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Israel: la barre à droite, toute?

février 22, 2009

La logique des chiffres s’est imposée implacablement: Perès a chargé Netanyahou de former un gouvernement, parce que il était évident que Livni,malgré le fait qu’elle avait remporté les élections en ayant obtenu le plus grand nombre de sièges, était dans l’incapacité de  trouver une majorité pour soutenir son gouvernement.

A partir de cette réalité de fait: la gauche et le centre sont en minorité dans le pays, et sur des positions trop opposées à celles de la droite sur tout ce qui concerne le conflit avec les Palestiniens pour pouvoir mener une politique commune cohérente dans ce domaine crucial, qui rejoint les questions essentielles de la sécurité, de la défense,, et des relations internationales, un gouvernement d’union nationale n’ a pas de sens.

C’est pourtant ce qu’auraient souhaité, d’après les sondages, une large majorité d’Israéliens, qui y voyaient sans doute une façon de contrebalancer le poids inquiétant de l’extrême droite dans un gouvernement ou Netanyahou serait le plus « modéré » de l’équipe mise en place.

C’est aussi ce qu’aurait voulu Netanyahou, qui est parfaitement conscient de sa dépendance à l’égard des extrêmistes et de la fragilité d’un gouvernement à la merci de ces surenchères, ainsi que des contradictions entre religieux et laïques ( le parti de Lieberman), et aussi menacé par le mécontentement des alliés européens et américain.

Le refus de Livni d’être l’alibi de Bibi:

Malgré une phase d’expectative, Livni  a fini par tirer les conclusions de la situation: ne pas assumer de  rentrer dans l’opposition serait à la fois inutile quand  à l’atteinte de ses buts dans le processus de paix, Netanyahou bénéficiant de tous les atouts pour saboter le processus, tout en utilisant l’alibi de la coresponsabilité de Kadima, et suicidaire pour son image  personnelle, basée sur le courage d’éviter les compromis politiciens qui ont déconsidéré toute la classe politique aux yeux des Israéliens.

Kadima a réussi à préserver ses chances d’existence, toujours menacées d’un éclatement, en préservant ses positions malgré les discrédits liés a Olmert.

Mais Kadima devra franchir l’épreuve d’une période d’opposition, qui a déja sélectionné les constants des opportunistes qui ont rejoint le Likoud et les postes qu’il peut distribuer.

Cette phase d’opposition, que Kadima n’a encore jamais connue,le mettra sur la même ligne que le quasi défunt parti travailliste, qui s’est déconsidéré par son incohérence, son alignement sur des positions soit  purement syndicales, soit gauchistes.

Beaucoup de gens sont convaincus que le gouvernement de Netanyahou aura une durée de vie brève (6mois pronostiquent certains, sans doute très optimistes). Cela dit, cette idée de la brièveté de la configuration ultra droitière du gouvernement va peut être infléchir certaines réactions.

Les Etats Unis peuvent faire preuve de patience, ou même provoquer des situations mettent ce gouvernement face à ses contradictions. Ils peuvent faire, jusqu’à un certain point la différence entre l’Etat Israélien et un gouvernement conjoncturel. En même temps, on a vu la difficulté qu’il y avait à différencier les Etats Unis et la politique de GWBush.

D’une façon générale, il va être plus difficile pour les défenseurs d’Israêl de faire entendre leur voix face aux dérapages de l’extrême droite qui vont apporter de l’eau aux moulins des extrêmistes propalestiniens qui tentent par tous les moyens d’isoler l’Etat Israélien. On en a eu déja la démonstration avec les slogans qui ont fleuri partout pendant la guerre de Gaza visant à faire revenir en arrière l’Europe sur ses projets de coopération avec Israël. Un sommet a été atteint avec la décision de la  Suède de faire jouer un match de Coupe Davis avec Israël à huis clos, sous prétexte de manifestations propalestiniennes annoncées, alors qu’une députée socialdémocrate demandait le boycott d’Israêl pour toutes les manifestations sportives sous prétexte que le sport était incompatible avec « une politique belliciste »(sic).

C’est toute la difficulté de maintenir la position équilibrée de Kadima, qui avait trouvé , entre « le camp de la Paix », qui ne voyait que les torts israéliens, et était prêt à toutes les concessions pour arriver à une paix douteuse , et le « camp national » qui ne voyait que la force d’Israêl comme gage de sécurité, sans penser que nier tous les droits des autres mettait le pays en danger permanent, une stratégie éloignée à la fois de l’angélisme et du défaitisme pacifiste et du cynisme à courte vue négligeant tout autre élément que le rapport de force militaire des droitiers.

