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La grève contre le projet de retraites du gouvernement s’éteint lentement

janvier 14, 2020

Au lendemain du compromis ouvert par la possibilité envisagée par le gouvernement de renoncer  à l' »âge pivot »en échange de plusieurs autres mesures permettant d’accéder à l’équilibre financier des retraites, le taux de grévistes diminue massivement, malgré la surenchère de la CGT de Martinez, épauléepar Mélenchon et ses troupes, qui réclament la retraite à 60 ans, alors que elle est à 62 ans dans les faits. Cette surenchère est un signe de désespoir: ils n’y croient plus ni l’un ni l’autre, mais ils essayent de maintenir une image de jusqu’au-boutistes qui défendent les revendications même les plus indéfendables, à l’opposé des syndicats dits « réformistes » qui font la différence entre des réformes discutables et  une simple fuite en avant  dans la réclamation sans fin.

S’appuyant sur les revendications purement corporatistes des conducteurs RATP et SNCF, qui bénéficient d’un pouvoir de nuisance très élevé, et qui peuvent prendre en otages de leur mouvement des millions d’utilisateurs, pour maintenir des avantages exorbitants, et qui en plus veulent une revanche sur Macron qui les a battu à plate couture dans le conflit sur la suppression de leur statut, Martinez et Mélenchon  font tout ce qui est possible pour empêcher la solution du conflit.

Martinez, membre d’un parti communiste exsangue , et qui n’a plus de ligne politique sauf une position d’opposition maximaliste, et Mélenchon,qui a viré du socialisme au populisme en jetant aux orties la défense de la démocratie et qui s’allie aux communautaristes et même, récemment, aux antisémites montrent la dérive politique qui emporte les débris de la gauche, même si la droite ne va pas beaucoup mieux.

Car c’est dans toute l’Europe que les mouvements populistes récupèrent des sympathisants de l’ex-gauche, les  mixent avec les sympathisants de l’extrême droite et constituent ainsi une redoutable masse de manoeuvre. C’est la tactique de tous les mouvements communistes et gauchistes de s’emparer de tous les mécontentements pour si possible en prendre la tête en se présentant comme les défenseurs acharnés des demandes du peuple

.Il s’agit pour eux de discréditer le pouvoir en place en le présentant comme l’expression des intérêts de la seule classe bourgeoise en martelant les critiques sur tous les plans. et en taisant bien entendu la réalité de ce qui se passe dans les pays  où leurs amis ont pris le pouvoir( exemple le Vénézuela de Madeiro, ou le régime a conduit le pays à la misère, à la faim ,  à l’exil, et à la faillite. Le comble de l’impudence de ce régime est atteint quand il ose accuser la France d’excès dans la répression, alors que il a sur la conscience le meurtre de dizaines de manifestants réclamant la démocratie bafouée par  le truquage des élections.

Cette sortie  ubuesque est le soutien en retour à la défense du régime par Mélenchon, qui est pétri d’admiration devant le caudillo au petit pied qui est le modèle castriste des dictatures sud américaines et qui maintient son régime par la violence des milices et de l’armée à sa botte.

Communistes et gauchistes, la main dans la main, ne cessent en France de jeter de l’huile sur le feu. La CGT,oubliant les intérêts des travailleurs dans son combat pour faire plier le gouvernement et son exigence délirante de retrait pur et simple du plan de retraites  du gouvernement, ne voit pas que elle ne peut que perdre ce combat dans lequel elle lance toutes les forces de son appareil.Elle a beau multiplier par 7 les chiffres des manifestants et mettre beaucoup de drapeaux rouges dans les cortèges, son recul se poursuit inexorablement.Les Français ne sont plus dupes du discours communiste, et ce n’est pas un hasard si ceux-ci se retrouvent avec  2% des voix et si la CGT perd la première place des syndicats.

Martinez, qui croyait disposer de l’arme absolue avec la paralysie des transports pour laquelle il pensait que l’accord de la majorité des conducteurs suffisait à mettre le pays à genoux , découvre avec rage que c’est très loin de suffire.Les discours triomphants sonnent creux, les gens mettent en place des solutions de secours les grévistes, devant la durée de la grève, se mettent en recul et reprennent le travail de plus en plus nombreux.La grève périclite et  devient l’oeuvre d’une toute petite minorité, y compris dans le monde particulier de la SNCF. L’échec vers lequel se dirige la CGT ne fera que consacrer le recul de son influence, alors que la fermeté de la CFDT,et les avancées que elle aura obtenu seront portées à son crédit.

De :même que le mouvement des GJ s’est éteint devant sa prise en main par les radicaux extrémistes,de même la poursuite de la grève au moment  ou un dialogue s’ébauche entre syndicats « modérés » et gouvernement va produire un effet de lassitude devant l’extrémisme contestataire et la volonté d’abattre le gouvernement qui passe devant la défense des intérêts de la population.

Quant à Mélenchon, comme prévu, en dehors des attaques non stop contre le gouvernement, il continue à creuser son sillon antisémite avec les nouvelles déclarations de  Garrido à la tv qui a déclaré que si le ministre interdisait la kippa pour les accompagnateurs de sortie scolaire, il perdrait immédiatement son poste, ce qui est une manière directe d’évoquer une supposée puissance des « réseaux juifs ». Comme prévu, il ne s’est pas agi d’une « boutade » quand il a expliqué la défaite de Corbyn par l’action des « réseaux juifs », mais bien  d’une  vision complotiste antisémite étendue à tous les secteurs de la vie politique et qui va être l’occasion de petites phrases distillées de plus en plus souvent.

 Ce qu’il va gagner comme votes musulmans par ces signes d’antisémitisme islamogauchiste, il va le perdre avec le dégoût qui va s’emparer de ceux qui refusent ce virage nauséabond  de plus en plus clairement manifeste, comme Laurent Joffrin dans Libération.

La mutation du paysage politique français continue et elle ne se fait pas dans une bonne direction

LFI s’aligne sur l’antisémitisme de son chef

décembre 20, 2019

Les membres de La France Insoumise se répandent dans les médias en défendant les propos obscènes de leur leader. On pouvait croire que l’éruption d’antisémitisme de Mélenchon n’était qu’une manifestation supplémentaire de son incapacité personnelle à analyser objectivement une situation, . Mais c’est une stratégie, la stratégie du plus gros mensonge possible, en pensant comme le disait Goebbels: mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Lénine disait que l’antisémitisme était le socialisme des imbéciles : LFI vise maintenant l’électorat des imbéciles.

Djà, lors de la manifestation de tous les partis contre l’antisémitisme, Mélenchon avait prétendu qu' »on ne l’avait pas prévenu » pour justifier sa non participation à la mobilisation générale, excuse qui n’avait trompé personne quant à sa mauvaise foi. Ensuite, il avait refusé de se joindre à ceux qui dénonçaient le refus des GJ de condamner les manifestations antisémites qui avaient émaillé leurs cortèges (tags nazis, chants à la Dieudonné, dégradations des portraits de SimoneVeil et il avait donné des arguments aux pronazis en qualifiant ces critiques de « instrumentalisation » de l’antisémitisme, ce que tous les pro- nazis avaient repris en coeur. Quand on voit son visage convulsé de haine et de violence, on a l’impression de se retrouver dans les années1930, quand les antisémites donnaient libre cours à leur haine bestiale.

Passons sur sa participation à la manifestation « contre l’islamophobie »ou on l’a vu marcher avec les islamistes, et accompagner des arabes portant une étoile jaune, dernière provocation qui, elle, ne lui a posé aucun problème.

Dans sa dérive antisémite, qui a suivi sa dérive antirépublicaine, quand il soutenait les ultras gilets jaunes dans leurs attaques violentes contre les institutions et l’ordre républicain, et encourageait la haine contre le régime, il jetait par dessus bord les principes de la démocratie représentative au profit d’un système ouvrant la voie à la dictature de la rue, et au pouvoir des démagogues comme lui.

Ami de toutes les dictatures gauchistes, qu’il défend au prix de mensonges énormes, il défend aussi les partis gauchistes, quitte à épouser les thèses complotistes les plus invraisemblables, comme la dernière sortie de sa marmite: l’explication donnée à la défaite écrasante subie par Corbyn en Angleterre qu’il attribue à une action des « réseaux juifs »-phraséologie caractéristique des milieux antisémites-, et évidemment pas du tout à la position constamment ambiguë de Corbyn sur le Brexit, personne ne sachant ce qu’il voulait sur ce point à l’opposé de la position très claire de Boris Johnson. Il est vrai que l ‘autre ambiguïté constante de Corbyn, sur la question de l’antisémitisme qui ronge son parti, malgré ses dénégations qui ne convainquent plus personne, ont contribué à son rejet par une partie de l’électorat. Les gauchistes qui se sont emparé de l’appareil du parti, ne peuvent pas admettre une vérité qui conduirait à l’éjection de Corbyn et au recul de leur mainmise sur le Parti. Ils défendent donc ce conte qui les exonère de toute responsabilité dans cette défaite en trouvant un bouc émissaire qui leur permet de se fabriquer une néo-virginité a bon compte.

Cette nouvelle internationale, qui n’a pas encore de nom ni de structure, rassemble tous les gauchistes dans une solidarité qui les fait essayer, à charge de revanche, de soutenir les thèses de leurs amis même si elles ne tiennent pas vraiment la route.
C’est ce qui fait que LFI reprend à son compte la diatribe antisémite de Mélenchon, qui devient la « ligne » du Parti.

Pour sauver le soldat Corbyn, quelques phrases antisémites ne sont apparemment pas cher payé… mais il n’est pas certain que les électeurs partageront cette comptabilité.

Il se pourrait bien que, au contraire, ils rejettent à la fois l’antisémitisme de Corbyn et celui de Mélenchon

 

 

Mélenchon a choisi la politique du pire: miser sur l’antisémitisme larvé populaire. Il le fait froidement, en toute connaissance de cause. Il est possible que cela le déconsidère encore plus que la scène de la perquisition ou il a littéralement « pété les plombs » et contesté l’application de la loi à lui-même. L’extreme gauche sort salie de cette affaire. Le paradoxe, c’est que c’est au moment ou Marine Le Pen s’éloigne des milieux antisémites qui naviguaient autour d’elle que l’extreme gauche prend le relais et développe les propos et les positions ordurières par pur opportunisme.

GB

 

LA CHUTE DE LA MAISON MELENCHON

décembre 2, 2019

Après la période d’euphorie de la présidentielle où Mélenchon avait cru que il pourrait être qualifié pour le deuxième tour, les choses ont commencé à se gâter .La place laissée libre par la désintégration du PS a permis à Mélenchon de tenter une OPA sur toute la gauche, le discours gauchiste mimant le verbe révolutionnaire de 1789 séduisait la gauche réformiste par sa radicalité et son assurance apparente, Il contrastait ainsi avec le galimatias du PS, miné de l’intérieur par son opposition de gauche subrepticement alliée aux mélenchonnistes. Le discours de celui ci n’avait plus rien à proposer, le macronisme et sa volonté de réformes s’étant substitué au discours « réformiste « du PS.

Mais la cannibalisation du PS jointe à celle du PCF (2,5 % des voix) ont très vite débouché sur les impasses de la conception de gauche, L’irréalisme politique de cette vision a conduit à une fuite en avant dans la surenchère verbale aboutissant à une stratégie: » personne à notre gauche ». Le soutien à la Grèce dans ses prétentions à ne pas payer ses dettes , puis le soutien à la dictature gauchiste au Vénézuela conduisant à la ruine du pays qui meurt de faim et où l’argent est réservé aux milices du pouvoir ont montré l’attachement aux vieilles lunes communistes:le dédain pour l’économie, le souci du maintien au pouvoir par la force une fois qu’il a été conquis.

Mais la dérive principale s’est effectuée à l’occasion de l’apparition du mouvement des gilets jaunes: mouvement spontané des masses précarisées et pauvres, dont le projet a été vite détourné de ses buts originels vers une violence croissante contre l’ordre public.

Le noyautage grandissant des manifestants par des éléments violents poussant à l’escalade, proposant des objectifs visant de plus en plus l’insurrection anti état, et en dernier lieu un changement des règles démocratiques.

Mélenchon a exprimé son « amour » pour cette figure insurrectionnelle ( Eric Drouet), dont il refusait de voir la nature anti démocratique et la virtualité fascisante.
Il a refusé de condamner les manifestations d’antisémitisme qui émaillaient les défilés, et a insulté les policiers , attaqués à maintes reprises, qu’il a traité d’éborgneurs, puis, ce qui est un comble de « milice » à la solde du pouvoir, déniant ainsi l’usage légitime de la force pour défendre la légalité et les institutions alors que les groupes insurrectionnels visaient l’AssembléeNationale, les ministères et l’Elysée

Mais les GJ semblent ne pas avoir été dupes de cette tentative pour les enrôler dans le groupuscule gauchiste qui pensait trouver en eux la masse de manoeuvre que il recherchait, au prix de l’alignement sur les demandes incohérentes des GJ. Les GJ ont fini par comprendre, sauf une très petite minorité, que la violence ,loin de leur gagner les coeurs, produisait un écoeurement et une colère qui se retournaient contre eux.

L’écroulement de cette stratégie d’alignement sur le populisme, concrétisé par le score misérable atteint aux européennes, laisse le mouvement désarçonné, démobilisé, en proie à la contestation interne et à l’hésitation quant à sa stratégie.

Or, ce mouvement ne progressait que par la tension militante, soutenue par le verbe du « chef », et l’espoir d’une victoire politique accessible

Le « chef « découvre que il a dégagé le terrain pour l’extrême droite, et n’ a pas capitalisé sur le mécontentement social, qui , comme en Italie, se reporte plutôt sur cette extrême droite.
Enfin, la démonstration de son côté caractériel dans l’épisode de sa contestation violente de la perquisition a l’adresse de son parti, et son refus d’admettre que la loi républicaine s’applique aussi à lui l’ont profondément déconsidéré dans l’opinion publique.

Parce que il ne peut s’empêcher d’appliquer les vieilles recettes communistes, ,devant la mort des treize soldats français au Mali,, il a utilisé l’ambiguité du langage en disant que ces soldats avaient été envoyés à la mort par le gouvernement et exigé le retour rapide « à la maison »des militaires.  Ainsi ,dans une escalade verbale sans fin, il trouve un nouvel angle d’attaque du gouvernement, indifférent à la défense du pays face au djihadisme terroriste, comme si il lui était égal de voir celui ci installer une base de son expansion à la limite des pays adjacents à la France.

En fait il s’agit de remuer le vieux fond antimilitariste de la gauche, et raviver le fond anticolonialiste auquel se raccrochent désespérément les anciens militants privés d’ennemis facilement identifiables.

LFI apparaît ainsi comme le lieu de rassemblement de tous les gauchismes, qui tentent de se fédérer en s’appuyant sur les vieilles recettes, mais sans pouvoir dégager une vision cohérente et crédible Le point commun est la détestation de la société libérale et occidentale..La montée parallèle du populisme et de ses recettes simplistes: désir d’une société divisée en classes inconciliables, violence anti état et haine des élites , pouvoir de la rue et du verbe, et alliance avec les dictatures qui se rassemblent dans un front commun anti occidental, tout cela crée une sensibilité commune, mais pas un programme commun..Mélenchon a tenté d’accrocher son wagon au train populiste et a trahi toutes ses idées républicaines pour cela. Le résultat est un échec retentissant. Mélenchon n’a pu recueillir que quelques miettes du mouvement populiste dont le gros des troupes s’est identifié à l’extrême droitee. La haine anti macroniste sciemment encouragée par les troupes mélenchonistes n’a pas réussi à emporter les barrières républicaines et le visage violent, dé magogique, et anti républicain de Mélenchon a été démasqué.Il est apparu comme plus jusqu’au-boutiste que le Rassemblement National dans l’opposition systématique au gouvernement , multipliant les insultes haineuses , (la dernière étant d’insulter le préfet en le traitant de psychopathe) au point de ne plus être pris au sérieux dans ces attaques qui finissent par paraître dérisoires tant elles montrent que il n’est pas capable de contrôler sa diarrhée verbale.

GB

 

« Vaincre le totalitarisme islamique », un livre de François Fillon

novembre 30, 2016

Dernier livre de François Fillon, sorti au mois d’octobre 2016, c’est à dire  juste avant le début de la campagne électorale des  primaires, et donc témoin de l’importance à ses yeux du problème et aussi avant la percée fulgurante de celui-ci, le choix de ce mot indique la conception de Fillon devant le phénomène du terrorisme islamique, c’est à dire  sa qualification comme un mouvement idéologique  Ni comme un phénomène de déséquilibre individuel, ni comme un phénomène uniquement local, mais comme un phénomène idéologique, lié à l’histoire de l’Islam, et porteur d’un danger aussi grand que l’hitlérisme l’a été à l’époque de la deuxième guerre mondiale.

« La France que nous aimons est aujourd’hui menacée.Pas seulement dan son intégrité. Elle est menacée dans son mode de vie,dans sa liberté d’expression, dans ce qui constitue le coeur de sa civilisation, et bien sûr les ressorts de son histoire.

« Et c’est précisément en mémoire des victimes,déjà trop nombreuses, tombées au champ d’horreur de ce totalitarisme primitif et en soutien à celles et ceux qui ont survécu et à leurs proches que nous ne pouvons nous ranger à l’idée que le fatalisme  est la seule et unique réponse au fanatisme..

Combien de morts, combien d’assassinats ignobles faudra t il encore que nous subissions avant de comprendre que il ne s’agit plus de terrorisme, mais que nous sommes en guerre et que la guerre ne se fait pas à moitié,qu’elle n’est pas un jeu de rôle ni une scène pour cabotiner?Nous sommes en guerre contre un adversaire qui ne connaît ni faiblesse ni trêve. Il ne nous oubliera pas, tout simplement parce qu’il s’est engagé- ce qui peut nous sembler délirant mais qui est- dans un conflit total au son des trompettes de l’Apocalypse, persuadé qu’il est de vivre la bataille de la fin des temps.. SI certains ne savent pas ce qu’est l’identité française, nos assassins, eux, le savent:la liberté d’opinion,l’égalité des sexes, la fraternité entre tous,le droit de croire ou de ne pas croire,le droit de rire,de s’aimer, de voter.. »…

….Encore après l’attentat de Nice n’a t on pas évoqué un individu fraîchement radicalisé comme si l’on était avide de conclure qu’il s’agissait non pas d’un islamiste, mais d’un malade mental sous prétexte qu’il n’avait pas l’érudition nécessaire? En procédant ainsi, on a délibérément minimisé la menace, on a désarmé psychologiquement,idéologiquement, intellectuellement les Français afin de leur faire oublier que ces agressions islamistes étaient voulues, pensées, organisées…Non, il ne s’agissait pas d’actes isolés. Oui, il y avait une volonté, une idéologie, des objectifs et la création d’une nouvelle Internationale du totalitarisme »

pendant ce temps les clercs continuaient à clamer que « l’important était de  ne pas créer d’amalgame » pendant que ce développait le plus pervers amalgame celui qui faisait de toute critique de l’islam un acte « d’islamophobie »

Le totalitarisme islamique, voilà l’ennemi.

