Comment on développe la sauvagerie chez un peuple qui est prêt à cela

Publié septembre 3, 2017 par gb
Catégories : antisémitisme, Uncategorized

Tags: , , , , , ,

Il y a quelques années, l’horreur nous saisissait en lisant le sort de soldats israéliens qui avaient été dépecés par des palestiniens, qui montraient fièrement leurs bras dégoulinants du sang de leurs victimes.,brandissant les organes ou les morceaux des soldats morts Difficile de dire qu’est-ce qui était le pire: la profanation par les palestiniens du corps de leurs ennemis, qui témoignait d’une haine folle, déniant le droit à une sépulture humaine à leurs ennemis, attaquant les morts comme si la mort n’était pas une vengeance suffisante, ou bien la fierté démente qu’ils tiraient de ces actes de barbarie.

c’était peut être ne pas voir comment ces actes n’étaient que le couronnement d’une éducation de la haine, poursuivie avec méthode depuis l’enfance, en s’appuyant sur les stéréotypes antisémites martelés par les professeurs, les voisins, les amis, en fait , une culture antisémite infusée dans la culture arabe depuis des siècles. dès la petite école, une éducation de la haine comme il y en a eu une dans l’éducation catholique  avec la qualification de « peuple déicide » à laquelle l’église n’a renoncé que tout récemment, après avoir profité durant des siècles de la possibilité de rançonner les communautés juives. La concurrence aigüe qui liait ces deux religions, et la volonté de contester leur filiation commune pour affirmer l’originalité totale du catholicisme a sous tendu la haine et le mépris développés par celui ci, joint au mépris de l’argent, et à la valorisation des valeurs guerrières de l’ordre féodal. Les pogromes perpétrés pendant les Croisades,au coeur de l’exaltation religieuse, entre autres lors de la prise de Jerusalem ont montré comment cette exaltation était propice à l’action meurtrière et à la libération des pulsions barbares. L’autorisation et même la bénédiction données par les autorités (religieuses,)  qui souvent étaient au premier rang des massacreurs montre comment l’exemple donné par les autorités est une cause fondamentale du déchaînement quand  celui ci se produit.

Mais ce qui est valable pour les autorités religieuses, parfois seul rempart contre la violence à peine réfrénée des masses incultes, est aussi  valable pour les autorités politiques qui font jouer la cascade des relais administratifs qui permettent le façonnage de l’opinion.

Un exemple tragique peut être fourni par le génocide des Tutsis par les Hutus  au Rwanda. Des années entières passées à remâcher la rancoeur des Hutus, d’abord dominés politiquement, puis après le renversement du pouvoir, faisant venir au pouvoir un mouvement extrémiste,  développant des thèses génocidaires. Les Hutus, plus petits et moins beaux physiquement que les Tutsis, cantonés à une agriculture misérable lorsque les Tutsis pratiquaient l’élevage des vaches, plus rémunérateur, et que sur le plan matrimonial, l’élégance de leur morphologie leur donnait un avantage incontestable sur le plan amoureux, tout cela a infusé et mature malgré la cohabitation anciennes  des deux ethnies et les nombreux mariages inter -ethniques;Les mêmes qui jouaient dans la même équipe de football se sont livrés à une extermination sans exception pour leur copain de classe, de sport,quant ce n’était pas pour le membre de leur famille.Les églises ou les Tutsis se réfugiaient ne leur ont procuré aucune protection et  n’ont fait que permettre aux Hutus de les massacrer par milliers d’un seul coup, sans avoir à les traquer individuellement.

Le prétexte à la campagne de massacre, la destruction en vol de l’avion du président Hutu n’a pratiquement pas joué. Il a simplement donné le signal de départ de la campagne de meurtre qui avait été soigneusement et habilement préparée par le parti au pouvoir Hutu.Les signes précurseurs étaient seulement des « plaisanteries » des Hutus sur le fait qu’on allait se débarrasser des Tutsis, plaisanteries que les Tutsis supportaient sans vraiment y attacher d’importance.

L’habileté des propagandistes de la mort a été de ne pas exiger de « normes » de meurtre pour les Hutus, de seulement exiger qu’ils participent à leur gré, aux massacres. Le reste s’est déroulé tout seul. Certains ont voulu parader avec leur chiffres de meurtres, d’autres en ont fait le moins possible,  mais tout le monde devait avoir tué compte tenu de la pression du groupe devant qui il ne fallait pas « se dégonfler ». A part la vengeance du groupe (il n’y avait pas, dans la plupart des groupe de liens personnels avec les victimes.

Par contre, le pillage était autorisé et c’était une des motivations principales:les meurtriers étaient fiers de leur butin (parfois des simples tôles pour renforcer leurs maisons et étaient soumis à la pression des femmes si ils n’en ramenaient pas assez . Ils encaissaient alors leurs reproches.
L’impression générale était celle d’une formidable curée, ou il était permis de tuer pour s’emparer des biens d’autrui, et ou il fallait supprimer tous ceux qui seraient susceptibles de se plaindre ou de se venger. Le plus frappant  dans cette orgie de meurtres, c’était l’absence totale de sentiment de culpabilité quand ils tuaient: les femmes (souvent après les avoir violées), les enfants, les  professeurs, sans manifester la moindre émotion. Le fait que les meurtres aient été effectués pour la plupart avec des machettes ajoute à l’horreur, les assassins tuant à bout portant et  souvent mutilant affreusement  leurs victimes avant de les achever, parfois lentement pour les punir de ne pas avoir livré leurs « trésors » comme dans le cas du « gang des barbares » enFrance , persuadés débilement que leur victime étant juive, elle devait avoir de l’argent caché
On voit ainsi l’enchaînement: constitution d’un ressentiment à l’égard d’un groupe ethnique, organisation d’une campagne de  propagande systématique de déshumanisation de cette ethnie,( qualifiée dans les émissions de propagande de « la radio des mille collines « de « cancrelats »,  encadrement de la population  par des milices armées soutenue par le gouvernement, promesse d’enrichissement par le vol généralisé de toutes les propriétés de ce groupe ethnique.

Là encore, l’impression dominante était qu’un vernis de civilisation avait fondu en quelques jours pour laisser la place à un comportement de bêtes sauvages, qui tuaient avec le plaisir d’avoir à leur merci une population entière, sans l’ombre d’un doute ou d’un questionnement. Des paysans misérables et incultes, mais parfois aussi des petits commerçants et même des membres de l’administration qui avaient ruminé leur haine et leur envie envers ceux qui avaient à peine plus qu’eux, se lâchaient et communiaient avant de se lancer dans des chasses à l’homme dans la forêt ou dans les marais, dans des orgies de viande pour utiliser les bêtes qui n’avaient plus personne pour les garder.