La droite de Netanyahou sera-t-elle assez intelligente pour ne pas créer l’irréparable, c’est à dire la rupture , ou du moins  un désinvestissement du lien privilégié , avec les Etats Unis,  qui serait le premier pas vers la tombe d’Israêl, plus sûrement que l’acquisition de la bombe par l’Iran?

Existe -t-il une chance de réformer le système électoral , comme le souhaitent Kadima et Lieberman, seule chance d’avoir un gouvernement assez stable pour enclancher un processus de paix?

Les Etats Unis vont -ils utiliser des pressions plus fortes sur Israël  pour résusciter le processus de paix moribond?

Quelles seront les perspectives si les Palestiniens renoncent à la tentative de créer un Etat parallèlement à l’Etat Israélien?

La période qui arrive s’annonce aussi pleine de dangers que d’inconnues.

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Kadima arrive en tête aux élections, mais n’a pas de majorité pour gouverner pour le moment.

février 11, 2009

Le défaut fondamental du système electoral israélien apparaît une fois de plus,lié à l’émiettement de la représentation électorale (33 partis pour 120 députés) avec l’instabilité gouvernementale qui en est la conséquence ( aucun gouvernement récent n’ayant terminé son mandat),  et les petits partis disposant d’un pouvoir exhorbitant de chantage sur les grandes formations, dont ils peuvent faire chuter les majorités pour un oui ou pour un non.

Le scrutin de hier a montré à la fois le glissement à droite de l’électorat (le parti travailliste est en voie de devenir un parti d’appoint dans des majorités conçues par les autres partis, la gauche représente moins de 20 % des voix dans le pays) et la réticence à donner carte blanche à l’extrême droite dont la progression a été  effective, mais limitée

Livni a remporté son pari de vaincre électoralement Netanyahou, malgré les sondages qui prédisaient la victoire de celui-ci, et le pessimisme de ses troupes, faisant preuve d’une belle combativité, et apportant un démenti à ceux qui la dépeignaient comme « pas à la hauteur ».

Mais le problème de la formation du gouvernement reste entier, la droite  est majoritaire dans le pays, et n’entend pas faire de cadeau à Livni avec qui les divergences sont fondamentales: sur le non partage de Jerusalem, sur les colonies en Cisjordanie et la restitution du Golan;

On voit mal l’extrême droite s’allier avec Kadima et les partis de gauche. La conclusion terrible qui s’impose, c’est un gouvernement de Netanyahou, ce qui veut dire la fin du processus de paix. Ce que l’on peut dire, c’est que de moins en moins de gens  croient à celui-ci dans le pays, compte tenu  de l’échec d’Oslo, de la 2ème Intifada, et du fait que l’Autorité Palestinienne est de plus en plus coupée de la population palestinienne, et apparaît maintenue en survie par le soutien des Israéliens eux-mêmes.

A partir de là,n’existent plus que deux alternatives: le développement d’une nouvelle intifada, avec actes de terrorisme à l’Irakienne, et un affrontement avec les pays arabes à courte échéance,ou bien un retrait des territoires unilatéral, ce qui est inenvisageable après l’expérience de Gaza: ce serait ouvrir la voie à un état hostile à mort à Israël et contrôlé par le Hamas ou son équivalent.

Des hypothèses qui incluent toutes les deux des guerres sanglantes, rendant la vie insupportable pour beaucoup en Israël.

Les Israéliens ont eu en main les données du choix. Ils  savaient que la paix et la guerre étaient en jeu dans le choix des majorités electorales. Ce qui l’a emporté, c’est une vision méfiante et pessimiste du monde arabe, qui prenait en compte la progression de la haine dans ce camp, qui ne croyait plus à la représentativité des interlocuteurs qui lui restaient, et qui doutait de la détermination du camp de centre gauche à cause de l’incertitude des résultats de la guerre que le gouvernement avait déclenché.

La suite montrera si le choix qui a été fait préservera la sauvegarde d’Israël ou, au contraire,précipitera une catastrophe que de plus en plus de monde appréhende

Suspense en Israël à la veille des élections du 10 février

février 7, 2009

A l’avant veille des élections, le suspense est très grand  quant à l’issue de cette confrontation. La presse est unanime à diagnostiquer une droitisation de la population, et les sondages sont  aussi homogènes à constater que Netanyahou est en tête actuellement, et que le parti d’extrême droite de Avigdor Lieberman va effectuer une percée qui va le faire passer largement devant le parti travailliste.

