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La force d’attraction des idéologies: le monde à la recherche d’une boussole

octobre 17, 2011

Il y a des périodes historiques ou le monde semble hésiter  quant à la voie qu’il va choisir,et où la visibilité est si réduite que le choix apparaît fondé sur tant d’incertitudes qu’il s’apparente à un pari hasardeux.

L’après guerre mondiale a été caractérisé par les développements de la guerre froide , la division du monde en deux blocs faisant planer le danger d’une guerre avec la destruction mutuelle des deux parties, et finalement ,avec la défaite du camp communiste et la suprématie idéologique et économique du libéralisme occidental; Ce paysage s’est brutalement transformé depuis les débuts du XXI ème siècle:

Les développements de la mondialisation  avec l’émergence  de nouvelles grandes puissances , la perte de la toute puissance américaine et la redistribution du pouvoir mondial , la crise financière très grave et les difficultés  des économies de tout le monde occidental, la montée des fondamentalismes religieux et l’universalisation du terrorisme , la prise de conscience des dangers écologiques menaçant  la vie même sur la terre bousculent tous les équilibres et toutes les certitudes du siècle précédent.

La disqualification complète du communisme , idéologie majeure du XXème siècle,qui ne subsiste plus que sous la forme de quelques dictatures momifiées ou de discours servant à maintenir au pouvoir  des groupes prédateurs qui ne croient plus un mot de leurs théories  a laissé un vide qui fait appel vers de nouvelles idéologies pour contester l’ ordre dominant et exprimer l’insatisfaction et les  rêves de larges masses devant  les errances du système actuel.

La social démocratie qui en est  un rejeton très modéré , mais partageant avec le communisme un fond commun d’alliances historiques et d’analyses de la société se trouve  écartelée entre  une aile tentée de reprendre l’héritage communiste à son compte et de verser dans le radicalisme irréaliste et une aile moderniste essayant de peser sur le plan social dans le cadre d’une économie libérale acceptée, à contre-coeur, comme seule viable économiquement.

L’écologie , qui a  alerté le monde sur les dangers que  lui fait courir   le non respect des équilibres naturels ,et qui se présente comme un discours  de la défense de la survie de l’humanité , s’est constituée comme une vision du monde  mettant au premier plan la protection de la qualité de la vie et de l’environnement , par opposition aux valeurs productivistes et de recherche de la puissance économique à tout prix.

Elle  a des affinités profondes avec l’altermondialisme , idéologie  multiforme qui exprime le rejet d’un monde gouverné par la seule rationalité économique et qui  coalise toutes les utopies contestatrices , sans parvenir à fournir un projet crédible et cohérent.

Face à ces idéologies contestant l’ordre  social et économique du monde , un autre groupe  idéologique a pris une ampleur inattendue: c’est celui de  la mise en avant de la croyance et de la pratique religieuse , qui est en quelques années devenu  le fondement des système politiques de nombreux pays musulmans , en même temps qu’il devenait , en Europe et aussi ailleurs , le support d’une communautarisation  rapidement expansive des populations musulmanes. s ‘appuyant sur le religieux pour former une quasi contre-société , comme le communisme a pu , à une certaine époque , fournir la base d’une contre société ambigüe en France , développant à la fois une culture parallèle et opposée à la culture environnante , et en même temps, fournissant parfois une voie d’intégration à des groupes marginalisés socialement .

En Europe , la puissance des effets de la mondialisation , avec ses effets de destruction économique de certains secteurs , en même temps que l’apparition d’instances supranationales , ont conduit à la réduction de fait des autonomies nationales , comme de la marge d’action du politique par rapport à l’économique.

Là encore , les esprits perdent leur repères , ne sachant plus ce qui est de l’ ordre de la réalité et ce qui est retard sur l’évolution du monde.

A ce sentiment d’impuissance qui produit une révolte s’ajoute la désorientation procurée par le sentiment , fondé, d’une  perte d’importance dans le monde  et d’un déclin de l’influence de la France , confrontée à l’arrogance grandissante des pays émergents.

En France , l’affadissement du référent national , y compris  dans sa transmission par l’Ecole , et la visibilité de plus en plus grande des cultures communautaires rend perplexe la population quant à l’importance  à leur  conférer ,entre  raidissement identitaire et multiculturalisme oecuménique.

