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Tuerie islamiste à Orlando:les assassins sont parmi nous

juin 13, 2016

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Les tueurs de masse ont frappé de nouveau:: un psychopathe repéré déjà depuis longtemps pour sa violence et sa dangerosité est passé à l’acte aux Etats Unis et a signé un massacre dans une boîte de nuit gay. Il s’est empressé de se placer sous le patronage de l’Etat Islamique, meilleur spécialiste international des boucheries de ce genre, même si il n’en a pas l’exclusivité. Brevik avait déjà placé la barre de l’assassinat très haut, avec plus de 70 morts parmi les adolescents rassemblés pour une fête pacifiste du Part Socialiste, qu’il a exécutés un par un avant de se rendre  tranquillement aux forces de la police. Depuis , Brevik a multiplié les provocations, se proclamant nazi depuis le début, puis faisant un procès à l’état norvégien pour traitement inhumain, parce que il n’avait pas  autant de  visites que il estimait en avoir le droit, et… gagnant le procès.Comment empêcher cet ignoble individu de narguer la justice et ses  victimes comme il le fait, comment le laisser pourrir dans une cellule ou il finira, oublié de tous, ce qui est la plus juste punition  que l’on puisse lui infliger, à lui et à son orgueil criminel.Mais on voit bien comment ces tueurs qui jouissent perversement à chaque fois qu’ils appuient sur la gâchette et détruisent une vie, éprouvent le besoin de donner une signification politique à leur geste fou en se plaçant sous l’autorité d’un mouvement plus large qui rassemble sous le bannière de la haine les fanatiques et les frustrés qui rêvent de régner par la terreur sur le monde de ceux qui les méprisent.

Les tueurs débiles qui espèrent gagner une notoriété particulière en se surpassant dans l’ignoble, en tuant des gens particulièrement sans défense ( étudiants, enfants d’une école,etc…) s’en sont pris cette fois aux gays, signant par là la haine raciste qui les inspire, et la proximité entre haine d’extrême droite et fanatisme religieux teinté d’extrême gauche. Le père de l’assassin a nié tout rapport avec la religion dans ce cas (!), mais a dit que son fils avait été très mis en colère quand il avait vu deux hommes s’embrasser. Si chaque fois que quelqu’un se sent « très en colère parce que il voit deux hommes s’embrasser, » il tue cinquante personnes, il va falloir augmenter le nombre de .places dans les établissements pénitentiaires. La folie et la haine sont les ingrédients explosifs d’un cocktail meurtrier.Tous les terroristes ne sont pas fous à lier,mais ceux qui sont prêts à des meurtres de masse sont des recrues précieuses, et les mouvements terroristes les accueillent à bras ouverts, et sont même prêts à leur pardonner quelques excès. Entre assassins, il faut bien s’entraider un peu. L’internationale du crime recrute largement,  et paye en partie en nature (esclaves sexuelles gratuites).

Bonnes nouvelles actuellement: l’Etat Islamique recule sur tous les fronts: en Irak, en Syrie, en Lybie Sa capacité de nuisance reste grande, mais son élan est brisé, son recrutement diminué, il semble qu’il réfléchit a un changement fondamental de stratégie, renonçant à la territorialisation et privilégiant les attaques terroristes de petits groupes, ce qui impliquerait un renoncement au califat, défaite majeure.Frappe après frappe, les organisateurs de ces tueries payent leur dette à l’humanité et leurs petits morceaux voltigent sous les coups des missiles largués par les drones qui ne  leur laissent pas de répit, et qui raccourcissent leurs espoirs de continuer à tuer impunément.A la bourse d’échange des assassins internationaux, leur vie ne tient plus qu’à un fil et ne vaut plus que quelques Kopecks.

GB

 

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TERRORISME, DELINQUANCE, ET POUVOIR DES MEDIAS

octobre 8, 2012

Le démantèlement il y a quelques jours d’un groupe terroriste islamiste en France qui se préparait à passer à l’action  sur des objectifs déjà établis  a remis à l’ordre du jour la réflexion sur les mécanismes  de fabrication de ces terroristes. La fusillade au cours de laquelle le chef du groupe a visiblement choisi de mourir plutôt que d’être capturé et la saisie des « testaments » de membres du groupe a  démontré que ces hommes avaient envisagé sous un angle suicidaire leurs actions à venir. Les autres caractéristiques de ce groupe qui ont été mises en avant par les commentateurs ont été la rapidité de la radicalisation des membres du groupe (quelques mois plutôt que quelques années pour les groupes précédents), le fait que il s’agissait de gens nés en France, souvent convertis récents, et le passage par la petite délinquance et parfois la prison comme étape décisive dans la carrière terroriste.