Certains penseront peut être qu’il s’agit de peuplades arriérées, vivant dans la jungle, et dont la civilisation était toute récente. Mais que penser alors du génocide des Arméniens par les Turcs ou ce sont les mêmes éléments qui ont été mis en jeu:stigmatisation d’une communauté par les représentants de l’Etat, accusation de trahison et de pacte avec l’ennemi, haine des chrétiens, volonté de réaliser une nation unifiée par l’élimination des personnes représentant une culture différente, et une fois le processus lancé, une entreprise de pillage généralisé de la communauté mise au ban de la société, avec la complicité de la police et des forces armées pour finir par des viols quasi systématiques et la  marche forcée dans le désert avec l’obligation d’abandonner tous ses biens, jusqu’à à l’épuisement total et la mort. Là encore , les vols ont été une puissante motivation  à la spoliation et au massacre sans scrupules des voisins.Tout cela conduit avec un cynisme total par les autorités politiques et les dénégations les plus éhontées face aux accusations de génocide. L’horreur, c’est que un siècle plus tard, la direction politique du pays continue de nier cette réalité énorme, ajoutant le mensonge  à l’affirmation de leur tranquille bonne conscience face aux descendants des victimes et criminalisant ceux qui veulent clamer la vérité.

Le dictateur Erdogan, lancé dans des purges effrayantes et ayant choisi les Kurdes comme boucs émissaires ,continue dans l’ignoble en profitant  du vent favorable au regain de l’islamisme et développe peu à peu la haine de l’Occident dans son pays Il démontre, cent ans après, que les mêmes méthodes de gouvernement fonctionnent dans un pays incapable de se regarder en face.

Ainsi, on voit que les mêmes facteurs produisent les mêmes ravages civilisationnels: quand les autorités politiques ou religieuses prennent le parti de développer la haine contre une communauté, si il n’y a pas d’autorité contraire,  les masses se sentent validées dans leurs espoirs de progression sociale ou d’enrichissement par le pillage et si l’appareil d’état , aidé le cas échéant par des troupes militantes ou des milices, constitue le détonateur d’un processus qui peut aller jusqu’au massacre de la communauté visée.
L’exemple du nazisme a été le plus flagrant, l’Etat donnant l’exemple progressivement croissant des exactions concrètes et des discriminations juridiques, les violences  étant conduites par l’appareil d’état marchant la main dans la main avec les milices privées.

Là, c’est l’Etat qui a développé une idéologie isolant les quelques consciences qui résistaient et proclamant la validité de la sauvagerie pour elle-même, dans une inversion complète des valeurs dont il donnait l’exemple.

Les dictateurs existent toujours, prêts à déchaîner les forces de la sauvagerie si cela peut les aider à s’emparer du pouvoir ou à s’y maintenir.De Kim Il  Jong à Erdogan, le contrôle des médias peut donner les moyens de façonner l’opinion publique à un dictateur cumulant ce moyen de contrôle avec la possession de l’appareil répressif d’Etat (police, justice, armée), c’est à dire les « services de force ». Que les démocraties sont fragiles!

Publicités

La disparition de Joseph Mengele, un livre de Olivier Guez, chez Grasset

Publié août 28, 2017 par gb
Catégories : antisémitisme, nazisme

Tags: , , ,

Le roman de la traque de Joseph Mengele, »médecin d’Auschwitz »,  est un livre basé sur les faits réels sur lesquels l’auteur a enquêté et qu’il a complété par la reconstruction du caractère et des pensées de ce criminel de masse, emblème de la férocité autant que de la bassesse des nazis.

Le suspense est magistralement soutenu jusqu’à la fin, et réalise comment une vengeance s’est réalisée  dans la transformation en enfer minable de la fin de la  vie de ce criminel, contraint de se cacher et de s’enfuir perpétuellement, gouverné par une seule terreur: celle d’être reconnu par un survivant d’Auschwitz et d »être abattu par un commando de « vengeurs » ou capturé par le Mossad, comme son alter ego  Eichmann, etemmené en Israel pour y finir pendu.

La trouille, il n’y a pas d’autre mot , a envahi toute l’existence et les pensées de cet ancien bourreau qui a régné sur la vie et la mort de centaines de milliers de juifs passés par le camp de la mort. L’une des surprises  produites par ce roman, c’est de découvrir l’absence totale de remord, et au contraire la variété des discours de justification qu’il peut produire.  Comme le dit l’auteur, il y’a eu une rencontre entre l’ambition énorme , une absence de scrupules totale,  et une idéologie venimeuse qui lui a fourni un alibi total  pour son projet de notoriété dans le domaine scientifique pour laquelle il n’avait pas l’ombre d’une qualification. Les expériences démentes auxquelles il s’est livré à travers des crimes atroces montrent le niveau de nullité scientifique et de bêtise criminelle auquel il se trouvait. IL voulait être un savant reconnu et n’est arrivé qu’à être un monstre stupide, encouragé certes par les autres idiots qui l’entouraient et étaient promus aux plus hauts postes scientifiques et universitaires par le triomphe d’une idéologie qui faisait la synthèse de toutes les idées fausses et malsaines de l’époque (eugénisme,  sociologie darwinienne,  etc. )Les maîtres du régime étaient eux mêmes à la recherche d’une validation scientifique de leurs propres divagations, et prêts à flatter n’ importe quel gourou qui défendrait leurs fumeuses et criminelles idées.

Ce qui est intéressant dans ce livre , c’est la façon dont Mengele s’autopersuade de l’importance de sa  « mission » ( =prouver les théories insanes racistes du nazisme) et dont il peut parer les actes les plus ignobles de qualificatifs nobles en rapport avec une tâche scientifique.. Le point de départ paraît clairement le désir narcissique du personnage qui a adopté sans réserve  une théorie qui le qualifie de « soldat » alors qu’il n’est  que du niveau d’un laborantin qui développe des élucubrations et qu’en fait de soldat, c’est un lâche trouillard qui transpire  sang et eau à la pensée d’une vengeance de ses victimes.

La minimisation de ses crimes quand il est sommé de répondre aux questions de son fils qui voudrait l’entendre exprimer des regrets, n’est qu’un camouflage. La théorie nazie a bien rempli son rôle de déshumanisation complète des Juifs pour lesAllemands, aux yeux de qui il ne sont que des insectes à écraser .La correspondance est parfaite entre l’homme pour qui  seul son intérêt compte et donc pour qui l’autre n’existe pas et une théorie qui défend les droits du plus fort et stigmatise la pitié comme une faiblesse indigne.