« Depuis l’irruption sur la scène internationale,j’ai souvent évoqué la seconde guerre mondiale.Cette référence peut paraître à certains excessive,et cependant, nous nous trouvons devant un adversaire qui mène contre nous une lutte totale et qui n’a pas en tête nôtre asservissement, mais notre anéantissement. »

« Qu’on en juge: sur les six premiers mois de 2016 cinq cent cinquante attentats ont été recensés soit plus de 4000 mort soit 3 attentats par jour. que faut il de plus pour considérer que nous devons lutter contre une menace globale et non régionale et encore moins locale? Alors oui, nous sommes bien en présence d’un conflit mondial par le nombre des pays concernés et l’ampleur des coups portés.Oui, on tue en France, et à 5 heures d’avion de Paris, on viole, on torture, on vend des femmes sur les marchés, on détruit des églises, on dynamite des mausolées séculaires. Oui cette guerre a déjà fait des milliers de morts et contraint des millions de personnes à prendre le chemin de l’exode parce que elles étaient jugées étrangères dans leur propre pays.Oui , cette guerre est un conflit asymétrique  parce que l’adversaire vise moins nos forces armées que notre population civile. Il est difficile de nier que nous sommes tous confrontés à une tendance lourde de l’Histoire?qui est celle de la montée d’un islamisme rigoriste, peu importe qu’on l’appelle islamisme,salafisme ou fondamentalisme, qui est à l’oeuvre partout dans le monde , à commencer par le monde musulman; il s’agit d’un totalitarisme né de la conjonction de l’interprétation littérale du Coran, de la soumission du politique au religieux et de la promotion d’un islam conquérant.. Le djihadisme contemporain est le produit idéologique, cultuel et culturel de cette tendance lourde et non un sous produit, comme on veut parfois l’accréditer, de cette  « crise métaphysique de l’Occident » ou « la faillite de l’individualisme contemporain , et autres calembredaines. »

« Mon intime conviction est que l’on peut et que l(on doit parler de totalitarisme islamique. Tout d’abord parce que islamisme et totalitarisme propagent le culte d’une violence meurtrière qui exalte la mort et la destruction. »Viva la muerte  » criaient les franquistes. Ensuite par ce que l’une et l’autre ont développé une révolution conservatrice, c’est à dire une haine de la modernité servie par l’instrumentalisation des techniques de propagande les plus modernes( comme les Nazis,NDLR). Aussi parce que les uns et les autres cultivent l’antisémitisme. Ajoutons encore qu’ils partagent le même culte du chef

, même si la société qu’ils instaurent n’est pas assise sur une organisation pyramidale, mais construite sur une organisation horizontale ou règne le contrôle de tous sur tous ce qui est le propre des régimes totalitaires. »

Reconquérir les territoires perdus de la République.

 » C’est la règle des règles et générale loi des lois, que chacun observe celle du lieu ou il est » ( citation de Montaigne par François Fillon.)

Se référant au livre dirigé par Georges Bensoussan sur les territoires perdus de la République, F.Fillon évoque les exemples fournis dans ce livre des insultes, des menaces physiques, des discriminations quotidiennes, bref l’enfer vécu par des élèves agressées parce que juives. C’est ce que Pierre André Taguieff avait désigné sous le terme de  » nouvelle judéophobie: l’émergence a côté du  vieil antisémitisme d’extrême droite d’une haine anti juive enracinée et virulente née  des monstrueuses épousailles entre l’islamisme et l’antisionisme d’extrême gauche.

« Après 2004, il devient plus clair que cette violence scolaire perpétrée par des caïds ivres de leur toute puissance, cette propagande islamiste qui n’intervient plus seulement en histoire, mais aussi en biologie et ce développement des théories du complot ne sont en rien des phénomènes épisodiques. Pire, cette bouillie idéologique est ingurgitée avec gourmandise par des élèves qui donnent parfois l’impression d’attendre cette becquée si peu ragoutante. Des fiches de présentation des élèves, communiquées par une enseignante révèlent un antisémitisme totalement décomplexé, cyniquement bien dans sa peau, dans une atmosphère bienveillante. Il est devenu normal de dire sa détestation des juifs et d’accueillir les réactions des profs comme le signe d’allégeance ou d’appartenance au groupe haï. »…

« Beaucoup de Français se sont émus à juste titre de réactions dans les classes après les crimes de 2012 commis par Mohamed Merah ou après les attentats de janvier2015 Ces minutes de silence  non respectées, ces railleries, ces hommages bafoués, cette éruption de haine comme si l’école était un réseau social au même titre que Twitter, cette même toile empoisonnée dans laquelle le totalitarisme islamique veut nous engluer. Combien de ces jeunes nourrissent les messages insensés racistes, sexistes, antisémites, homophobes qui pullulent sur les réseaux dits sociaux? Il faut entendre ces appels à la barbarie de ces Français musulmans ou convertis à l’Islam pour mesurer l’ampleur du  défi qui est face à nous »

. Ce totalitarisme exerce une pression sur toutes les sociétés où il peut s’implanter et se développer pour imposer les principes et le mode de vie que sous tend son fondamentalisme: revendications communautaires, affirmation du rôle central de la religion et développement du voile un peu partout.

La laïcité, rien que la laïcité, mais toute la laïcité.

« Arrêtons de faire semblant. Non, il n’y a pas de problème religieux en France.Oui il y a un problème lié à l’islam. Dire les choses ,c’est reconnaître qu’il y a un communautarisme islamique qui n’a pas sa place sur la terre de France, qui est incompatible avec notre histoire, nos valeurs, ce que nous sommes au plus profond de nous mêmes. Le temps des hypocrisies, le temps des fausses pensées pseudo- intellectuelles, le temps de  la relativité des cultures, le temps de ceux qui se sont toujours  trompé  dans l’histoire, mais qui continuent de donner des leçons, ce temps là est révolu. Pour éviter que l’ Etat Islamique arrive à recruter des Français en perte de repères dans ses filets, nous devons nous montrer intransigeants avec les discours de haine dénigrant les valeurs de la République dans les mosquées ou sur les réseaux sociaux et nous ne devons pas nous résigner à l’existence de zones de non droit ou plus exactement ou s’applique un autre droit sur notre territoire ».

la jeunesse musulmane française en voie de refus de l’identité française

octobre 3, 2016

Les jeunes musulmans de la 3ème et la 4ème génération se trouvent confrontés aux problèmes de la double appartenance  au moment ou ces deux appartenances apparaissent comme directement antagonistes. L’âge des choix tranchés, le sentiment de ne pas être traités à égalité avec les non musulmans, l’échec d’une intégration sociale, les discours extrémistes auxquels ils sont soumis constamment, et l’exemple  toujours valorisé de la rébellion, prestigieuse, y compris dans la délinquance, les poussent dans la direction du rejet de la société française et de ses valeurs. Une fois ce choix fait, les justifications arrivent rapidement et la contre identification se construit rapidement à partir du moment ou il existe un séparateur entre le bien et le mal qui est « eux et nous ».  Le communautarisme est un facteur de séparation qui est seriné en permanence et qui s’appuie à la fois sur le statut de minorité visible et sur la culture clanique de la société ou les liens  et les solidarités familiales sont une protection de toujours. « tu dois soutien et solidarité à tes frères, l’Islam est le fondement de ta culture et il est supérieur aux croyances chrétiennes et aux sociétés athées,cette société te rejette et tu dois lui renvoyer son mépris et sa volonté de domination..

Identifié aux damnés de la terre, rêvant d’héroïsme, de risque et de sacrifice comme la plupart de ceux de son âge, il s’enrôle sans réfléchir à la complexité de ces notions: et accepte sans discuter le pire qui accompagne cette identité clivée de ses composantes françaises, baignant dans « l »identité heureuse » retrouvée avec l’unité débarrassée  de ses contradictions. La fraternité de l’action mêlée au romantisme de l’action clandestine, la fascination de la mort et de brûler ses vaisseaux la satisfaction de mettre ses actes en accord avec la détestation de l’autre, achèvent la transformation du jeune rebelle en militant du djihad. Il peut jouer aux gendarmes et aux voleurs pour de vrai, et s’autoriser beaucoup de transgressions puisqu’il fait partie des « bons ».

L’exemple des Panthères Noires aux USA dans les années 60/70 montre comment une révolte identitaire, celle des Noirs , a conduit à la surenchère militariste du mouvement, à son isolement  dans les excès de violence  et des revendications (programme de séparation de plusieurs états des USA, dégénérescence fasciste autour du leader noir Farakhan, dérive vers le banditisme « pour trouver des fonds, » fusion idéologique avec le tiers mondisme et défense par le bloc communiste qui jubilait de voir le tissu social américain se déchirer ( refuge à Cuba des militants traqués par le FBI pour des affaires de meurtre et de fusillades avec la police).,l’aboutissement à un discours raciste antiblanc à la tonalité complètement paranoïaque. La population noire des USA est alors partagée entre une partie qui affirme son identité de façon violente et provocatrice , et tente de bâtir une contre culture noire et une partie, autour du pasteur King qui défend les droits et l’égalité de façon démocratique et demande à s’intégrer à cette société qui la rejette en partie.La communauté noire  glissera ensuite vers des excès antisémites avec l’adoption de l’Islam par  des groupes prêts à tout pour contrer le christianisme dominant et son idéologie pacifique.

Le phénomène nouveau et  stupéfiant auquel nous assistons est le développement d’un « terrorisme de masse » , devant lequel nous sommes restés un certain temps paralysés par la surprise et l’incompréhension.. L’image sur laquelle nous restions arrêtés était celle d’un terrorisme limité à l’action d’un petit noyau décidé et qui sortait des cadres habituels de l’action politique ( comme les groupes terroristes italiens ou allemands, la Bande  à Baader,etc.Mais malgré les  cercles plus ou moins étendus de sympathisants qui les entouraient,ils ne restaient que quelques dizaines, et encore ne visaient ils que des cibles précises; Ce à quoi nous assistons est une transformation profonde de l’action politique,qui mélange foi religieuse d’allure sectaire et projet politique d’allure millénariste,action politique,action militaire et programme terroriste génocidaire, action dans laquelle les individus peuvent s’insérer à plusieurs niveaux et aussi passer d’un niveau à l’autre. C’est ce phénomène qui reste le plus étonnant, le fait que des individus sautent les étapes et passent en quelques semaines de la position de simple contestation identitaire au meurtre suicidaire par désir de se joindre au mouvement. Mais du coup, des millions de personnes peuvent avoir franchi les premiers pas du processus d’enregimentation sans que cela se remarque.Et ce sont de grandes masses de gens qui peuvent basculer dans l’action terroriste,vécue comme en continuité avec la lutte militaire et la conviction religieuse .

La jeunesse, simplificatrice et impatiente d’action,directement impliquée dans la quête d’identité,est prête à se lancer la première dans cette aventure sanglante, après avoir suivi les premières étapes de la séparation mentale avec la France. Les arrestations d’adolescents préparant des attentats se sont multipliées ces dernières semaines. D’ après une enquête de l’Institut Montaigne, citée par Alain Juppé dans  son discours à Lyon, un quart de la jeunesse musulmane  française se range du côté comunautariste  L’intégration, qui était le but de la génération précédente, après la génération qui rêvait de rentrer au pays une fois arrivée à la retraite, n’intéresse plus tellement la génération actuelle qui vibre aux succès du jihadisme mondial et qui anticipe une victoire mondiale des musulmans,, extrapolant de son expansion dans quelques pays pourris  du moyen Orient et de la réaction timorée de plusieurs des ex grandes puissances.que le vieux monde s’écroulera sous la poussée des masses musulmanes et leur ouvrira les chemins de la puissance et de la gloire. La composante imaginaire  de cette révolte prend une place déterminante dans le renversement identitaire qui s’opère sur des identités en cours de solidification. Toutes les révoltes, toutes les frustrations convergent dans cette haine de la France, soigneusement entretenue et développée  par les prêcheurs de haine qui pullulent dans ce monde quasiment fermé sur lui même. Les échecs scolaires et sociaux sont le miel des comunautaristes qui travaillent avec obstination à élargir le fossé avec le monde laïque, soucieux d’interposer l’Etat entre les citoyens et la violence religieuse et sexiste véhiculée par les sectateurs de l’Islam pur.Les sifflets qui ont couvert la Marseillaise lors d’un match France Algérie en disent plus que des longs discours.Le fascisme islamiste est en marche, et il progresse rapidement, malgré des échecs militaires indiscutables,

la civilisation occidentale et son idéal de démocratie dans le collimateur des tueurs islamistes

août 28, 2016

Quand les avions détournés  par les sbires de Ben Laden ont percuté les tours du WTC, tuant plus de 3000 personnes au il  coeur de New York, ainsi que les bâtiments du Pentagone, les Américains ont cru n’avoir à faire qu’à un petit noyau d’extrémistes qu’ils anéantiraient facilement en utilisant leur puissance gigantesque, militaire,économique et diplomatique.

Ils ont du très vite déchanter:en Afghanistan,leurs succès initiaux se sont transformés en une position défensive dans un pays sous l’emprise de la corruption,du clientélisme,et des luttes de clans là ou l’annonce de leur départ a convaincu les talibans que malgré leurs pertes, ils allaient finir par l’emporter. L’Etat paraît extrêmement faible face a ces troupes islamistes et négocie des compromis toujours plus tolérants et généreux avec ses adversaires;

La naissance de l’Etat Islamique a bouleversé la situation, remplaçant une petite organisation terroriste par un quasi état qui occupe a moitié deux grands pays islamiques possède une armée qui tient tête aux armées occidentales d’une coalition des grandes puissances militaires, qui est capable de mobiliser des dizaines de milliers de volontaires étrangers, et de susciter l’adhésion de gens qui sont prêts à se faire sauter si on leur en donne l’ordre ou même sans aucun ordre, entraînés par leur haine viscérale de notre civilisation et une foi religieuse exacerbée par des prêcheurs qui utilisent les moyens modernes(internet, vidéos « virales, etc) pour manipuler les masses musulmanes.

le virage pris parles pays islamiques après le « printemps arabe » qui avait  fait monter au pouvoir les islamistes, ennemis jurés et haineux de toute trace d’influence occidentale, déterminés à éliminer l’Occident de toutes les terres d’Islam, a conduità une coalition de tous les pays ennemis ou concurrents de la culture occidentale ,en redonnant du carburant a ceux qui soufflent sur les flammes de la lutte contre les valeurs de l’Occident, de la Chine à la Russie en passant par la Turquie.

La politique irrésolue et ambigüe des USA face à la montée de l’islamisme belliqueux a ouvert la voie aux criminels qui ne craignent plus le gros bâton américain et voient des faiblesses dans chaque concession qui leur est faite.

Le paysage politique de la terre s’est renversé en quelques décennies, passant d’une apparence de victoire générale de la démocratie avec la disparition de l’Urss  a une vision d’un assaut généralisé contre toutes ses places fortes, avec en premier lieu l’ apparition d’une puissance planétaire, la Chine, capable  de menacer la suprématie américaine, et ne cachant pas ses ambitions de domination mondiale, économique d’abord, puis scientifique et militaire.

L’Europe elle aussi à fait montre de son incapacité à définir une politique unitaire, est menacée d’implosion par les tendances nationalistes (Grande Bretagne, Belgique, Espagne ) et l’envahissement par une vague immaîtrisable d’immigration devant laquelle elle réagit faiblement et confusément. Même devant les menaces et les manipulations d’un  dictateur islamiste , Erdogan, de plus en plus prisonnier de sa folie des grandeurs, qui cherche à l’humilier, elle multiplie les contradictions et les messages de faiblesse.

La France apparaît elle comme embrouillée dans sa propre politique de posture pro arabe, tentant de faire vivre des mythes politiques comme celui des forces démocratiques au proche orient,là où n’existent que des rapports de force brutaux, renforcés par l’effacement des Etats Unis et la réapparition sur la scène politique de la Russie qui se retrouve en terrain connu avec son coup de force  en Syrie. La Russie vient d’ailleurs d’annexer une partie de l’Ukraine ( la Crimée) et maintient sous la menace une partie de l’Ukraine ou elle envoie des troupes et du matériel.

Partout, les ennemis de la démocratie redressent la tête. Dans les pays musulmans d’abord,  ou la chasse aux occidentaux est ouverte et ou se multiplient les signes d’adhésion à une vision religieuse de la haine de la démocratie. Les musulmans paraissent impatients de tomber sous la coupe de nouveaux despotes  qui règleront leur vie selon leur interprétation du Coran. La société vivra dans la terreur des fanatiques, mais  les femmes seront  soumises aux hommes qui rêvent d’avoir quelqu’un à dominer.

Mais dans les pays occidentaux aussi, les gauchistes et ceux qu’ils influencent proclament leur haine  de la démocratie qu’ils rêvent de remplacer par le pouvoir de la rue, dans des mouvements de plus en plus violents rassemblés autour d’une bouillie néo-marxiste devant laquelle les dirigeants socialistes actuels sont paralysés, touchés par les références au monde dans lequel ils ont grandi et dont ils ne se sont pas bien séparés. Ainsi pour reprendre le mot de  Pascal Bruckner,le gauchisme est devenu la maladie sénile du socialisme.

