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La décomposition historique de la gauche ouvre la route aux démagogues populistes

juillet 29, 2017

La fragmentation historique de la gauche dans plusieurs pays européens ,et la réapparition d’un courant gauchiste qui ambitionne de la recomposer sous sa houlette sont des données fondamentales  du nouvel ordre qui se dessine dans le monde ou nous vivons.

La social démocratie, qui a représenté un idéal de progrès social modéré fondé  sur un relatif partage de la croissance, entraînant une augmentation générale du niveau de vie en même temps que elle constituait un barrage efficace contre la tentative de prise du pouvoir par la minorité organisée des partis communistes, a commencé à perdre son influence avec la crise économique et  politique de l’Europe.

La désindustrialisation  a entraîné le chômage de masse en même temps que la précarisation de l’existence et la menace d’une déchéance sociale pour les jeunes intellectuels n’arrivant pas à s’insérer dans le monde du travail autrement que d’une façon sous payée et dévaluée, eu égard à leur formation.

Les jeunes ouvriers, eux, faute d’emplois stables, ne pouvaient plus comme leur parents, faire des projets d’acquisition d’une maison, de fondation d’une famille.

Parallèlement, l’Europe devenait obèse avec ses dizaines de nouveaux membres, pensant surtout à recevoir des subventions, créant une bureaucratie productrice de règlements sans fin et développant une idéologie « droits-de-l’hommiste » s’imposant aux législations nationales locales, tout cela dans une cacophonie rendant illisible toute tentative de politique commune.

Les extrémistes ont bien saisi la montée d’un sentiment anti européen dans les classes populaires et ont visé le soutien à l’idéologie libérale implicite dans les institutions  de l’Europe. Avançant sous le couvert d’un discours chauvin et nationaliste, ils ont réussi à rassembler une majorité au vote sur l’Europe, avant que le gouvernement français fasse refaire le vote, obtenant alors un résultat favorable .

cette première fracture traversait la droite comme la gauche, mais pour le PS,  elle marquait le premier regroupement  des contestataires d’une idéologie libérale qui refusaient le système globalement.

Hollande tentait dans sa présidence de maintenir unis ces deux blocs, alors que les anti libéraux montaient à l’assaut, le sommant de prendre parti, alors que le fond de sa politique était plutôt sociale libérale, mais avec une priorité à maintenir l’unité du PS pour garantir son existence.

A partir de là, l’idéologie social démocrate du PS se déchirait et la seule structure mentale qui résistait était le rabattement sur une idéologie anti capitaliste, dont le meilleur modèle était celui du Parti Communiste,pourtant  ringardisé à un degré extrême.

Mélenchon qui avait fait cette analyse avant les autres était déjà parti du PS et jouait à fond la carte nostalgique, utilisant la phraséologie du PC, mais remplaçant la discipline du parti par l’usage  de son charisme et de son aptitude de tribun jouissant de sa maîtrise du langage et de la polémique.

Face à l’éclatement du PS qui n’était plus qu’un assemblage hétéroclite de postures et d’ambitions personnelles, la « gauche » du PS » apparaissait comme la plus cohérente et comme celle ayant une stratégie:la conquête du PS et finalement celle du pouvoir, avec un renversement complet de la politique française:sortie de l’Euro, protectionnisme, refus de payer les dettes du pays, constitution d’un électorat captif,

c’est à dire la ruine du pays en quelques années, et le terrain préparé pour une guerre civile  contre les « riches » avec très vite une montée de l’extrême droite qui justifierait des mesures dictatoriales, comme cela se produit chez son modèle du Vénézuela, le « commandante Chavez » qui a conduit le pays à la ruine  malgré ses richesses naturelles, clivant le pays avec l’opposition des riches et des pauvres, utilisant l’économie du pays pour acheter l’adhésion des « pauvres » et utilisant l’appareil d’état pour brimer par la violence la montée des opposants, préparant en fait l’équivalent d’un coup d’état, à la mode communiste.

Le problème est que une évolution similaire s’est produite dans plusieurs pays d’Europe: La Grèce a donné l’exemple, en donnant par le vote la majorité  à un groupe d ‘extrême gauche qui promettait de ne pas céder aux  exigences des créanciers de la Grèce. Le problème est que ce groupe d’extrême gauche n’a pas tenu ses promesses et a cédé à ces exigences, tout en paraissant protéger les tricheurs qui ne voulaient pas payer pour leurs escroqueries.

En Angleterre, un  groupe gauchiste s’est emparé du pouvoir dans le parti travailliste, avec l’aide des syndicats contrôlés par les éléments gauchistes et rêve de revenir à la période pré blairiste ou les syndicats possédaient des avantages exorbitants. Corbyn  développe un discours propalestinien sans vergogne , tient une position ambigüe sur l’Europe et représente une tendance paléo-marxiste qui séduit une partie de la jeunesse.

En Espagne, les deux partis de gouvernement, le PSOE et le PP sont en net recul et les « indignés » gauchistes ont mobilisé des foules immenses et sont passés très près d’une victoire électorale.

En Italie, les mouvements démagogiques de droite: parti de Berlusconi, Ligue du Nord, mouvement 5 étoiles, montrent l’emprise des démagogues sur la population.

Partout, la période de domination sans partage du libéralisme semble terminée et suscite un retour du balancier  des idées les plus éculées en sens inverse avec  une résurgence d’un discours passéiste que l’on croyait enterré  avec l’échec économique total et la déconsidération des régimes politiques  antidémocratiques du socialisme.
Mais les masses désorientées par la crise économique que les systèmes libéraux n’arrivent pas à conjurer ont la mémoire courte et sont prêtes à valider n’importe quel discours qui leur dit que en faisant le contraire de ce qui est fait, on trouvera peut être la solution. En attendant, elles se disent que puisque les solutions libérales n’ont pas résolu le problème, il suffit peut être de changer de système pour le régler.. En même temps, il est vrai que les élites politiques se sont progressivement coupées de la population, laissant  petit à petit l’idée du « tous les mêmes » s’emparer des esprits, pour le plus grand bien des joueurs de flûte.

Mélenchon a pris une longueur d’avance dans ce domaine, ou il est en concurrence directe avec Marine Le Pen et son « UMPS ». Tous les deux visent le même électorat, désabusé et critique, avec bien sur quelques oppositions. Mais Macron les a pris de vitesse en balayant avec son néo-parti les deux piliers de la bipartition politique de la France, le PS et LR, tous les deux déconsidérés par leurs « affaires » et leur gestion calamiteuse de la crise quand ils avaient le pouvoir. Mélenchon tente de se rattraper en occupant la place de « principal opposant », ce qui est une marche vers « prochain remplaçant ». Pour cela, il est prêt à faire feu de tout bois, déclarant par exemple que si il rencontre quelqu’un qui gagne plus de 4000 euros par mois, « il lui fait les poches ». Les Français sont donc avertis: cet admirateur de Robespierre a décrété ou passe la limite entre ceux qu’il défend (?) et ceux qu’il va rançonner. Pour ceux là, il n’y aura pas de loi protectrice, il n’y aura que à se servir. Le tribun du peuple annonce la dictature du peuple, qui en général précède de peu la dictature du parti du peuple, voir ce qui lui plaît au Nicaragua.

Les temps qui s’annoncent risquent d’être durs avec cette graine de dictateur. qui jouit déjà de son pouvoir d’entraînement sur les masses.Les démagogues populistes ont un boulevard devant eux  .Espérons que les yeux s’ouvriront avant qu’il ne soit trop tard.