C’est de l’écart entre ce désir d’être admiré et les capacités réduites du personnage que naît le projet démentiel qui efface toute notion d’humanité, ne laissant que l’orgueil sans bornes qui nécessite de fermer sa conscience à toute pensée qui le contredit ou le réduit.
On arrive là aux frontières de la paranoïa, avec ses caractéristiques: surévaluation  de soi, susceptibilité, agressivité, fausseté du raisonnement.

Un autre intérêt du livre est sa description de la colonie nazie dans plusieurs pays d’Amérique Latine , en particulier l’Argentine ou il décrit impitoyablement le rôle de Peron et sa sympathie active pour les nazis, son rêve jusqu’à la défaite de 1945 d’une alliance avec l’Allemagne nazie contre les Etats Unis. Les réseaux nazis, riches et puissants en influence, organisent la défense des nazis ayant fui l’Europe, et tissent un réseau efficace de complicités qui freinent ou sabotent les recherches lancées contre les « pointures » nazies. Ensuite ce sera la lutte contre les guérillas et les partis de gauche, menées par les dictatures militaires, qui recrutera ses auxiliaires dans ces réseaux nazis. Puis, petit à petit, les nazis vieilliront,  constateront que le monde et l’Allemagne change, et leur espoir d’un « 4ème Reich  » s’effacera, ils mourront les uns après les autres, les dictatures disparaîtront et la solidarité nazie s’estompera.

Restera la description de la fuite de Mengele, toujours plus isolé, mais en partie par sa faute à cause du mépris qu’il témoigne à presque tous, qui ne sont pourtant pas pires que lui. IL finit auto enfermé dans une ferme perdue dans la forêt, puis, chassé par ses hôtes qui ne l’ont accepté que à cause de l’argent donné par sa famille et ne le supportent plus, vieillard cacochyme, au corps déglingué par la panique, à la limite de la démence, sans avoir pu établir de lien avec son fils qui ne l’a presque jamais vu. Un cancrelat, qui n’a jamais pu prendre le moindre recul par rapport à ses rêves de toute puissance que le régime nazi  a flatté à une certaine époque avant que sa médiocrité n’occupe le devant de la scène.

GB

 

LES POPULISMES A L’ASSAUT DES REPUBLIQUES

Publié août 27, 2017 par gb
Catégories : gauchisme et populisme, POPULISMES

Tags: , ,

 

 

 

L’époque actuelle vit la progression fulgurante des populismes, de gauche et de droite, en Italie, en France, en Grande Bretagne, aux Etats Unis,

Tous ces populismes partagent certains caractères.

La première de ces caractéristiques, c’est la dévaluation de l’appareil politique global, dont l’exemple majeur est l’Italie ou l’opération « Mani Pulite » à fait exploser le système reposant sur la Démocratie Chrétienne et le Parti Socialiste, anéantissant ces deux partis dans un déluge de scandales de corruption et d’inefficacité et faisant s’écrouler l’équilibre d’immobilisme qui prévalait alors.
En France, le sentiment d’inefficacité et les exemples de corruption  ou d’utilisation de la loi à son profit personnel au plus haut degré touchant les deux partis de gouvernement (Affaire Cahuzac et affaires de Fillon) ont encouragé le rejet de la classe politique dans son ensemble, vécue comme ne s’intéressant pas au « peuple » et visant seulement son propre maintien à des postes de pouvoir, quand ce n’est pas à des sources d’enrichissement personnel. Gauche et droite ont été comprises comme les deux faces d’un même système fonctionnant dans l’alternance et organisant la préservation des postes pour une caste.

Cela a donné un préjugé favorable pour les partis n’ayant pas exercé les responsabilités et bénéficiant de l’idée simpliste que « puisque la droite et la gauche avaient été essayées et n’avaient conduit que à la continuation des maux du pays, il fallait essayer « autre chose ».

Les partis populistes et extremistes se sont saisis de cette carte, et se sont présentés comme vierges de ces compromissions (le FN avec l’UMPS, LFI avec son mot d’ordre : « chassez les tous », bien que, en tout cas pour ce qui concerne le FN, ils soient loin d’être à l’abri de tout soupçon. L’étendue de l’abstention au 2ème tour de la présidentielle a montré le degré de désinvestissement des structures politiques par les Français.

L’arrivée de Emmanuel Macron et le bouleversement du jeu politique qu’il a créé en réalisant un gouvernement contredisant l’opposition binaire entre gauche et droite a coupé l’herbe sous les pieds des partis démagogues et en satisfaisant les vœux profonds de dépassement de ce clivage gauche/droite a fait s’écrouler les deux partis «  rationnels » sur lesquels reposait le système politique. En même temps, il a provoqué un renouvellement sans équivalent du personnel politique, condamnant une grande partie de celui ci à une retraite prématurée ou à une reconversion vers leur formation d’origine, phénomène unique dans l’histoire de la 5 ème République

En donnant ainsi satisfaction à la révolte qui gronde contre le « système », il a fait une OPA sur le mécontentement et le scepticisme qui grandit sans cesse en prenant la tête du mouvement anti establishment (establishment dont il fait lui même partie)avec le succès que l’on a vu dans un premier temps.

Mais la perte des repères traditionnels fondés sur deux cultures politiques historiquement opposées (droite/gauche) a ouvert la voie aux promesses démagogiques des mouvements soi -disant nouveaux : quitter l’Europe, augmenter encore les impôts, ne pas payer ses dettes, etc.. il s’agit en fait de très vieilles recettes qui font rêver les communistes, en coupant la France du camp occidental et qui ont conduit à l’échec économique les pays qui les ont appliquées. Les partis extrémistes qui les promeuvent n’en ont cure, espérant créer une dynamique qui réduira tôt ou tard les opposants au silence, avec l’aide de groupes militants et éventuellement l’enrôlement des forces de l’état, comme cela se passe au Vénézuela avec Chavez et Madeiro, après l’écroulement de l’économie de ce pays pourtant ultra favorisé par sa richesse pétrolière.

Leurs projets politiques visent le clivage du pays entre riches et pauvres pour ce qui concerne LFI, entre français et émigrés pour le FN, et une vision de la politique qui se résume à créer un climat de violence qui soit à la limite de la guerre civile, conçue comme la forme légitime de la lutte politique.

