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LA CHUTE DE LA MAISON MELENCHON

décembre 2, 2019

Après la période d’euphorie de la présidentielle où Mélenchon avait cru que il pourrait être qualifié pour le deuxième tour, les choses ont commencé à se gâter .La place laissée libre par la désintégration du PS a permis à Mélenchon de tenter une OPA sur toute la gauche, le discours gauchiste mimant le verbe révolutionnaire de 1789 séduisait la gauche réformiste par sa radicalité et son assurance apparente, Il contrastait ainsi avec le galimatias du PS, miné de l’intérieur par son opposition de gauche subrepticement alliée aux mélenchonnistes. Le discours de celui ci n’avait plus rien à proposer, le macronisme et sa volonté de réformes s’étant substitué au discours « réformiste « du PS.

Mais la cannibalisation du PS jointe à celle du PCF (2,5 % des voix) ont très vite débouché sur les impasses de la conception de gauche, L’irréalisme politique de cette vision a conduit à une fuite en avant dans la surenchère verbale aboutissant à une stratégie: » personne à notre gauche ». Le soutien à la Grèce dans ses prétentions à ne pas payer ses dettes , puis le soutien à la dictature gauchiste au Vénézuela conduisant à la ruine du pays qui meurt de faim et où l’argent est réservé aux milices du pouvoir ont montré l’attachement aux vieilles lunes communistes:le dédain pour l’économie, le souci du maintien au pouvoir par la force une fois qu’il a été conquis.

Mais la dérive principale s’est effectuée à l’occasion de l’apparition du mouvement des gilets jaunes: mouvement spontané des masses précarisées et pauvres, dont le projet a été vite détourné de ses buts originels vers une violence croissante contre l’ordre public.

Le noyautage grandissant des manifestants par des éléments violents poussant à l’escalade, proposant des objectifs visant de plus en plus l’insurrection anti état, et en dernier lieu un changement des règles démocratiques.

Mélenchon a exprimé son « amour » pour cette figure insurrectionnelle ( Eric Droite), dont il refusait de voir la nature anti démocratique et la virtualité fascisante.
Il a refusé de condamner les manifestations d’antisémitisme qui émaillaient les défilés, et a insulté les policiers , attaqués à maintes reprises, qu’il a traité d’éborgneurs, puis, ce qui est un comble de « milice » à la solde du pouvoir, déniant ainsi l’usage légitime de la force pour défendre la légalité et les institutions alors que les groupes insurrectionnels visaient l’AssembléeNationale, les ministères et l’Elysée

Mais les GJ semblent ne pas avoir été dupes de cette tentative pour les enrôler dans le groupuscule gauchiste qui pensait trouver en eux la masse de manoeuvre que il recherchait, au prix de l’alignement sur les demandes incohérentes des GJ. Les GJ ont fini par comprendre, sauf une très petite minorité, que la violence ,loin de leur gagner les coeurs, produisait un écoeurement et une colère qui se retournaient contre eux.

L’écroulement de cette stratégie d’alignement sur le populisme, concrétisé par le score misérable atteint aux européennes, laisse le mouvement désarçonné, démobilisé, en proie à la contestation interne et à l’hésitation quant à sa stratégie.

Or, ce mouvement ne progressait que par la tension militante, soutenue par le verbe du « chef », et l’espoir d’une victoire politique accessible

Le « chef « découvre que il a dégagé le terrain pour l’extrême droite, et n’ a pas capitalisé sur le mécontentement social, qui , comme en Italie, se reporte plutôt sur cette extrême droite.
Enfin, la démonstration de son côté caractériel dans l’épisode de sa contestation violente de la perquisition a l’adresse de son parti, et son refus d’admettre que la loi républicaine s’applique aussi à lui l’ont profondément déconsidéré dans l’opinion publique.

Parce que il ne peut s’empêcher d’appliquer les vieilles recettes communistes, ,devant la mort des treize soldats français au Mali,, il a utilisé l’ambiguité du langage en disant que ces soldats avaient été envoyés à la mort par le gouvernement et exigé le retour rapide « à la maison »des militaires.  Ainsi ,dans une escalade verbale sans fin, il trouve un nouvel angle d’attaque du gouvernement, indifférent à la défense du pays face au djihadisme terroriste, comme si il lui était égal de voir celui ci installer une base de son expansion à la limite des pays adjacents à la France.

En fait il s’agit de remuer le vieux fond antimilitariste de la gauche, et raviver le fond anticolonialiste auquel se raccrochent désespérément les anciens militants privés d’ennemis facilement identifiables.

LFI apparaît ainsi comme le lieu de rassemblement de tous les gauchismes, qui tentent de se fédérer en s’appuyant sur les vieilles recettes, mais sans pouvoir dégager une vision cohérente et crédible Le point commun est la détestation de la société libérale et occidentale..La montée parallèle du populisme et de ses recettes simplistes: désir d’une société divisée en classes inconciliables, violence anti état et haine des élites , pouvoir de la rue et du verbe, et alliance avec les dictatures qui se rassemblent dans un front commun anti occidental, tout cela crée une sensibilité commune, mais pas un programme commun..Mélenchon a tenté d’accrocher son wagon au train populiste et a trahi toutes ses idées républicaines pour cela. Le résultat est un échec retentissant. Mélenchon n’a pu recueillir que quelques miettes du mouvement populiste dont le gros des troupes s’est identifié à l’extrême droitee. La haine anti macroniste sciemment encouragée par les troupes mélenchonistes n’a pas réussi à emporter les barrières républicaines et le visage violent, dé magogique, et anti républicain de Mélenchon a été démasqué.Il est apparu comme plus jusqu’au-boutiste que le Rassemblement National dans l’opposition systématique au gouvernement , multipliant les insultes haineuses , (la dernière étant d’insulter le préfet en le traitant de psychopathe) au point de ne plus être pris au sérieux dans ces attaques qui finissent par paraître dérisoires tant elles montrent que il n’est pas capable de contrôler sa diarrhée verbale.