Cependant, les jeux ne sont pas faits pour plusieurs raisons. D’abord, Tzipi Livni a réduit l’écart qui la sépare de Netanyahou, qui n’est plus, d’après le dernier sondage (6 février) que  de 27 sièges au Likoud contre 25 sièges pour Kadima. De plus, une part importante de l’électorat semble ne pas avoir fait son choix et se déterminera au dernier moment, et les électeurs de Kadima paraissent plus que ceux du Likoud sûrs de leurs choix. Enfin Netanyahou est inquiet de la progression de Israël Beiteinou, le parti de Lieberman, qui se développe au détriment de son propre électorat.

D’autre part , l’insuffisance de la base électorale de chacun des principaux partis les contraint à des alliances électorales pour avoir la majorité. Or, si le bloc des droites,qui trouve sa base dans le refus d’une reconnaissance d’un état palestinien qui disposerait d’une partie de Jerusalem comme capitale, est nettement plus nombreux que celui de l’alliance du centre et des gauches, il y a des contradictions internes dans ce bloc qui peuvent lui poser de sérieux problèmes.

Lieberman pourrait ne pas trouver de poste satisfaisant dans un cabinet dirigé par Netanyahou, et il est très opposé aux  pouvoirs exhorbitants accordés aux religieux, comme une part importante de son électorat russophone.

Netanyahou, qui représente une droite qui craint d’être l’otage des extrêmistes, a annoncé sa volonté de former un cabinet d’union nationale ou Barak aurait vraisemblablement le minstère de la défense.

Livni annonce aussi sa volonté de faire un gouvernement d’union nationale, dont elle dit que il pourrait être plus ouvert (à droite) que ne le serait à gauche celui de Netanyahou.

Il existe donc une marge d’incertitude, qui va dépendre en partie des votes « tactiques » des électeurs qui voudront contraindre les « grands »  partis à certaines alliances.

Deux  conséquences fondamentales vont découler de ces choix.La principale sera liée au processus de négociation avec les palestiniens: si la droite passe, le processus sera gelé- quelque soient les  astuces verbales qui seront utilisées pour le masquer, ce qui aura pour conséquence immédiate la disqualification des tentatives palestiniennes pour faire exister un état palestinien côte à côte avec l’ état Israélien, avec pour effet instantané l’effondrement du Fatah, la prise de contrôle de la population palestinienne par le Hamas islamiste, terroriste, et agent direct de l’Iran, l’annulation de la reconnaissance d’Israël par les palestiniens et leur revendication d’un état unique en Palestine. En même temps cela isolera Israël de ses alliés américains et européens , et le rendra encore plus fragile face aux nouveaux soutiens des musulmans que seront les Chinois et les Russes, par intérêt géostratégique.

La seconde conséquence risque d’être, si la droite contraint Kadima à se retrouver dans l’opposition, l’éclatement de cette formation et le retour au bipartisme traditionnel en Israël, avec le manichéisme qui s’ensuit, et le risque de rupture de l’unité du pays.

L’incertitude qui règne encore sur les conclusions de la guerre de Gaza, et en particulier le fait que les bombardements continuent, même si c’est de façon extrêmement réduite, a entamé le crédit des membres du gouvernement. Le sentiment le plus répandu dans la population israélienne, en dehors du soutien presque unanime à cette guerre, est que il y avait une possibilité d’aller beaucoup plus loin dans l’écrasement du Hamas, et que le gouvernement s’est arrêté juste avant de franchir ce pas, par manque de détermination.

C’est  ce sentiment qui fait le lit de l’extrême droite et de sa progression, les considérations de sécurité passant avant toutes les autres dans l’esprit des Israéliens. L’augmentation de la pression iranienne, avec le lancement réussi de leur satellite, et la décision russe de mettre en route le réacteur qu’ils  fournissent à l’Iran avant la fin de l’année, accroît encore l’impact du facteur sécuritaire dans les choix de la population israélienne. L’annonce par Netanyahou « qu’il ne laissera pas l’Iran acquérir la capacité nucléaire « peut être aussi inquiétante que rassurante pour ceux qui voient l’avenir s’assombrir dans la région.

Israël arrive à la croisée des chemins, et les Israéliens, habitués à ausculter tous les signes de danger  dans leur environnement, feront certainement peser ce facteur dans leur décision d’après-demain.