C’est ce qui est le plus inquiétant dans la situation actuelle: les partisans de la violence se multiplient, l’ère de paix que nous avons connue semble toucher à sa fin, les actes criminels se  banalisent, l’autorité se dissout avec les attaques contre les représentants de l’état et la mollesse extrême des réactions. Un prêtre est égorgé dans son église, rien ne se passe sauf une cérémonie commémorative. Le chef du gouvernement défend des arrêtés contre le port du burkini, des ministres du gouvernement se félicitent d’un arrêté du conseil d’Etat qui condamne ces décisions, la gauche se divise entre soutien et critique de ces mesures prises par certains maires.  Elle se divise entre défense  de la laïcité et sympathie pour le communautarismeL Elle erre entre la fascination  pour les groupes anti état et la défense d’un centralisme dont elle ne sait plus quoi penser. Il n’existe plus que des postures pour se signaler à des groupes d’électeurs ( une des ministres qui ont pris parti pour la liberté du burkini a annoncé en même temps la possibilité de sa candidature à la présidence si Hollande ne se présente pas.)

Le déni de réalité qui accompagne ces positionnements gauchistes est le fond commun de cette politique de gauche , mais il est inquiétant par la façon dont il rejoint la contestation d’extrême droite fondée sur un rêve d’autosuffisance de la France, et le rejet du fondement d’alliance et de paix qui est à la base du projet européen.

Les unes après les autres, les sécurités s’abaissent et la France paraît plus fragile et vulnérable face aux adversaires, découverts .ou cachés de la démocratie

 

 

Jacques Julliard dénonce la dérive islamogauchiste d’une petite fraction de l’intelligentsia et montre la tentation de la violence qui s’étend

mai 7, 2016

L’article de Jacques Julliard pose d’emblée la question: pourquoi une petite poignée d’intellectuels ont réussi à imposer une véritable sanctuarisation de l’Islam dans l’espace politique français. « Pourquoi ces intellectuels, pour la plupart agnostiques et libertaires, se sont ils brusquement pris de passion pour la religion la plus fermée, la plus identitaire, et dans sa version islamiste, la plus guerrière et la plus violente à la surface du globe?Pourquoi cette étrange intimidation, parée des plumes de la morale? Pourquoi ne peut on plus parler de l’islam que en présence de son avocat? »

« Le résultat est stupéfiant, aberrant. On vient en effet d’assister, en l’espace de deux ou trois ans, à la plus incroyable inversion de presque tous les signes distinctifs de la gauche, ceux dans lesquels traditionnellement elle se reconnaît et on la reconnaît.

Au premier rang d’entre eux, la laïcité. Longtemps elle fut pour elle le marqueur par excellence pour s’opposer à la droite. Or voici que brusquement elle est devenue suspecte à une partie de l’extrême gauche intellectuelle, qui a repris sans vergogne à son compte les errances de Nicholas Sarkozy sur la prétendue « laïcité ouverte ». Car la laïcité de papa, dès lors qu’elle s’applique à l’islam et non plus au seul catholicisme, apparaît soudain intolérante, voire réactionnaire. Pis que cela, elle charrierait avec elle de vagues relents de revanche catholique! Depuis que l’Eglise s’y est ralliée, elle serait devenue infréquentable! »

« or la République à son tour est devenue suspecte . N’a t elle pas une connotation presque identitaire, « souchienne » disent les plus exaltés, pour ne pas dire raciste?N’est elle pas le dernier rempart de l’universalisme occidental contre l’affirmation bruyante de toutes les minorités. N’est elle pas fondée sur ce qui rapproche les hommes plutôt que sur ce qui les distingue ? Un crime majeur aux yeux des communautaristes… »

 

« Il y’a quelque chose d’insolite dans le néocléricalisme musulman qui s’est emparé d’une frange de l’intelligentsia. Parce que l’islam est le parti des pauvres,comme ils le prétendent? Je ne crois pas un seul instant à ce changement de prolétariat. Du reste, allez donc voir en Arabie saoudite si l’islam est la religion des pauvres. Je constate plutôt que l’islamo-gauchisme est né du jour ou l’islamisme est devenu le vecteur du terrorisme aveugle et de l’égorgement. »

« Pourquoi cette conversion? Parce que l’intelligentsia est devenue depuis le début du XX ème siècle, le vrai parti de la violence.Si elle préfère la Révolution à la réforme, ce n’est pas en dépit mais à cause de la violence. Sartre déplorait que la Révolution française n’ait pas assez guillotiné. Et si je devais établir la liste des intellectuels français qui ont adhéré au XX ème siècle, les uns à la violence fasciste, les autres à la violence communiste, cette page n’y suffirait pas. ». Je préfère, dit il, citer les noms de quelques uns qui ont toujours témoigné pour la démocratie et sauvé l’honneur de la profession: Camus, Mauriac, Aron… »

Cette caractérisation d’une couche sociale intellectuelle par son goût de la violence à un effet de dévoilement impressionnant: quelque chose de l’ordre de la violence intellectuelle apparaît tellement à l’oeuvre dans les prises de position des ténors de l’intelligentsia  en faveur des positions extrémistes que l’on sent  la rivalité, le désir de manifestation d’une « puissance » intellectuelle , et la mesure de son pouvoir à travers la capacité à subjuguer mentalement l’interlocuteur, et plus encore , les masses populaires.  La logique imparable d’un raisonnement qui cache ses postulats biaisés est l’équivalent d’une arme avec laquelle ils effectuent des moulinets:les mots  sont des boulets qui abattent des rangs entiers d’adversaires. Car conquérir les esprits est bien la lutte suprême, l’enjeu de la politique qui détermine qui a le pouvoir et qui ne l’a pas. Quand Sartre déclare que les anticommunistes sont des chiens,  il choisit le camp de la plus sombre dictature du siècle, le miroir du fascisme pour les crimes et la violence, et il jouit de sa violence verbale, de son habileté à choisir les mots qui font mouche. Les militaires ont la force des armes et de l’entraînement, les entrepreneurs  celle de l’argent et des relations, les vedettes celle de la séduction. Les intellectuels ont le pouvoir des mots et la science du maniement des idées, et la violence de leurs luttes est celle des batailles  historiques.Leur science n’est pas un sport de combat, mais une lutte ou tous les coups sont permis. La fascination pour la violence des jusqu’au boutistes traduit la fascination pour l’acte qui tranche le débat, et il y a une volonté de montrer que l’homme de pensée est autant capable de trancher que l’homme d’action.  Les hommes de pensée peuvent ainsi être conduits à surenchérir dans la violence, tout en protestant que ce ne sont que des mots: l’exemple des élèves de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm en mai 68 et de leur engagement dans les rangs des zélateurs de Mao, leur alignement sur les violences ignobles de la Révolution Culturelle, leur tentative de mimer, en mots, la Résistance française contre l’occupant, l’arrogance de leurs discours, et leur cautionnement par Sartre qui défendait leurs journaux a montré à quel abaissement pouvait conduire cette course  à celui qui sera le plus révolutionnaire de tous. Cette élite intellectuelle s’est précipitée dans l’abêtissement des slogans anonnés en coeur et a réduit son analyse  à la récitation des versets de ce catéchisme rouge. montrant par là son désir de se soumettre à un maître et de remplacer la réflexion par la foi.

Les islamo-gauchistes ne font que prendre la suite des générations gauchistes précédentes, qui de Staline à Mao et de Pol Pot  à  Daech ont adoré les dictateurs génocidaires qui voulaient changer le peuple pour qu’il corresponde à leur délire. Car ce qui menace tous ces dictateurs en herbe, c’est l’enfermement dans leur système de pensée et la perte de contact avec la réalité.

La division de la gauche en deux camps passe aussi par la différence d’attitude sur l’Islam et sur la laïcité

avril 25, 2016

Les prises de position de Manuel Valls sur la menace intégriste en France et la dénonciation de la guerre tous azimuths déclarée à la France et à la laïcité par les réseaux islamistes, si elles semblent encore relativement isolées, viennent de recevoir un renfort  supplémentaire avec les déclarations de Le Guen sur la complicité de certains cercles  de gauche avec les islamistes, ce qu’il nomme en utilisant pour la première fois à gauche le terme d’islamo gauchisme.

Cette prise de position, qui constitue une constante politique chez Manuel Valls, contribue ainsi à la dénonciation d’une réalité qui était un tabou du PS, le terme lui même étant interdit et considéré comme appartenanr à une phraséologie de droite. « Islamogauchisme » et « Islamofascisme » sont des termes qui ont déjà été utilisés, mais qui heurtaient la « sensibilité » de gauche, parce que les musulmans ne peuvent pas être mis dans une catégorie  qui suscite  la haine et le rejet, le fascisme qui doit uniquement servir à mobiliser les masses dans un « front anti fasciste » qui doit évoquer les glorieux combats de la défunte Union Soviétique.Le terme de « fasciste doit donc dans la doxa socialiste être réservé à l’extrême droite et l’accoler à de misérables victimes musulmanes est un blasphème qui doit entraîner l’exclusion et la vilipendation.

Le Guen contribue ainsi à l’écroulement progressif du mur de tabous verbaux et idéologiques qui enserre  les raisonnements socialistes, et rejoint ainsi la petite phalange d’intellectuels  (Elizabeth Badinter, Michel Onfray,Alain Finkelkraut,Michel Houellebecq, Pascal Bruckner,etc.. qui les uns après les autres dénoncent la trahison qui se cache derrière les discours de soutien aux islamistes sous prétexte de bienveillance envers les victimes.

Derière ces discours qui possèdent leurs hauts parleurs dans la presse se cachent les nostalgiques du tiers mondisme pour qui le salut viendra du « lumpen prolétariat « du tiers-monde, rassemblé derrière le drapeau de l’Islam,  force armée du monde qui va changer la face de la terre,idéologie mâtinée de complotisme et  d’un antisémitisme qui reste toujours « le socialisme des imbéciles ».

Mais les temps changent, et la minorité intellectuelle en butte aux crachats gauchistes, comme cela s’est passé concrètement place de la République pour Alain Finkielkraut, est en train de gagner  les intellectuels majeurs du pays, alors que il ne reste plus enface que quelques sbires de dernier ordre pour continuer à les invectiver dans la presse qui leur est tout acquise ou dans les médias quand ils leur offrent une tribune  attractive pour l’audimat.

Le PS est devenu le chaudron ou bouillonnent et s’affrontent ces deux troupes de pensée, payant ainsi son refus de penser toute question identitaire ,  ce qui le rend inapte à penser aussi bien la question de l’attitude à tenir face à l’Islam que la question de la place à tenir dans l’Europe pour ne pas disparaître dans la dégénérescence  bureaucratique de cette belle idée.

Le paradoxe est que les gauchistes du PS, c’est à dire les frondeurs, sont les plus réactionnaires du parti, ceux qui ne démordent pas  des mots d’ordre les plus traditionnels et qui souhaitent que rien ne change dans la machine à trouver des postes du PS et que les plus décriés sont ceux qui souhaitent réformer vraiment le pays. Le résultat est à la mode de Hollande, une série de compromis misérables qui annulent tout résultat possible, dégoûtent la population et en particulier les classes populaires, et frayent la route pour les gauchistes déjà organisés ou pour le Front  National. Le PS a déjà perdu la bataille économique du redressement de la France (il est trop tard pour obtenir des résultats significatifs), et on arrive à la période des cadeaux électoraux ou Hollande va tenter de regrouper les débris de son électorat avec quelques bonbons.

La réforme El Khomri à moitié engagée et à moitié abandonnée est la dernière velleité de réforme du régime qui va finir en eau de boudin,et a fourni un magnifique champ de manoeuvres à ceux qui préparent la prise de pouvoir  dans le PS par les éléments les plus conservateurs de la gauche. Ceux là ont marqué des points, fait peur au régime par leurs capacités à mobiliser les syndicats à leur botte (CGT et UNEF entre autres). Ils attendent l’effondrement final de Hollande aux présidentielles et avec lui de l’aile sociale libérale pour liquider toutes les tentatives de modernisation du parti. Nul doute que  la surenchère gauchiste qui se prépare aura à coeur de nettoyer aussi ceux qui osent parler en termes d’identité et de défense  de la laïcité, et qui condamnent la bienveillance vis à vis de l’islam radical.
Les masses populaires qui étaient déjà réticentes devrant cette modernité assimilée par eux à la mondialisation qui les menace, et qui se sont senties abandonnées par le PS et ses promesses vides, ne bougeront pas pour sauver cette branche du PS et  choisiront plutôt entre les extrêmes de gauche et ceux de droite.Ce n’est pas une candidature de Macron qui les fera dévier de leur méfiance et de leur sentiment de trahison.Mélenchon, lui, se sent le vent en poupe, comme tous les mouvements populistes en Europe, et espère tirer les marrons du feu de cette conjoncture.

Avec tout cela,l’Islam radical, quant à lui, à encore des jours tranquilles devant lui.

 

 

La gauche archaïque s’enfonce dans le déni de la réalité économique et identitaire

avril 23, 2016

Tandis que l’approche de l’échéance présidentielle produit une accélération des processus de démarquages, la panique politique gagne les cercles rapprochés de François Hollande, et l’évidence du cataclysme politique qui approche pour le PS entraîne le durcissement des prises de position. Pendant que Hollande affirme sans rire que « la France va mieux », le démantibulement du PS se poursuit. Macron, après avoir fait figure quelque temps de carte de secours pour Hollande apparaît maintenant comme un rival et un caillou de plus dans la chaussure de Hollande qui débordait déjà.

 

A droite aussi d’ailleurs, les candidatures ( ou les tentatives de candidatures) se multiplient, même sans la moindre ébauche de projet politique, s’agissant seulement de profiter de l’effet de loupe de la campagne, afin de profiter de la plus-value de visibilité qu’elle procure. Le dernier exemple étant celui de Rama Yade,éphémère ministre de la Sarkosie,, choisie seulement pour son joli minois et pour sa couleur de peau qui en faisait une figure de l' »ouverture » présidentielle. Le vide absolu de sa pensée politique, rempli seulement par une ambition disproportionnée  est apparu avec son changement désespéré d’affiliation politique qui n’ a rien changé  au rétrécissement impitoyable de sa valeur sur le marché de l’offre politique.En attendant, les frondeurs se démarquent de plus en plus du social libéralisme (partiel) de Hollande et Valls et tentent visiblement de s’organiser en vue d’une prise de pouvoir au PS après l’inéluctable déroute de 2016.La recomposition des alliances après la défaite qui s’annonce est déjà dans toutes les têtes. Ce qui se profile est bien l’éclatement de la social démocratie entre une branche socialelibérale, moderniste, européiste et proche d’un certain centrisme, et une branche dogmatique, passéiste, anti européenne, tentée par la rupture extrême gauchiste, nostalgique des certitudes de l’époque pré mondialiste , prête à toutes les dérives populistes, et à la relance des discours incantatoires pour masquer l’incohérence de son projet politique;

L’alliance de toutes les nostalgies et de tous les refus de la réalité se voit déjà chez le PCF qui déclenche la surenchère en collant des papillons avec marqué: « la semaine de 32H, pourquoi pas » et chez la CGT avec la sortie de ses affiches accusant la police de brutalités sanglantes au lieu de protéger les citoyens.

Le développement (sans beaucoup d’avenir) de « la nuit debout »,choyé par les médias et soigneusement organisé par quelques chapelles ultra gauchistes, déguisé en mouvement de libération de la parole façon Mai 68, alors que il n’y est pas question de liberté comme l’agression contre Finkielkraut l’a démontré, a montré le désir de ces chapelles de surfer sur la vague de défiance générale vis à vis des partis politiques de gouvernement pour essayer de les déborder par la rue. Mais les quelques centaines de gauchistes mobilisés  dans ce but n’ arrivent pas à entraîner les masses et ne concernent que  leurs troupes étiques, éternellement auto reproduites et confites dans la paroles figée de leurs pseudo penseurs. Leur rêve est de contrôler la rue pour peser sur les instances élues qu’ils méprisent Leur modèle n’est plus Cuba, mais la Grèce, érigée en modèle de la résistance au capitalisme, en commençant par l’atteindre au portefeuille, en ne payant pas ses dettes et en se faisant ainsi une clientèle  de dépensiers peu soucieux de rembourser leurs dettes.

Emmanuel Macron, représentant à leurs yeux du comble de l’imposture, puisque venant du monde de la banque (« l’ennemi de Hollande » à une certaine époque) et encensé par les patrons,est ainsi le représentant de tout ce qu’ils honnissent: avant tout l’évolution éventuelle du PS vers une version dégagée de ses tabous, chose assez impensable à vrai  dire, sauf si ils se débarrassent de la majorité de ce parti de fonctionnaires soucieux avant tout de la préservation de ses avantages acquis.

Le désaccord  essentiel sur les bases gauchistes du mouvement frondeur se double d’un autre désaccord fondamental: celui sur l’attitude vis à vis de l’Islam:  ce désaccord qui courait sous les mots depuis longtemps  et qui traverse toute la gauche a éclaté avec la publication du livre de Emmanuel Todd sur la manifestation monstre qui a suivi l’attentat  contre Charlie Hebdo:Todd a exhalé une haine effrayante contre les manifestants, les accusant d’être des pétainistes racistes et parlant d’une France malodorante.Cette attaque très violente contre le peuple qui s’était levé contre les crimes antisémites et  tournés contre la liberté d’expression montrait bien la ligne de démarcation entre une gauche pro musulmane prête à toutes les insultes contre ses adversaires et une gauche, celle de Valls  consciente des attaques contre la démocratie et la République  menée de façon déterminée par les ennemis de la Nation.Ce combat s’est poursuivi en sourdine, y compris dans le débat sur la déchéance de nationalité, les  soutiens des musulmans ne tarissant pas d’arguments pour éviter a leurs alliés cette défaite.

Enfin Valls vient de marquer le coup une nouvelle fois en dénonçant la fabrique de terroristes que constitue l’aile « intégriste » de l’Islam et son ambition paranoïaque de direction du monde entier.

Ainsi la nouvelle alliance entre l’Islam et une partie de la gauche est un marqueur de la division qui passe au milieu du PS.

Comment les cartes seront elles rebattues après la dégringola de du PS qui se prépare, il est encore trop tôt pour le dire. Le dégoût qui atteint les Français devant les mensonges et les manoeuvres qu’ils constatent débouchera t il sur un succès gauchiste et les français succomberont ils aux voix de la démagogie populiste? Le PS  éclatera t il malgré les efforts désespérés de Hollande pour maintenir une façade qui a de moins en moins de sens?

La suite du feuilleton dans vos journaux,télévisés ou pas.