La radicalisation dans une montée aux extrêmes, la violence qui s’accompagne de la peur, c’est le contenu véritable du programme de ces apprentis sorciers qui se sentent poussés par les vents favorables alimentés par la crise économique et le chômage de masse comme par la vague énorme de l’émigration du tiers monde.

Les démagogues, qui s’appuient comme toujours sur le ressentiment et la peur ont bien senti ces mouvements qui bouillonnent dans les esprits, et ils se sont dépêchés d’y fournir leurs propres réponses alors que les partis traditionnels choisissaient d’être aveugles et sourds, jusqu’au moment ou l’offensive éclair de Macron les a stupéfaits et marginalisés en deux temps et trois mouvements.

La récupération de la classe ouvrière, abandonnée par le PS et son enrôlement progressif dans les rangs du FN, à l’exception de la minorité qui se reconnaît encore dans les thèses néo-communistes de Mélenchon est de mauvais augure pour l’avenir du pays.

La situation commence à ressembler à celle des Etats Unis ou les « cols bleus » se sentant méprisés et rejetés par les élites , à leur tour se vengent en soutenant un candidat, Trump, qui ne respecte rien, manie l’insulte, les grossièretés et la menace.

Partout, en Europe, la disparition de l’Etat-Providence, annulé par la crise économique, rompt les législations de solidarité et rabat les privilégiés sur la défense de leurs privilèges, déclenchant la souffrance et la colère des défavorisés.

Le problème est que les classes populaires, quand elles se sentent menacées dans leur survie et leur place dans la société, réagissent comme des animaux blessés, et attaquent ce qui leur paraît être à la source de leur mal être. C’est à ce moment que les classes populaires deviennent des classes dangereuses.

Les partis extrémistes misent sur ce désespoir pour renverser l’ordre existant, pensant qu’il pourront chevaucher la vague et en profiter. Le bouleversement réalisé par Macron a donné un début de satisfaction à ceux que révolte l’ordre des choses. Mais il ne faut pas se faire des illusions : le peuple reste méfiant, il attend de voir les premiers résultats concrets pour se prononcer, il a l’habitude d’être berné. Les promesses des démagogues entretiennent l’idée qu’il existe des solutions simples et indolores et visent à exaspérer l’impatience des masses. En même temps, le statut d’ »opposition »   des mouvements extrémistes leur donne des moyens pour continuer leur travail de sape, en critiquant inlassablement le gouvernement.

Les mouvements populistes ont toujours fondé leur pouvoir d’attraction sur leur entrée en correspondance avec les vœux profonds d’une large part de la population à qui ils donnent un espace d’expression que refuse les tenants du pouvoir ( par exemple l’humiliation des Allemands après la première guerre mondiale, par les conditions du traité de Versailles, leur sentiment de supériorité lié à leur progression économique, leur adhésion au mythe du coup de poignard dans le dos pour expliquer leur défaite).

Quand les structures politiques s’effondrent ou ne sont plus validées par les masses, la voie est ouverte pour les théories complotistes qui occupent le devant de la scène. Les mouvements populistes sont alors là pour les soutenir ou les sélectionner selon leur intérêt. Un exemple peut en être donné avec l’essor des théories mythiques ayant cours dans le monde musulman sur le 11 septembre présenté comme une manipulation des services secrets israéliens. La crédulité immense qui accompagne ces croyances cache à peine l’avantage que les croyants trouvent à penser avec une clef toute faite des évènements dont l’explication véritable serait douloureuse : un coupable universel a le mérite d’unifier les hypothèses et d’avoir l ‘apparence d’une cohérence, en même temps qu’il lave la conscience du croyant de la complicité avec un crime.

D’autre part, la majorité des mouvements populistes se sont appuyés sur l’incarnation de leur système politique par un chef, qui évidemment est très désireux d’occuper cette place de « leader bien aimé ».( celui qui représente et défend les idées irrecevables du sujet) C’est là où Marine Le Pen s’est écroulée dans son duel télévisé avec Macron faisant montre d’une incapacité rédhibitoire et décevant brutalement tout son électorat. Inversement, Mélenchon continue à plastronner par sa maîtrise du langage et de la polémique, séduisant son électorat par son discours faisant toujours allusion à son désir révolutionnaire, jouant à fond le rôle de celui qui veut renverser la table, satisfaisant par procuration les révolutionnaires de papier qui rêvent encore du grand soir.

Si on totalise les voix des partis extrémistes et celle des abstentionnistes aux dernières élections en France, on arrive à plus de la moitié de l’électorat : c’est ce qui rend la situation politique instable et dangereuse. Seule la division de l’opposition laisse encore un répit au régime pour se faire accepter. Sinon, nous entrerons dans une période de danger extrême pour la démocratie et les libertés.

La nébuleuse anti libérale constitue le fond de la résurgence gauchiste en France

Publié août 2, 2017 par gb
Catégories : Uncategorized

Tags: , , , , , ,

L’incapacité  du système libéral a résoudre la crise économique  qui perdure depuis au moins 10ans ( crise des subprimes et éclatement de la bulle financière,développement d’un chômage de masse, concurrence déloyale des pays émergents et délocalisations des industries traditionnelles,) a nourri le scepticisme populaire qui vit l’Europe comme un espace de liberté pour les prédateurs au lieu d’être un lieu de protection pour l’économie des pays membres.

Le développement des égoïsmes  nationaux dans le monde entier, y compris celui des EtatsUnis ou Trump revendique une politique d’imposition de la loi du plus fort dans des négociations  ou il cherche a profiter de l ‘avantage que lui procure sa richesse énorme et sa position géographique, bat en brèche le principe de la libre concurrence. Les Etats soutiennent leurs champions avec tous les moyens à leur disposition,

Du coup, l’idée d’un protectionnisme n!apparaît plus pour certains comme induisant un retard de l’économie, et finalement un jeu perdant, puisque les défenseurs du protectionnisme négligent le temps des représailles qui quant il arrive, annule les premiers avantages. Finalement, les pays protectionnistes reculent dans la concurrence mondiale et se trouvent marginalisés dans l’économie mondiale.

Là ou la concurrence dans une économie mondialisée est inévitable, ils introduisent une donnée sociale, celle de la préservation de l’emploi à tout prix, Sur cette divergence stratégique se greffe une véritable haine: être partisan du libéralisme est devenu une insulte, susceptible d’entraîner des crachats.  l’équivalence avec « soutien du capitalisme », mot évocateur des plus bas intérêts financiers, des pratiques sauvages:licenciements,stock options et salaires délirants pour les patrons, « patrons voyous liquidant leurs entreprises pour augmenter leurs bénéfices, etc…

En même temps , ce mot introduit un clivage entre des « bons », soucieux  de la dignité et de l’insertion sociale des « victimes » et des « mauvais », arrogants et indifférents au malheur humain,  laissant libre cours aux lois inhumaines du capitalisme, alors qu’il est possible de diriger l’économie pour éviter ces souffrances.