Gaza: le prix à payer pour les ambiguités dans la conduite de la guerre risque d’être lourd

janvier 23, 2009

Au moment ou la trève perdure et où, comme c’était prévisible , le Hamas plastronne en se vantant de ne pas avoir été détruit, et donc d’avoir résisté à l’armée israélienne, le pays s’interoge sur la stratégie qui a été suivie, et doute de la réalité des affirmations de Olmert qui prétend que la guerre a permis d’atteindre tous les objectifs.

Le Hamas a beau réoccupper le terrain, faire la démonstration qu’il contrôle toujours la population, multiplier les provocations verbales, le point essentiel reste: les tirs sur Israël seront ils te rminés oui ou non.

Si ce n’est pas le cas,  cette guerre aura causé des destructions et des morts inutiles, aura gaspillé le prestige de Tsahal en lui fixant des objectifs imprécis (« affaiblir » le Hamas, ce qui ne veut pas dire grand chose).

Si c’est le cas, Le Hamas pourra faire toutes les déclarations qu’il veut, chacun saura que Israël a gagné la guerre, quelque soit le nombre de combattants du hamas  tués.

Si les accords internationaux  empêchent réellement le Hamas de se réapprovisionner, Israël a gagné. S’il s’agit simplement d’accords formels et de faux semblants, ce sera le Hamas le vainqueur.

Actuellement, les tunnels ont repris leur activité, même si une majorité d’entre eux ont été détruits. Le réapprovisionnement du Hamas peut donc se poursuivre. Une partie de l »armement iranien fourni au Hamas était acheminé par mer, par des containers spéciaux largués pardes bateaux iraniens, qui restaient sous l’eau jusqu’à la proximité du rivage ou ils étaient recueillis par les Palestiniens. Manifestement, la marine israélienne était impuissante à tarir cette source de réarmement. Les américains ont ils donné des moyens techniques aux israéliens permettant de résoudre ce problème?

Pour le moment, le succès de Israël n’est pas démontré.Le résultat le plus immédiat a été le bond en avant électoral du Likoud, qui, d »après les sondages, aurait de nouveau creusé l’écart avec Kadima (30 sièges contre 26 ou 24), de même que le parti d’extrême droite Israël Beitenou, de Avigdor Lieberman. La population israélienne perçoit un écart entre les déclarations ronflantes du gouvernement et ce que chacun voit: pas de signes actuellement d’une garantie queconque que les tirs ne vont pas reprendre quand le Hamas le voudra, peut être insensiblement pour commencer, puis plus massivement. Alors , Israël n’aura d’autre choix que de relancer une autre offensive, qui déclenchera encore les mêmes cris de haine, et le seul gain aura été un sursis de quelques mois en attendant une  deuxième guerre, plus dure, plus coûteuse, plus meurtrière;

En même temps, le risque d’un succès electoral de ce qui est maintenant une extrême droite, menace directement le processus de paix, déja bien mal en point. Si les futurs dirigeants d’Israël sont déterminés à torpiller ce processus, ils isoleront Israël  de tous ses alliés démocratiques (les seuls qui lui restent, d’ailleurs) et en particulier ils le couperont de son plusfidèle allié, le seul profondément acquis à son existence et à sa légitimité: les Etats Unis, sans l’appui militaire et diplomatique duquel ils se retrouveront le dos au mur, face  à  la meute ivre de haine des islamistes  et du monde musulman.

Cela finira d’isoler chez les Palestiniens les partisans d’une coexistence entre deux états, et la vague d’extrêmisme, coagulée autour des islamistes ,finira par être la seule voix parlant au nom des Palestiniens, ce qui est le but poursuivi par le Hamas et ses maîtres iranien et syrien .

Livni risque  d’avoir gaspillé l’estime que lui procurait son honnêteté et la conjoncture favorable produite par le glissement à l’extrême droite du Likoud, effrayant pour beaucoup d’électeurs. Le coût risque d’être immense, livrant le pays à la violence des discours extrêmistes, disqualifiant les leaders politiques qui n’avaient vraiment pas besoin de cela,le divisant au moment ou il a plus que jamais besoin d’unité, favorisant les surenchères démagogiques chez les ennemis comme chez les amis,poussant vers la radicalisation la droite comme l’extrême gauche.

