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La gauche archaïque s’enfonce dans le déni de la réalité économique et identitaire

avril 23, 2016

Tandis que l’approche de l’échéance présidentielle produit une accélération des processus de démarquages, la panique politique gagne les cercles rapprochés de François Hollande, et l’évidence du cataclysme politique qui approche pour le PS entraîne le durcissement des prises de position. Pendant que Hollande affirme sans rire que « la France va mieux », le démantibulement du PS se poursuit. Macron, après avoir fait figure quelque temps de carte de secours pour Hollande apparaît maintenant comme un rival et un caillou de plus dans la chaussure de Hollande qui débordait déjà.

 

A droite aussi d’ailleurs, les candidatures ( ou les tentatives de candidatures) se multiplient, même sans la moindre ébauche de projet politique, s’agissant seulement de profiter de l’effet de loupe de la campagne, afin de profiter de la plus-value de visibilité qu’elle procure. Le dernier exemple étant celui de Rama Yade,éphémère ministre de la Sarkosie,, choisie seulement pour son joli minois et pour sa couleur de peau qui en faisait une figure de l' »ouverture » présidentielle. Le vide absolu de sa pensée politique, rempli seulement par une ambition disproportionnée  est apparu avec son changement désespéré d’affiliation politique qui n’ a rien changé  au rétrécissement impitoyable de sa valeur sur le marché de l’offre politique.En attendant, les frondeurs se démarquent de plus en plus du social libéralisme (partiel) de Hollande et Valls et tentent visiblement de s’organiser en vue d’une prise de pouvoir au PS après l’inéluctable déroute de 2016.La recomposition des alliances après la défaite qui s’annonce est déjà dans toutes les têtes. Ce qui se profile est bien l’éclatement de la social démocratie entre une branche socialelibérale, moderniste, européiste et proche d’un certain centrisme, et une branche dogmatique, passéiste, anti européenne, tentée par la rupture extrême gauchiste, nostalgique des certitudes de l’époque pré mondialiste , prête à toutes les dérives populistes, et à la relance des discours incantatoires pour masquer l’incohérence de son projet politique;

L’alliance de toutes les nostalgies et de tous les refus de la réalité se voit déjà chez le PCF qui déclenche la surenchère en collant des papillons avec marqué: « la semaine de 32H, pourquoi pas » et chez la CGT avec la sortie de ses affiches accusant la police de brutalités sanglantes au lieu de protéger les citoyens.

Le développement (sans beaucoup d’avenir) de « la nuit debout »,choyé par les médias et soigneusement organisé par quelques chapelles ultra gauchistes, déguisé en mouvement de libération de la parole façon Mai 68, alors que il n’y est pas question de liberté comme l’agression contre Finkielkraut l’a démontré, a montré le désir de ces chapelles de surfer sur la vague de défiance générale vis à vis des partis politiques de gouvernement pour essayer de les déborder par la rue. Mais les quelques centaines de gauchistes mobilisés  dans ce but n’ arrivent pas à entraîner les masses et ne concernent que  leurs troupes étiques, éternellement auto reproduites et confites dans la paroles figée de leurs pseudo penseurs. Leur rêve est de contrôler la rue pour peser sur les instances élues qu’ils méprisent Leur modèle n’est plus Cuba, mais la Grèce, érigée en modèle de la résistance au capitalisme, en commençant par l’atteindre au portefeuille, en ne payant pas ses dettes et en se faisant ainsi une clientèle  de dépensiers peu soucieux de rembourser leurs dettes.

Emmanuel Macron, représentant à leurs yeux du comble de l’imposture, puisque venant du monde de la banque (« l’ennemi de Hollande » à une certaine époque) et encensé par les patrons,est ainsi le représentant de tout ce qu’ils honnissent: avant tout l’évolution éventuelle du PS vers une version dégagée de ses tabous, chose assez impensable à vrai  dire, sauf si ils se débarrassent de la majorité de ce parti de fonctionnaires soucieux avant tout de la préservation de ses avantages acquis.

Le désaccord  essentiel sur les bases gauchistes du mouvement frondeur se double d’un autre désaccord fondamental: celui sur l’attitude vis à vis de l’Islam:  ce désaccord qui courait sous les mots depuis longtemps  et qui traverse toute la gauche a éclaté avec la publication du livre de Emmanuel Todd sur la manifestation monstre qui a suivi l’attentat  contre Charlie Hebdo:Todd a exhalé une haine effrayante contre les manifestants, les accusant d’être des pétainistes racistes et parlant d’une France malodorante.Cette attaque très violente contre le peuple qui s’était levé contre les crimes antisémites et  tournés contre la liberté d’expression montrait bien la ligne de démarcation entre une gauche pro musulmane prête à toutes les insultes contre ses adversaires et une gauche, celle de Valls  consciente des attaques contre la démocratie et la République  menée de façon déterminée par les ennemis de la Nation.Ce combat s’est poursuivi en sourdine, y compris dans le débat sur la déchéance de nationalité, les  soutiens des musulmans ne tarissant pas d’arguments pour éviter a leurs alliés cette défaite.

Enfin Valls vient de marquer le coup une nouvelle fois en dénonçant la fabrique de terroristes que constitue l’aile « intégriste » de l’Islam et son ambition paranoïaque de direction du monde entier.