Manuel Valls dénonce les progrès foudroyants en France du salafisme, foyer de culture du terrorisme

avril 5, 2016

Une fois n’est pas coutume: le chef du gouvernement français a enfin dénoncé clairement et directement la source de la principale menace de terrorisme dans le pays: pas la maladie mentale de quelques déséquilibrés, pas la déshérence de quelques banlieusards déculturés, mais le développement rapide de » l’islamisme radical » et d' »une minorité agissante en train de gagner la bataille idéologique et culturelle »

Manuel Valls est venu  en personne participer à un colloque sur « l’islamisme et la récupération politique en Europe « pour apporter ses analyses sur la réalité et la progression de l’islam radical en France; « Il s’est notamment inquiété des capacités de la France à gérer l’avancée des thèses salafistes qui, selon lui,est à l’origine d’un terrorisme proprement français.

Il a développé son analyse: selon lui « les salafistes doivent représenter 1% aujourd’hui des musulmans dans notre pays, mais leur message, leurs messages sur les réseaux sociaux, il n’ y a qu’eux finalement qu’on entend ». « Il y une forme de minorité agissante des groupes (salutistes) qui sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle »…

Cité par plusieurs médias (Le Monde, RFI) il a même prédit que la campagne présidentielle pour 2017 se fera essentiellement autour « des questions culturelle et identitaire. »

Manuel Valls a toujours affiché des positions sans aucune ambiguité sur les question de laïcité, a preuve son soutien à la directrice de la crèche Baby Loup, dans le conflit  interminable qui l’opposait à une membre du personnel qui réclamait le droit de travailler voilée dans cette crèche  » d’utilité publique ». La seule faiblesse dans sa position a été quand il a déclaré qu’il y avait une sorte d’apartheid en France:concession majeure aux avocats de la victimisation des musulmans depuis plusieurs générations,  et participation à la culture de l’excuse. En plus il s’agissait là d’un profond biais dans l’abord de cette question: il n’y a aucun texte juridique consacrant une inégalité quelconque  pour les musulmans de France, contrairement au système  de l’apartheid dans l’ancienne Afrique du Sud ou la ségrégation était organisée à tous les niveaux (travail,mariage, sexualité, logement,  transports,vote, etc. L’utilisation du terme d’apartheid est infâmante. La réalité est que il y a de part et d’autre des refus de l’intégration, et aussi une part très minoritaire de réactions racistes , dont l’Etat ne peut être tenu pour responsable.

En tout cas, cela fait du bien d’entendre enfin du côté du gouvernement autre chose que la bouillie culpabilisée et culpabilisatrice  qu’on nous sert en toile de fond de l’inaction depuis les années que le phénomène se développe, que mois après mois les cris d’alarmes se répandent dans le vide.

Les choses sont enfin nommées, un chat est appelé un chat, et une guerre des cultures une guerre des cultures. Le développement d’une des tendances de la culture islamique directement désignée comme fournissant la base du recrutement et de l’idéologie des terroristes qui se proclament représentants et guerriers de l’islam. Ils annoncent en toute tranquillité leurs objectifs: conquérir le monde, assurer l’hégémonie et le monopole du pouvoir de la parole et de la pensée à leur religion, ou en tout cas à la vision la plus étroite et la plus féroce qu’ils en ont, détruire la démocratie et l’égalité des hommes et des femmes. L’inégalité des hommes et des femmes commence par le refus de leur serrer la main, continue par le port du voile et se termine par l’esclavage sexuel Superbe programme!

La source d’inspiration des criminels terroristes est trouvée. Il reste à mettre en oeuvre les moyens de réduire son influence: lutte contre les imams propagandistes, formation et contrôle d’imams ne prêchant pas la haine du pays d’accueil, lutte contre les territoires perdus de la République, dénonciation des entorses hypocrites faites à la Laïcité.

Emmanuel Todd vs Manuel Valls:la gauche explose sur la question de l’Islamisme

mai 9, 2015

Les insultes volent de plus en plus bas entre les factions de la gauche: Emmanuel Todd se lâche et traite M. Valls de pétainiste,  de « bête », et les manifestants  du 11 janvier de cathos refoulés et d’islamophobes racistes. Valls refuse la polémique et dit a Todd qu’il se déshonore avec ses insultes.Déjà la ministre de l’éducation, prise à parti pour ses choix pédagogiques  contre les langues anciennes e, les classes « élitistes » d’allemand  et les programmes d’histoires pleins de trous concernant le « roman national » français, ripostait en traitant les intellectuels qui la critiquaient de « pseudo-intellectuels » (comme si elle en était une vraie!).

Mais l’explosion de haine inaugurée par l’ouvrage polémique de E. Todd expose bien  la ligne de partage entre les deux gauches françaises.La gauche de E.Todd est promusulmane,Elle considère les musulmans comme les victimes exemplaires de la société française, ceux qui sontl’élément de discrimination entre « vraie gauche » et fausse gauche, ceux qui les défendent dans tous les domaines sont des vrais hommes de gauche, les autres font partie de la « France blanche », sont consciemment ou non islamophobes, et en plus, c’est sa trouvaille personnelle, des cathos refoulés.,c’est la France pétainiste(?) qui est descendue dans la rue.
La « pensée » ultra simplificatrice des gauchistes, fonctionnant sur des schemas binaires du style anti islamiste= islamophobe raciste-pétainiste partisan d’une France blanche= proche des nazis= ne méritant que le mépris et des insultes montre la dégénérescence du débat politique, A quand les « vipères lubriques » et les hyenes »écrivains. L’insulte se substitue à l’argumentation défaillants, la bonne foi de l’autre est contestée et son appartenance au règne de l’épouvantable affirmée comme une vérité( puisque c’est un « spécialiste » qui le dit. Sauf que aucun chiffre n’a jamais prouvé que les manifestants étaient des « cathos refoulés ni des pétainistes.La seule preuve qui découle de tout ça, c’est que les interprétations les plus fantaisistes sont possibles, et que quand un spécialiste est prisonnier de son idéologie,tous les contresens et les manipulations peuvent sortir de sa bouche,sans qu’il manifeste la moindre hésitation.;.La seule conviction qui ressort de cela, c’est le total manque de rigueur et de fiabilité professionnelles de E.Todd.Cet ancien communiste a gardé le mode stalinien de discussion par disqualification de l’adversaire, et il n’est pas le seul.La gauche a toujours utilisé le ton moralisateur pour disqualifier ses adversaires.. et se voit maintenant appliquer à elle même sa propre méthode: dans quel monde vivons nous!

Ce n’est pas les manifestants du 11 janvier, qui ont manifesté contre l’intolérance criminelle et la barbarie des criminels islamistes,qui étaient des pétainistes de « la France blanche, c’est E. Todd qui laissé libre cours à sa haine de ceux qui ne voient pas le monde comme lui et qui a rendu visible son appartenance au club des intellectuels prêts à toutes les forfaitures intellectuelles( comme ceux qui ont défendu Pol Pot, les atrocités de la révolution culturelle et maintenant celles des criminels islamistes que nous côtoyons.

Il ne lui reste plus qu’ à adhérer aux théories complotistes pour boucler la boucle, et faire un dernier petit tour médiatique, avant de rejoindre la cohorte des intellectuels enivrés de leur prestige médiatique et prêts à tout pour maintenir l’illusion d’une puissance intellectuelle qui n’est que du vent.Les tentatives de réutiliser les miettes de l’anti impérialisme et de l’internationalisme fantasmatique n’inspirent plus que quelques discours vengeurs et déconnectés de la réalité et du jugement de la majorité des français.

Copenhague après Paris:l’islamo fascisme dévoile son vrai visage

février 17, 2015

Au moment ou le parti des « démocrates musulmans » de France annonce sa création  et sa mise sur les rangs pour toutes les élections françaises, ce qui signifie l’apparition d’un groupe de pression islamiste déterminé à user de toutes les failles des institutions et de la législation française pour promouvoir le communautarisme et lutter contre la  laïcité, tombe la nouvelle des attentats de Copenhague:

une conférence sur la liberté d’expression et une synagogue ont été la cible d’un tueur kamikaze, qui a eu le temps de tuer deux hommes et de blesser 5 policiers avant d’être abattu par la police, reprenant les cibles (Juifs, policiers,) de l’attentat de Paris. Au même instant, nous apprenions que l’Etat Islamique venait d’annoncer la décapitation de 21  Coptes égyptiens, dont le seul tort avait été d’être chrétiens. Puis arrivaient les nouvelle de la profanation de plusieurs centaines de tombes d’un cimetière juif dans le BasRhin, oeuvre de quelques adolescents aux motivations  apparemment confuses, mais ou l’air du temps à l’antisémitisme doit avoir joué son rôle.A peine cette information tombée qu’une autre arrivait: Roland Dumas  faisait une déclaration fracassante dans laquelle il accusait publiquement Manuel Valls « d’être sous influence juive ». La coupe de l’antisémitisme déborde, l’ignominie se répand comme une trainée de poudre. En donnant sa caution à ces abjections, Roland Dumas, qui sait parfaitement le poids des mots, et le poids de sa parole en tant qu’ancien ministre des affaires étrangères et qu’ancien hiérarque du Parti Socialiste, joue un jeu pervers ou il attaque l’un de ses ex confrères du Parti avec des arguments ignobles. De plus, il salit le Parti qu’il a en partie représenté, et confirme sa réputation de pourri et d’avocat de toutes les causes sales à condition qu’elles payent bien.

La conjonction de toutes ces attaques en quelques jours  montre l’accélération du processus de guerre totale déclarée au monde civilisé par les fous meurtriers de Daech, mais aussi  les relais dont ils disposent dans la société européenne. Si Dumas a cru utile pour lui de se joindre à la propagande de l’EI, c’est que le livre de Houellebecq est encore plus prophétique qu’on ne le pensait. Comme il l’avait imaginé  dans sa fiction politique,les lâches qui espèrent toucher des dividendes de leur trahison et de leur soumission existent, et ils ont parfois même des situations importantes.

En tout cas,l’antisémitisme est une arme dont l’EI est décidé à se servir sans bornes, comme le montre le choix de ses victimes lors des attentats européens. Les fascistes meurtriers de Daech, fascistes par l’utilisation de la terreur pour soumettre la population à leur idéologie grotesque, par leur vision purement totalitaire de la politique: une seule vérité et la mort pour ceux qui ne l’adoptent pas,  par l’utilisation de l’antisémitisme comme ressort essentiel de leur propagande, et par la volonté de puissance démesurée qui relie tout cela, commencent à  apparaître pour ce qu’ils sont: des tueurs fanatiques, sans le moindre début d’un respect pour la vie humaine, prêts à utiliser les moyens les plus abjects pour arriver à leurs fins et qui doivent être éliminés impitoyablement si nous ne voulons pas qu’ils détruisent tout ce qui a du prix à nos yeux dans l’existence.

Le problème est donc l’existence de relais pour ces islamo fascistes: d’une part les défenseurs de l’Islam, qui ne se différencient que faiblement de ces crimes et qui ne voient pas clairement en quoi ils s’écartent de leur propre vision de la société et de la religion, même s’ils désapprouvent leurs méthodes. Cette ambiguité,ressemble à celle du Parti Communiste qui à l’époque de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS et les forces du Pacte de Varsovie,s’était « désolidarisé » de cette action tout en restant parfaitement d’accord avec le régime et en approuvant sa conduite sur le plan international. L’accord restait fondamental sur le fond et la complicité générale.

Les musulmans devront donc choisir leur camp, entre la démocratie et le fascisme, ils ne pourront pas rester muets et complices par leur silence.

Les autres relais sont les tiers mondistes et les multiculturalistes, qui dans leur déni des identités  nationales, en viennentà trouver légitime l ‘expansion de l’Islam, au nom du droit de chacun de développer  ses références culturelles et de l’obligation pour les autres de l’accepter.  Les islamistes de Grande Bretagne et du Canada ont exploité cette indifférence de l’Etat jusquà laisser fonctionner des tribunaux islamiques au Canada et jusquà ce que les terroristes qui avaient bénéficié de cette mansuétude déclenchent les attentats meurtriers de Londres et de Birmingham. S’y ajoutent les différents groupes gauchistes qui voient dans les immigrés les nouveaux » damnés de la terre » dont ils ambitionnent de faire le nouveau prolétariat qui abattra pour eux l' »ancienne société ». Enfin les pacifistes de nombreuses organisations, souvent d’ailleurs noyautées par leurs éléments gauchistes qui haïssent les Américains et leurs alliés, s’efforcent de minimiser l’enjeu de cette bataille et s’obstinent à nier la nécessité des interventions militaires engagées par les pays qui  sont décidés à résister à l’offensive généralisée des islamistes comme ils nient la réalité de la guerre déclenchée contre nous par  ceux-ci.Toute cette nébuleuse qui s’étend à l’extrême gauche et à l’extrême droite communie dans  un antisémitisme larvé, souvent camouflé en « antisionisme » virulent, et qui reprend et diffuse les rumeurs les plus absurdes et les plus haineuses qui accusent les juifs des maux les plus variés.

La guerre ne fait que commencer.

 

Le parti démocrate musulman de France: la naissance d’un groupe de pression islamique qui va tenter de donner un paravent de légalité à ses manipulations communautaristes

février 15, 2015

Cette fois ça y est: ils ont franchi le pas: un groupe musulman  s’est constitué avec l’ambition  clairement exprimée de se tailler une place sur l’échiquier politique français, en s’arrogeant le statut de représentant politique et porte parole des musulmans. Le programme est énoncé nettement: s’emparer en jouant sur les institutions de postes de représentation à tous les échelons et   participer à  touts les élections jusqu’à l’élection maîtresse de la vie politique française: l’élection présidentielle, si ils arrivent à obtenir les 500 signatures pour y  participer.

Les musulmans n’envisagent évidemment pas  de s’emparer de la présidence, comme l’a imaginé dans son livre prophétique  Michel Houellebecq, mais de  constituer une force d’appoint dont les quelques pour cent de voix peuvent être décisifs dans cette élection, et de négocier au prix fort leur ralliement. La similitude avec le livre de Houellebecq est grande. La aussi, le parti musulman n’ayant pas de doctrine économique particulière, il peut s’allier avec n’importe quel part en concentrant ses exigences sur les seuls points qui l’intéressent: l’expansion de l’Islam et le développement  de sa représentation.

En fait , on assiste clairement à une division du travail:une partie des  musulmans  confie à des musulmans dits « modérés » le soin de jouer sur la légalité pour exploiter toutes les opportunités offertes par la Loi pour élargir la visibilité et l’influence de l ‘Islam, puis si possible modifier la Loi dans le sens favorable. Une autre partie s’engage dans une forme de violence armée qui vise  ouvertement à terroriser la population par des attentats et à obtenir sa « soumission » par la force, et le chantage à la menace. aux diktats religieux.

Quant on voit ce qu’ont donné les régimes « islamiques modérés » comme la Turquie, qui est de moins en moins modérée et de plus en plus islamique (persécution du camp laïque, ouverture des universités au port du voile, soutien hypocrite à l’Etat Islamique) etc…, on voit qu’il s’agit d’un des deux fers au feu de la stratégie d’expansion des islamistes.
Jusque là, la pression des électeurs musulmans existait et orientait les discours des partis qui les ménageaient, ou s’appuyaient carrément sur eux.,mais c’était nié aussi bien par les partis que par les islamistes. Maintenant la menace est exprimée clairement: ceux qui ne se soumettront pas aux exigences des islamistes le paieront, de la même manière d’ailleurs que le Front National a fait payer aux partis de gouvernement l’exclusion politique dont il a été frappé en appelant à voter contre leurs candidats, en jouant sur son pouvoir de nuisance.

Les buts de ,ce parti musulman sont clairs et posés sur la table: droit au port du voile,particularité des régimes alimentaires scolaires, soutien à l’enseignement  dans des établissements privés islamiques, reconnaissance de la Palestine.soutien à l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Il n’y a pas que la politique intérieure qui est visée, c’est tout la politique internationale de la France qui sera sommée de s’aligner sur les intérêts des musulmans: à quand le boycott des contacts avec les Israéliens, l’ouverture massive du pays à l’immigration,

Il existe en France un courant de pensée qui défend, au nom de la défense de la « diversité » le développement d’une identité multi ethnique qui serait un mixage de références de toutes les cultures ou l’identité française se dissoudrait  dans un patchwork sans signification historique.Ceux là rêvent d’une identité universelle, comme un groupe sanguin qui serait receveur et donneur universel. En fait , c’est une identité privée de toute originalité, comme les rues commercantes des grandes villes européennes, avec leurs enseignes toutes identiques. Pour s’approcher de ce rêve funeste, ils ne voient pas de problème a ce que les autres  combattent ce qui constitue notre particularité culturelle au nom de la défense de la leur propre.

L’apparition de ce parti, certes légal,est une déclaration de guerre à la République et à son refus du développement du communautarisme.La République Française est inséparable du principe de la laïcité, qui est constitué par le refus de voir jouer un rôle politique à la religion, considérée comme une affaire strictement privée.Il ne s’agit pas d’une promotion active de l’athéisme, comme font semblant de le croire les thuriféraires du renouveau religieux, même si  il existe des reliquats de militantisme anti religieux dans l’extrême gauche;Mais certains partisans d’un retour du religieux sur la scène politique n’hésitent pas à parier sur les bénéfices qu’ils pourraient tirer d’une mise au centre de la vie politique des préoccupations éthiques des religions. Dans ce contexte, ils sont prêts considérer avec beaucoup d’indulgence et de compréhension les exigences religieuses des musulmans.

Au contraire,les islamistes rêvent de mettre la religion au poste de commandement, et défendent une vision de la société ultra réactionnaire, qui s’accorde avec les voeux de certains: société autoritaire, sexiste, inégalitaire, ennemie des libertés; c’est déjà le titre du parti qui est mensonger, en se prétendant « démocrate » et qui est une première étape de  la manipulation de grande envergure qui s’esquisse. Comme toujours, les mouvements extrémistes prétendent parler au nom des  masses dont ils s’attribuent le statut de représentants officiels, et c’est au nom de cette pseudo représentativité qu’ils présentent leurs revendications,qui sont le marche pied de leur accès potentiel au pouvoir. Si les musulmans ne veulent pas que leur parole soit kidnappée par ces escrocs, leur dernière chance est de se mobiliser contre ces faux représentants auto proclamés et de se déclarer publiquement opposés à  cette OPA annoncée sur leur communauté.