Peut être quelque chose sortira-t-il des négociations en cours actuellement. Plus vraisemblablement, seul le grand face à face irano américain qui va se mettre en place avec l’arrivée de Obama  va t il influer sur un Moyen Orient qui s’enfonce lentement dans la spirale de la haine et de la guerre à mort. L »accumulation des armes, l’exacerbation calculée de la haine anti israélienne, l’instrumentalisation de la religion  comme moyen de conquête oou de conservation du pouvoir, la paranoia qui envahit le champ de la politique font planer la menace d’une catastrophe ou le terme de holocauste ne correspondra pas à l’abus de langage dont sont coutumiers les adversaires d’Israël, mais à une effrayante réalité. Les voeux d’anéantissement répétés à l’égard d’Israël donnent la mesure de la folie meurtrière qui rode  dans cette région. Les Fous de Dieu manient avec froideur  ou avec excitation la terreur , le mensonge et la Mort et regardent avec ironie ces Occidentaux qui croient pouvoir opposer la Raison aux passions humaines que sont la haine, la volonté de domination,et la destruction de l’autre.

Les élections qui vont avoir lieu dans moins de 3 semaines en Israël vont être décisives pour la vie de tous les habitants de cette région pour plusieurs années et peut être même davantage.

LE LIKOUD EST DESORMAIS UN PARTI EXTREMISTE

décembre 10, 2008

(d’après l’article de Gilles Paris dans Le Monde.fr du 09/12/08)

C’est ce qu’ à déclaré le premier ministre  Ehoud Olmert après les primaires du Likoud qui viennent de se dérouler en Israël.

Tous les observateurs font en effet le même constat, celui de la droitisation de ce parti, dont le signe le plus éclatant est la nomination sur sa liste électorale de Moshé Feiglin, animateur du courant Manhigoute Yehoudite (direction juive) , accompagné de deux proches en position éligible comme lui.

Ce courant est un des plus extrémiste en Israël, mais Feiglin, à la différence des autres groupuscules d’extrême droite, a choisi une politique d’entrisme dans le Likoud, ou il a obtenu progressivement des scores de plus en plus importants  dans les élections internes. On se trouve dans une situation qui serait celle, en France, ou le Front National aurait décidé d’investir progressivement l’UMP, pour avoir un levier d’action politique plus efficace que le statut de parti contestataire.

Feiglin a ainsi célébré  comme « un acte de résistance » l’assassinat de 23 musulmans en prière dans une mosquée au caveau des  Patriarches en 2004 par l’extrêmiste juif Baruch Goldstein, et réclamé après le lynchage par les Palestiniens de deux soldats israéliens à Ramallah que Israël chasse les habitants de cette ville pour les remplacer par des Juifs, avant la suite qui serait non seulement le transfert des Palestiniens des Territoires, mais aussi celui de toutes les populations arabes présentes dans le « grand Israël ».

Cette radicalisation du Likoud l’empêche, comme le souligne Gilles Paris dans son article, de se présenter comme un parti pragmatique peu différent sur le fond de Kadima, et obère sa capacité d’attraction aux prochaines législatives.

Comme le dit Haim Oron, chef du Meretz, « le Likoud a ôté son masque et montre son vrai visage.La combinaison Feiglin-rebelles du Likoud a contribué à former un part d’extrême droite. Le peuple devra  désormais choisir entre la liste du Likoud et une alternative en quête de paix, capable de dialoguer avec les Etats Unis et le reste du monde ».

Même si on  ne partage pas d’une façon générale les vues du Meretz, on ne peut qu’être frappé par la justesse de cette formulation: si le peuple israélien choisit l’extrêmisme du Likoud, il n’y aura plus de dialogue possible avec les Etats Unis, fermement engagés dans la voie d’une paix reposant sur la coexistence de deux états sur cette terre, comme la quasi-totalité de la communauté internationale. Israël sera alors coupé de ses soutien vitaux, stratégiques, économiques et militaires, ce qui est sans le moindre doute une politique suicidaire.

Là ou l’extrême droite accuse la gauche et Kadima de mener une politique suicidaire en donnant un état aux ennemis d’Israël, c’est elle même qui creusera la tombe du pays en le désarmant,égarée dans ses délires religieux et sa mythologie mégalomaniaque, incapable d’apprécier les vrais rapports de force, emportée  par sa vision illusoire d’une capacité militaire à maîtriser tous les problèmes politiques de la région.

Kadima, seul  parti de taille à s’opposer au Likoud avec un parti travailliste  en pleine déroute, crédité de seulement 8 % des voix,arrivera -t-il à remonter son retard dans les sondages sur le Likoud avec la prise de conscience de cette évolution inquiétante de son adversaire?

Nous le saurons bientôt.