Là ou les libéraux affirment que le contrôle de l’économie n’est possible que à la marge, les antilibéraux affirment que tout peut être contrôlé , et rêvent d’un état tout puissant, oubliant les ravages créés par une bureaucratie incompétente et irresponsable dans les pays socialistes par exemple.

La bonne conscience reste le but fondamental de cette construction mentale, avec le clivage moral fondamental: les « bons » soutiennent le peuple contre l’égoïsme des possédants, les » mauvais » ne cherchent que leur avantage direct. A partir de là, tout s’enchaîne: les antagonismes sont des antagonismes de classe, il faut choisir son camp et sa classe. On a raison de s’indigner, et les indignés doivent convaincre les masses qu’elles sont manipulées par leurs ennemis de classe. Il ne manque plus que quelques violences pour déclencher la répression qui avec un peu de chance trouvera un ou plusieurs « martyrs » qui déclencheront la « juste colère du peuple ». Les libéraux seront vaincus par l’intervention du peuple qui chassera les hypocrites qui gouvernent sans tenir le moindre compte du peuple dont découle pourtant toute légitimité et dont les représentants seront ceux qui ont défendu sa voix étouffée par leur contrôle des médias. On a toujours raison de s’indigner, et d’ailleurs les raisons ne manquent pas. Il ne reste plus qu’à dresser un épouvantail, celui  du fascisme , dont les libéraux, ces inconscients , font le lit sans même s’en rendre compte. D’ailleurs, ils font partie de la même famille de droite, et c’est un peu blanc mouton et mouton blanc. Heureusement que les « antifas » (« antifascistes ») sont là pour parer au danger de la bête immonde.

Cette réapparition des thèmes éculés de la doxa communiste est surprenante par la manière dont elle reconquièrt les esprits, il est vrai démoralisés par l’ absence de solution évidente aux malheurs dans la société. L’apparition d’un coupable, « le système » , que l’on peut imaginer mettre à bas, est réconfortante et permet de se tenir chaud, entre gens  » bien et moraux ». Ce qui ressort de tout cela, c’est le besoin forcené de croire : des dizaines de millions de militants ont eu la « foi » dans le communisme, faisant volontiers le sacrifice de leur  vie, pour le plus grand bien de quelques paranoïaques qui utilisaient à leur profit le maniement d’une idéologie puissante par sa cohérence , par sa rhétorique et par ses promesses d’un monde idéal ( plus de classes sociales, plus de pouvoir opprimant ). La fin du communisme a laissé un vide insupportable pour ceux qui ont besoin d’un système qui donne un sens à leur vie et  celui du communisme leur paraît moins irrationnel que la croyance en la résurrection,  en un livre sacré et en une panoplie d’anges et de démons.

« Nuit debout », parangon de la nouvelle pensée de gauche,  a été un bide, malgré le soutien effréné des médias qui ont voulu voir dans cette bouillie idéologique un nouveau Mai 68, maintenu par le militantisme de quelques groupuscules gauchistes. La jeunesse, bien que durement frappée par la crise, n’est pas prête à se laisser embrigader par les zombies du communisme. Elle ne se reconnaît pas  dans les thèses anarchistes qui mijotent dans la soupe indigeste que lui propose quelques groupuscules (NPA, Attacq, Anars, etc..) et quelques « intellectuels »:journalistes qui  forment les chiens de garde des « valeurs » de la gauche, prêts à couvrir d’insultes ceux qui ne pensent pas comme eux, comme au bon vieux temps de l’intimidation intellectuelle, quand l’élite intellectuelle de la France, en plein aveuglement, défendait les pauvres victimes d’un « anticommunisme primaire ».

La France Insoumise, dont il faut admettre que le nom est une belle trouvaille de slogan publicitaire, tente de ranimer les concepts moribonds du parti  communiste, en essayant de le nettoyer de son passé inquisitorial.  et mécanique.

Pour le moment elle reste confinée dans la marge électorale,même si elle se flatte d’être montée à 18 %, au moment ou le PS s’est effondré, malgré la tentative hyper-démagogique de Hamon, promettant de distribuer un « revenu universel », c’est à dire   rien moins qu’un salaire pour aucun travail, ce qui est une sorte de sommet:produire moins de richesse, en distribuant plus d’argent, c’est une formule inspirée de laGrèce: emprunter pour couvrir les dettes, dont on pense que on ne les remboursera pas.

En attendant, l’exemple du Venezuela ou Chavez suivi de Madeiro a réalisé les rêves de Mélenchon, au prix de la ruine du pays et de la mise en place d’une dictature de type peroniste. C’est l’avenir que nous réservent les Insoumis de Mélenchon si nous croyons les traites sur l’avenir qu’il prend et qu’il ne remboursera jamais. Le don rhétorique qu’il possède manifestement ne masque pas la vision de petit fonctionnaire qui voit s’ouvrir devant lui la perspective de parler d’égal à égal avec les « grands » et dont les chevilles et l’Ego enflent.

 

La dislocation historique de la gauche ouvre la route aux démagogues populistes

Publié juillet 29, 2017 par gb
Catégories : crise de la gauche, gauchisme et populisme

Tags: ,

La fragmentation historique de la gauche dans plusieurs pays européens ,et la réapparition d’un courant gauchiste qui ambitionne de la recomposer sous sa houlette sont des données fondamentales  du nouvel ordre qui se dessine dans le monde ou nous vivons.

La social démocratie, qui a représenté un idéal de progrès social modéré fondé  sur un relatif partage de la croissance, entraînant une augmentation générale du niveau de vie en même temps que elle constituait un barrage efficace contre la tentative de prise du pouvoir par la minorité organisée des partis communistes, a commencé à perdre son influence avec la crise économique et  politique de l’Europe.

La désindustrialisation  a entraîné le chômage de masse en même temps que la précarisation de l’existence et la menace d’une déchéance sociale pour les jeunes intellectuels n’arrivant pas à s’insérer dans le monde du travail autrement que d’une façon sous payée et dévaluée, eu égard à leur formation.

Les jeunes ouvriers, eux, faute d’emplois stables, ne pouvaient plus comme leur parents, faire des projets d’acquisition d’une maison, de fondation d’une famille.