Le passage par la petite délinquance est un élément intéressant à plusieurs points de vue.

D’une part parce que cette petite délinquance est endémique dans les groupes sociaux défavorisés  et mal intégrés socialement  (les banlieues qui constituent des espaces de sentiment de rejet social et d’exclusion, avec  la constitution d’espaces « hors- la -loi » d’économie  et de société parallèles, ou la violence est ressentie comme la règle de l’existence et la riposte à une violence sociale non parlée). Elle constitue un apprentissage de la régulation par la violence et l’intimidation des rapports humains, de la haine contre la société et ses représentants, de la transgression comme mode de vie  et critère de valorisation et de prestige.

L’entrée dans le monde délinquant est déjà une première rupture avec  les normes et une première forme de renversement des valeurs (la force plutôt que le droit, la ruse et la dissimulation plutôt que la droiture, etc.). Le passage par la prison est souvent  le passage à un niveau supérieur:  La contre société des prisonniers est plus  liée par la solidarité du groupe ostracisé, détaché par les murs du monde extérieur,concentré dans la lutte contre les gardiens, resserré sur  son code de défense, inversé par rapport à celui  de l’ordre qui les punit. Cette promiscuité favorise la pénétration des discours de dénonciation de la société par les prêcheurs de haine islamistes. La haine est le ressort le plus puissant sur lequel ils s’appuient, ainsi que sur l’espoir de réhabilitation qui est l’autre face de leur discours.

A ces gens qui s’estiment socialement humiliés et ethniquement stigmatisés, on offre un discours de rédemption et d’ échappement aux valeurs de la société qui les entoure  en les remplaçant par les valeurs musulmanes orgueilleusement mises au dessus de toutes les autres. L’affirmation de soi passe par la négation de toute valeur à l’autre, par l’entrée dans un système binaire et manichéen, bien plus accessible que la complexité des jugements nuancés.

Il faut ajouter que l’univers délinquant est un univers qui  cohabite avec le risque, y compris celui de la mort, dans la confrontation avec les rivaux en délinquance comme avec la police. Il y a donc une familiarisation avec le danger, la mort de l’autre ou la sienne comme des possibles rencontrables. Tuer ou être tué est une des éventualités de ce mode de vie, et fait partie du paysage, d’où la facilitation de la bascule dans le meurtre suicidaire.

Un certain parallèle peut être établi avec le personnage de Mesrine, bandit médiatique, qui semble avoir pensé sa fin comme inéluctable et avoir fait le choix d’une vie menée avec « éclat », même si elle aboutissait à une mort précoce, si elle satisfaisait son désir de toute puissance et de gloire. L’épisode ou il a enlevé et torturé un journaliste qui avait porté atteinte à sa « réputation » montre le souci de l’image dans cette construction du personnage , tout autant que la virulence de la capacité haineuse, et le rôle de support de la mégalomanie occupé par les médias , qui ont fabriqué le rôle fascinant et effrayant de « l’ennemi public numéro 1 » qu’il a endossé avec jouissance.

On retrouve des relents de l’idéologie mussolinienne (« vivre un jour comme un lion ») et l’écho de la civilisation médiatique  illustrée par la célèbre formule de  Andy Warhol: « Tout le monde rêve d’avoir son quart d’heure de célébrité à la télévision. ».

Le désespoir identitaire tente de trouver une guérison  dans cette inversion des valeurs qui est déjà une conversion, avec toute la réévaluation de soi et de ses repères que comporte cette mutation en ennemi de la société,  et dont la religion fournit le matériau idéologique.

Le terrorisme constitue ainsi un alliage de haine et de désespoir social qui trouve une armature dans le discours  d’une secte politico-religieuse.