La victoire de la crèche Baby Loup

novembre 7, 2014

La décision du Conseil général d’accorder une subvention de plus de 200 000 euros, à laquelle s’ajoute 50 000 euros, don du Grand Orient de France , assure la survie de la crèche Baby Loup, qui était menacée de faillite, après sa décision de déménager et de quitter  la commune de Chanteloup les Vignes dont le maire avait décidé de réduire fortement la subvention qu’il accordait à cette crèche, sous prétexte d’économies budgétaires.

La crèche  de Baby Loup était une expérience extrêmement originale de crèche ouverte pour les familles dont les parents avaient des horaires de travail qui ne leur permettaient pas de déposer et de venir rechercher leurs enfants dans les horaires classiques (8H/18H en général).

Elle était devenue l’enjeu symbolique d’une lutte  déterminée entre la conception laïque de cette crèche assurant un service public et les islamistes décidés  à passer en force en profitant de l’imprécision de la juridiction officielle.
Le conflit était parti du licenciement d’une employée de la crèche pour cause de refus d’ôter son voile pendant ses heures de travail. Pendant plusieurs années, d’appel en appel, la décision avait été plusieurs fois contestée puis validée, puis recontestée  jusquà la dernière décision judiciaire qui a tranché définitivement la question en validant le licenciement.
L’enjeu était la lecture que l’on faisait de la loi qui interdit le port du voile dans les organismes publics. Baby Loup était une institution privée subventionnée par des institutions publiques et rendant une mission de service public.
L’ enjeu était fondamental pour les islamistes, comme le droit pour les mères voilées d’accompagner ou non  les sorties scolaires organisées par l’école avec les classes de l’école.

Tous les intellectuels et les hommes politiques conscients de l’enjeu de cette bataille judiciaire pour l’avenir de la laïcité face à la montée du fondamentalisme musulman et a la volonté islamiste de grignoter partout ou cela était possible les barrières juridiques protégeant la laïcité se sont mobilisés pour défendre la crèche et sa directrice.
C’est donc une victoire de la résistance à l’extension de l’islamisme et surtout une défaite de la confusion qui habille avec les habits des libertés fondamentales les manoeuvres des ennemis de la liberté qui ne rêvent que d’un régime ou elle serait supprimée et qui jouissent perversement de retourner contre la liberté de pensée l’action des gens qui pensent la défendre. C’est aussi une preuve de la capacité de mobilisation des partisans de la laïcité, quand on s’approche de points stratégiques.

Mais le succès  pour les islamistes constitué par les déclarations  de la ministre socialiste de l’Education Nationale en faveur de la participation des mères voilées aux sorties scolaires fait que la victoire des pro-laïcité de Baby Loup est compensée par ces déclaration de la ministre pro-signes d’appartenance:Le voile est interdit d’un côté et autorisé d’un autre, et c’est ce qui est inquiétant: les islamistes arrivent à faire jeu égal dans la lutte constante pour l’occupation de l’espace public en France, les décisions de justice sont partagées,le parti socialiste et la gauche sont partagés eux aussi , l’extrême gauche s’accroche aux billevesées multi-culturalistes et applique une grille de lecture « post-coloniale » imprégnée de culpabilisation à la lutte mondiale contre l’expansionnisme islamiste.

Le combat des islamistes vise à les faire apparaître comme les représentants de l’ensemble de la communauté musulmane, alors qu’ils n’en représentent, pour le moment ,qu’une toute petite frange, mais celle  qui crie le plus fort et qui essaie d’être la plus visible, pour donner l’image d’une communauté identifiée à leurs conceptions extrémistes de l’Islam. C’est l’un des plus préoccupants problèmes que quasiment aucune voix ne s’élève dans les rangs musulmans pour se démarquer de ces dérives, ni pour les condamner. Il devient difficile de ne pas penser que une large partie de cette communauté ressent une certaine solidarité avec les exigences religieuses  des fondamentalistes, et estime en tout cas impossible de s’en démarquer.C’est en tout cas le piège dans lequel les Islamistes tentent d’attirer la communauté musulmane: celui d’un conflit entre la religion et la société dans lequel le seul choix qui existe soit celui de la solidarité ou de la désolidarisation avec son groupe de culture d’origine.

 

La ministre socialiste de l’éducation nationale ouvre une brèche dans la laïcité à l’école

octobre 31, 2014

 

Dans la suite des mesures témoignant de la perte de tous les repères par l’équipe au pouvoir depuis deux ans et demi, un nouveau pas vient d’être franchi par la ministre de l’EN.

Najat Vallaud Belkacem, auditionnée par l’Observatoire de la Laïcité, a en effet déclaré que l’acceptation de la présence des mères voilées dans les sorties scolaires devait être la règle et le refus l’exception.
Elle tourne ainsi le dos à la politique intransigeante de refus de pénétration des signes « ostensibles » d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires à laquellle s’étaient tenus les ministres précédents, Vincent Peillon comme Luc Chatel. Elle réintroduit l’ambigüité dans ce qui était clair, puisque devra dans chaque cas être discuté si il y a ou non tentative de prosélytisme religieux. La loi deviendra objet d’interprétation dans chaque situation, mais la ministre indique clairement que elle est favorable à ce que l’on ne tienne pas compte du voile, sauf exception.

Les associations de mères voilées ne s’y sont pas trompées qui se sont félicitées de cette ouverture. Quant à la ministre elle pourra se prévaloir de son ouverture d’esprit auprès des associations de défense des immigrés, quitte a briser un outil fondamental de préservation des valeurs de la société française et de la laïcité qui en est une base fondamentale.

Alors que la fermeté avait réussi à désamorcer complètement l’offensive islamiste qui poussait en avant les jeunes filles qui réclamaient le droit de porter le voile pendant les cours , en le ramenant à un nombre insignifiant, elle permet à ceux qui rêvent de faire pression à l’intérieur même du bastion des valeurs de la démocratie française de rentrer par la fenêtre après avoir été chassés par la porte et de pousser dans le sens de la contagion des modes de vie confessionnalisés. La façon dont l’habitude de »faire Ramadan » s’est répandue dans les jeunes générations musulmanes comme une traînée de poudre, et comment ne pas le faire est de plus en plus stigmatisé montre comment le danger est réel d’une pression psychologique majeure sur le mode des pressions communautaires. Face au désordre identitaire, les marqueurs identitaires que sont le voile, le régime alimentaire, et accessoirement l’identification aux Palestiniens et même l’antisémitisme sont un moyen d’affirmer une communauté de destin avec les autres musulmans et de proclamer son refus d’accepter les valeurs de la société d’accueil. La contagion des modes vestimentaires, l’imitation fréquente des individus à la personnalité plus marquée, fréquents chez les adolescents, sont une voie privilégiée d’expansion de ces modèles. Donner davantage de visibilité à ces croyances est favoriser leur prosélytisme, même si il est nié vigoureusement.
C’est la société laïque qui est refusée au nom des croyances de certains qui rêvent d’imposer leurs croyances à leur communauté pour commencer, et au reste du monde après si cela est possible.

Une mutation fondamentale s’est produite dans les populations immigrées ou descendantes d’immigrés. Ceux qui dans les années 50/60 venaient chercher du travail et rêvaient de retourner dans leur pays à la retraite, et qui se considéraient comme « en transit » en France, et donc ne se mêlaient pas de la politique de la France se considèrent désormais chez eux et veulent donc influer sur le devenir du pays,  mais dans le sens de leur culture d’origine, qui n’a rien à voir avec la culture de démocratie et d’égalité des sexes du pays d’accueil. Là ou la France demande à ses nouveaux habitants d’adopter ses valeurs ou au moins de les accepter, ils renversent la proposition et attendent que la France s’aligne sur leur culture

De plus ces populations sont travaillées au corps par les prêcheurs de l’islamisme qui accèdent à eux par le cheval de Troie de la religion, se présentant comme des aides au « perfectionnement » religieux.

Derrière ces « détails vestimentaires » se joue donc une bataille sourde, mais fondamentale : celle des fondements mêmes de la société dans la laquelle nous voulons vivre : celle de la liberté de conscience et des droits de l’homme et de la femme, ou celle de la terreur, de la pensée unique et des droits inégaux dont rêvent les islamistes qui étendent leur ombre par la ruse ou la violence, suivant les cas.

L’incohérence des socialistes, divisés sur tout, qui appliquent tantôt une ligne laïque, tantôt une ligne communautariste, suivant la personne du ministre et ses allégeances doctrinales, brouillent le message de l’Etat qui zigzague entre fermeté et laxisme, mais surtout montre qu’il n’y a personne à la barre du bateau, qu’il n’y a qu’un jeu perpétuel des tendances à l’intérieur de la gauche Il es temps que l’Ecole reprenne sa mission qui n’est pas que de transmettre des apprentissages, mais aussi d’être le creuset où se transmettent les valeurs fondatrices de la société française : le respect de l’autre, de ses pensées et de sa liberté. Les socialistes, perdus entre leur aile gauchiste et leur aile quasi libérale, ne savent plus à quel saint se vouer et n’ont plus d’autre ligne directrice que de gagner du temps avant leur effondrement total, en espérant qu’un miracle les sauvera d’une rencontre mortelle avec la vérité. En attendant, ils naviguent à vue et ouvrent des avenues aux ennemis de la République qui se lèchent les babines en attendant la prochaine opportunité qui se présentera d’enfoncer un coin dans le dispositif de protection des valeurs essentielles de la société française.

 

ELIE BARNAVI : DIX THESES SUR LA GUERRE: l’incoercible utopie d’un israélien « de gauche ».

septembre 23, 2014

« Le regard d’un historien doublé de celui d’un citoyen-soldat », justifie en quatrième de couverture la publication de ces textes de réflexion d’un auteur spécialiste des guerres de religion au 16 ème siècle

Très rapidement, on voit les contradictions vécues par un intellectuel, membre militant à l’époque de la guerre du Liban d’une fraction de gauche du parti travailliste  (la gauche de la gauche), qui ne peut concevoir la guerre que comme effet et productrice d’une manipulation de masse par les organes dirigeants de l’armée et du gouvernement: la preuve lui en paraît dans l’appellation » Paix en Galilée  » de l’offensive israélienne ,qui n’ avait pas selon lui d’objectifs défensifs, selon son nom, mais un objectif politique:chasser les Palestiniens du Liban, aider les chrétiens du Liban à conquérir le pouvoir. Il est obligé d’admettre que l’immense majorité des israéliens y croyaient,alors que lui se présente comme viscéralement opposé à cette guerre qu’il s’est pourtant obligé à faire ( plutôt que l’objection de conscience.). Il oublie la situation politique du Liban ou les Palestiniens étaient une force militaire conséquente qui utilisait le pays comme base de départ , contre la volonté des chrétiens, et ou leur objectif étaient de faire basculer le pays dans  la coalition arabe anti israélienne. Il oublie que Sharon  a manipulé Begin, en ayant des objectifs plus larges que ceux qu’il avait officiellement posés au départ.

Constatant que la guerre générale entre Israéliens et Palestiniens vire du conflit national vers le conflit de religions et l’opposition entre deux camps internes à chaque côté: les religieux et les laïques, il en tire deux conclusions:

La première : le problème selon lui n’est plus la conclusion d’un accord entre Palestiniens et Israéliens, mais le rapport de forces et la négociation entre les deux parties de chaque camp ( ce qui justifie l’attitude de la gauche israélienne qui réserve ses critiques et ses coups au gouvernement israélien et ne se préoccupe pas des critiques à faire aux Palestiniens.

La seconde:il ny a pas de compromis possible pour les fous de Dieu de chaque camp, et donc la seule solution raisonnable ne peut être que imposée (de l’extérieur). On voit le biais du raisonnement: il est assez facile pour les Etats Unis d’imposer des choix à Israël vu la dépendance économique et militaire d’Israël, mais qui imposera quelque chose aux Fous de Dieu iraniens, irakiens,etc. Les Occidentaux ne sont pas parvenus à abattre le dictateur syrien qui massacre allègrement son peuple, avec le soutien de la Chine et de la Russie, ils ne sont pas arrivés à stopper la montée vers le seuil nucléaire de l’Iran, qui stoppera le monde musulman dans sa tentative folle de nettoyage ethnique du minuscule état Israélien?

La solution en trompe l’oeil de la pression extérieure minimise  le fait que les Fous de Dieu sont très minoritaires du côté israélien et majoritaires du côté arabe: ils massacrent déjà à tour de bras chez eux, avec quelle joie ne le feront-ils pas chez les Israéliens. Comme le disait Mitterand: » les Pacifistes sont à l’Ouest, mais les fusées sont à l’Est », de même, au Proche Orient, la volonté d’Eradication est autour d’Israël, les Pacifistes qui n’ont pour ennemi principal que leur gouvernement sont en Israël.

A la fin de la première thèse, EB note que les guerres asymétriques actuelles sont de plus en plus des guerres idéologiques, ou les systèmes de représentation globaux s’affrontent. Comme il le dit, même s’il y a intrication de facteurs, au fond, Hitler était avant tout vraiment  nazi, Staline vraiment communiste et De Gaulle avait vraiment foi dans la France.

Dans sa deuxième thèse, il s’attarde longuement sur les procédés de constitution de l’esprit de corps ( en particulier dans les corps d’élite) reprenant l’histoire d’un corps allemand de massacreurs ou les hommes sont laissés libres de leur choix: 10% de refus,10% de massacreurs nazis acharnés, et le reste qui fait ce qu’on lui dit, par esprit de corps. C’est la proportion normale de sadiques, d’hommes de conscience et de conformistes. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les méthodes de formation visent à embrigader ceux-ci. Mais là encore il tente de démontrer que l’Armée est une institution de dépersonnalisation, l’ennemie de la pensée indépendante et de la liberté,et donc , implicitement, une ennemie à combattre.

Analysant davantage les guerres de religion, il en relève trois modèles: celui qui oppose deux religions entre elles( et qui prend souvent un caractère ethnique ou national( musulmans/chrétiens, musulmans/animistes, musulmans/ hindouistes, musulmans/juifs,etc.), celui qui oppose une orthodoxie contre un pouvoir jugé mécréant et corrompu (fondamentalistes chrétiens, indous, juifs, musulmans.) et enfin l’affrontement planétaire entre un Islam « purifié »,revenu à son élan conquérant et l’Occident, »corrompu et corrupteur ». Ceux là aspirent à un choc des civilisations et font ce qu’ils peuvent pour l’enflammer. « Ce à quoi ils aspirent, c’est à une guerre civile à l’échelle de la planète ».

Dans sa septième thèse, il règle  son compte au pacifisme qu’il définit comme la doctrine du rejet de la distinction entre guerre juste et injuste,et, partant, de toute forme de violence. Il prend l’exemple d’un petit peuple pacifiste de Nouvelle Zélande, les Morioris, qui vivèrent en paix trois siècles, jusqu’à ce que les Maoris débarquent, les massacrent.. et les ingèrent. Mais il maintient la distinction entre « La Paix Maintenant » et un mouvement pacifiste: c’est selon lui seulement « un mouvement en faveur de la Paix, très subtil  et peu convaincant distinguo. Parallèlement à sa condamnation du pacifisme comme idéologie, il constate le rejet grandissant par les populations européennes, après les deux immenses massacres des guerres mondiales de l’idée de faire la guerre.Enfin, il ne peut s’empêcher, à la fin de l’essai de défendre sa foi en une humanité débarrassée de la guerre, qui « devrait être déclarée « hors la loi.Utopie demande-t-il? » Peut-être, répond il, mais pour une fois, utopie à notre portée. »

Incorrigible!

Idéologies et identités collectives

octobre 10, 2011

Les idéologies sont  des systèmes de concepts , conçus par des individus ou des groupes  qui  construisent un édifice destiné à promouvoir  une vision du monde , basée sur la primauté accordée à certaines valeurs et à certaines formes de rapport entre l’individu et la société.

Elles proposent souvent une vision idéale de la société et des rapports inter-humains, et fournissent une argumentation , la plus convaincante possible, sur les moyens d’arriver à une telle fin.

Leur but est de susciter une adhésion intellectuelle , c’est à dire une adoption par les individus de leur manière  d’aborder les questions et finalement , d’obtenir une foi dans la validité des prémisses de cette vision des choses de telle façon que , si on accepte comme  juste une  partie des raisonnements , on est amené à  faire confiance pour le reste.

Le succès de ces idéologies est lié à la manière dont elles peuvent répondre , à un moment historique donné , aux attentes, aux craintes , aux difficultés de secteurs de la population.

Ensuite ,c’est la façon dont elles sont diffusées , et éventuellement martelées , par les médias et par les institutions de l ‘époque , la façon dont elles sont exemplifiées , l’incarnation par des figures prestigieuses ou des groupes sociaux provoquant un désir d’imitation, qui entraînent la contagion mentale qui fait que les idées se répandent et sont adoptées par un nombre grandissant de personnes.

Il existe à chaque époque une concurrence des systèmes d’idées dans laquelle des idées sont plus dans l’air du temps que d’autres; certaines idées paraissent plus porteuses de sens et de vérité que d’autres, à une époque définie et pour des populations particulières , eu égard aux conditions d’existence de ces populations

Par exemple , l’idée de société communiste a perdu après l’effondrement de l’Union Soviétique et la connaissance des méfaits des régimes staliniens et maoïstes toute crédibilité et tout pouvoir d’attraction et de conviction , à l’exception de quelques  îlots de croyance , contrôlés par des Etats maîtres des médias ou confinés à quelques cercles sectaires.

Un certain nombre de ces idéologies se réfèrent à des textes fondateurs ( la Bible , le Coran, les écrits de Marx et Lénine ou de Mao ) , qui ont entraîné la modification radicale d’un paradigme d’une époque , et qui deviennent la source d’interprétations concurrentes avec les phénomènes d’orthodoxie ou au contraire d’hérésie  qui en découlent, les textes fondateurs devenant  ce qui sert à trancher entre groupes rivaux divergents sur des poins secondaires du système élaboré.

Les querelles de légitimité deviennent  des luttes pour s’emparer d’un corps doctrinal qui permet de prétendre à des postes de pouvoir et en particulier  à celui  qui détermine ce qui est la compréhension « juste » d’un texte et donc le droit à faire disparaître les positions rivales , obtenant ainsi l’exclusivité de la position de porte parole du texte sacralisé.