Parallèlement, l’Europe devenait obèse avec ses dizaines de nouveaux membres, pensant surtout à recevoir des subventions, créant une bureaucratie productrice de règlements sans fin et développant une idéologie « droits-de-l’hommiste » s’imposant aux législations nationales locales, tout cela dans une cacophonie rendant illisible toute tentative de politique commune.

Les extrémistes ont bien saisi la montée d’un sentiment anti européen dans les classes populaires et ont visé le soutien à l’idéologie libérale implicite dans les institutions  de l’Europe. Avançant sous le couvert d’un discours chauvin et nationaliste, ils ont réussi à rassembler une majorité au vote sur l’Europe, avant que le gouvernement français fasse refaire le vote, obtenant alors un résultat favorable .

cette première fracture traversait la droite comme la gauche, mais pour le PS,  elle marquait le premier regroupement  des contestataires d’une idéologie libérale qui refusaient le système globalement.

Hollande tentait dans sa présidence de maintenir unis ces deux blocs, alors que les anti libéraux montaient à l’assaut, le sommant de prendre parti, alors que le fond de sa politique était plutôt sociale libérale, mais avec une priorité à maintenir l’unité du PS pour garantir son existence.

A partir de là, l’idéologie social démocrate du PS se déchirait et la seule structure mentale qui résistait était le rabattement sur une idéologie anti capitaliste, dont le meilleur modèle était celui du Parti Communiste,pourtant  ringardisé à un degré extrême.

Mélenchon qui avait fait cette analyse avant les autres était déjà parti du PS et jouait à fond la carte nostalgique, utilisant la phraséologie du PC, mais remplaçant la discipline du parti par l’usage  de son charisme et de son aptitude de tribun jouissant de sa maîtrise du langage et de la polémique.

Face à l’éclatement du PS qui n’était plus qu’un assemblage hétéroclite de postures et d’ambitions personnelles, la « gauche » du PS » apparaissait comme la plus cohérente et comme celle ayant une stratégie:la conquête du PS et finalement celle du pouvoir, avec un renversement complet de la politique française:sortie de l’Euro, protectionnisme, refus de payer les dettes du pays, constitution d’un électorat captif,

c’est à dire la ruine du pays en quelques années, et le terrain préparé pour une guerre civile  contre les « riches » avec très vite une montée de l’extrême droite qui justifierait des mesures dictatoriales, comme cela se produit chez son modèle du Vénézuela, le « commandante Chavez » qui a conduit le pays à la ruine  malgré ses richesses naturelles, clivant le pays avec l’opposition des riches et des pauvres, utilisant l’économie du pays pour acheter l’adhésion des « pauvres » et utilisant l’appareil d’état pour brimer par la violence la montée des opposants, préparant en fait l’équivalent d’un coup d’état, à la mode communiste.

Le problème est que une évolution similaire s’est produite dans plusieurs pays d’Europe: La Grèce a donné l’exemple, en donnant par le vote la majorité  à un groupe d ‘extrême gauche qui promettait de ne pas céder aux  exigences des créanciers de la Grèce. Le problème est que ce groupe d’extrême gauche n’a pas tenu ses promesses et a cédé à ces exigences, tout en paraissant protéger les tricheurs qui ne voulaient pas payer pour leurs escroqueries.

En Angleterre, un  groupe gauchiste s’est emparé du pouvoir dans le parti travailliste, avec l’aide des syndicats contrôlés par les éléments gauchistes et rêve de revenir à la période pré blairiste ou les syndicats possédaient des avantages exorbitants. Corbyn  développe un discours propalestinien sans vergogne , tient une position ambigüe sur l’Europe et représente une tendance paléo-marxiste qui séduit une partie de la jeunesse.

En Espagne, les deux partis de gouvernement, le PSOE et le PP sont en net recul et les « indignés » gauchistes ont mobilisé des foules immenses et sont passés très près d’une victoire électorale.

En Italie, les mouvements démagogiques de droite: parti de Berlusconi, Ligue du Nord, mouvement 5 étoiles, montrent l’emprise des démagogues sur la population.

Partout, la période de domination sans partage du libéralisme semble terminée et suscite un retour du balancier  des idées les plus éculées en sens inverse avec  une résurgence d’un discours passéiste que l’on croyait enterré  avec l’échec économique total et la déconsidération des régimes politiques  antidémocratiques du socialisme.
Mais les masses désorientées par la crise économique que les systèmes libéraux n’arrivent pas à conjurer ont la mémoire courte et sont prêtes à valider n’importe quel discours qui leur dit que en faisant le contraire de ce qui est fait, on trouvera peut être la solution. En attendant, elles se disent que puisque les solutions libérales n’ont pas résolu le problème, il suffit peut être de changer de système pour le régler.. En même temps, il est vrai que les élites politiques se sont progressivement coupées de la population, laissant  petit à petit l’idée du « tous les mêmes » s’emparer des esprits, pour le plus grand bien des joueurs de flûte.

Mélenchon a pris une longueur d’avance dans ce domaine, ou il est en concurrence directe avec Marine Le Pen et son « UMPS ». Tous les deux visent le même électorat, désabusé et critique, avec bien sur quelques oppositions. Mais Macron les a pris de vitesse en balayant avec son néo-parti les deux piliers de la bipartition politique de la France, le PS et LR, tous les deux déconsidérés par leurs « affaires » et leur gestion calamiteuse de la crise quand ils avaient le pouvoir. Mélenchon tente de se rattraper en occupant la place de « principal opposant », ce qui est une marche vers « prochain remplaçant ». Pour cela, il est prêt à faire feu de tout bois, déclarant par exemple que si il rencontre quelqu’un qui gagne plus de 4000 euros par mois, « il lui fait les poches ». Les Français sont donc avertis: cet admirateur de Robespierre a décrété ou passe la limite entre ceux qu’il défend (?) et ceux qu’il va rançonner. Pour ceux là, il n’y aura pas de loi protectrice, il n’y aura que à se servir. Le tribun du peuple annonce la dictature du peuple, qui en général précède de peu la dictature du parti du peuple, voir ce qui lui plaît au Nicaragua.

Les temps qui s’annoncent risquent d’être durs avec cette graine de dictateur. qui jouit déjà de son pouvoir d’entraînement sur les masses.Les démagogues populistes ont un boulevard devant eux  .Espérons que les yeux s’ouvriront avant qu’il ne soit trop tard.