Kadima , une dernière chance pour la paix au Moyen Orient

novembre 17, 2008

L’échec de la tentative de Tzipi LIvni  dans sa tentative de constitution d’un gouvernement de coalition, avec les travaillistes et avec le Shas fait planer une grande inquiétude sur la possibilité de trouver une majorité, pour le prochain gouvernement, qui ait les mains libres pour mener des négociations de paix avec les palestiniens.

Or tout le monde est à peu près d’accord actuellement pour penser , parmi ceux qui souhaitent l’existence de deux états côte à côte, que le temps joue contre  les chances d’un accord.

En effet, le facteur le plus grave sur ce plan est la continuation de la colonisation à Jerusalem sur un mode qui vise à empêcher toute continuité territoriale d’un état palestinien avec Jérusalem Est et en particulier avec les Lieux Saints. Or un Etat palestinien sans au moins une partie de Jerusalem Est est absolument inacceptable pour la partie palestinienne, et débouchera sur une guerre à  outrance.

C’est le calcul évident de la droite dure israélienne, dont Netanyahou est la figure de proue, qui continue à croire possible un Grand Israël,et qui pense que le peuple israélien aura beaucoup de mal à  admettre des expulsions à Jérusalem même, compte tenu de la difficulté qu’il a eu à admettre ces expulsions déja dans le Sinaï égyptien et dans la bande de Gaza, alors que ces territoires ne faisaient pas partie de « Eretz Israêl ». Cette droite politique est même dépassée dans l’extrêmisme par pratiquement tous ses alliés, la nébuleuse de colons mystiques prêts à presque toutes les provocations, dela violence contre les voisins palestiniens jusqu’à l’agression contre Tsahal si celle-ci prend position contre leurs activités illégales.

L’existence de Kadima, le parti créé par Ariel Sharon  quand il a compris que le Likoud ne laisserait pas passer sa décision de sortir de Gaza, a été une bouffée d’espoir dans le pays, et à  laissé espérer que les 60 % de la population qui admettent la nécessité de l’existence de deux états sur cette terre pourraient trouver une représentation hors  du clivage radical dans lequel ils étaient prix jusque là entre le pacifisme flirtant avec le gauchisme  du parti travailliste et l’obstination expansionniste et la surenchère extrêmiste du Likoud.

Le premier succès de ce parti qui avait réuni des figures importantes venues d’un bord comme de l’autre (Shimon Peres, Ariel Sharon ,etc.), s’était traduit par un succès impressionnant aux premières élections qui avaient suivi sa création. La mise à l’écart de Sharon consécutive à son accident vasculaire cérébral, l’absence de charisme de Olmert suivie de l’échec de la campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, puis de ses démêlés honteux avec la justice ont dilapidé le capital de confiance que les Israéliens avaient placé dans ce mouvement.

La nomination de Tzipi Livni constitue une dernière chance pour ce parti d’échapper aux tendances centrifuges qui le menacent , et de voir chacun de ceux qui ont quitté la droite ou la gauche pour le rejoindre repartir vers leurs milieux d’origine.

Les partis du centre en Israël n’ont jamais,  jusqu’à présent, eu de forte longévité. Mais le phénomène de son apparition coincide avec l’érosion continue de l’influence et du pouvoir des travaillistes, passés de la majorité absolue  à une estimation de 11 députés sur 120 aux prochaines législatives, et au fait que même le Likoud ne représente que un quart de l’électorat. Le problème des alliances est donc crucial, et l’alliance de la gauche et du centre part avec un handicap de un ou deux sièges dans les estimations actuelles.

Pourtant le choix clair de Livni qui a refusé les maquignonages de bas étage  et a eu le courage d’aller affronter les électeurs fait passer un souffle de fraîcheur dans l’univers politique israélien bien abîmé par les combinaisons politiciennes liées au système de la proportionnelle intégrale, quand ce n’est pas celui des compromissions financières. Les électeurs lui en sauront ils gré? Sont ils prêts à donner une chance au processus de paix en lui permettant de se passer des conditions exhorbitantes des partuscules religieux ou extrêmistes? Veulent ils continuer à échapper au clivage du pays en deux camps irréconciiables?

Le pays est sur le fil du rasoir. Cette élection vaut bien celle de Obama, avec les enjeux énormes de politique internationale qu’elle a entraîné.

L’extrême droite elle ne s’y trompe pas et déchaîne sa violence verbale contre Kadima, qu’elle accuse d’être alignée sur « La Paix maintenant », parce qu’elle sent bien, comme le parti travailliste d’ailleurs que Kadima détache d’eux des électeurs qui n’étaient chez eux que faute d’alternative.