Posted tagged ‘élections israéliennes’

Kadima arrive en tête aux élections, mais n’a pas de majorité pour gouverner pour le moment.

février 11, 2009

Le défaut fondamental du système electoral israélien apparaît une fois de plus,lié à l’émiettement de la représentation électorale (33 partis pour 120 députés) avec l’instabilité gouvernementale qui en est la conséquence ( aucun gouvernement récent n’ayant terminé son mandat),  et les petits partis disposant d’un pouvoir exhorbitant de chantage sur les grandes formations, dont ils peuvent faire chuter les majorités pour un oui ou pour un non.

Le scrutin de hier a montré à la fois le glissement à droite de l’électorat (le parti travailliste est en voie de devenir un parti d’appoint dans des majorités conçues par les autres partis, la gauche représente moins de 20 % des voix dans le pays) et la réticence à donner carte blanche à l’extrême droite dont la progression a été  effective, mais limitée

Livni a remporté son pari de vaincre électoralement Netanyahou, malgré les sondages qui prédisaient la victoire de celui-ci, et le pessimisme de ses troupes, faisant preuve d’une belle combativité, et apportant un démenti à ceux qui la dépeignaient comme « pas à la hauteur ».

Mais le problème de la formation du gouvernement reste entier, la droite  est majoritaire dans le pays, et n’entend pas faire de cadeau à Livni avec qui les divergences sont fondamentales: sur le non partage de Jerusalem, sur les colonies en Cisjordanie et la restitution du Golan;

On voit mal l’extrême droite s’allier avec Kadima et les partis de gauche. La conclusion terrible qui s’impose, c’est un gouvernement de Netanyahou, ce qui veut dire la fin du processus de paix. Ce que l’on peut dire, c’est que de moins en moins de gens  croient à celui-ci dans le pays, compte tenu  de l’échec d’Oslo, de la 2ème Intifada, et du fait que l’Autorité Palestinienne est de plus en plus coupée de la population palestinienne, et apparaît maintenue en survie par le soutien des Israéliens eux-mêmes.

A partir de là,n’existent plus que deux alternatives: le développement d’une nouvelle intifada, avec actes de terrorisme à l’Irakienne, et un affrontement avec les pays arabes à courte échéance,ou bien un retrait des territoires unilatéral, ce qui est inenvisageable après l’expérience de Gaza: ce serait ouvrir la voie à un état hostile à mort à Israël et contrôlé par le Hamas ou son équivalent.

Des hypothèses qui incluent toutes les deux des guerres sanglantes, rendant la vie insupportable pour beaucoup en Israël.

Les Israéliens ont eu en main les données du choix. Ils  savaient que la paix et la guerre étaient en jeu dans le choix des majorités electorales. Ce qui l’a emporté, c’est une vision méfiante et pessimiste du monde arabe, qui prenait en compte la progression de la haine dans ce camp, qui ne croyait plus à la représentativité des interlocuteurs qui lui restaient, et qui doutait de la détermination du camp de centre gauche à cause de l’incertitude des résultats de la guerre que le gouvernement avait déclenché.

La suite montrera si le choix qui a été fait préservera la sauvegarde d’Israël ou, au contraire,précipitera une catastrophe que de plus en plus de monde appréhende

Publicités

Gaza: le prix à payer pour les ambiguités dans la conduite de la guerre risque d’être lourd

janvier 23, 2009

Au moment ou la trève perdure et où, comme c’était prévisible , le Hamas plastronne en se vantant de ne pas avoir été détruit, et donc d’avoir résisté à l’armée israélienne, le pays s’interoge sur la stratégie qui a été suivie, et doute de la réalité des affirmations de Olmert qui prétend que la guerre a permis d’atteindre tous les objectifs.

Le Hamas a beau réoccupper le terrain, faire la démonstration qu’il contrôle toujours la population, multiplier les provocations verbales, le point essentiel reste: les tirs sur Israël seront ils te rminés oui ou non.

Si ce n’est pas le cas,  cette guerre aura causé des destructions et des morts inutiles, aura gaspillé le prestige de Tsahal en lui fixant des objectifs imprécis (« affaiblir » le Hamas, ce qui ne veut pas dire grand chose).

Si c’est le cas, Le Hamas pourra faire toutes les déclarations qu’il veut, chacun saura que Israël a gagné la guerre, quelque soit le nombre de combattants du hamas  tués.