Ainsi la nouvelle alliance entre l’Islam et une partie de la gauche est un marqueur de la division qui passe au milieu du PS.

Comment les cartes seront elles rebattues après la dégringola de du PS qui se prépare, il est encore trop tôt pour le dire. Le dégoût qui atteint les Français devant les mensonges et les manoeuvres qu’ils constatent débouchera t il sur un succès gauchiste et les français succomberont ils aux voix de la démagogie populiste? Le PS  éclatera t il malgré les efforts désespérés de Hollande pour maintenir une façade qui a de moins en moins de sens?

La suite du feuilleton dans vos journaux,télévisés ou pas.

Comment imaginer un état palestinien pacifique à côté d’Israël quand l’Occident est impuissant devant la montée générale de l’Islamisme radical qui affirme sa volonté de détruire Israël

décembre 24, 2014

l’Etat d’Israël ne peut échapper à ce dilemme, constitutif des conditions de sa naissance et de son environnement:

soit il considère que aucun compromis ne sera jamais possible avec les Arabes, et donc il est condamné à les affronter régulièrement dans des conditions ou sa suprématie militaire décroit rapidement ( nucléarisation de l’Iran qui le prive de sa principale supériorité, possession d’armes de plus en plus sophistiquées par ses adversaires: fusées de plus en plus précises et à portée et charge de plus en plus grande,moyens anti aériens sophistiqués fournis par les soviétiques ou même simplement les Iraniens pouvant le priver de sa suprématie aérienne, entraînement  de plus en plus poussé des troupes arabes qui n’ont plus rien à voir avec les masses fuyant dans le désert en abandonnant leurs chaussures de la guerre des 6 jours. Le rapport des forces reste encore favorable à Israël, mais sa marge de supériorité s’amenuise régulièrement, et ses adversaires le savent.Ils sont actuellement freinés par leurs dissensions et et le conflit mortel entre chiites et sunnites, mais ils n’attendent qu’une accalmie pour se retourner contre leur ennemi héréditaire, qu’ils accusent de souiller la terre arabe et qui concentre toutes leurs haines et leurs immenses frustrations.A terme, c’est un milliard d’hommes qui communient dans l’ exécration d’Israël et qui n’attendent qu’une faiblesse pour l’écraser et s’en débarrasser sans espoir de retour.

Soit il considère que un compromis doit d’une manière ou d’une autre être signé avec ces adversaires , qui nécessitera des concessions de part et d’autre. Cela nécessite évidemment de renoncer au rêve du Grand israël, et au fondement intégriste religieux de sa conception, ce qui devient de plus en plus difficile avec le poids croissant des religieux dans la vie politique d’Israël.

Mais quel que soit le compromis qui pourra être trouvé, qui laissera forcément des mécontents des deux côtés,,le problème fondamental est l’absence d-interlocuteur fiable pour les Israéliens. Le pouvoir du Fatah, seul interlocuteur acceptant le  dialogue, mais au prix d’une hausse de ses exigences ( un état palestinien rapidement, sinon le refus de la négociation) est si fragile, son autorité si contestée, sa corruption si évidente que absolument rien ne garantit qu’il résistera à une poussée des fanatiques du Hamas, sur le plan électoral- où il ne s’en sort que en reculant les élections et en les truquant autant que son adversaire,ou même sur le plan d’un coup de force comme à Gaza ou le Fatah a été balayé en quelques jours et ses forces écrasées facilement par les milices armées du Hamas.

La solidarité des habitants de Gaza, bouillon de culture pour toutes les factions extrémistes,  avec le Hamas dans sa lutte armée par tous les moyens contre Israël,malgré les lourdes pertes humaines  et les destructions   énormes entraînées par la dernière guerre clairement déclenchée par les tirs de roquettes du Hamas montre que quel que soit le prix en difficultés de vie et en pertes humaines,les Palestiniens privilégient le combat contre les Israéliens devant toutes les autres considérations, même si ils sont réticents devant la pression religieuse exercée par les fanatiques du Hamas.

Donc absolument rien ne peut garantir aux israéliens que toute concession faite aux dirigeants du Fatah entraînera des concessions parallèles du Hamas et  elles seront  certainement immédiatement annulés par le Hamas quand son tour de pouvoir viendra.

De toute façon, rien n’empêchera le Hamas, c’est à dire un mouvement terroriste de faire d’un état palestinien la base de départ d’un état terroriste, exactement comme il a utilisé le retrait israélien de Gaza pour en faire une citadelle de son pouvoir sur la population., appuyé sur  le soutien militaire et financier de tous les états arabes impatients de participer à la curée . La guerre suivante sera l’équivalent d’une guerre civile ou les palestiniens auront les moyens militaires d’un état  et ou les pays arabes interviendront en disant vouloir corriger l’injuste supériorité israélienne..

Que conclure de ces plutôt peu enthousiasmantes perspectives.?

Que la seule solution rationnellement crédible ne peut s’envisager que si l’on écarte du problème les jusqu’au-boutistes qui ne veulent envisager que l’écrasement de leurs adversaires, et la victoire de Dieu ou d’Allah. Tant que le problème ne sera envisagé que dans les termes du Coran ou de la Bible, il n’y aura pas d’autre perspective que l’affrontement à mort entre deux camps inconciliables.