GB

 

En France,la démocratie représentative est dans le collimateur des « insoumis »

janvier 3, 2019

Plus le temps passe, plus le discours de Mélenchon dérive, vers un discours pro insurrectionnel et de négation de la légitimité des institutions et des résultats des élections. Déjà, au lendemain de la présidentielle, il a développé immédiatement une contestation de lia légitimité du président Macron, exhalant sa rancoeur d’avoir manqué le 2ème tour à 600000 voix près, et se basant  sur un calcul spécieux mettant en avant le nombre des abstentions pour  présenter le résultat du scrutin  comme faisant du président le président d’une minorité de Français. Toutes les institutions sont des cibles à  disqualifier et à abattre, comme l’a montré sa sortie folle de rage contre le procureur qui menait la perquisition  au local de son mouvement, dérapage qu’il a payé d’une chute brutale dans son électorat qui ne l’a pas suivi dans sa diatribe contestant la justice du pays et sa provocation physique contre les représentants de cette justice.La population a bien senti  le glissement mégalomane compris dans la sortie sur « sa personne sacrée », et la volonté d’être au dessus de la Loi

Derrière le paravent d’une défense sourcilleuse de la République, c’est au contraire un travail de sape continu  qui fait feu de tout bois et qui reprend la stratégie classique des mouvements révolutionnaires:une surenchère  de contestation légale, en espérant s’emparer du pouvoir affaibli par la décredibilisation avec l’appui de la rue utilisée comme masse de manoeuvre, Elle est suivie d’une pure politique de force et d’une dictature de fait, avec de moins en moins de scrupules au fur et à mesure que la base de partisans se rétrécit à un petit noyau qui utilise le multiplicateur qu’est la puissance de l’Etat.

L’exemple des dictatures communistes, répété de nombreuses fois  , rend partout visible le même schéma. Après une victoire militaire et/ou un putsch militaire (Vietnam, Chine, Cuba, Vénézuela, etc..) se développe un régime policier basé sur la division volontairement exacerbée du pays entre « riches » et « pauvres », les uns ayant tous les droits et les autres très peu.L’économie est considérée commun facteur négligeable, comme le montre d’ailleurs le programme de LFI , menant à une catastrophe plus ou moins rapide, qui renforcerait la dépendance avec les autres pays communistes.
Ceci explique la fascination de Mélenchon pour le leader Gilet Jaune » Eric Drouet a qui Mélenchon exprime soutien et admiration, alors qu’il avait formulé le voeu que ses « troupes » envahissent l’Elysée,  ce qui signifie bien une tentative de putsch.

C’est bien le double jeu de Mélanchon, avec la face Républicaine d’un côté, et de l’autre la face fascinée par  la pose Robespierriste, et son cortège de massacres et de suspension de tous les droits pendant la période de la terreur Jacobine, appuyée sur une toute petite secte qui prétend parler au nom du peuple.C’est le régime qui fait rêver Mélenchon et qui lui fait utiliser sa phraséologie grandiloquente avec le modèle historique de I793. C’est le système politique de référence pour lui, avec Chavez et Castro à qui il ne manque pas une occasion de tirer son chapeau.

En même temps se renforce la convergence des extrêmes, RN et LFI, qui apparaissent de plus en plus comme des frères ennemis  plus que comme des concurrents, pêchant dans le même vivier. L’important pour chacun étant la prise du pouvoir, étant entendu que si ils y arrivent l’un ou l’autre, il ne sera pas question de le lâcher, le référendum étant un outil pour contourner les formes légales de l’organisation du pays..

C’est d’un coup d’Etat légal que rêve Mélenchon qui lui permettrait   de modifier, à son avantage, les règles du jeu, mais si quelqu’un fait le travail à sa  place, Eric Drouet par exemple, il ne pinaillera pas sur sa personnalité ni même sur le fait qu’il vote éventuellement pour LePen.En tous cas, les seuls partis a « condamner » l’interpellation de Drouet sont LFI et le RN.

Simplement, après la défense de l’extreme droitier Chouard, ami de Alain Soral, par Ruffin, étoile du mouvement LFI, cela commence à faire beaucoup: une partie de la Gauche dénonce ce début de virage: Hamon dit que Mélanchon ne fait plus partie de la Gauche. Dans Libération, Laurent Joffrin sermone Mélenchon au nom des valeurs générales de la Gauche.

La ligne de fracture est claire:Mélenchon choisit, en bon populiste, une ligne quasi insurrectionnelle, calquée sur les Gilets Jaunes aux positions extrémistes, »Qu’ils partent tous » est le titre de son livre , qui indique bien la reprise des thèmes démagogiques typiques de l’extreme droite . Il envisage même que les élus puissent être révoqués par la voie de ce référendum  d’initiative citoyenne. Hamon choisit une gauche classique et clame son respect des institutions.Mais pour le moment, celle qui tire son épingle du jeu, c’est MarineLePen. Et c’est elle et Macron qui tireront parti de la division de la  gauche. Le danger pour Melenchon, c’est que les Français, entre Le Pen et Macron choisissent l’abstention ,plutôt que les révolutionnaires dont les modèles font plutôt frissonner, malgré la tentative de les repeindre en couleurs joyeuses et modernes. Il souhaite que ils partent tous, ce qui vaut déclaration d’ouverture à autre chose, dans quoi il aurait évidemment un rôle dominant et solitaire. Attention aux Césars qui veulent qu’on leur mette une couronne sur la tête, même si ils la refusent trois fois.

GB