Archive pour avril 2009

DURBAN2: L’ANTISEMITE NEGATIONNISTE AHMADINEJAD PROVOQUE LE MONDE CIVILISE A LA TRIBUNE DE L’ONU

avril 21, 2009

Comme  on pouvait s »y attendre,  et comme à l’habitude, le président de la République Islamique d’Iran a profité de la tribune que lui offrait l’Onu pour éructer son  discours de haine et d’incitation  à l’agression contre l’Etat d’Israël, avec le soutien des états islamiques et des dictatures les plus grossières du monde.

Le monde de l’ ONU est bien un monde loufoque où la commission des libertés est dirigée par  la Lybie de Khadafi, assistée par le Vénézuela de Chavez et Cuba de Castro, tous  respectueux des libertés comme chacun sait, et où  la Conférence sur le racisme confirme  la puissance des états les plus racistes(racismes anti-femmes, anti juifs, anti homosexuels), et désireux de faire adopter des résolutions empêchant la liberté de pensée (sous prétexte de lois « anti blasphème ») permettant de réduire au silence toute  contestation de leur prosélytisme ou de la mainmise des religieux sur leurs états ou leurs communautés.

Ceci confirme l’alliance de fait des dictatures politiques, jusqu »aux plus barbares, isolées face au monde libre, et des régimes  plus ou moins islamiques d’Afrique et du Moyen Orient  qui  refusent les Droits de l’Homme présentés comme , comble du paradoxe, une insupportable marque d’impérialisme de la part des anciennes puissances coloniales, alibi démagogique à tous les obscurantismes, toutes les violences, et toutes les atteintes aux droits élémentaires.

L’ONU  donne ainsi  une représentation de l’état du monde actuel dans lequel les régimes les plus infâmes non seulement ne font plus profil bas, mais au contraire se permettent le luxe de ridiculiser les états libres, devenus numériquement minoritaires, et de développer leurs discours de haine et de barbarie  avec l’aplomb de gangsters narguant les policiers qui ne peuvent pas les attrapper.

Mais le côté le plus inquiétant de tout cela, c’est le sentiment d’impuissance des démocraties face à l’impudence des dictatures, fortes de leur contrôle sur leurs populations et de leurs richesses économiques, et la gangrène des institutions internationales qui s’ensuit, par le détournement de leur esprit et le cynisme de leur utilisation.

On ne peut pas s’empêcher d’établir un parallèle avec l’entre deux guerres, à l’époque où la faiblesse des démocraties avait laissé le champ libre aux fascismes européens qui avaient manifesté le même mépris des libertés,la même arrogance provocatrice convaincue que les démocraties plieraient devant la force brute, la même absence de scrupules meurtrière et la même démagogie effrénée que les régimes islamiques actuels.