Il ne faut pas se faire d’illusions: l’époque est malheureusement favorable à la progression de l’islamisme extremiste, qui a déclaré une guerre à mort à Israël et à tout l’Occident.Cet Islamisme , avec ses actes bestiaux ( esclavage sexuel des femmes, attentats contre les écoles avec meurtres délibéré de centaines d’enfants,etc devra être défait militairement et idéologiquement, avant que des vraies perspectives de négociations suivies d’une période de paix puisse être envisagée;

Le problème est donc mondial, et hors de portée de la seule diplomatie israélienne,ce que doivent admettre ceux qui s’obstinent à faire porter la responsabilité du sur place des négociations aux seuls Israéliens. Il n’y a pas de .création possible d’un état palestinien sans garanties de sécurité et de paix pour les Israéliens, et ces garanties sont introuvables aujourd’hui avec la montée fulgurante du djihadisme. Toute personne sensée peut comprendre que faire reposer un accord sur la bonne volonté d’un « émir » chef d’une bande d’assassins qui proclame sa volonté de changer la face du Moyen-Orient par la force est une plaisanterie.
Israël restera donc pendant de longues années aux avant postes du combat mondial contre la folie islamistes et les négociations avec ses adversaires palestiniens continueront à n’être que une course de sur place, comme les championnats de cyclisme sur piste, parce que les véritables clefs en sont ailleurs.

Du nazisme à l’islamisme, la paranoia et l’hystérie ont fait le lit des dictatures folles des dernières décennies.

mars 17, 2014

Le débat sur la folie de Hitler et du peuple allemand qui l’a suivi comme celui  sur la  pathologie mentale des Kamikazes islamistes  tourne souvent au débat de spécialistes qui s’empoignent sur les termes  faute de trouver un langage commun dans leur spécialité.

La mise en oeuvre dans les nouvelles classifications internationales de psychiatrie de la notion de « troubles de la personnalité » ( personnalité paranoïaque, obsessionnelle, phobique, antisociale, etc.) a abouti à  résoudre la contradiction entre « caractère paranoïaque « et « psychose délirante paranoïaque ». Il existe donc des personnalité pathologiques, dans leur vision du monde, leur fonctionnement mental, sans pour autant qu’elles rentrent dans le cadre des psychoses, qui signifient  la perte  du sens de la réalité et de la capacité à vivre en société. Ces personnalités peuvent, pour ce qui concerne la paranoïa, rester en deçà du délire qui transforme toute la réalité, ou parfois franchir la ligne de démarcation et s’enfoncer dans le monde irréel du délire.

Ce qui est interessant dans les situations historique du développement du nazisme ou de l’islamismes, c’est justement de constater comment des peuples peuvent ne pas voir  la monstruosité des conséquences des axiomes développés par les leaders charismatiques,  et se trouver entraînés,par leur propre choix,  à donner corps , de tout leur coeur pourrait on dire , aux conséquences épouvantables  qu’elles entraînent.

Les Allemands, ennivrés de désir de revanche, et imbus du sentiment de leur supériorité, désireux d’être le peuple dominant de l’Europe, se sont saoulés de l’image de puissance et d’héroïsme  qui leur a étérenvoyée par le leader charismatique qu’était Hitler.

L’esprit de groupe, ou de meute qui a été systématiquement  développé par la propagande sans contrepoids du régime, a encouragé la satisfaction des pulsions les plus primaires (faire souffrir, puis éliminer l’adversaire, au terme d’une savante déshumanisation,être craint et tenir l’autre à sa merci, le prototype du modèle étant le gardien de camp de concentration.)Surtout, après l’élimination des intellectuels ou des religieux qui pouvaient faire entendre  des voix discordantes et un rappel des règles humaines de base, réduire le monde à un affrontement mythique binaire entre  le Bien et le Mal, supposés être représentés par les deux « races » qui constituaient le mythe intérieur de Hitler et de ses acolytes, créait les bases d’une police de la pensée ravageuse.

L’interprétation générale du monde  par ce « credo »  était acceptée par une certaine partie du peuple allemand chez qui l’antisémitisme faisait partie de la culture politique depuis le siècle précédent. ce qui exclut  qu’on puisse l’appeler délire, qui  se caractérise par le fait que personne sauf le sujet délirant ne peut croire à sa réalité.

La caractéristique de ce système de pensée était son jusqu’au-boutisme, la surenchère de haine qui se développait à chaque période. C’est cette potentialité de surenchère qui constitue le possible danger, et parfois la porte d’entrée du délire chez le paranoïaque.

C’est ce clivage absolu entre le Soi victime et le monde extérieur supposé agresseur qui est à la base de la Paranoïa, sous sa forme de trouble de la personnalité ou sous sa forme délirante. Les 4 caractéristiques  cardinales de la Paranoïa: surestimation de soi, agressivité,susceptibilité extrême et fausseté du jugement se retrouvent  au coeur de la personnalité de Hitler, mais ce qui est frappant, c’est la manière dont les Allemands ont été enthousiasmés par cette vision biaisée  du monde et fascinés par  la force de conviction del’image qu’il donnait et à laquelle ils aspiraient à ressembler.