La domination idéologique du libéralisme , appuyée sur l’effondrement politique et économique des sociétés socialistes , et sur la domination  politique sans partage  des Etats  Unis  a été ébranlée , avec ceux-ci, par  les attentats du 11 septembre , première faille dans leur invulnérabilité , puis par leur mise en échec en Irak devant la guérilla et le terrorisme ,et par la décrédibilisation du gouvernement américain quand ses mensonges ont été révélés au monde entier. La crise financière de 2008 , suivie de la crise de la dette en 2011  ,la stagnation des économies occidentales ,la montée du chômage,face au développement spectaculaire  des économies de pays émergents se démarquant ouvertement du souci de la démocratie , et voulant trouver des voies politiques négligeant ou méprisant la place de la démocratie, , ont fait naître le doute quant à la pertinence de l’idéologie libérale ,et même quant à l’universalité de l’idéologie démocratique.

Le paysage actuel est celui d’un monde ou personne ne peut  garantir que le système financier et économique mondial ne va pas s’effondrer dans une grande crise . Les spécialistes  sont divisés et s’affrontent dans des débats  diafoiresques ou affleurent leurs apriori politiques , les politiques restent prisonniers du court terme et pilotent à vue , les démagogues  se frottent les mains et demandent que  les élites leur laissent la place ,et assurent que des solutions simples  et radicales existent.

La disparition du pacte social qui a soutenu l’Etat-providence avec  la chute de la croissance pourvoyeuse de moyens crée le relâchement des solidarités , la méfiance entre groupes sociaux; parallèlement , les utopies sociales et politiques refleurissent partout , suggérant que l’union de la société n’est qu’une question de bonne volonté . Les démagogies se nourrissent de cet humus, les vieilles idées relèvent la tête , les masses attendent que quelque chose leur donne l’espoir d’une société meilleure , sans voir au delà des promesses , les catastrophes dont sont peut-être porteurs les prometteurs de pluie.

Le réalisme et le pragmatisme apparaissent comme insuffisamment porteurs de lendemains enchantés , le monde rêve de changements radicaux , les millenarismes religieux ou politiques ont le vent en poupe.

Dans cette conjoncture , les gens ne savent plus quoi penser , à quoi se rattacher , à qui se fier. Les marchands de rêve voient s’ouvrir des boulevards devant eux .

Les idéologies , religieuses ou politiques,  peuvent occuper le terrain. La demande est grande , d’entendre quelqu’un assurer que les solutions existent , pour peu qu’on lui fasse confiance et qu’on lui confie les rênes. Dans un monde ou le libéralisme s’accompagne d’une crise violente et inquiétante et ou les déboires du socialisme sont déjà oubliés, rien ne fait preuve , toutes les paroles se valent , les escrocs sont aussi vraisemblables que  les diseurs de vérité. La désorientation est générale et les gens ne trouvent plus que des vieux réflexes pour s’orienter: tel discours ressemble à celui qu’ils voudraient qu’on leur tienne , ou tel autre est « nouveau »  (‘puisque les anciens ne marchent pas , essayons autre chose).

Les idéologies du siècle précédent :communisme, tiers-mondisme,ont cédé la place aux  nouvelles constructions qui se lancent à l’assaut des esprits : altermondialisme , droits de l’hommisme,multiculturalisme,   écologie, toutes les combinaisons tentent leur chance , cherchent leur cible;

La guerre des idées fait rage , le choc des idées fait le même bruit que le choc des armes dans les mêlées des époques antérieures . »Gagner les esprits et les coeurs  » devient l’enjeu  décisif dans les guerres réelles qui se mènent dans le monde (Afghanistan , Irak, etc.)Les beaux parleurs , hommes politiques , avocats, journalistes  et personnages médiatiques , deviennent des éléments clefs de la bataille généralisée qui court entre les lignes de chaque discours médiatisé.

Les individus sont immergés dans cette mêlée confuse , essayant de  trouver des repères dans ce bouillon, continuellement hélés par les sergents recruteurs d’une ou l’autre des parties , parfois sollicités pour donner un avis , en général sommés de décliner leur camp d’appartenance, avec les implications d’adoption ou de rejet qui en découlent.