Si les accords internationaux  empêchent réellement le Hamas de se réapprovisionner, Israël a gagné. S’il s’agit simplement d’accords formels et de faux semblants, ce sera le Hamas le vainqueur.

Actuellement, les tunnels ont repris leur activité, même si une majorité d’entre eux ont été détruits. Le réapprovisionnement du Hamas peut donc se poursuivre. Une partie de l »armement iranien fourni au Hamas était acheminé par mer, par des containers spéciaux largués pardes bateaux iraniens, qui restaient sous l’eau jusqu’à la proximité du rivage ou ils étaient recueillis par les Palestiniens. Manifestement, la marine israélienne était impuissante à tarir cette source de réarmement. Les américains ont ils donné des moyens techniques aux israéliens permettant de résoudre ce problème?

Pour le moment, le succès de Israël n’est pas démontré.Le résultat le plus immédiat a été le bond en avant électoral du Likoud, qui, d »après les sondages, aurait de nouveau creusé l’écart avec Kadima (30 sièges contre 26 ou 24), de même que le parti d’extrême droite Israël Beitenou, de Avigdor Lieberman. La population israélienne perçoit un écart entre les déclarations ronflantes du gouvernement et ce que chacun voit: pas de signes actuellement d’une garantie queconque que les tirs ne vont pas reprendre quand le Hamas le voudra, peut être insensiblement pour commencer, puis plus massivement. Alors , Israël n’aura d’autre choix que de relancer une autre offensive, qui déclenchera encore les mêmes cris de haine, et le seul gain aura été un sursis de quelques mois en attendant une  deuxième guerre, plus dure, plus coûteuse, plus meurtrière;

En même temps, le risque d’un succès electoral de ce qui est maintenant une extrême droite, menace directement le processus de paix, déja bien mal en point. Si les futurs dirigeants d’Israël sont déterminés à torpiller ce processus, ils isoleront Israël  de tous ses alliés démocratiques (les seuls qui lui restent, d’ailleurs) et en particulier ils le couperont de son plusfidèle allié, le seul profondément acquis à son existence et à sa légitimité: les Etats Unis, sans l’appui militaire et diplomatique duquel ils se retrouveront le dos au mur, face  à  la meute ivre de haine des islamistes  et du monde musulman.

Cela finira d’isoler chez les Palestiniens les partisans d’une coexistence entre deux états, et la vague d’extrêmisme, coagulée autour des islamistes ,finira par être la seule voix parlant au nom des Palestiniens, ce qui est le but poursuivi par le Hamas et ses maîtres iranien et syrien .

Livni risque  d’avoir gaspillé l’estime que lui procurait son honnêteté et la conjoncture favorable produite par le glissement à l’extrême droite du Likoud, effrayant pour beaucoup d’électeurs. Le coût risque d’être immense, livrant le pays à la violence des discours extrêmistes, disqualifiant les leaders politiques qui n’avaient vraiment pas besoin de cela,le divisant au moment ou il a plus que jamais besoin d’unité, favorisant les surenchères démagogiques chez les ennemis comme chez les amis,poussant vers la radicalisation la droite comme l’extrême gauche.

Peut être quelque chose sortira-t-il des négociations en cours actuellement. Plus vraisemblablement, seul le grand face à face irano américain qui va se mettre en place avec l’arrivée de Obama  va t il influer sur un Moyen Orient qui s’enfonce lentement dans la spirale de la haine et de la guerre à mort. L »accumulation des armes, l’exacerbation calculée de la haine anti israélienne, l’instrumentalisation de la religion  comme moyen de conquête oou de conservation du pouvoir, la paranoia qui envahit le champ de la politique font planer la menace d’une catastrophe ou le terme de holocauste ne correspondra pas à l’abus de langage dont sont coutumiers les adversaires d’Israël, mais à une effrayante réalité. Les voeux d’anéantissement répétés à l’égard d’Israël donnent la mesure de la folie meurtrière qui rode  dans cette région. Les Fous de Dieu manient avec froideur  ou avec excitation la terreur , le mensonge et la Mort et regardent avec ironie ces Occidentaux qui croient pouvoir opposer la Raison aux passions humaines que sont la haine, la volonté de domination,et la destruction de l’autre.

Les élections qui vont avoir lieu dans moins de 3 semaines en Israël vont être décisives pour la vie de tous les habitants de cette région pour plusieurs années et peut être même davantage.