La vision du monde de la Paranoïa est fondamentalement binaire, structurée sur le mode de l’opposition bon/mauvais et agresseur/victime. Or le monde de la politique est aussi en grande partie divisé sur ce mode, ce qui fait que les sujets paranoïaques s’y sentent naturellement à l’aise et en parlent souvent facilement le langage. Tous les systèmes dictatoriaux, qui ont abouti à des dictatures personnelles ont utilisé ces dialectiques de diabolisation de l’ennemi ( Staline et et les « vipères lubriques » trotskistes, PolPot et les ennemis de la nation Khmère, les Islamistes et « l’entité sioniste ».

Le paranoïaque pour qui l’alternative bien/mal se ramène à l’opposition complot persécuteur/ victime innocente  propose une solution simple au conflit de conscience: le Mal, c’est l’Autre.

La conscience de la complexité du problème a conduit beaucoup de gens à simplifier la question en déléguant l’option à un directeur de conscience: le prêtre, mais parfois aussi le Parti ou même l’Etat.

C’est ce dont rêvent les Islamistes ( ils l’ont fait en Iran, avec  arbitraire, tortures et exécutions sommaires):Toute autorité est réservée à Dieu ( et par défaut à ses représentants). Toutes les religions regardent d’ailleurs d’un mauvais oeil la prétention des humains à exercer leur libre arbitre, cet orgueil humain est souvent puni dans les textes sacrés (Prométhée chez les Grecs, Adam et Eve au Paradis, le Déluge, etc.

Mais la religion islamique est sans doute plus intransigeante que les autres quant à la soumission absolue des humains  au règne divin.

La dévotion sans partage exigée par les nazis à la personne de Hitler, et celle des islamistes aux décisions des « Guides suprêmes » autorise tous les crimes commis en leur nom. meurtres d’innocents, trafics, tortures, viols, tout est justifié si c’est pour »la bonne cause », celle de Dieu.

Le subtil marché qui est passé entre les fanatiques binaires au pouvoir et les foules grisées de leur suiveurs, c’est la flatterie narcissique qui leur est offerte: être du côté du manche (qui cogne), avoir le sentiment dêtre un »juste » même dans le déchaînement des plus bas instincts,  se penser supérieur vis à vis de ceux dont on a senti (ou imaginé)le mépris de classe ou de caste. C’est la revanche des imbéciles , des brutes ou des incultes sur l’intelligence et la culture. La force est glorifiée, l’esprit piétiné avec rage. L’anti intellectualisme est  mis en avant, les intellectuels persécutés (au Cambodge de PolPot, porter des lunettes signe un arrêt de mort, les intellectuels indépendants n’existent pratiquement pas dans le monde arabe.

Dans le nazisme,à la paranoïa des meneurs répond l’hystérie des suiveurs: emportés par l’ivresse du sentiment de toute puissance produit par la décharge des haines contenues et la libération de l’inhibition morale antérieure, jouissant de la transgression autorisée de tous les tabous sociaux, s’identifiant aux images de force brutale et de sauvagerie sans retenue, soutenus par l’effet de groupe qui court circuite la réflexion au profit des impulsions immédiates.  La fusion dans le groupe devient la drogue distribuée par les élites,qui satisfait  la masse désireuse d’échapper à l’étroitesse de sa vie  intime: se perdre dans le grand tout  et s’identifier à celui ci devient le boulevard offert à la mégalomanie latente et à l’orgueil contrarié des foules hystériques. La masse jouit de sa soumission à un maître dont elle pense que une part de la puissance rejaillit sur elle: elle « participe » au prestige du leader en contribuant à la réalisation de sa vision.

Dans l’islamisme, le leader suprême est tout simplement devenu Dieu lui-même. Ce n’est pas un humain déifié par le culte de sa personnalité, mais Dieu lui-même embrigadé par ses représentants.Ce n’est évidemment pas son apparence qui lui donne son aura, mais son statut divin, par définition au dessus de tous les humains, et sa place de fondateur-créateur de l’humanité, doté de l’autorité absolue.

Comme personne ne peut avoir accès à lui directement, la foi s’organise autour du Parti de ses « représentants », qui  s’appuie sur l’interprétation des textes sacrés qui leur convient, et sur qui rejaillit l’autorité suprême venue du « père fondateur de l’humanité ». De tout temps, les Eglises ont constitué des corps intermédiaires entre les Dieux et les masses, porteuses de la culture religieuse et dotées de l’aura de la culture qu’elles transmettent et dont elles sont censées incarner les valeurs. Leur pouvoir d’influences est resté lié au maillage de la société qu’elles ont réalisé et à la cohérence de l’architecture mentale qu’elles ont apporté aux populations.

Les fondés de pouvoir de ce Dieu, qui ont bien saisi que tout pouvoir donné à Dieu revient entre leurs mains , ont conçu le système d’une dictature de Dieu qui gouverne tous les aspects de la vie quotidienne comme de la vie politique. Là encore, le monde est divisé en deux blocs, celui du Bien et celui du Mal,,et est le siège d’une guerre totale entre croyants et « mécréants » qui justifie l’emploi de tous les moyens ( y compris le meurtre des innocents et l’usage de la violence contre les « dissidents »). Là encore se manifeste le clivage entre les masses, humiliées et frustrées  par la dégradation de leur prestige depuis les temps glorieux du rayonnement de leur culture,  et à qui les patrons de ce système politico-religieux  serinent qu’ils sont le sel de la terre et des opprimés à qui la revanche viendra, et les leaders qui ont poussé à la limite les développements de cette paranoïa qui aboutit au rêve d’un pouvoir universel.