Il faut aussi tenir compte de ce que le terrorisme a à voir avec la médiatisation de la société. Le carnage du 11 septembre ne peut se comprendre comme une volonté de terrifier les Etats Unis, même si il y a eu dans la population des réactions de panique, mais plutôt comme un message de propagande destiné aux masses arabes, une campagne de pub menée avec des images choc pour  insinuer l’idée de la puissance de l’organisation terroriste, et susciter des émules.

A  l’heure ou la mondialisation donne aux gens le sentiment d’une impuissance à agir sur les phénomènes économiques et donc sociaux et politiques, le terrorisme donne  l’impression que quelques individus déterminés peuvent infléchir le cours de l’histoire, faire plier des états parmi les plus grandes puissances mondiales,(c’était la conviction de Merah, qu’il allait faire plier l’Etat Français). Là ou ni le volontarisme de Sarkozy, ni celui de Hollande, n’ont semblé capables  de neutraliser les embardées du système financier et industriel, des anonymes insignifiants rêvent de leur quart d’heure de gloire et de puissance. Déjà, posséder des armes et des moyens explosifs de destruction les place hors du commun des mortels , à qui ce pouvoir est refusé sauf aux soldats et aux policiers.Mais le « permis de tuer » qu’ils s’accordent les place encore un rang au dessus dans l’échelle du pouvoir, et c’est ce dont ils veulent jouir, ne serait-ce que un court instant.

Le terrorisme est inséparable de son  écho médiatique. Il pose comme principe fondamental le meurtre comme moyen légitime de l’action politique, c’est à dire l’élimination physique des adversaires politiques, mais aussi le meurtre aveugle comme  moyen de propagande , visant seulement à fournir une représentation imagée de sa vision du monde. Ainsi, une nationalité, une appartenance culturelle présumée, une religion, une couleur de peau, peuvent suffir à désigner des victimes dont le nombre, le plus grand possible, ne sert que à démontrer l’intensité de la haine qui leur est vouée et la puissance de nuire du groupe terroriste. La logique profonde de ces actions est exterminatrice, et elle joint le geste à la parole, pour bien faire rentrer dans les têtes que pour elle , il ne s’agit pas de vaines paroles. Toute opposition , mais aussi tout discours autre que le sien  » mérite » la mort, et ils sont seulement les exécutants (éxécuteurs) de cette volonté qui les dépasse, mais à laquelle ils acquiescent. Pour les terroristes islamistes, les non musulmans n’ont aucune valeur, puique toute valeur est réduite à l’Islam, et ils n’ont d’autre avenir que la conversion ou la mort.

Les terroristes islamistes ont parfaitement saisi la transformation du monde politique induite par le poids immense des médias. Le pouvoir d’influence acquis par ceux ci a mis l’accent sur la simplification et le sensationnalisme qui convient parfaitement au message limité et rudimentaire qu’ils ont à transmettre.Viser le choc émotionnel, en particulier sur les masses peu instruites du monde arabe, est très rentable.

Même Brevik, l’assassin d’extrême droite qui a massacré de sang froid plus de 70 adolescents en Norvège, a prétendu vouloir seulement  envoyer un « message d’alarme » à son pays et son acte n’a de sens que par son retentissement médiatique, même si le résultat n’ a pas été celui escompté.La propagande « traditionnelle » par tracts, petits journaux, meetings est dépassée.5mn d’antenne valent des millions de tracts,et médias et politiques se renvoient  la politesse, chacun tenant l’autre par la barbichette et jouant le jeu car il y voit son intérêt.Les médias  influencebt les masses , qu’elles contribuent à constituer par l’uniformisation de leur pensée, et celles-ci influent les médias par le conformisme et les idées recues que les journalistes finissent par reprendre sans même s’en rendre compte.La violence  dans le langage finit par pénétrer les médias eux-mêmes (« casse toi, riche con  » dans Libération, les invectives de Mélenchon ou de Marine Le Pen, la violence des « unes » des hebdos contre Hollande après celle ,déchaînée, contre Sarkozy.).

Le pouvoir d’intimidation des terroristes et le pouvoir d’influence des médias vont dans le même sens: une réduction de la capacité de penser librement et la subtitution de manipulations à l’accès à la vérité et à la liberté critique.