Mais surtout, c’est l’Iran qui constitue la source d’inquiétude maximale. Sa volonté inexorable d’établir son hégémonie sur la région en unissant les extrêmismes sunnites et chiites, sa marche déterminée vers la possession de la bombe qui lui permettrait de tenir sous la menace, renforcée par sa progression dans la possession de vecteurs balistiques pour les armes nucléaires, les pays de la région et même les pays  Européens, ses menaces sans cesse réitérées de destruction de l’Etat d’Israêl, en font l’équivalent de l’Allemagne nazie dans les années 30-40. Comme celle -ci s »était appuyée sur le ressentiment des Allemands écrasés par le Pacte de Versailles, l’Iran développe un discours flattant  un désir de revanche propre à mobiliser le monde musulman enfermé dans son refus de la modernité et son sentiment de frustration et d’échec, en lui fournissant le bouc émissaire propre à le déculpabiliser et à libérer toutes les pulsions de haine: Israël. Comme l’Allemagne nazie, l’Iran manipule en sous main les communautés chiites ainsi que les Allemands l’avaient fait avec les communautés germanophones en  Europe,  et exaspère les conflits  pour étendre son influence. De la même manière que Hitler, elle crée  un régime de terreur qui éradique toute opposition au régime et ne laisse de marge de manoeuvre que à l’intérieur du système, développe unsystéme politique ou le pouvoir religieux, comme le Part nazi ou le pouvoir bolchevique,  double et contrôle à tous les étages les instances légales politiques, sous la férule du « Guide Suprême », titre très semblable à celui de « Fuhrer », même si il n’y a pas la part de dévotion fanatique obligatoire à sa personne qui existait dans le nazisme. Mais plus profondément encore, pour justifier le régime auprès de la population, la République Islamique propose à son peuple la promesse de satisfaire son besoin de puissance, dans la démarche propre à de nombreuses dictatures, qui échangent le renoncement du peuple à la liberté contre l’ivresse du sentiment de puissance collective tirée  de l’arrogance internationale et de la politique de force pratiquée sur les peuples adjacents. La logorrhée arrogante et provocatrice de Ahmadinejad répond très profondément à ce désir de puissance frustré du monde arabe, qu’il cherche à séduire, comme à celui du peuple iranien lui-rmême. C’est toujours trop tard que les peuples comprennent le prix qu’ils ont à payer pour cette stratégie de l’arrogance et du mépris. Surtout, ce que l’Histoire a montré, c’est que le plus souvent, ces démagogues, entraînés par leur propres discours et leurs premiers succès, finissent par y croire eux mêmes -comme Hitler_ et entraînent avec eux  dans la catastrophe leurs pays tout entier, après la phase de réussite initiale.

En même temps, comme ils baillonnent tout discours critique, à aucun moment ils ne peuvent entendre quoi que ce soit qui remette en question leurs choix, car toute critique est immédiatement assimilée à une trahison. Au fond, les petites dictatures modestes qui ne gênent personne sauf leur propre peuple, peuvent survivre longtemps,comme les dictatures nord coréenne ou cubaine. Mais dès que elle sont prises de mégalomanie, ce qui est une pente très fréquente, le compte à rebours de leur existence commence.

La différence entre l’Allemagne nazie et l’Iran, c’est que l’Allemagne était une puissance industrielle,technique, économique, et militaire énorme, et que  son erreur a été de vouloir s’attaquer à toutes les puissances mondiales ,y compris au super grand qu’étaient déja les Etats Unis. L’Iran n’est qu’un pays retardé  technologiquement ,en proie à des difficultés économiques majeures malgré ses ressouces énergétiques , militairement archaîque, et dont l’importance est surtout liée à sa capacité de nuisance, plus qu’à une puissance  réelle. Les Iraniens joueront ils à la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, ou sauront ils s’arrêter à temps? La stratégie de la guerre asymétrique pourra t elle s’appliquer à un Etat et non à une guérilla? La stratégie de la dissuasion du faible au fort, base de la stratégie nucléaire française pourra -t-elle s’appliquer à l’Iran, et les Etats -Unis laisseront ils se développer une telle menace sur leurs intérêts stratégiques. Nous le verront dans le cours de l’année qui vient, car là aussi, le compte à rebours a commencé.

Le monde civilisé retient son souffle.

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Identité juive,traumatisme et résilience

avril 12, 2009

La parution d’un ouvrage intitulé « L’invention du peuple juif », écrit par Shlomo Sand,un  ultra gauchiste israélien, coutumier des dénonciations de l’Etat d’Israël, mais qui pousse cette fois les choses infiniment plus loin, puisque il conteste l’idée même d’un peuple juif (pour aboutir à la conclusion  que ce sont les Palestiniens qui sont les seuls Juifs authentiques), peut être l’occasion de réfléchir sur cette identité juive qui est l’objet de tant de discussions  à l’intérieur même de la communauté  juive.