Comme dans le nazisme; les masses frustrées, atteintes par une image dégradée que leur renvoie la civilisation moderne, se jettent dans l’idéologie qui leur promet la rehabilitation et la revanche. La religion fournit le matériau de  la communauté de pensée et l’appareil religieux  les cadres et un certain support logistique à l’appareil politico-religieux qui se développe. Le communisme en avait établi un modèle, apte à susciter le dévouement et le sacrifice de millons de personnes; en promettant la revanche aux « damnés de la terre ». Ce sont eux  qui ont subi la damnation des camps, de la terreur, et du pouvoir absolu des maîtres du système.

La vision du monde manichéenne et victimaire des meneurs rencontre le désir de revanche et la haine rentrée  des masses qui exultent quand on leur fournit les mythes qui leur permettent de contredire leur sentiment de non-valeur.Elles peuvent ainsi , par une conversion intellectuelle, se rallier au régime « révolutionnaire », en imaginant réécrire leur histoire et effacer la honte ou la culpabilité antérieures ( pour les délinquants par exemple, qui dans l’islamisme comme dans le nazisme, voient leur stigmatisation renversée en  héroïsation de leurs actes.).

La « désintégration » pour reprendre le titre jouant sur les mots d’un film racontant la trajectoire de  rejet de l’intégration d’un jeune beur qui finit,manipulé par un jihadiste, comme candidat  kamikaze, menace  les masses musulmanes souffrantes de leurs difficultés sociales et identitaires. La paranoïa des dirigeants islamistes propose une échine dorsale et un « reset » aux  jeunes  gens déboussolés par les contradictions entre  culture  de leurs pères et culture du pays d’accueil.

Les apôtres de la révolte contre  la civilisation ont des beaux jours devant eux. Le peuple des victimisés attend les chefs qui donneront voix  à leur ressentiment.

GB

JCALL l’apparition d’un nouveau lobby pacifiste juif en Europe

avril 26, 2010

L’ apparition en Europe à la fin du mois d’avril d’un nouveau site internet , Jcall , directement démarqué du site américain Jstreet, qui lui même avait constitué la riposte des juifs de gauche américains au lobby américain pro israélien  Aipac , connu pour ses affinités avec la droite américaine  , marque la tentative de réveil des pacifistes  juifs,  réduits au silence depuis plusieurs années par la désaffection de la population israélienne pour la gauche et pour le mouvement pacifiste « La paix maintenant » . Cette désaffection avait été créée par l’angoisse devant la montée de l’islamisme  lancé dans une lutte à mort avec l’Etat Juif , la complicité de la population arabe avec les attentats anti-civils de la 2ème intifada , et les critiques constantes contre l’armée israélienne rejoignant les accusations de crimes contre l’humanité de la propagande gauchiste et tiers mondiste pro-palestinienne.

L’inquiétude créée par le blocage du processus de paix , dont il est assez clair qu’il est du à la position du gouvernement de Netanyahou et à son intransigeance sur la question du partage de Jerusalem  et des implantations dans la ville , qui conduisent à créer une situation d’irréversibilité du fait accompli  , entraîne  cette résurgence  du courant pacifiste.

Mais au delà du fait que  » le camp de la paix » relève la tête et que  une vraie question reste suspendue quant aux moyens de sortir de l’impasse actuelle , il faut noter  une chose:

C’est  la modification de l’axe du combat des pacifistes , sous l’effet probablement de l’exemple américain ,très marqué par l »existence des » lobbies » politiques et économiques. En effet , si  dans le système américain , il y a une logique ,face à l’action d’un lobby organisé  de façon tout à fait ouverte , à susciter un lobby organisé  opposé , la situation en France et en Europe est tout à fait différente.

La communauté juive s’est  toujours défendue d’être un groupe de pression , et ce sont les ennemis des juifs qui ont toujours proféré des accusations de lobbyisme , de groupe de pressions et d’influence quand ce n’était pas de gouvernement occulte. La publication aux USA d’un livre prétendant que la politique d’alliance privilégiée des USA avec Israël était le résultat non d’un intérêt réel et d »une amitié sincère , mais d’une pression exercée par le lobby juif américain contre les intérêts propres du peuple américain a fait scandale;

Mais les éléments radicaux américains ( = gauchistes) ou européens sont toujours friands d’un discours dénonciateur de complots  soi-disant menés par des éléments du camp opposés , propres à susciter l’indignation de masses qu’ils se proposent d’éclairer à leur manière.

Le problème posé par cette nouvelle attitude des pacifistes est que ils ne se contentent  plus d’essayer de gagner l’opinion publique par leurs arguments , ce qui est le droit de chacun.

Ils annoncent explicitement leur nouvel objectif qui est de pousser leurs gouvernements à faire pression sur le gouvernement israélien pour le contraindre à changer sa politique. Les juifs de gauche se donnent donc désormais , au nom du risque couru d’échec du processus de paix , le droit de remettre en cause les choix électoraux du peuple israélien , quand ils leur déplaisent,  et d’apporter une limite à la souveraineté  de l’Etat israélien en encourageant les pressions économiques , politiques ou militaires exercées par les pays plus puissants. A quand par exemple des mesures de boycott économique ou scientifique comme ont déjà tenté  de les instaurer en France et en Angleterre les groupes gauchistes alliés aux groupes propalestiniens?