LA FIN DE L’ETAT ISLAMIQUE (SUITE)

Publié juillet 18, 2017 par gb
Catégories : actualité au proche orient, communautarisme, conflit israélo arabe, crise d'identité et islamisme, islamisme, Les ennemis de l'Occident

Tags: , , ,

La reprise de Mossoul, la mort quasi certaine du chef autoproclamé de Daech, Al Bagdadi, le siège de Rakaa qui ne laisse aucune chance aux djihadistes pris dans la nasse, annoncent la fin du califat, c’est à dire du territoire mythique consacré à la vision extremiste de l’islam qui donnait les moyens d’un  état  à ce fantasme musulman d’une base pour la conquête du monde.

Mais à peine cette nouvelle donne stratégique mondiale vient elle de commencer à être prise en compte que déjà les avertissements fusent de partout:La défaite  militaire de Daech n’est pas  la fin de Daech, qui prépare sa mutation. La capacité de nuisance de Daech est certes beaucoup diminuée, ses moyens financiers réduits massivement, ses menaces sur les états fragiles de la région ont perdu de leur vraisemblance, son recrutement a fléchi, mais….

les sources du recrutement mondial de djihadistes sont toujours présentes et actives. Car le recrutement  de « croisés » de cette croisade armée, symétrique des croisades occidentales au moyen orient autour de l’an mille, est toujours quelque chose de vivant dans le monde islamique ou elle vient combler les désirs d’une jeunesse  qui ne se reconnaît pas dans la culture occidentale qui l’entoure. C’est ce fond  de revendication « identitaire » qui s’est développé pendant toute la première moitié du XX ème siècle à travers les nationalismes des peuples du tiers monde. Ce nationalisme soutenu à travers le communautarisme qui en était la forme « light »  a pris conscience de la  nécessité de  trouver une idéologie mobilisatrice, devant la division et l’impuissance produites par l’idéologie  du nationalisme pan-arabe. C’est à ce moment que le courant mondial de revivification du religieux c’est développé dans le monde entier, apparaissant dans le monde musulman   comme le socle culturel sur lequel devait s’appuyer toute résistance à l’idéologie occidentale. Les djihadistes ont ainsi trouvé le détonateur parfait pour mettre à feu tous les désirs refoulés de domination, toutes les frustrations identitaires, en proposant une épopée rêvée, une conversion à une idéologie unifiante  appuyée sur le formidable moteur émotionnel de la religion.

Seule la religion permet la mobilisation extrême  des individus, jusqu’au fanatisme pour certains. Le fanatisme a  toujours été une des formes de la croyance religieuse dans le monde musulman, que ce soit le temps des »hashishin » (les assassins) du 14 ème siècle, ou le temps du Mahdi au Soudan au19ème siècle. La guerre Sainte a toujours été utilisée  comme moyen de mobilisation contre un ennemi étranger. La conception wahabite commandant une lecture uniquement littérale des textes saints prédispose à l’obéissance aveugle aux soi disant commandements divins , donc, comme tout fondamentalisme, au fanatisme.

C’est pourquoi le soutien aux Saoudiens, qui ont permis le développement mondial, dans l’Islam Sunnite, du wahhabisme, par les moyens matériels énormes qu’ils lui ont fourni, est une stratégie ambiguë, partagée entre la lutte contre ceux qui ont fourni l’armature conceptuelle du terrorisme  et la lutte contre les chiites,leurs ennemis mortels, créateurs du premier état théocratique musulman et ennemis mortels, eux aussi, de la civilisation occidentale.

Or, justement, la fin de Daech  ne signifie nullement, au  contraire, la fin des conflits ethniques, religieux et politiques dans la région L’ Iran, à travers sa filiale du Hezbollah,continue à viser la domination militaire et politique de la region. Devenu l’allié indispensable de Assad dont il commence à contrôler la politique, il est aussi l’allié des Russes qui participent massivement à son équipement militaire qui monte en gamme et à son entraînement.

Le but du Hezbollahet des Iraniens était la réalisation de l’arc Chiite de Bagdad à Beyrouth, ce qui permettait d’amener les armées du Hezbollah et de l’Iran au bord de la frontière israélienne. Israël a d’ailleurs annoncé qu’une telle progression des armées hostiles serait considérée comme un « casus belli » et déclencherait des représailles massives.

Alors que les troupes du hezbollah, appuyées par les troupes au sol russes et par l’armée de Assad avaient écrasé et obligé au retrait les troupes  rebelles qui leur faisaient face, réalisant leur rêve d’une position stratégique capitale dans la prochaine guerre avec Israël, un évènement a produit un coup de théâtre dans la région: les observateurs ont vu des avions débarquer dans la ville clef de Deraa des troupes de la police militaire russe, équipés seulement d’armes légères. et les troupes du hezbollah  et d’Assad se retiraient avec leur matériel lourd (chars, canons, camions; on ne sait pas  si ce retrait portait sur 30 ou 50 km. En tout cas, c’est manifestement le résultat des négociations entre Américains et Russes et éventuellement Turcs et Syriens, pour réaliser le projet russe de zones   de désarmement partiel qui ont abouti à ce résultat. Il semble que l’Iran ne soit pas d’accord avec l’établissement de telles zones qui l’empêchent de réaliser son projet de contrôle militaire et politique de la région, mais en tout cas, le Hezbollah s’y et plié.

Cette situation de zone de  limitation des armements ( pas de bombardements) a un côté rassurant, mais à moitié seulement. Bien sur, elle consacré l’influence déterminante de la Russie sur les acteurs de la région: c’est le plan russe qui est la seule avancée actuelle, mais Israel aurait préféré que ce soit un des armées rebelles alliées avec lui  ou les Américains qui contrôlent la bordure de sa frontière, mais les américains auraient été une cible immédiate s’il s’étaient établis dans la région ce à quoi ils ne tiennent pas du tout.
En même temps confier la garde de la bergerie à un loup n’a rien de rassurant: les russes équipant, entraînant et  combattant aux côtés du Hezbollah , ils détiendront le bouton remise à feu du conflit qu’ils pourront utiliser comme moyen de pression sur  Israël et aussi sur les USA, pour des raisons qui peuvent être tout à fait extérieures au conflit du Moyen Orient ( sanctions économiques, conflit ukrainien, etc.