De la même façon que les totalitarismes ont proliféré sur le terrain de la crise des démocraties dans l’entre deux guerres , (hyperinflation en Allemagne, guerre civile en Russie , mais pas aux USA  après le krach des années 30) , la crise générale  actuelle  des pays capitalistes  réouvre la quête de systèmes promettant une issue aux problèmes angoissants qui s’accumulent et qui menacent d’abord les plus fragiles.

La solution présentée jusqu’à présent comme la panacée : la croissance économique , pourvoyeuse d’emplois et d’état-providence , ainsi que de progression du niveau de vie , n’est plus au rendez-vous, entraînant angoisse , précarité grandissante et distension des solidarités. L’insécurité économique entraîne  le pessimisme sur l’avenir du pays ; l’inimaginable : la faillite d’un état européen,  se produit à nos portes. Les populations comprennent intuitivement que les dirigeants politiques et économiques  sont eux-mêmes incertains de la validité de leurs choix , et en désaccord entre eux.

Les égoïsmes nationaux et les  défenses des intérêts immédiats menacent de l’emporter sur les visions plus larges  et plus porteuses d’avenir , mais nécessitant de la patience et d’aller parfois à contre-courant des réflexes d’auto-protection.

La droite est décrédibilisée par   l’absence de la croissance qui pouvait paraître justifier une politique fiscale injuste , et qu’elle n’arrive pas à  convoquer , parallèlement à l’accroissement de la dette , nécessaire pour éviter le krack , mais contraire  à ses principes de gestion . Plus que régulant simplement  la libre concurrence , elle apparaît liéé aux puissances d’argent qui tentent de déséquilibrer à leur avantage les mécanismes d’équilibre des pouvoirs entre producteurs et consommateurs.

La gauche  , dépassée face aux problèmes financiers vis-à-vis desquels elle est totalement démunie , accumule les promesses sociales sans trouver de véritable réponse à la crise de l’économie, faisant naître le doute sur  sa prise de conscience de l’étendue des problèmes et apparaissant comme recommençant à psalmodier les promesses qui menacent de mettre en faillite l’économie fragilisée du pays.

L’impuissance qui se cache derrière les discours ronflants  des uns et des autres ne trompe pas grand monde , et les discours-refuges , comme les postures de dénonciation,  se multiplient  et attirent dans leurs rets ceux qui cherchent une réassurance face à la tournure inquiétante que prend le monde , matériellement et moralement.

Car le discours religieux, lui,  ne promet pas de solution aux difficultés économiques ,mais se présente comme fournissant du sens , et des repères , dans un univers qui semble échapper à tout contrôle et  à tout ordre humainement maîtrisé. Là ou paraissent jouer seulement des forces aveugles et destructrices de l’humanité , il avance un discours  structuré et organisé autour de la primauté des valeurs (traditionnelles) qui semble faire face au laisser-faire des sociétés occidentales , et au désengagement des Etats  dans le domaine des normes  et des obligations.

Face au désordre apparent du monde , les armées des  idées bien rangées  en imposent facilement, avec leur belle ordonnance et leur rhétorique bien affûtée.

Esprits indépendants, s’abstenir !

GB

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La haine de l’Occident rassemble toutes les dictatures et tous les archaismes fanatiques

février 2, 2010

A l’heure de la mondialisation et de l’obligation impitoyable  de s’adapter à une modernité qui accélère la mutation des sociétés  et modifie les paysages sociaux  à une vitesse telle que il n’y a plus de temps comme auparavant pour que les gens aient le temps d’intégrer ce nouveau paysage mental , c’est l’Occident qui est désigné  comme le responsable de cette modification , confondue avec le règne d’un capitalisme débridé.

En France même, la perte d’identité du prolétariat ouvrier, diminué numériquement par la désindustrialisation et le développement de la société de services,  , la  précarisation liée à la crise et  aux emplois à durée déterminée qui empêchent la projection dans l’avenir ,  le sentiment d’un recul social par rapport à la génération précédente qui avait, dans les grandes entreprises une certaine sécurité en contrepartie de ses bas revenus , le recul de la force de  négociation des syndicats , le mélange avec un sous prolétariat immigré qui dévalue l’image traditionnelle des savoir faire  ouvriers , conduisent à une forme de désespérance sociale , qui ronge la solidarité nationale.