Cette notion d’identité est elle même un terme d’usage relativement récent. Elle recouvre plusieurs dimensions, – l’identité administrative,les qualifications sociales d’un individu, l’idée  de ce qui est permanent  dans sa personnalité au delà des variations liées à son évolution dans l’âge et dans les rencontres au cours de son existence, toutes choses que l’on peut ranger dans la série des déterminations objectives d’une personne.

Mais il existe aussi un sens subjectif à ce terme d’identité, qui est le récit sur soi que chaque homme établit et réécrit en permanence, et qui est la signification humaine qu’il donne à son existence, c’est à  dire la façon dont cette existence s’inscrit dans une collectivité humaine, se relie à elle  (y compris éventuellement dans le refus), faute de quoi elle est privée de toute signification.
Cette collectivité peut être concrète ou abstraite, étendue à l’humanité entière ou rétrécie  à la bande de l’immeuble HLM, mais aucun homme ne peut se passer de situer ses actes, ses pensées et ses choix en relation avec son être humain, c’est à dire avec le fait qu’il partage son existence avec d’autres êtres humains et qu’il doit constamment penser la façon dont son existence s’articule avec celle des autres hommes.

Le récit intérieur est la forme que prend cette pensée,rationnelle ou affective, illusoire ou réaliste, de la représentation de soi de chaque individu et de sa dépendance aux formes de la société qui l’entoure.

On peut considérer que il ya, parmi d’autres, deux propriétés de ce récit sur soi qui  est le mode constitutif de la représentation de soi:

La première est que, comme l’a développé Maurice Godelier dans ses derniers ouvrages,  une part de cette identité est vécue comme constituée par des dons reçus des groupes sociaux qui  entourent les sujets, qui ont contribué à les façonner tels qu’ils sont, et qui font qu’ils s’estiment en continuité avec ces groupes. Toute attaque contre ces groupes est vécue comme une attaque contre eux-mêmes, toute valeur reconnue au groupe est une valeur qui rejaillit sur eux.

Une partie de l’identité personnelle est donc partagée avec le groupe, elle en est une inclusion dans la personne, une mise en commun de l’identité collective.

En même temps, cette mise en commun constitue une inscription dans le groupe, il y a réciprocité de devoirs et d’avantages dans ce système qui fonctionne comme une héraldique, ou chacun arbore le blason ou le drapeau qui symbolise cette appartenance ( ou la renie) et se sent lié dans un rapport de dette au groupe qui lui fournit valeurs, références culturelles et capital social.

Une autre propriété de ce récit intérieur est le fait qu’il est en continuelle interaction avec les discours tenus par les autres sur le sujet. La reconnaissance, la valorisation ou au contraire la disqualification, le déni de la valeur ou pire encore de l’humanité  entraînent  l’obligation d’intégrer ces éléments et de remodeler  cette représentation de soi pour tenir compte de ce retour venu  des représentants de l’espèce humaine. L’absence de réintégration de ces éléments laisse le sujet dans une situation de dénuement psychique et d’impossibilité de symboliser sa place dans l’ordre humain par perte de l’interface avec le monde environnant.

C’est évidemment ce qui s’est produit au cours de la 2ème guerre mondiale avec l’extermination et  la déshumanisation systématiquement mise en oeuvre, avec un raffinement pervers , par le système nazi, à un degré encore jamais atteint au cours des siècles antérieurs.

Cette confrontation soudaine à l’horreur et à l’insensé  constitue le noyau causal de ce que l’on a reconnu actuellement comme étant des états traumatiques, états que l’on constate dans les  grandes catastrophes :génocides rwandais , cambodgien, arménien, juif,tremblements de terre, accidents d’avion et de trains, soldats choqués dans certains épisodes de guerre. Ces états sont caractérisés par des modifications profondes du fonctionnement psychique avec reviviscence répétée des évènements, modification du caractère, développement de formes d’asocialité,états dépressifs, qui traduisent l’écroulement de l’édifice psychique élaboré au fil du temps  et la ruine  psychologique qui s’y substitue.