Surtout ,alors que la naissance de l’Etat israélien a été le moyen , pour la première fois dans l’ histoire du peuple juif depuis la destruction du Temple , d’exercer  un pouvoir politique et des responsabilités politiques en tant que peuple , alors que la survivance du peuple juif s’était jusque là payée d’un renoncement à tout pouvoir et d’une soumission à toutes les autorités  des pays  d’accueil ,   des juifs proposent de revenir à l’ancien état des choses . Les habitudes diasporiques reprennent le dessus : on vit mieux en étant les protégés des rois ou des seigneurs que en assumant les luttes et en en supportant les conséquences ( ce qui ne veut pas dire que il ne faut pas tenir compte des rapports de force complexes du monde environnant).

De plus , on peut penser que  cette prise  sur la politique israélienne permet à ceux qui ne risquent rien  de souhaiter réorienter à distance un pays dont les habitants savent très bien que ce seront eux qui feront les frais de  toute erreur politique , en souffrances et en pertes d’êtres chers.

Mais la bonne conscience pacifiste , la conviction un peu méprisante que le judaïsme diasporique est  le vrai support de la continuité du peuple juif , et l’incapacité à comprendre que il n’y a pas plus d’Etat parfait que de mission d’exemplarité pour un peuple ,font que nous risquons d’aller vers une nouvelle phase de la vie de la population juive en France , qui  par ses divisions ,ravira ses adversaires.

Ainsi est rompu le contrat ancien implicite qui faisait que les communautés en Diaspora , même si elles désapprouvaient certains aspects de la politique israélienne ,  respectaient les choix politiques de l’Etat israélien , et , au moins , ne donnaient pas d’armes à ceux qui luttaient contre lui.. La gauche  juive française  décide de faire pression sur l’Etat israélien , par gouvernements étrangers interposés et prend place dans un dispositif qui vise à dicter sa conduite à l’Etat Juif , au nom de son intérêt  mieux compris .

Le problème avec les peuples  pour qui on décide à leur place ce qui est le mieux pour eux , sans leur demander leur avis , est que c’est  en général l’intérêt de ceux qui décident plutôt que celui de ceux pour qui l’on décide qui est poursuivi; Les intérêts stratégiques et politiques des puissances ne coïncident pas avec ceux d’Israël , et leur confier un rôle directif dans la politique  de l’Etat israélien sur la foi de leurs bonnes intentions pourrait se révéler très couteux. Les grandes puissances ont eu déjà l’occasion , et elles en auront beaucoup d’autres , de montrer que la poursuite cynique de la défense de leurs propres intérêts , passe le plus souvent avant toutes les autres considérations. Les modifications  des rapports de force en cours au niveau international , peuvent laisser imaginer le pire dans ce domaine.

Il est vrai que il y a urgence à  empêcher l’irrémédiable au Proche-Orient et que la prise du pouvoir par la droite extrêmiste israélienne est génératrice de graves inquiétudes. Mais s’engager dans une lutte directe contre le gouvernement israélien  dans une situation ou l’Etat Juif est assiégé par des forces hostiles , déterminées  à le détruire en un ou plusieurs temps , si ce n’est pas l’atomiser, est un oubli de la solidarité minimale que certains sont prêts à jeter au panier pour préserver  leur besoin d’images idéales.

Identité juive,traumatisme et résilience

avril 12, 2009

La parution d’un ouvrage intitulé « L’invention du peuple juif », écrit par Shlomo Sand,un  ultra gauchiste israélien, coutumier des dénonciations de l’Etat d’Israël, mais qui pousse cette fois les choses infiniment plus loin, puisque il conteste l’idée même d’un peuple juif (pour aboutir à la conclusion  que ce sont les Palestiniens qui sont les seuls Juifs authentiques), peut être l’occasion de réfléchir sur cette identité juive qui est l’objet de tant de discussions  à l’intérieur même de la communauté  juive.

Cette notion d’identité est elle même un terme d’usage relativement récent. Elle recouvre plusieurs dimensions, – l’identité administrative,les qualifications sociales d’un individu, l’idée  de ce qui est permanent  dans sa personnalité au delà des variations liées à son évolution dans l’âge et dans les rencontres au cours de son existence, toutes choses que l’on peut ranger dans la série des déterminations objectives d’une personne.

Mais il existe aussi un sens subjectif à ce terme d’identité, qui est le récit sur soi que chaque homme établit et réécrit en permanence, et qui est la signification humaine qu’il donne à son existence, c’est à  dire la façon dont cette existence s’inscrit dans une collectivité humaine, se relie à elle  (y compris éventuellement dans le refus), faute de quoi elle est privée de toute signification.
Cette collectivité peut être concrète ou abstraite, étendue à l’humanité entière ou rétrécie  à la bande de l’immeuble HLM, mais aucun homme ne peut se passer de situer ses actes, ses pensées et ses choix en relation avec son être humain, c’est à dire avec le fait qu’il partage son existence avec d’autres êtres humains et qu’il doit constamment penser la façon dont son existence s’articule avec celle des autres hommes.

