait les moyens d’écraser dans l’oeuf toutes les menaces arabes. On peut comprendre le dépit de cette fraction du pays qui enrage de subir des coups en ne ripostant que de façon symbolique, ce qu’ils interprètent comme un signal de faiblesse envoyé à leurs adversaires, chose qui n’est pas entièrement fausse.En même temps, peut être que se lancer dans une autre opération « bordure protectrice » risque de ne pas permettre à Israel de développer tous ses moyens, et réoccuper Gaza paraît un but fou et absurde: se remettre sur le dos la gestion de deux millions d’arabes désespérés et suicidaires n’est pas une bonne idée.
Quand Israel a conquis Beyrouth après une bataille de rue qu’on lui annonçait impossible à gagner, il a du céder à la pression internationale et laisser les palestiniens et Arafat quitter le Liban, et les années qui ont suivi ont été celle de l’installation du Hezbollah. et de son contrôle grandissant de tout le Liban.

En conclusion, les  pressions des « durs » de l’extrême droite, si elles répondent à un désir de punir les agresseurs à l’origine de ces actes terroristes  que sont l’envoi  de fusées et d’obus sur des populations civiles, et si la riposte a toujours été le principe de Tsahal,  la solution du compromis prônée par Nétanyahou et les plus hautes autorités militaires du pays prennent en compte les éléments généraux de la situation.La négociation menée à ce moment obligeait à une modération temporaire. L’ennemi principal reste l’Iran, le Hamas est un ennemi secondaire, il ne s’agit pas de faire s’embraser tous les fronts en même temps et de diviser ses forces s’il n’y a pas d’urgence. Si provisoirement les bombardements cessent en échange  d’un peu d’argent fourni par les pays arabes et de quoi donner un peu d’électricité » aux habitants de Gaza, plutôt que de faire mourir des dizaines de soldats israéliens dans les combats, c’est le bon choix qui a été fait, même si tout le monde sait que ce n’est que partie remise.

De  plus chacun sait que en Israel, l’arrière plan politicien est toujours présent dans les polémiques sur la stratégie générale.L’extrême droite a tenté de faire tomber le gouvernement et y est presque  parvenue. Ceux qui ont préféré ne pas déclencher l’incendie maintenant ne sont pas des gauchistes pacifistes de « La Paix Maintenant »,ce sont des hommes de droite qui sont prêts à demander au pays les sacrifices indispensables… s’il le faut.

GB

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