Sur ce terreau de souffrance sociale , de crainte du déclassement et d’horizon bouché pour une part de la jeunesse ,  renaît  le refus radical du système accusé  d’indifférence  ,et se redéploient les idéologies gauchistes  et tiers -mondistes qui lient dans une même diabolisation les Etats Unis , grand Satan universel , les dirigeants , de gauche ou de droite en charge des affaires du pays, et Israël, figure symbolisant, à travers  l’imagerie d’Epinal qui fait du Palestinien la victime absolue , le bourreau de tous les « damnés de la Terre ». la puissance maléfique et perverse qui fait obstacle au bonheur des peuples et qui permet de haïr en toute bonne conscience.

Dans le monde arabo-musulman , la rage de faire le constat de l’incapacité essentielle de la société traditionnelle , clanique et communautariste,  à enfourcher le cheval de la modernité ,et à apporter des pierres supplémentaires à la production scientifique et intellectuelle du siècle , se traduit par une fuite en arrière  dans l’archaïsme religieux, dans l’agrippement  aux rapports sociaux de domination d’un sexe sur l’autre, et dans la soumission  à des modes  momifiés d’autorité fondés sur  l’exclusivité de la référence à un texte sacré   qui rend sacrilège tout exercice de la pensée  indépendant des canons religieux.

La société arabo-musulmane , figée dans sa soumission à » l’homme fort » , aux rapports de filiation et de clientèle qui empêchent la constitution d’élites dévouées à l’Etat et au bien public que des  siècles d’élaboration ont constitué en Occident , craque dans la confrontation avec  ce monde moderne face auquel elle est démunie des outils indispensables que sont l’instruction (le taux d’analphabètisme reste très élevé) et  l’exercice de la pensée libre.

L’Occident est alors vécu comme le destructeur de cette société que le contact avec le monde extérieur menace comme les épidémies qui ont décimé les mondes écartés des germes européens vis à vis desquels les Européens avaient pu élaborer des défenses immunitaires

De même que l’Europe est passée d’une civilisation paysanne à une civilisation industrielle, puis post industrielle en un siècle , le tiers monde aborde ces mutations sans guides intellectuels , sans élites qui ouvrent le chemin , sans amortisseurs sociaux. Les déséquilibres économiques s’ajoutent aux désorientations culturelles ,ne laissant que des visions de désespoir aux populations. La seule issue conçue spontanément par les populations est alors le renfermement protecteur dans le système ancien et l’éradication la plus grande possible de tous les éléments rattachés à cette culture occidentale vécue comme antagoniste et dangereuse.

Chez une minorité, cela deviendra l’idéologie du « djihad » , avec la référence mythique à l’époque des Croisés et à la victoire des Musulmans sur les envahisseurs Occidentaux

Pour le plus grand nombre , la religion fournira sa consolation et  son appui structurant face à l’incompréhensible du malheur qui s’accumule,et donnera l’impression que l’impuissance n’est pas totale face à ce destin , surtout évidemment si Dieu mets son poids dans la balance.

Le troisième grand groupe d’ennemis de l’Occident se trouve du côté des deux grands ex empires de l’époque communiste, la Russie et la Chine.

La Russie qui sort de 70 ans de dictature communiste n’a jamais véritablement connu de système démocratique. Le peuple russe est passé  directement de  deux siècles de domination mongole à la dictature autocratique des Tsars et au servage maintenu jusqu’au 19ème siècle ; puis il est entré dans le régime de terreur camouflé  en discours démocratique du régime soviétique jusqu’à l’écroulement de celui -çi.

Le lent apprentissage du maniement de la démocratie par les pays européens et l’Amérique depuis le 18ème siècle , la lente mise en place de systèmes d’équilibre des pouvoirs qui ne paralysent pas pour autant les énergies , la constitution d’édifices juridiques, administratifs, politiques , éducatifs, qui permettent  l’expression d’une volonté collective et l’éducation des masses  tout en évitant la confiscation du pouvoir par des groupes qui ensuite  organisent la non réversibilité de cette prise de pouvoir , toutes ces étapes ont été manquées par le peuple russe , ce qui a permis à l’ancien régime de se  perpétuer sous une autre forme : un nouveau régime autoritaire et policier, ou l’opposition es un délit et ou les journalistes dissidents meurent sous les balles des sbires du régime.