Le récit intérieur est la forme que prend cette pensée,rationnelle ou affective, illusoire ou réaliste, de la représentation de soi de chaque individu et de sa dépendance aux formes de la société qui l’entoure.

On peut considérer que il ya, parmi d’autres, deux propriétés de ce récit sur soi qui  est le mode constitutif de la représentation de soi:

La première est que, comme l’a développé Maurice Godelier dans ses derniers ouvrages,  une part de cette identité est vécue comme constituée par des dons reçus des groupes sociaux qui  entourent les sujets, qui ont contribué à les façonner tels qu’ils sont, et qui font qu’ils s’estiment en continuité avec ces groupes. Toute attaque contre ces groupes est vécue comme une attaque contre eux-mêmes, toute valeur reconnue au groupe est une valeur qui rejaillit sur eux.

Une partie de l’identité personnelle est donc partagée avec le groupe, elle en est une inclusion dans la personne, une mise en commun de l’identité collective.

En même temps, cette mise en commun constitue une inscription dans le groupe, il y a réciprocité de devoirs et d’avantages dans ce système qui fonctionne comme une héraldique, ou chacun arbore le blason ou le drapeau qui symbolise cette appartenance ( ou la renie) et se sent lié dans un rapport de dette au groupe qui lui fournit valeurs, références culturelles et capital social.

Une autre propriété de ce récit intérieur est le fait qu’il est en continuelle interaction avec les discours tenus par les autres sur le sujet. La reconnaissance, la valorisation ou au contraire la disqualification, le déni de la valeur ou pire encore de l’humanité  entraînent  l’obligation d’intégrer ces éléments et de remodeler  cette représentation de soi pour tenir compte de ce retour venu  des représentants de l’espèce humaine. L’absence de réintégration de ces éléments laisse le sujet dans une situation de dénuement psychique et d’impossibilité de symboliser sa place dans l’ordre humain par perte de l’interface avec le monde environnant.

C’est évidemment ce qui s’est produit au cours de la 2ème guerre mondiale avec l’extermination et  la déshumanisation systématiquement mise en oeuvre, avec un raffinement pervers , par le système nazi, à un degré encore jamais atteint au cours des siècles antérieurs.

Cette confrontation soudaine à l’horreur et à l’insensé  constitue le noyau causal de ce que l’on a reconnu actuellement comme étant des états traumatiques, états que l’on constate dans les  grandes catastrophes :génocides rwandais , cambodgien, arménien, juif,tremblements de terre, accidents d’avion et de trains, soldats choqués dans certains épisodes de guerre. Ces états sont caractérisés par des modifications profondes du fonctionnement psychique avec reviviscence répétée des évènements, modification du caractère, développement de formes d’asocialité,états dépressifs, qui traduisent l’écroulement de l’édifice psychique élaboré au fil du temps  et la ruine  psychologique qui s’y substitue.

Boris Cyrulnik, lui même enfant juif caché pendant la guerre, a étudié ces phénomènes et a remarqué comment la capacité de résilience, c’est à dire d’échappement  à l’écrasement par cette catastrophe psychique dépendait de plusieurs facteurs: la confiance en soi préalable au traumatisme, la possibilité d’être actif d’une façon ou d’une autre face à l’évènement,l’entourage soutenant après l’évènement et, en particulier, les discours tenus par cet  entourage fournissant des mots qui permettent de retisser ce récit sur soi bloqué par la sidération du traumatisme.

Dans la question de l’identité juive, le nonsens et l’horreur du génocide hitlérien ont créé un traumatisme collectif qui continue ses effets deux générations après les faits.
Cyrulnik a bien montré comment le silence qui a été fait, pour des raisons politiques ou de confort psychologique le plus souvent, a laissé les victimes démunies face à la détresse  et la destruction psychique subies.

Ceci a été vrai dans les pays ou la terreur nazie s’est exercée,après la guerre, et aussi en partie en Israël quand les Israéliens ont voulu construire un « homme nouveau » basé sur  le déni de la faiblesse juive antérieure.

Or ce qui est difficilement admissible, c’est que au moment ou les choses ont évolué et ou les Israéliens ont commencé à écouter les récits des rescapés et à donner une place et une dignité aux histoires de la Shoah, les anti sionistes gauchistes israéliens ou européens ont commencé à développer une idée pernicieuse: celle de la « religion civile de la Shoah » qui consistait à dire que les Juifs instrumentalisaient  cette catastrophe pour justifier  l’existence d’Israël et la « maltraitance « des Palestiniens, oubliant que l’idée sioniste était bien antérieure à la Shoah. C’est à dire que pour ces gens, le  combat pour la mémoire menacée par les forces de l’oubli et du déni devenait un alibi pour une politique d’oppression et une justification falsificatrice pour l’ existence d’Israël.