On a vu ainsi les querelles de traduction ou d’interprétation des textes de Freud envahir les écoles de psychanalyse et déterminer des schismes et des excommunications ,des dissidences se créer et durcir en écoles et chapelles concurrentes , se disputant le « label » de psychanalyste , une compétition féroce existant pour se partager la domination intellectuelle accompagnée  de l’accession à des postes de pouvoir ( postes de direction et de recrutement dans des services hospitaliers ou des départements universitaires) permettant  d’assurer des positions d’influence et de renouvellement des candidats.

Les Eglises, les « écoles » mais aussi  les partis politiques deviennent les institutions dévolues à la conservation , à la reproduction et à l’expansion  de la « véritable » pensée du ou des fondateurs, en même temps que les lieux du pouvoir conféré par le maniement de ces formidables outils d’influence. Car celui qui contrôle l »expression et la forme de la pensée mise en position dominante contrôle la pensée et l’esprit des masses qui adhèrent à cette pensée ,  et peut même tenter de prévenir l’émergence d’une pensée dissidente et de la tuer dans l’oeuf.

C’est pourquoi le contrôle des médias et celui de l’éducation sont des enjeux absolument vitaux sur le plan politique , tous les mouvements politiques et religieux sentant bien que c’est dans ce « moulage » des esprits que se situe l’enjeu fondamental pour le maintien ou la perte de l’influence sur les populations.

C’est ce qui a fait que en France , l’Eglise  s’est défendue avec acharnement contre la perte de son magistère sur les consciences , luttant de toutes ses forces contre ceux qui cherchaient justement  à libérer la population du pouvoir d’influence des prêtres , à travers le ‘formatage » des jeunes esprits par toutes les institutions religieuses qui encadraient , à toutes les périodes de leur existence , la vie des paroissiens.

De la même façon , les grands mouvements totalitaires du XX ème siècle ( fascisme, nazisme et communisme) ont tenté d’encadrer les populations dès le plus jeune âge  à travers  par exemple les mouvements de jeunesse plus ou moins obligatoires dans lesquels l’idéologie de ces mouvements était serinée de façon continue et soutenue par des activités excitantes pour la jeunesse  ainsi que par l’esprit de groupe favorisant l’identification aux pairs.

Tous ces mouvements idéologiques ,ont visé une unification de la société à travers l’adhésion aux mêmes postulats de base et ont dû une large part de leurs succès au désir des populations de trouver un facteur d’intégration et d’unification dans ces croyances communes , les hommes cherchant à retrouver ce qui soude une communauté humaine et donne sens à son activité , contre les facteurs de division inévitables ( différences de culture   et d’intérêts qui dressent les gens les uns contre les autres) . L’universalisme des religions et des doctrines politiques totalitaires apparaît à nombre de personnes comme un antidote à l’individualisme séparant les personnes du corps social  et les coupant de la signification de leur existence. C’est ce qui donne parfois tant de foi à leur engagement  qui repose sur la conviction que la vie la meilleure est celle qui se consacre à un ensemble humain plus large ( même si c’est parfois au prix de la haine contre d’autres groupes humains).

Ce qui se passe actuellement  dans le monde avec la poussée de L’Islam et le poids grandissant du religieux pour les populations en difficulté d’intégration dans les sociétés d’Europe Occidentale montre bien comment les éléments psychologiques et sociologiques s’intriquent pour aboutir à des difficultés d’intégration et à des raidissements identitaires compensatoires.  Tout cela se conjugue dans  une tentative d’affirmation  et de valorisation de soi à travers l’identité islamique. Cette identité ,enveloppe d’une idéologie qui tente de nier la supériorité (intimement ressentie) de la culture occidentale en exaltant  l’effacement de l’individu dans la religion et la tradition, en essayant , de la même façon que les mouvements créationnistes aux Etats Unis , de contester la Science et la Raison  comme supports de la vérité , au profit d’une conception de la vérité bannissant relativisme et esprit critique et prônant la soumission absolue à des mythologies archaïques, fait écho aux blessures narcissiques vécues par les masses  musulmanes déshéritées du monde entier.

Elle est la tentative d’auto-réparation de  groupes sociaux marginalisés par les sociétés riches et modernes , mais qui malheureusement , comme beaucoup d’auto-médications comporte des risques très lourds pour ceux qui la pratiquent.

L’idéologie  (religieuse en l’occurrence) apparaît là  de façon très transparente comme la réponse à  des désirs  puissants de nature identitaire (affirmer la valeur de sa  culture et  manifester son rejet de la culture  environnante perçue comme  stigmatisant ce groupe), échapper à une destinée individuelle en affichant des signes de rattachement à une communauté qu’il s’agit en même temps de faire exister de façon volontariste, ce qui  permet de donner un sens communautaire à son existence.
Les systèmes traditionnels sont dans le monde moderne soumis à des épreuves de viabilité par la compétition mondiale  qui en ébranle les bases , ce qui retentit sur les représentations d’elles-mêmes de ces sociétés et entraîne des succès pour les idéologies qui essayent de restaurer ces systèmes en voie de désagrégation; Un grand nombre de personnes , en souffrance devant le constat  de leur impuissance à lutter contre l’organisation dominante de la société , se raccrochent à tous ceux qui leur parlent le langage du monde qu’ils ne veulent pas quitter et qui leur tiennent le discours qu’ils ont envie d’entendre : celui qui pourfend les valeurs de la modernité et qui avance l’idée que l’union « organique » de la société dans l’immobilité de la soumission totale à la pensée contenue dans un texte sacré  est meilleure que la  mobilité  de l’adaptation  au monde  vertigineusement changeant de la réalité actuelle. Certains choisissent de se faire les combattants de cette idée,jusqu’au meurtre et au sacrifice de leur vie.

Tous ceux pour qui la dureté de la société et la rapidité des adaptations mentales nécessitées par l’existence paraissent impossibles à gérer sont à la recherche de systèmes leur permettant de stabiliser leur pensée , d’expliquer le monde, et de s’y représenter comme doués de valeur. Les offres correspondant à cette attente sont nombreuses  qui se disputent ce « marché » des consciences  en plein désarroi.

Les discours religieux , politiques , et psychologiques , se pressent pour faire préférer leur offre , entre les produits bâclés et bas de gamme (la  camelote  à buts directement intéressés des sectes , les systèmes groupusculaires ne touchant que des cercles très étroits, mais parfois extrêmement déterminés , l’univers flou et labile des rumeurs) et les systèmes très élaborés et sophistiqués , appuyés sur des siècles de productions artistiques, esthétiques , théoriques, validés par la reconnaissance des élites culturelles et intellectuelles , qui finissent par constituer le fond  d’une culture dans une société.

A la différence des systèmes philosophiques purs , que leur complexité et leur difficulté d’accès réserve à  un nombre très réduit de personnes spécialisées dans la pensée , les idéologies sont des systèmes appliqués , formulés en termes non seulement accessibles à tout le monde , mais aussi construits pour séduire intellectuellement et  émotionellement , comme une voiture peut séduire à la fois par ses performances et par son esthétique , mais aussi par ce qu’elle fournit d’image sociale ,par sa référence  à un statut et à une façon de se situer par rapport à ce statut. (voyante ou discrète , puissante ou modeste , banale ou exceptionnelle , etc.).

Les choix idéologiques sont ,indépendamment des facteurs rationnels , des marqueurs d’appartenance  à des groupes sociaux ( marquage ou démarquage , d’ailleurs) dans  lesquels  le conformisme (ou son refus) est un facteur très important  ( Le film de Bertolucci « Le Conformiste » , exposait très bien comment un homme décidait d’adhérer au fascisme pour se fuir en  se fondant dans le système dominant . Plus les systèmes sont totalitaires ( c’est à dire visant l’alignement dans tous les secteurs de l’existence, en particulier privés) , plus la pression vers le conformisme est forte , plus le prix pour y échapper est élevé.

Mais la particularité des idéologies , quand elles sont des ensembles structurés , couvrant à peu près l’ensemble des  domaines de l’existence , est que elle peuvent éliminer  la pensée individuelle d’une personne , moins bien structurée , documentée ,étayée  comme certaines espèces animales ou végétales prédatrices éliminent parfois toutes les espèces concurrentes quand elle sont favorisées par un facteur climatique ou écologique et qu’il n’y a pas de prédateur pour cette espèce (algues vertes, carpes des grands lacs au Canada ,etc.

C’est ce qui pousse les groupes promouvant des idéologies à essayer  d’interdire  le droit à exister à  tous les systèmes concurrents susceptibles de donner une base de résistance  aux individus. Par nature , les idéologies sont expansionnistes et visent  à devenir le système de référence du plus grand nombre d’individus possible , comme les fournisseurs d’accès à Internet  ou les moteurs de recherche deviennent les filtres utilisés par des centaines de millions de gens pour découper la réalité  et accéder au monde.

De ce point de vue , la démocratie  est un système qui vise à préserver la liberté de pensée en luttant contre le monopole  sur la pensée  établi par un groupe (droits de la minorité , liberté d’expression, d’association et de manifestation , liberté de la presse et lutte contre la position de monopole dans les médias, neutralité de l’Etat dans les questions religieuses , choses bien plus complexes que la seule prise en compte d’une majorité numérique).

Finalement ,la démocratie , quand elle est assez au clair avec elle-même pour savoir  que elle doit se donner les moyens de lutter contre ceux  qui veulent laisser le champ libre  aux idéologies qui visent  le pouvoir sans partage et l’éradication de ce qui les conteste , est la seule forme politique qui défend la diversité de la pensée individuelle et sa liberté.

GB

Le voile islamique, écarté des écoles, tente sa rentrée dans les crèches.

novembre 1, 2010

(D’après l’article  de Marie Christine Tabet du JDD  du 31/10 / 2010).

Le 8 novembre 2010 doit se rejuger devant les prud’hommes le licenciement d’une éducatrice de la crèche de Chanteloup  « Baby Loup » , qui après  deux congés parentaux successifs , a annoncé qu’elle viendrait désormais travailler voilée. Face au refus de l’établissement, préoccupé de préserver sa neutralité religieuse, elle a proposé une transaction : son départ contre   12000 euros (!!). Devant le rejet de sa demande, elle s’est tournée vers le conseil des prudhommes … qui lui a conseillé de s’adresser à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre Les Discriminations)

Celle ci lui a donné raison, considérant que le règlement d’une association ne peut être supérieur à la liberté religieuse.

Elizabeth Badinter, marraine de cette crèche, est entrée dans la bataille pour défendre la direction de la crèche, et surtout, donner  à ce conflit la dimension réelle qui est la sienne: celle d’une récidive de ceux qui ont tenté de faire admettre le voile à l’école pour les élèves, et qui, après l’échec qu’ils ont subi au bout d’une bataille de 15 ans (entre 1989 et 2004) , essayent une nouvelle manoeuvre  pour exploiter les failles du système légal français.

Elle a fait appel à Manuel Valls, qui après avoir visité la crèche , a posé la question de cette affaire à l’Assemblée Nationale.

Surtout, Elizabeth Badinter, tout en affirmant son respect pour la Halde, a expliqué dans une interview au JDD que « la Halde  se place dans une optique anglo-saxonne « différencialiste » « . Une nouvelle demande va être adressée à la Halde , espérant que sa nouvelle présidente aura des positions plus républicaines  que le président précédent.

Bien que l’on puisse déceler  une démarche plus intéressée que fondamentalement religieuse ou politique   dans la tentative de monnayage de son départ par l’éducatrice , cette situation est très éclairante de la façon dont l’islamisme peut tirer parti de tous les précédents qui ouvrent des brèches  dans la laïcité française , même si ceux qui ont ouvert les brèches ne l’ont pas fait pour la « cause » religieuse. Surtout ce qui est impressionnant , c’est de voir comment l’engrenage s’est mis en place: à partir de ce qui ressemble à une  tentative de manipulation de l’employeur par une employée pour obtenir une prime de départ.  Le conseil des prud’hommes n’a pas jugé cela comme un problème de licenciement , et s’est défaussé sur une autre instance , la Halde. Celle -çi  a traité la question sous l’angle idéologique de la liberté religieuse , sans se soucier du principe général de préservation des  fondements de la société française. Elle s’est posée non comme juge d’un équilibre politique menacé par des libertés données aux ennemis de la liberté, mais comme un avocat qui trouve toutes les ficelles qui permettent de faire gagner son client. Continuellement sollicitée pour des questions de discriminations (embauche , logements , entrée dans des boîtes de nuit), elle n’a pas vu que la « victime » était peut -être une  manipulatrice , et que sa décision était une décision politique et idéologique dont les implications dépassaient très largement le problème d’une personne.

La crèche de Chanteloup est une association au service du public et vivant sur des fonds publics . Les personnes qui y travaillent y sont perçues comme « faisant fonction de public » comme c’est le cas par exemple dans des dispensaires d’hygiène mentale ou des services sociaux  où des associations privées reçoivent délégation de gestion  par l’état ou la commune . Les personnes y travaillant sont des travailleurs du privé , rémunérés par des associations privées, et n’ont pas le statut de fonctionnaires. Pourtant , les considérer comme n’ayant pas une  » fonction publique » est un tour de passe passe , une tricherie formelle , un « jésuitisme » si l’on peut utiliser le terme en matière d’islamisme.

C’est la confusion introduite par le discours victimaire des islamistes , et relayée par l’ambigüité des prises de position de la hiérarchie catholique qui  pense pouvoir bénéficier des brèches dans la laïcité  ouvertes par les intégristes musulmans , qui permet aux islamistes d’avancer leurs pions  dans leur offensive générale  qui tend à les mettre en position de contrôler les actes et les pensées  d’abord de la population musulmane, et ensuite de toute la population. Comme au temps de la bataille du voile , la liberté de penser des musulmans doit être protégée contre ceux qui parlent soi disant en leur nom , et en vérité à leur place.

Derrière la revendication de liberté d’expression religieuse , c’est la guerre ouverte à toutes les valeurs de la société française : démocratie , égalité des sexes , tolérance envers les différences et liberté de pensée ,  qui avance masquée. Derrière  le langage de la liberté de religion , c’est la haine de tout ce qui n’est pas  religion , et la volonté de le détruire.

LA DERNIERE UTOPIE , un livre de Caroline Fourest sur les menaces qui pèsent sur l’ universalisme

mars 12, 2010

Une utopie se meurt, l’universalisme: c’est la conclusion que tire Caroline Fourest en disant que cette ambition au coeur de la révolution Française, gravée dans le marbre de la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948, lui semble à bout de souffle.

Aux Nations Unies, certains états invoquent des « circonstances nationales » pour ne pas appliquer les droits de l’homme, et le « respect des religions »pour limiter la liberté d’expression. Au nom de la « diversité » des politiques cultivent le droit à la différence contre le droit à l’égalité. Au nom de la résistance à l’impérialisme, des militants amalgament universalisme et néo-colonialisme. Au nom de la tolérance , on tolère le fanatisme..

Peut-on tout tolérer -l’excision et l’infanticide –  au nom des coutumes ? Faut – il organiser des créneaux non mixtes dans les piscines ? Retirer les sapins de Noël des places publiques ?

Comment être antiraciste sans tolérer l’intégrisme, refuser la confusion multiculturaliste et la tentation monoculturaliste?

Droit à la différence ou droit à l’indifférence:

CF examine  la façon  opposée dont l’antiracisme s’est constitué en France et dans les pays anglo-saxons.

Elle remarque entre autre chose la façon dont en France ,le rapport à l’identité  à été lié  plutôt à l’idée de choix de vie fondé sur un libre arbitre (cf Renan et l’idée de nation et les conceptions philosophiques existentialistes) plutôt que à l’idée d’une nature  biologique ou constituée  principalement du legs des générations antérieures.

Revenant sur le succès récent du terme de « diversité » , elle montre comment la volonté manifestée par  le gouvernement à un moment d’introduire le terme dans la constitution aurait eu , si le Conseil  Constitutionnel ne s’y était pas opposé, pour effet d’orienter dans un sens plus « différentialiste » les politiques publiques , favorisant le droit à la différence plutôt que celui à l’indifférence.

La question des statistiques ethniques, souhaitée par le gouvernement, montre comment dans tous les secteurs, l’influence des modèles anglo-saxons , supposés affronter la question des différences ethniques avec plus de courage que  en France, a poussé dans un sens corrigeant l’universalisme républicain et le faisant glisser vers le modèle multiculturel  anglo-saxon.

Les lobbies communautaristes se sont engouffrés dans la brèche, espérant trouver dans  ces statistiques  des arguments leur permettant d’exercer une pression pour obtenir une proportionnalité avec les chiffres des populations « particulières » , avec  à la fois un argument « égalitariste » (tant de membres du groupe nécessitant un nombre proportionnel d’élus,  un pourcentage égal d’admis dans les universités, les directions d’entreprises et finalement dans toutes les professions,), et une menace  électorale sous jacente.

On a vu ainsi le CRAN , se présentant comme le représentant des Noirs en France, défendre les statistiques ethniques contre les mouvements antiracistes ,  en s’appuyant d’ailleurs sur des statistiques  fantaisistes, surestimant largement l’importance de la communauté noire en France

Ce problème rejoint celui de la « discrimination positive »,  où , là aussi , le gouvernement a commencé par envisager des mesures à l’américaine avant de revenir à des positions plus républicaines, c’est à dire visant à corriger les inégalités sur la base de critères sociaux et économiques et non communautaires ( exemple: l’admission d’élèves venant de milieux défavorisés  dans des grandes écoles non par des places automatiquement réservées ou un concours spécial, mais par la mise en place de moyens de soutien plus adaptés ( bourses, tutorat, classes de préparation adaptées ).

Inversement, les excès de l' »affirmative action » montrent les dérives possibles de ce système . La loi, en Union Sud Africaine qui  interdit d’embaucher un Blanc si un Noir à les compétences pour l’ emploi, a pour but initial de lutter contre le chômage de masse des Noirs, en partie consécutif à l’Apartheid antérieur, mais elle  conduit à la mise au chômage  et à la misère des petits blancs sans qualification. De plus , la loi a été biaisée en qualifiant les Chinois de « Noirs », sous prétexte que dans l’apartheid ,ils étaient rangés dans la catégorie de métis, alors que cette loi permet en fait, non pas de réparer l’injustice subie, mais d’embaucher les centaines de milliers de chinois émigrants récents avec l’implantation de la Chine dans le pays.