Kadima , une dernière chance pour la paix au Moyen Orient

novembre 17, 2008

L’échec de la tentative de Tzipi LIvni  dans sa tentative de constitution d’un gouvernement de coalition, avec les travaillistes et avec le Shas fait planer une grande inquiétude sur la possibilité de trouver une majorité, pour le prochain gouvernement, qui ait les mains libres pour mener des négociations de paix avec les palestiniens.

Or tout le monde est à peu près d’accord actuellement pour penser , parmi ceux qui souhaitent l’existence de deux états côte à côte, que le temps joue contre  les chances d’un accord.

En effet, le facteur le plus grave sur ce plan est la continuation de la colonisation à Jerusalem sur un mode qui vise à empêcher toute continuité territoriale d’un état palestinien avec Jérusalem Est et en particulier avec les Lieux Saints. Or un Etat palestinien sans au moins une partie de Jerusalem Est est absolument inacceptable pour la partie palestinienne, et débouchera sur une guerre à  outrance.

C’est le calcul évident de la droite dure israélienne, dont Netanyahou est la figure de proue, qui continue à croire possible un Grand Israël,et qui pense que le peuple israélien aura beaucoup de mal à  admettre des expulsions à Jérusalem même, compte tenu de la difficulté qu’il a eu à admettre ces expulsions déja dans le Sinaï égyptien et dans la bande de Gaza, alors que ces territoires ne faisaient pas partie de « Eretz Israêl ». Cette droite politique est même dépassée dans l’extrêmisme par pratiquement tous ses alliés, la nébuleuse de colons mystiques prêts à presque toutes les provocations, dela violence contre les voisins palestiniens jusqu’à l’agression contre Tsahal si celle-ci prend position contre leurs activités illégales.

L’existence de Kadima, le parti créé par Ariel Sharon  quand il a compris que le Likoud ne laisserait pas passer sa décision de sortir de Gaza, a été une bouffée d’espoir dans le pays, et à  laissé espérer que les 60 % de la population qui admettent la nécessité de l’existence de deux états sur cette terre pourraient trouver une représentation hors  du clivage radical dans lequel ils étaient prix jusque là entre le pacifisme flirtant avec le gauchisme  du parti travailliste et l’obstination expansionniste et la surenchère extrêmiste du Likoud.

Le premier succès de ce parti qui avait réuni des figures importantes venues d’un bord comme de l’autre (Shimon Peres, Ariel Sharon ,etc.), s’était traduit par un succès impressionnant aux premières élections qui avaient suivi sa création. La mise à l’écart de Sharon consécutive à son accident vasculaire cérébral, l’absence de charisme de Olmert suivie de l’échec de la campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, puis de ses démêlés honteux avec la justice ont dilapidé le capital de confiance que les Israéliens avaient placé dans ce mouvement.

La nomination de Tzipi Livni constitue une dernière chance pour ce parti d’échapper aux tendances centrifuges qui le menacent , et de voir chacun de ceux qui ont quitté la droite ou la gauche pour le rejoindre repartir vers leurs milieux d’origine.

Les partis du centre en Israël n’ont jamais,  jusqu’à présent, eu de forte longévité. Mais le phénomène de son apparition coincide avec l’érosion continue de l’influence et du pouvoir des travaillistes, passés de la majorité absolue  à une estimation de 11 députés sur 120 aux prochaines législatives, et au fait que même le Likoud ne représente que un quart de l’électorat. Le problème des alliances est donc crucial, et l’alliance de la gauche et du centre part avec un handicap de un ou deux sièges dans les estimations actuelles.

Pourtant le choix clair de Livni qui a refusé les maquignonages de bas étage  et a eu le courage d’aller affronter les électeurs fait passer un souffle de fraîcheur dans l’univers politique israélien bien abîmé par les combinaisons politiciennes liées au système de la proportionnelle intégrale, quand ce n’est pas celui des compromissions financières. Les électeurs lui en sauront ils gré? Sont ils prêts à donner une chance au processus de paix en lui permettant de se passer des conditions exhorbitantes des partuscules religieux ou extrêmistes? Veulent ils continuer à échapper au clivage du pays en deux camps irréconciiables?

Le pays est sur le fil du rasoir. Cette élection vaut bien celle de Obama, avec les enjeux énormes de politique internationale qu’elle a entraîné.

L’extrême droite elle ne s’y trompe pas et déchaîne sa violence verbale contre Kadima, qu’elle accuse d’être alignée sur « La Paix maintenant », parce qu’elle sent bien, comme le parti travailliste d’ailleurs que Kadima détache d’eux des électeurs qui n’étaient chez eux que faute d’alternative.