L’ouverture vers la démocratie s’est confondue dans la pensée du peuple avec le capitalisme sauvage qui a précipité dans la misère une partie du peuple  qui avait accepté sa soumission au despotisme en échange d’une relative sécurité  et  d’une influence sur le cours des évènements mondiaux. Le régime policier et autoritaire qui s’est mis en place est apparu comme  un mal moindre que la dislocation de l’empire et la rétrogradation  au rang de pays quasi sous développé, comme l’ était la Russie ancienne , toujours en retard sur les puissances européennes. C’est ce statut de puissance de 2ème ordre , retardée et  rétrécie d’un tiers de sa surface et de sa population , que les Russes rejettent , espérant une revanche qui lavera l’humiliation subie  par l’échec  de leur tentative d’être  les égaux de l’Occident.

Là aussi , la nostalgie de l’homme fort , de Ivan le Terrible à Staline, qui instaure une dictature sans limite, mais satisfait le désir de revanche lié au retard économique et social par rapport à l’Occident , et donne au peuple le sentiment de sa puissance collective ce qui le console de son absolue impuissance individuelle devant le pouvoir ,compense l’humiliation de la déchéance de la place de maître du monde à  égalité avec les USA de la période de la guerre froide.

En Chine enfin,ce n’est pas tant la haine de l’Occident que la froide défense du système en place, qui  est conçu comme ne pouvant pas résister à l’introduction de la liberté  ,  qui détermine l’étrange mélange de capitalisme sauvage, de restes réchauffés  du régime communiste maintenu en place tout en étant vidé de son idéologie ,et d’un orgueil national qui reflète le sentiment de puissance en vertigineuse ascension et qui aspire à une domination mondiale dont le tenant du titre, et donc l’adversaire est l’Occident.

Déja se dessine , non pas la collaboration  dont rêvent les optimistes, mais le rapport de force de plus en plus tendu entre le tenant du titre et le challenger. Les adversaires accumulent les forces ,bâtissent les alliances,  les zones d’influence, anticipent les épuisements de matières premières ,assurent les approvisionnements.

La Chine applique sa vieille stratégie: modifier insensiblement le rapport de force de telle façon que à un moment l’adversaire n’ait même plus le désir de se battre devant la disproportion des forces: la vraie victoire est celle pour laquelle on n’ a même pas eu besoin de se battre.

Outre le passage par le communisme et les années de terreur dans ces deux grands pays , on retrouve la même histoire d’absence  d’opposition entre forces sociales s’équilibrant , comme la noblesse et la royauté, l’Eglise et le pouvoir royal , la bourgeoisie et l’aristocratie dans les pays occidentaux ,et qui ont conduit à des protocoles de compromis,  à l’expression de désaccords , à l’ acquisition d’une culture des contre pouvoirs. Les régimes asiatiques n’ont connu  que le pouvoir absolu et la soumission face à l’arbitraire et à la cruauté du pouvoir. Les pays occidentaux ont connu historiquement les chartes , les Lois , les constitutions , qui protégeaient les libertés contre l’arbitraire des puissants. C’est ce qui fait que les textes de lois en Russie ou en Chine sont inexistants (justice chinoise) ou purement formels, en Russie, aucun des droits constitutionnels n’ayant de force devant le pouvoir concret des dirigeants et des services de l’Etat à leur entière dévotion.

Toute cette hostilité ,qui bénéficie aux dictateurs et aux démagogues qui excitent la rage, l’humiliation , la frustration des masses malheureuses et leur désignent des boucs émissaires  montrent que si la haine l’emporte actuellement sur l’envie et l’admiration antérieures , la supériorité morale du système qui développe l’aptitude à penser  et à vivre librement  et à construire la dignité de l’homme par sa participation à son destin ,en lui donnant les outils intellectuels et institutionnels pour cela ,  reste inentamée. C’est pourquoi l’Occident doit maintenir l’universalité de ses valeurs et ne pas se désolidariser de ceux qui , Etats Unis et Israël au premier chef , sont élus comme cibles par ceux que les libertés rendent malades.