 »  Comment faire société, comment maintenir un minimum de valeurs communes tout en répondant à l’inflation de dérogations demandées au nom de la culture ou du du religieux ? » s’interroge CF Il  y a bien longtemps remarque -t-elle que la plupart des sociétés humaines ne sont plus des tribus homogènes. La nouveauté vient du fait que » la coexistence culturelle ne se fait plus par la force,la conquête ou la colonisation, mais de plus en plus sur la base du consentement. Ce qui  oblige à penser le pacte entre minorités et majorité là ou la norme et le rapport de force l’imposaient jadis. Où mettre le curseur pour respecter la diversité sans défaire l’unité.Répondre à ces questions suppose d’arbitrer entre différents types de liberté comme la liberté d’expression et la liberté religieuse; mais aussi d’arbitrer entre les priorités des différentes communautés lorsque les intérêts d’une minorité entrent en collision avec ceux de la communauté nationale ou avec ceux d’une autre minorité au sein de l’espace national ».

Sur la  question de l’équilibre entre langues régionales et langue nationale ,  reprenant la question ouverte par Mona Ozouf dans son livre  remarquable »Composition française  » (voir article sur le blog), CF exprime un point de vue partagé entre résistance à l’uniformisation et crainte de voir les particularismes régionaux menacer l’idéal commun. Ce problème rejoint celui de la coexistence entre langue nationale et langue des migrants. Elle cite l’exemple de la Californie ou plus du quart des habitants sont hispanophones, beaucoup exclusivement: une société peut elle se permettre de laisser un trop grand nombre de citoyens ne pas maîtriser la langue commune? N’est ce pas le meilleur moyen de conduire à la ghettoïsation des migrants et de les rendre vulnérables à l’exploitation?

Elle conclut que l’enseignement de la langue d’accueil est une condition sine qua non de l’égalité et de l’universalité, ce qui justifie la décision prise part de plus en plus de pays européens (Pays bas , France, etc.) d’imposer des tests de langue comme condition pour émigrer.. Elle remarque également le changement de contexte lié au fait que , contrairement à l’émigration de la génération précédente, la nouvelle n’envisage plus vraiment le retour au pays , ce qui à l’époque avait entraîné un programme d’apprentissage de la langue du pays d’origine, qui est tout à fait à contre-temps maintenant ou les enfants d’émigrés se retrouvent dans un entre-deux identitaire ou la double culture est plutôt source de déchirement.

Communauté et communautarisme :

CF  oppose les deux notions, la communauté n’étant rien d’autre qu’un regroupement sur la base d’une identité ou d’affinités culturelles , alors que le communautarisme est une démarche plus radicale conduisant à se regrouper dans le rejet des autres ou des règles communes, au point de vouloir déroger à l’universel.

Les exemples abondent du désarroi des institutions confrontées à ces demandes communautaristes qui se présentent sous le visage d’expressions  de la liberté religieuse et qui grignotent l’espace  des libertés publiques (demandes d’horaires de piscine interdits aux hommes ou réservés à ceux qui portent des tenues dites « pudiques » au sens religieux, refus de soins en urgence si il s’agit d’un médecin homme pour une femme,( plusieurs hôpitaux anglais se sont dotés d’une burka chirurgicale!)etc.

Le modèle d’intégration en débat:

CF reprend la définition donnée par Emile Durkheim de l’intégration: « Un processus par lequel une société parvient à s’attacher les individus, les constituant en membres solidaires d’une collectivité unifiée ». Elle rapproche cette définition de celle produite par le Haut Conseil à  l’intégration : »Sans nier les différences, en sachant les prendre en compte sans les exalter, c’est sur les ressemblances qu’une politique d’intégration met l’accent afin, dans l »égalité des droits et des obligations,de rendre solidaire les différentes composantes ethniques et culturelles de notre société, et de donner à chacun, quelle que soit son origine, la possibilité de vivre de cette société dont il a accepté les règles, dont il devient un élément constituant. ». CF souligne que ce modèle français d’intégration ne signifie en aucun cas la négation des différences, mais insiste pour que tous les citoyens se sentent partie prenante de la société. Ainsi, dit-elle , l’intégration se présente comme un juste milieu entre l’assimilation – cette contrainte normative poussée à l’excès-et l’absence de projet commun, sans lequel une société humaine se résume au partage de la richesse économique.

La confusion entre intégration et assimilation vécue comme uniformisation ne touche pas que les citoyens ordinaires.Le tableau que CF dresse  des positions prises par les sociologues face à ces questions , au coeur de leurs pratiques et de leurs réflexions, est effrayant par l’aveuglement , les parti-pris idéologiques, les préjugés, la fermeture aux réalités  et la foire d’empoigne dépourvue de toute objectivité qui caractérise  les points de vue dans ce secteur des sciences humaines.Entre l’assimilationnisme « franc » de Emmanuel Todd qui propose la fusion complète par exemple des Juifs dans la population , et le communautarisme revendiqué d’un Tobie Nathan , pour qui il n’existe pas  » de souffrance du migrant en dehors de son groupe » et pour qui tout universalisme est « une forme de domination occidentale » (sic) existent des innombrables intermédiaires.

CF insiste sur le fait que un certain multiculturalisme, qui il y a 20 ou 30 ans s’était développé en réaction au côté abstrait et conservateur du républicanisme de l’époque, n’a pas pris en compte les nouveaux défis et les nouveaux rapports de force qui traversent la société:percée de l’intégrisme,dégradation du vivre ensemble, montée des pressions communautaires sur les individus, recul du droit des femmes dans les quartiers populaires.Aujourd’hui  ou des mouvements réellement communautaristes et rétrogrades  veulent être tolérés au nom du respect des cultures et de la religion, le credo républicain vise moins à conserver une norme dominante qu’à protéger les acquis émancipateurs.. Dès lors, il change de sens et devient plus progressiste que normatif. Un certain nombre de sociologues refusent de revoir leur grille de lecture et hurlent de façon pavlovienne contre toute  exigence envers une minorité comme s’il s’agissait toujours d’une injonction raciste , xénophobe ou néocolonialiste.

Le Canada , berceau du multiculturalisme :

CF lui consacre une étude fouillée et au passage examine les théories du chantre canadien  et international du multiculturalisme: Charles Taylor , philosophe et homme politique de gauche (candidat aux élections): celui- ci a bâti tout un système philosophique qui distingue trois stades dans l’histoire mondiale des sociétés:: les sociétés hiérarchiques de l’Ancien Régime, valorisant l’honneur; l’idéal universaliste, valorisant au contraire l’égale dignité. Le troisième stade,tout en maintenant une dose d’universalisme, doit selon lui reconnaître « l’authenticité » comme étant la base de » l’idéal moderne ». « Avec la politique d’égale dignité , ce qui est établi est censé être universellement le même, un ensemble identique de droits et de privilèges; avec la politique de la différence, ce que l’on nous demande  de reconnaître, c’est l’identité unique de cet individu ou de ce groupe, ce qui le distingue de tous les autres.

On reste confondus devant le simplisme ridicule de la vision de l’histoire et la réduction des problèmes  de constitution des sociétés à un seul critère psychologique :celui d’un équivalent  de la crise d’originalité adolescente  , à la recherche d’une petite différence qui fonde  une identité en recherche d’elle même; La dimension vague du concept d’authenticité , dont on devine qu’il fonde une normativité de la collectivité restreinte ouvre la porte à tous les essentialismes suspects  (volkgeist, âme du peuple, voix du sang ,etc.) et à toutes les obligations de conformité (pour être un Allemand authentique, ou un musulman ou un juif authentique).

La polémique sur les signes extérieurs religieux; le problème du voile.

CF montre comment la bonne volonté  multiculturaliste se transforme en passoire face à des revendications religieuses radicales. « Empruntant le visage du minoritaire et l’accent du culturel, les exigences les plus intolérantes, notamment contraires à l’égalité hommes- femmes et à la liberté d’expression brouillent sa grille de lecture »

« Ainsi, le voile s’inscrit dans une reconquête politique qui défie le processus de libération des moeurs en proposant le sexisme comme réponse à la convoitise. Il est revendiqué par des mouvements qui veulent imposer cet uniforme pour mieux unifier les différentes communautés musulmanes sous la bannière d’un islam radical. Contrairement au pendantif en forme de croix , le voile  ne pose pas que la question de la laïcité, mais aussi celui de  l’égalité hommes-femmes. »

« Confrontée à un voile de plus en plus politisé et revendicatif au sein de l’école publique, la commission Stasi avait choisi de soutenir en priorité les élèves dont les convictions s’approchaient le plus de l’idéal républicain: celles qui ne souhaitent pas porter le voile à l’école et redoutaient de se voir accuser de « trahir » si ce voile était alors toléré.. Ce pari de la République a été gagné. Un nombre infime de lycéennes et de collégiennes ont choisi de quitter l’école publique et la loi a largement contribué à apaiser le climat scolaire ».

Pour éclairer ces différences d’approche dans les rapports avec les minorités religieuses et culturelles , CF examine encore la différence de relation entre l’Etat et la religion aux USA et en France. Aujourd’hui , la plupart des pays reconnaissent et subventionnent les religion , USA en tête. La France , elle, « ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ».  En France la République a du s’arracher à une monarchie de droit divin et donc à la religion.. L ‘Amérique, au contraire sert de refuge à toutes les religions et sectes persécutées. Aux USA, les intégristes peuvent s’identifier aux « pères fondateurs » et le religieux conserve une part de supériorité morale sur le politique. En France, depuis Voltaire, ceux qui veulent mettre le loi de Dieu au-dessus de celle des hommes sont considérés comme des « fanatiques ». Ainsi s’opposent le  « freedom  from religion  » ( se libérer de la religion) de la France et le  « freedom for religion »  (liberté de religion) des Etats-Unis. Contrairement à la laïcité de la reconnaissance (américaine) , la laîcité française ne suppose pas un état neutre ,  mais un état au service de l’émancipation et de la citoyenneté.

Pour conclure CF revient sur ce qui constitue l’ axe de son livre: le fait que les revendications émanant de minorités victimes de racisme ou de ségrégation ont changé de sens avec l’apparition de mouvements réactionnaires ou intégristes , dont l’intolérance trompe la vigilance avec d’autant plus d’impact que la religion n’est pas seulement une culture, mais un système de valeurs pouvant entrer en concurrence avec la loi.

« Si le croyant opte pour une vision intransigeante de sa foi et entend placer  ses convictions religieuses au dessus des lois communes , ce n’est pas à l’Etat mais à l’intransigeant de s’accommoder », sinon « la tolérance sert à tolérer l’intolérance ».

L’islamisme est le totalitarisme du XXI ème siècle

novembre 16, 2009

Le vingtième siècle a vu l’apparition des deux grands totalitarismes qui ont produit l’enrégimentement des masses dans des systèmes qui contrôlaient tous les secteurs de leur existence, faisaient régner la terreur sur leurs populations, imposaient un système de pensée officiel auquel il n’était pas possible de s’opposer ouvertement, et visaient la conquête du monde entier par l’usage de la violence politique et militaire et la suppression de toute pensée et activité dissidente.

L’un et l’autre ont causé une masse de souffrances humaines inouïes, en s’appuyant sur la terreur, mais aussi sur la foi aveugle de millions de militants, prêts à tous les sacrifices pour réaliser le monde présenté comme idéal par  leur système de pensée,  leurrés par une propagande  cyniquement mensongère, mais misant sur l’effet de répétition et sur l’écrasement de toute information véridique par le moyen  du contrôle de tous les médias.

Ces deux systèmes, le système nazi et le système communiste, ont eu en commun le mépris pour les systèmes démocratiques, l’endoctrinement systématique de la jeunesse dès le plus jeune âge, l’instauration de systèmes de surveillance utilisant toute la puissance de l’Etat pour traquer  les opposants,.

Le premier n’a été vaincu que par l’union de toutes les puissances démocratiques, dans une lutte sans merci, et une guerre mondiale qui a laissé l’ Europe en ruines  et qui est passée près d’une défaite mortelle pour l’humanité.

Le second ne s’est écroulé, après 70 ans de souffrances pour les peuples, que par une déroute économique  liée à  l’aberration de son propre système, après avoir mené le monde au bord de l’affrontement nucléaire à plusieurs reprises.

Ni l’un ni l’autre n’ont cédé à une opposition venue de leurs propre monde. Ce n’est que la défaite de leurs forces dans le combat, militaire ou économique, avec les démocraties liguées contre eux qui a permis aux oppositions  de les terrasser et de reprendre une existence dans ces pays.

Les deux systèmes se sont constitués autour d’une idéologie centrée sur une valeur fondamentale, qui devait prendre le pas sur toutes les autres et annuler toute autre valeur que elle  même:

-la race, dans le système nazi, conduisant à l’élimination des autres races, et des valeurs humaines contradictoires avec  l’idée de privilégier une race au détriment de toutes les autres.

-La classe sociale, dans le système communiste, avec la négation de toute valeur autre que celle utile à la classe du peuple, puis au parti prétendant la représenter.

Dans les deux cas,  la subordination de toutes les valeurs à une seule aboutit de fait à la suppression de  toute valeur, puisque la « valeur » mise en exergue n’en est pas une réellement, puisque elle se réduit à la défense des intérêts d’un groupe qui pour prendre le pouvoir  annule tout l’édifice  de ce qui l’ a précédé pour reformuler les droits et les devoirs en fonction de ce qui permet son maintien   sans vergogne. Morale, éducation, justice,  culture, institutions politiques, tout devient seulement une arme pour perenniser la prise de pouvoir par un groupe et l’omniprésence des idées qu’il soutient. en même temps que la haine pour les idées divergentes est encouragée dans les masses.

Les deux systèmes ont eu en commun cette mise sous tutelle de la totalité des  pouvoirs et l’utilisation de tous les leviers sociaux et politiques dans un seul but: promouvoir  une seule pensée de la vie des humains et détruire toute idée concurrente.

Ce qui caractérise donc ces systèmes totalisants, c’est la conjonction de ces deux facteurs: une prise de pouvoir qui est suivie de mesures empêchant par la violence, légale et illégale, tout retour à l’état antérieur , et le développement d’un système de pensée    à la fois  effaçant les systèmes de valeurs opposés et  antérieurs,  se proposant comme un système de vie global, régissant toute la hiérarchie des valeurs en les réduisant à  une seule ( le dévouement au guide ou au parti, en dernier recours), supprimant avant tout l’idée qu’il peut y avoir des valeurs diverses entre lesquelles les individus ont la capacité de choisir, ce qui fonde leur liberté, leur responsabilité et donc leur dignité.

L’islamisme, c’est à dire le courant d’idées qui veut obtenir le pouvoir politique pour les représentants de la religion et donner tout le pouvoir politique aux chefs religieux dans le monde arabo- musulman réunit les caractères du totalitarisme  qui s’est imposé  dans une partie du monde au 20 ème siècle.

Sur le plan politique, l’ Iran, modèle de la révolution islamique , est un état ou règne la terreur politique, la persécution et la torture des opposants, et à l’extérieur, une politique expansionniste appuyée sur  le soutien à des mouvements terroristes en attendant le chantage à l’arme nucléaire. Les dernières élections présidentielles ont fourni la preuve de la volonté d’éradiquer, par tous les moyens (fraude électorale, terreur physique, procès faits aux opposants) toute ligne politique divergente de la théocratie absolue défendue par le noyau dirigeant;

Sur le plan idéologique, l’Islam, dans sa version exclusivement chiite, et sur le mode intégriste , est instauré en système de pensée unique , dans une intolérance totale à toute pensée dissidente. La vision de la religion qui est développée n’est pas celle de  quelques points de repères dans l’existence, en particulier sur le plan moral, mais celle d’un code impératif réglant tous les  domaines de l’existence  et interdisant le jugement personnel, puisque ce sont les autorités religieuses qui sont dépositaires de l’interprétation du texte sacré. Tous les secteurs de la vie collective et privée sont soumis à un seul impératif:  la conformité avec le texte source , tous ceux  de la  relation aux autres nations  ramenés au projet d’extension de l’Islam et de sa puissance dans le monde.

Ce qui a permis au christianisme d’échapper au contrôle omnipotent des esprits et de sortir de l’époque  de l’Inquisition, cela a été la lutte constante du pouvoir politique aux différentes époques pour circonscrire le pouvoir de l’Eglise et ne pas lui donner les moyens de l’Etat en plus de sa puissance d’influence sur les esprits. C’est ce qui a abouti, à la suite de longues luttes, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, élément fondamental de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs qui sont la principale garantie des libertés face à la pente naturelle du pouvoir de se renforcer et d’utiliser ses moyens supérieurs à tous ceux de la société civile pour s’exercer sans limite.

L’inexistence dans la pensée islamique d’une telle division, conçue comme blasphématoire puisque fondant ailleurs que dans la parole divine une institution, quelle qu’elle soit, place la pensée politique islamique sous le signe du règne de l' »Un ». Toute remise en question d’un écrit coranique est une critique de Dieu, qui a « inspiré » ces textes et est donc une faute suprême. La démocratie, en donnant la souveraineté au peuple plutôt qu’à Dieu, est aussi un système mécréant. Le monde est divisé en deux camps: celui de Dieu, et de ceux qui se soumettent totalement à sers volontés exprimées par les dignitaires religieux, et celui de ses ennemis qui ne méritent aucune pitié.

On retrouve la dénégation de toute valeur humaine à ceux qui ne partagent pas la foi de ces croyants, comme dans le nazisme la dénégation du caractère humain des juifs et dans le communisme l’absence de droits accordés aux soi-disants ennemis de classe ou ennemis du Parti.

De la même façon que les systèmes nazi et marxistes ont réussi à entraîner des masses énormes, à l’échelle d’un pays pour le nazisme et du monde entier pour le communisme,  en se présentant comme une révolution dans les valeurs, et en apportant à la fois l’idée d’une revanche ( pour le peuple allemand d’un côté, pour les masses  misérables de l’autre) et  le rêve d’une humanité sortie de ses contradictions: le rêve de « purification  » et d’unité par l’anéantissement de l’altérité des nazis, le rêve d’une humanité ayant dépassé les conflits d’intérêts et de classe dans la « société sans classe » du communisme , l’Islamisme  prolifère sur le fond de rancoeur et et d’humiliation des masses  musulmanes et promet une société délivrée de la pensée du variable et du choix subjectif  par l’obéissance à Dieu.