Boris Cyrulnik, lui même enfant juif caché pendant la guerre, a étudié ces phénomènes et a remarqué comment la capacité de résilience, c’est à dire d’échappement  à l’écrasement par cette catastrophe psychique dépendait de plusieurs facteurs: la confiance en soi préalable au traumatisme, la possibilité d’être actif d’une façon ou d’une autre face à l’évènement,l’entourage soutenant après l’évènement et, en particulier, les discours tenus par cet  entourage fournissant des mots qui permettent de retisser ce récit sur soi bloqué par la sidération du traumatisme.

Dans la question de l’identité juive, le nonsens et l’horreur du génocide hitlérien ont créé un traumatisme collectif qui continue ses effets deux générations après les faits.
Cyrulnik a bien montré comment le silence qui a été fait, pour des raisons politiques ou de confort psychologique le plus souvent, a laissé les victimes démunies face à la détresse  et la destruction psychique subies.

Ceci a été vrai dans les pays ou la terreur nazie s’est exercée,après la guerre, et aussi en partie en Israël quand les Israéliens ont voulu construire un « homme nouveau » basé sur  le déni de la faiblesse juive antérieure.

Or ce qui est difficilement admissible, c’est que au moment ou les choses ont évolué et ou les Israéliens ont commencé à écouter les récits des rescapés et à donner une place et une dignité aux histoires de la Shoah, les anti sionistes gauchistes israéliens ou européens ont commencé à développer une idée pernicieuse: celle de la « religion civile de la Shoah » qui consistait à dire que les Juifs instrumentalisaient  cette catastrophe pour justifier  l’existence d’Israël et la « maltraitance « des Palestiniens, oubliant que l’idée sioniste était bien antérieure à la Shoah. C’est à dire que pour ces gens, le  combat pour la mémoire menacée par les forces de l’oubli et du déni devenait un alibi pour une politique d’oppression et une justification falsificatrice pour l’ existence d’Israël.

A partir de là, ils se trouvaient en position de  minimiser le traumatisme  en traitant les victimes de victimaires, dans un mécanisme de déni causé par la nécessité de trouver des arguments pour soutenir leur idéologie tiersmondiste . Pour celle-ci, les seules victimes prenables en considération sont celles du capitalisme, et  tout nationalisme sauf celui des peuples du tiers monde est forcément criminel. Le livre de Shlomo Sand est une sorte de sommet dans le mécanisme d’inversion: les Juifs ne sont pas un peuple, mais les Palestiniens le sont,l’identité juive est un leurre qu’il faut détruire, etc…

Ce qui est ainsi occulté, c’est  une double dimension de l’identité juive:

d’une part, celle qui est liée aux dons reçus par chaque individu de sa culture,  des valeurs dont il est imprégné, et qui se transmettent parfois plus subtilement que par l’apprentissage direct. La religion juive, l’acharnement à rester soi-même, la résistance à l’oppression et à l’humiliation, l’ethique juive en font partie et créent des devoirs, en particulier de continuation de ce qui a été conservé à un tel prix;

d’autre part, l’histoire continue d’humiliations, de violences et finalement de volonté de destruction totale constitue un traumatisme  global face auquel chaque juif doit pouvoir trouver les formes de sa résilience: que ce soit dans la réussite personnelle, dans le combat pour maintenir vivante la culture juive  ou  dans la réalisation d’un Etat qui symbolise l’accès à l’autodéfense et à la volonté de se battre, par tous les moyens, contre ceux qui sont acharnés à sa perte. Chacun a été, est ou peut être confronté au traumatisme  de la haine insensée qui vise  à le blesser ou le détruire psychiquement.Face au traumatisme renouvelé ou renouvelable, et à la menace de ruine psychique suspendue au dessus de sa tête le peuple juif tout entier est en résilience, même s’ il n’est pas le seul.

GB