En tout cas , l’heure est à la montée des périls pour Israël, qui a toujours lutté pour ne pas confier à autrui les clefs de sa défense et qui risque de se trouver enfermé dans la valse infernale des intérêts et des ambitions contradictoires des acteurs de la région

LA DEFAITE DE L’ETAT ISLAMIQUE PRECEDE DES MENACES ENCORE PLUS GRAVES SUR ISRAEL

Publié juillet 10, 2017 par gb
Catégories : actualité au proche orient, conflit israélo arabe, guerre au proche orient, islamisme, Les ennemis de l'Occident, menaces iraniennes, nucléaire iranien

Tags: , , , , ,

A l’heure actuelle, où les derniers combattants de l’Etat Islamique à Mossoul en sont à essayer de vendre leur peau le plus chèrement possible en attendant l’écrasement final  dans leur capitale Rakka, la nouvelle physionomie de la situation stratégique dans la région se dessine de plus en plus clairement et elle n’est pas réjouissante.

Les deux caractéristiques fondamentales de cette  situation sont le recul net de l’influence américaine, en particulier depuis le renoncement des Etats Unis à faire respecter la  ligne rouge que Obama avait lui même fixée: celle de l’utilisation d’armes chimiques par un camp, et le gain massif de pouvoir régional  de l’Iran, en particulier par le biais de la milice du Hezbollah, qui a montré qu’elle est totalement aux ordres de Téhéran.

Cette dérobade américaine a été immédiatement décryptée comme un signe de manque de détermination et a ouvert un boulevard à la Russie qui a profité de cette faille dans la volonté américaine pour  déclencher une intervention massive qui a fait d’elle l’élément déterminant dans la situation militaire et politique.

La Russie a pu réinstaller ses forces aériennes dans la région, bombarder les troupes rebelles à Assad soutenues par les Américains, constituer un front commun sous prétexte de la lutte contre Daech avec le Hezbollah et l’Iran, massacrer les populations civiles révoltées contre la dictature bestiale de Assad. Elle menace maintenant d’abattre tout avion ou drone américain qui survolera la Syrie, qu’elle a doté de moyens antiaériens les plus perfectionnés au monde. Les Russes sont apparus comme d’une détermination totale et d’une absence de préoccupation morale laquelle nous étions habitués depuis longtemps.

Ils jouent maintenant avec les cartes que les Américains leur ont donné eux mêmes: la politique de Trump est illisible, sa riposte à la nouvelle utilisation des gaz par les troupes de l’Etat Syrien d’envoyer quelques fusées a surpris dans un premier temps, puis a fait rigoler tout le monde devant l’inefficacité évidente de cette réponse, réduite à une simple gesticulation. L’apparence psychopathique et incohérente de la politique américaine: des rodomontades avec la Chine et même la Corée du Nord, les vélléités  isolationnistes et le discours populiste, narcissique et grossier du président américain déconsidèrent sa politique. Alliés avec les Russes contre Daech, ennemis avec eux dans la lutte pour dominer le proche Orient d’où les Russes cherchent à expulser les Américains, ennemis des Iraniens avec qui pourtant ils tentent d’établir un nouveau partage d’influence dans la région. Face à cette politique devant laquelle les Américains eux mêmes sont divisés, les Russes avancent implacablement leurs pions, comme ils ont su le faire en Ukraine et en Géorgie. Poutine installe chez lui son pouvoir méprisant pour la démocratie, terrorise ses opposants, ment avec un cynisme d’ancien officier du KGB, et satisfait les Russes qui rêvent de redevenir une puissance à égalité avec les Américains, et qui n’ont pas, en grand nombre, rompu avec leur idéologie anti occidentale.

De leur côté, les Iraniens, jouant avec une habileté consommée , ont réussi un deal très gagnant pour eux: le renoncement aux sanctions économiques prises contre eux en échange d’une suspension de la fabrication immédiate de leur bombe, mais cela veut dire s’arrêter quelques mois avant la réalisation de la dernière étape, en progressant sur tous les autres plans.

Ils savent donc que dans 10 ans ils auront progressé sur tous les plans préalables à la construction de la bombe et ils pourront donc équilibrer la puissance atomique d’Israël. La puissance démographique de l’Iran, ajoutée à l’étendue de leur pays leur donnera alors une marge d’avantage très grande sur Israël.
En attendant, ils construisent une situation de supériorité théorique sur l’armée d’Israël. D’abord en essayant de constituer un arc chiite continu de Téhéran à Beyrouth en contrôlant dans le sud de la Syrie le carrefour qui permettra cette jonction; cela leur permettrait de fournir une aide matérielle continue aux combattants du Hezbollah ou à leurs troupes de pasdarans si ils sont au front face aux Israéliens (fusées, matériels de pointe que Israel s’efforce continuellement d’empêcher par ses bombardements de convois amenant ces armes de pointe.)

Cela permettrait aux troupes iraniennes d’arriver à la frontière israélienne. Ces troupes constituent depuis des années une force d’intervention extérieure puissante  formée en unités spécialisées de l’armée des défenseurs du régime iranien, les pasdarans, qui encadrent depuis longtemps directement la milice du hezbollah.

Le Hezbollah lui même qui a perdu plusieurs milliers d’hommes dans la guerre contre les djihadistes, a acquis dans cette guerre une expérience militaire et une qualification qui l’ont fait monter du statut de milice à celui d’armée digne de ce nom, et n’est plus une force à négliger.

Parallèlement, les iraniens ont fourni au moins 100000 fusées au Hezbollah, dont un certain nombre de longue portée ce qui constitue une menace très grave de débordement des moyens antifusées des Israéliens. Ils les ont aidés à construire des bunkers à 50 m de profondeur qui ne peuvent être détruits par les bombardements. Ils les ont aidés à construire leurs propres ateliers de constructions d’armes sur place, pour leur éviter les transports ou ils sont vulnérables.

Parallèlement, la Turquie d’Erdogan est en train de virer à l’Islamisme et prépare un renversement d’alliance qui la met dans le camp des alliés de la Russie, tout en maintenant formellement une alliance de plus en plus hostile avec le camp occidental qui critique la politique dictatoriale et répressive de son président. Elle alterne les signes de collaboration avec les campagnes antiisraéliennes d’Etat dignes  des poubelles islamistes.

Enfin les armées arabes se reconstituent (Irak, Syrie,l’armée libanaise plus ou moins contrôlée par le Hezbollah qui agit en maître au Liban). A l’arrière plan, la Russie joue cyniquement toutes les cartes  qui conduisent à un retrait de l’influence américaine, faisant de la Syrie de Assad son obligé, fournissant des matériels ultra modernes a ses amis, combattant à visage masqué derrière les dictatures locales (les américains en faisant à peu près autant avec l’Arabie Saoudite).

La prochaine guerre, qui est inéluctable et qui se prépare dès maintenant sera terrible.