Car la religion possède deux facettes: celle d’une boussole morale pour les masses qui ne peuvent par elles mêmes répondre aux questions sur le sens de l’existence et les principes sur lesquels fonder ses choix existentiels, et qui peuvent trouver dans les grands mythes religieux l’affirmation de principes humains qui permettent de ne pas vivre simplement au jour le jour de ses appétits et de ses besoins immédiats;

Celle d’un système qui au lieu de permettre de penser les interrogations humaines, se propose comme la réponse à toutes les questions et qui interdit de poser d’autres questions que celles qu’elle formule ou d’y répondre autrement. Elle devient alors au contraire un outil d’évitement de la pensée, et fournit un recueil de questions -réponses dont il est interdit de sortir, formule qui convient très bien à de très nombreux esprits non formés à la réflexion indépendante, et qui nourrissent même une sourde hostilité vis à vis de cette liberté qui leur échappe.

C’est la raison du succès planétaire des grandes idéologies qui se présentent comme fournissant un système de réponses cohérent, impressionnant par  la dimension monumentale et par l’unification  de la vision du monde qu’il promet, et faisant rapidement oublier les éléments contradictoires qu’il a écartés dans la phase initiale de sa construction.

Ces idéologies, plutôt dévaluées dans le monde occidental qui a payé le prix pour savoir quel danger elles recèlent, possèdent encore un pouvoir d’attraction dans le monde arabo-musulman, à la recherche d’idées  susceptibles de fournir un étayage à un désir de puissance frustré et  à un besoin de valorisation identitaire qui passe par tout ce qui peut nier  l’influence culturelle occidentale.

L’intégrisme religieux, qui est une réaction de déni  et de recul face à la rapidité d’évolution et de transformation du monde, à laquelle s’oppose la fixité du dogme et du texte sacré, progresse partout en réaction à l’accélération des changements dans les modes de vie sociaux, particulièrement dans les sociétés traditionnelles, rurales ou  paléo industrielles, dont les populations ne sont pas armées pour s’adapter aux mutations.

C’est le cas du monde arabo-musulman, qui a manqué le train de la modernité , au moins intellectuelle , et qui choisit d’accentuer le côté traditionnel plutôt que de tenter de trouver les réponses suscitées par les bouleversements sociaux et économiques du monde actuel.

Ce déni de la réalité est dangereux car il pousse ses acteurs à s’enfermer de plus en plus dans leur monde anachronique et à agresser ceux dont l’existence est un démenti à leur  aveuglement volontaire. Surtout, les régimes totalitaires peuvent se contenter de n’entraîner qu’une minorité de leurs populations si les autres sont suffisamment terrorisés par la répression pour ne pas exprimer leurs désaccords et se résigner à laisser le champ libre à la violence de ceux qui les gouvernent, pourvu qu’on les laisse en paix, ce qui en général ne dure  pas.

La fuite en avant du régime totalitaire, qui est menacé par la porosité des barrières mises au contact avec les sociétés libres, et qui a besoin du mouvement perpétuel pour ne pas être miné par  l’infiltration du progrès mental venu de l’extérieur, comporte un danger constant d’escalade et de jusqu’auboutisme,  dernier recours pour mobiliser et embrigader les masses qui peuvent lui échapper .

Le fanatisme  généré par l’idée de valeur unique  et de sacrifice  comme signification suprême de l’existence  constitue un élément d’irrationnel qui doit être pesé dans l’évaluation des stratégies de lutte contre ces ennemis mortels des libertés.

Le choix fait par une partie des masses musulmanes de tourner le dos à la liberté et de se murer volontairement, comme le symbolise parfaitement le voile islamique, dans un monde hors du temps, par désespoir  de réussir à trouver une place valorisée dans le monde moderne , et par refus d’accepter de prendre acte du retard moral et intellectuel accumulé par rapport au monde occidental, mais par rapport aux autres cultures aussi, les jette dans les bras du parti de l’obscurantisme, de la haine, et de la soumission aveugle au refus de la pensée.

C’est  ce qui crée la situation de montée de l’extrêmisme qui évoque la situation de montée des fascismes dans l’entre deux guerres en Europe. L’absence de classe intellectuelle dans le monde islamique, hormis les cadres religieux gardiens du dogme , empêche que  une autre voix se fasse entendre pour proposer au monde arabe une autre issue que  succomber à ses propres démons.

Tous les intégrismes religieux et politiques, par leur vision littéraliste du monde ramenée à une vérité unique, résumée à un texte, sont des ennemis de la liberté de penser , et à terme, de s’exprimer. Mais quand s’y adjoint la prise de possesion de tous les leviers de pouvoir et d’information et la terreur politique , on entre dans le monde de l’horreur et du crime de masse, qui est l’aboutissement inévitable du totalitarisme.

Le débat sur l’identité nationale: la Nation incarne des valeurs dans un mode de vivre ensemble

novembre 8, 2009

Le lancement par le ministère de l’identité nationale , de l’intégration et de l’immigration d’un débat sur la question de l’identité nationale a  soulevé  dès sa création des réactions très diverses allant de la méfiance à priori à l’intérêt profond, mais un sondage a montré une certaine lucidité chez les gens interrogés: ils sont une majorité à considérer que la relance de cette question, à ce moment précis, répond à des objectifs politiciens: mettre la gauche en difficulté et la diviser face à ces questions qu’elle n’a pas pensé depuis des dizaines d’années et ou elle est particulièrement vide d’idées et de propositions, et cela à la veille des élections régionales, tout en enlevant au Front National l’exclusivité du thème  national. Et en même temps , ils sont une majorité également à trouver intéressante et fondée, à l’époque présente, la réflexion sur  cette question, qui relaie une interrogation profondément actuelle, à l’heure de la mondialisation, de la mise en place de l’Europe, et des communautarismes , sur la spécificité et les limites de la particularité française.

D’emblée, le débat reprend  pour bases l’opposition  entre les deux visions  traditionnellement opposées de la Nation: l’opposition entre la vision de Renan , issue de la vision rationaliste et universaliste des Lumières,  fondée sur l’adhésion renouvelée à une conception citoyenne , c’est à dire un projet commun, donc une communauté de destin voulue et choisie, et la conception « romantique »  à l’allemande, ou ce qui est  considéré comme primordial,est le « Volkgeist », l’âme du peuple fondé sur la langue, les traditions, la religion, les mythes reçus et ayant constitué l’ héritage qui s’est sédimenté dans le caractère national.

La différence évidente entre ces deux conceptions est que la deuxième exclut de l’identité nationale ceux qui, étant des arrivants plus récents, n’ont pas dans leur identité les mêmes sédiments que les nationaux « de souche ». Ils  restent , dans cet esprit , des nationaux incomplets, et finalement, toujours des suspects de ne rejoindre que superficiellement les valeurs des « anciens » nationaux .

C’est une conception de l’identité « essentialiste » ou l’on a ou pas  un héritage qui fonde la qualité de Français , ou d’ Anglais, de naissance. On est bien là dans une opposition entre identité de choix et identité d’origine, qui rejoint évidemment le conflit entre droit du sang et droit du sol. On voit aisément comment une telle conception peut dériver vers une vision raciste de l’appartenance nationale. On voit également ce qu’a de fondamentalement conservateur l’idéologie du « Volkgeist », puisque, l’homme étant considéré comme avant tout un héritier, le sens principal de son existence est de préserver et transmettre cet héritage. Il devient ainsi un gardien, de trésors certes, mais tourné vers le passé ou sont placées toutes les valeurs essentielles

On peut, pour figurer cette opposition , la transposer dans ce qui se présente sur le plan de l’identité d’un individu isolé.Là aussi on peut définir l’identité d’une personne par ses caractères   hérités : le tempérament naturel, les dons du milieu social dans lequel il a évolué, en fait, toutes ses déterminations.

Pourtant, ce qui fait dans les conceptions modernes la valeur fondamentale d’un individu, et sa dignité, c’est le fait  qu’il dispose d’une capacité de choisir librement d’accepter ou de refuser ces dons de la nature, de l’histoire et de la société, en fonction  des valeurs qu’il choisit de privilégier ,  selon une hiérarchie  dont il est seul à pouvoir juger, et qui peut changer  selon les époques de sa vie.

Ce qui est présenté par les tenants du Volkgeist romantique comme un déterminisme auquel il faut se soumettre, est vu par les tenants de la vision de Renan, celle des Lumières, comme une adhésion libre à un système de valeurs. Le paradoxe de la vision romantique de l’identité nationale, qui conduit directement à un nationalisme exclueur  et agressif à l’égard des minorités et des étrangers, c’est que elle prend le caractère qu’elle critique dans les communautarismes: la communauté  s’arroge des droits sur les individus, définit une identité modèle à laquelle ils doivent se conformer, les interpelle sur leurs écarts avec ce modèle. Elle décrète quelles sont les valeurs conformes à  la défense  , la perpétuation et l’extension de la communauté. Elle stigmatise ceux qui s’en écartent.

Pour éviter de se perdre dans le déterminisme essentialiste des mystiques de l’âme du peuple , il faut séparer ce qui est l’identité de chaque français -qui comporte , individuellement,des traits d’attachement , variables dans leur extension,  au patrimoine culturel, historique, langagier et religieux de la France, constituant par là leur sentiment national, et ce qui est  la  particularité des valeurs françaises, sur lesquelles existent un consensus essentiel qui réunit les différentes couches de la population .

Ces valeurs sont celles d’une démocratie profondément enracinée dans tous les aspects de la vie sociale  et dans toutes les institutions de la France (équilibre des pouvoirs judiciaire, éxécutif et législatif, liberté de parole, de manifestation, d’association, réalisant un immense réseau de la société civile équilibrant le pouvoir de l’ Etat, limitant et contrôlant le pouvoir de la police, de l’armée, contrebalançant (partiellement) le pouvoir des forces économiques.

C’est l’existence  de puissantes aspirations égalitaristes, manifestées dans les différents évènements révolutionnaires de l’histoire, coexistant avec une idéologie méritocratique et des structures souvent très hiérarchiques héritées de l’ancien régime,qui constituent un équilibre ménageant ces contraires.

C’est la laïcité qui a permis de préserver le goût de la liberté de penser et l’esprit de tolérance malgré les mouvements passionnels, et qui a permis le dépassement   et la séparation du politique et du religieux, plus que dans aucun autre pays.

C’est une forme de tolérance de l’autre qui s’est inscrite dans l’universalisme de la vision politique  française, issue du rationalisme et de l’universalité des valeurs des Lumières, et qui à fait de la France un porte parole des droits universels dans un monde soumis  à la dictature des intérêts particuliers.Les valeurs politiques  incarnées par la Nation Française se ramènent finalement à des valeurs morales: égalité en dignité et en droit de tous les êtres humains, caractère primordial de la liberté pour chaque individu, nécessité d’une solidarité entre les êtres humains à l’opposé de l’égoïsme et de la loi du plus fort.

Cet ensemble de valeurs est le ciment profond  des groupes de la nation française. Il prend la forme d’un équilibre richement nuancé entre des valeurs parfois contradictoires, qui s’est approfondi et ancré au fil des générations et qui aboutit à une forme d’art de vivre ensemble dont on voit l’effet de l’ absence chez certaines nouvelles nations. Il peut être ébranlé par des moments de crises , de clivage, ou  les passions dressent les uns contre les autres ou donnent à  certains le sentiment qu’ils sont oubliés du reste de la nation.

Il est ce qui fonde le sentiment d’être privilégié par le fait d’être Français. Il est le produit de l’évolution  de la Nation  depuis ses origines, et il intègre aussi bien les éléments religieux  ( reconnaissance de l’égale dignité des êtres humains par la religion, souvenir des ravages  créés par les guerres de religion) que les éléments révolutionnaires ( traditions de révolte du peuple, traces de la révolution de la pensée créée par l’abolition de l’Ancien Régime, souvenir des abus de la Révolution).

Le système politique , social et culturel de la France constitue un tout. Il est un mode de réalisation de valeurs humaines ( liberté, raison, universalité) , et de promotion de ces valeurs qui donne un prolongement dans la réalité aux valeurs intérieures de chaque français.

Etre Français, se reconnaître et se vouloir Français est une façon d’adhérer au parti de la liberté, de la raison universelle, de la tolérance, et cela même si certains français ne sont ni rationnels, ni amis de la liberté, ni tolérants.

Il y a eu des périodes ou des Français, au nom de la France, trahissaient ces valeurs et l’identité  intemporelle de la France (Vichy par exemple). Mais  l’identité de la France n’a pas été changée par cette période sombre. L’identité de la France n’est donc pas réduite à un gouvernement ou un autre, mais elle résume les choix fondamentaux sur le long terme,les valeurs qui perdurent et structurent le pays sur la durée.

C’est aussi une inquiétude sur la possibilité de rester fidèle à ces valeurs qui naît de l’apparition  en France de minorités qui contestent ces valeurs mêmes (laîcité, liberté de pensée, universalisme) au nom de valeurs opposées. C’est la raison  qui rend  attentifs et fermes  sur les critères de ce qui est  dangereux pour la préservation de ces principes fondamentaux. L’inquiétude qui se développe vis à vis de l’immigration, comme vis à vis de l’intégration européenne naît, dans les deux cas , de la crainte de ce que le poids de la démographie joue dans le sens d’une modification insidieuse du consensus sur ces valeurs, partagées  mais pas forcément explicitées.

Pour la première fois dans l’histoire de la Nation, apparaît un risque que le consensus soit modifié sans que les Français aient à se prononcer sur cette évolution. Or,  ce consensus sur les valeurs ne veut pas dire que les Français soient d’accord sur tout (on en est évidemment très loin), mais qu’ils partagent ce dénominateur commun, qui donne son unité à la nation, et donc aussi sa force.

C’est pourquoi formuler ce qui est le noyau même de l’unité et de la spécificité française à de l’importance, aussi bien relativement aux formes de l’acceptation des populations désireuses de devenir françaises que par rapport aux limites acceptables des renoncements de souveraineté nécessités par l’intégration européenne. Il n’y a pas lieu de s’en effrayer en craignant que se mettent en place des moyens d’exclure sur un mode xénophobe, si  la formulation qui fait sortir de l’ineffable  pose au contraire simplement les règles du vivre ensemble qui évitent le développement  de réactions extremistes, et si elle pose au contraire clairement les raisons que l’on peut avoir de partager  cette histoire avec ceux qui se reconnaissent dans les fins du peuple français.

Parallèlement, rien n’interdit d’ajouter aux valeurs partagées par la Nation d’autres valeurs plus particulières, qui peuvent être celles de groupes plus restreints (attachements régionalistes, religieux, politiques) Ce que la nation demande, ce n’est pas l’exclusivité, mais la non contradiction avec ces valeurs fondatrices.

(Voir aussi sur le blog l’article : « Qu’est ce qu’une Nation ?  » , l’analyse du texte de Renan , et « Mona Ozouf critique la conception de Renan de l’identité nationale )

LA REVOLTE DES JUIVES ORTHODOXES EN ISRAEL

mars 6, 2009

LA REVOLTE DES JUIVES ORTHODOXES EN ISRAEL (d’après un article du Figaro du 20/08/2007 de Patrick Saint Paul) « Dans le bus de la ligne 40 de Jérusalem, les hommes montent par l’avant, alors que les femmes montent par une entrée séparée à l’arrière. Les hommes s’assoient à l’avant dans le sens de la circulation, tournant volontairement le dos aux femmes, cantonnées à l’arrière. Qu’une passagère tente de s’infiltrer à l’avant, elle sera expulsée vers le fond. Un groupe de femmes appartenant à cette communauté religieuse est entré en rébellion. En lançant une action en justice contre la ségrégation dans les transports en commun, elles espèrent aussi contrer la radicalisation des « hommes en noir » et leur influence grandissante sur la société israélienne . L’écrivain féministe Naomi Ragen a pris la tête de la révolte. Victime d’une agression dans ce contexte à bord du bus 40, elle vient d’intenter un procès au Ministère des Transports et à la compagnie de bus. De plus en plus nombreuse (7 enfants par famille en moyenne),la communauté ultra orthodoxe représente aujourd’hui un tiers des habitants de la ville sainte, dont le maire. Les deux principales compagnies de bus se sont adaptées et une trentaine de bus pratiquent désormais la ségrégation. Dans des quartiers ultraorthodoxes, certaines banques imposent des guichets séparés pour les hommes et les femmes Dans un arrêt retentissant,un rabbin éminent a interdit aux femmes d’accéder à des diplômes universitaires Depuis quelques mois, des « patrouilles de la pudeur » s’en prennent aux femmes vêtues de façon « provocante » qui circulent dans les quartiers « haredim » (ultraorthodoxes). La crainte de la tentation sexuelle est permanente dans la société ultraorthodoxe. Les femmes doivent adopter une tenue pudique qui implique de cacher ses cheveux, ses bras et même ses chevilles. Tout contact physique avec un homme autre que son mari est interdit à la femme au point que elle ne doit jamais se trouver seule avec lui. Ces contraintes limitent fortement les capacités de sortie des femmes, que ce soit pour les sorties ou le travail. Les ultraorthodoxes rejettent toute une part de la modernité occidentale et considèrent le monde qui les entoure comme une source permanente de perversion. La TV et la publicité sont une source d’ »images explicites » qui ne sont pas les bienvenues, notamment parce qu’elles peuvent propager les valeurs d’indépendance de l’individu, d’égalité des religions et des sexes. Les haredim vivent généralement en marge de la société laïque, dans leurs quartiers et sous la direction de leurs rabbins, seule source de pouvoir pleinement légitime à leurs yeux. Ainsi Joel Kreuz n’utilise que les téléphones portables kasher,sans accès à Internet ni aux SMS. Il s’est débarassé de son ordinateur lorsqu’Internet a fait son apparition, pour ne pas être exposé aux images occidentales. IL n’a jamais vu un film de sa vie. Il juge positive la séparation totale imposée aux femmes dans certains régimes islamiques. Un rabbin affirme remercier trois fois par jour l’Eternel pour la création des bus séparés. « La séparation entre hommes et femmes est un principe fondamental de la loi juive , dit il . On se porte mieux lorsqu’on ne voit pas les femmes » . » Cet article montre clairement la profonde parenté qui relie tous les mouvements fondamentalistes , juifs et musulmans surtout, dans leur refus viscéral de la modernité, de la démocratie, de la liberté individuelle et de l’égalité des sexes .