A partir de là, ils se trouvaient en position de  minimiser le traumatisme  en traitant les victimes de victimaires, dans un mécanisme de déni causé par la nécessité de trouver des arguments pour soutenir leur idéologie tiersmondiste . Pour celle-ci, les seules victimes prenables en considération sont celles du capitalisme, et  tout nationalisme sauf celui des peuples du tiers monde est forcément criminel. Le livre de Shlomo Sand est une sorte de sommet dans le mécanisme d’inversion: les Juifs ne sont pas un peuple, mais les Palestiniens le sont,l’identité juive est un leurre qu’il faut détruire, etc…

Ce qui est ainsi occulté, c’est  une double dimension de l’identité juive:

d’une part, celle qui est liée aux dons reçus par chaque individu de sa culture,  des valeurs dont il est imprégné, et qui se transmettent parfois plus subtilement que par l’apprentissage direct. La religion juive, l’acharnement à rester soi-même, la résistance à l’oppression et à l’humiliation, l’ethique juive en font partie et créent des devoirs, en particulier de continuation de ce qui a été conservé à un tel prix;

d’autre part, l’histoire continue d’humiliations, de violences et finalement de volonté de destruction totale constitue un traumatisme  global face auquel chaque juif doit pouvoir trouver les formes de sa résilience: que ce soit dans la réussite personnelle, dans le combat pour maintenir vivante la culture juive  ou  dans la réalisation d’un Etat qui symbolise l’accès à l’autodéfense et à la volonté de se battre, par tous les moyens, contre ceux qui sont acharnés à sa perte. Chacun a été, est ou peut être confronté au traumatisme  de la haine insensée qui vise  à le blesser ou le détruire psychiquement.Face au traumatisme renouvelé ou renouvelable, et à la menace de ruine psychique suspendue au dessus de sa tête le peuple juif tout entier est en résilience, même s’ il n’est pas le seul.

GB

L’état binational prôné par les extrêmistes palestiniens recouvre un projet de libanisation d’Israël

mars 30, 2009

d’après l’article de Gil Mihaely,historien et journaliste israélien, paru dans Le Monde du 21 mars 2009

Mihaely expose clairement en quoi l’idée très ancienne de l’Etat binational qui refait surface dans certains milieux palestiniens est une fausse bonne idée et de quelle façon le bon sens apparent qu’elle présente cache une négation des besoins fondamentaux humains porteuse de catastrophes et de guerres interminables.

Il explique que l’être humain n’est pas une créature seulement rationnelle,  et que  la religion et la nation sont des besoins impossibles à supprimer et qui répondent au besoin fondamental de donner du sens. »l’Etat- Nation est ce lieu irremplaçable ou s’articulent tant bien que mal le particulier et l’universel, l’individuel et le collectif.

Or, dit-il, à partir du moment ou il n’y a plus coïncidence entre Etat et Nation- soit que plusieurs nations cohabitent dans un seul Etat, soit que des nations soient dispersés entre plusieurs Etats,  cette cellule de base du système international ne fonctionne pas si bien. Si un Etat peut abriter une ou plusieurs minorités nationales, il ne peut jamais concilier deux communautés nationales d’importance égale.

Or si on peut exiger d’un Etat-nation le respect des droits de tous ses habitants, on peut difficilement lui demander de respecter des aspirations nationales  concurrentes, pas plus qu’on ne peutd’ailleurs exiger  de ceux qui appartiennent à la communauté nationale vaincue en 1948 d’accepter de gaité de coeur le drapeau, l’hymne et autres symboles des vainqueurs. Ils on pleinement le droit d’avoir les leurs. »

« Mais que serait ce fameux état binational sinon la garantie d’une frustration générale et permanente? Un Etat n’est n’est ni un ectoplasme distributeur d’allocations, ni une mairie en plus grand. Ce serait une grave erreur de négliger cette dimension anthropologique, surtout dans le contexte d’u conflit qui exaspère les réflexes nationaux de ses protagonistes. »

« Comment peut-on espérer que Palestiniens et Israéliens réussissent là ou Tchèques et Slovaques ont échoué, là où Flamands et Wallons se perdent? » Appliquée a Israël, la solution d’un seul Etat bi-national ne peut aboutir que à une libanisation et à un non-Etat. »

« Reste cependant, dit il, la question de savoir si la solution « Deux peuples, deux Etats » est encore applicable sur le terrain, compte tenu de la politique constante des gouvernements Israéliens successifs de la rendre inapplicable. En outre, dit il, l’incapacité des Palestiniens à  contrôler leur violence et à  accepter des compromis raisonnables ont créé chez les Israéliens une crispation sécuritaire visible aux dernières élections. »

« Cela dit, ajoute-t-il, si Israël a su conquérir et coloniser, il s’st montré aussi capable de se retirer des territoires occupés comme en 1982 eans le Sinaï;et en 2005 à Gaza. Bref,aussi difficile soit-elle à mettre en oeuvre,la solution des deux Etatsn’est pas seulement la moins injuste. Elle est la seule »

Un livre sur l’invention du peuple juif introduit la confusion avec l’idée des races

mars 29, 2009

D’après l’article de Eric Marty, professeur de littérature à l’Université Paris Diderot,publié par Le Monde du 29 mars 2009.

L’article de Marty est remarquable d’efficacité dans la démonstration de la perversité  de la thèse de Shlomo Sand dont le livre intitulé «  »Comment le peuple juif fut inventé de la Bible au sionisme » vient de sortir et rencontre , sans doute grâce au titre choc qui le résume, un certain succès de librairie. Marty passe rapidement sur la nature superficielle et approximative  du traitement d’informations « de seconde main  » de cet historien autodidacte, pour aller au  centre du problème.

Découvrant que il n’y a pas de race juive- ce qui est une  vérité éculée- Sand en conclut que le peuple juif est une invention historique récente, et, « divine surprise », que le peuple juif n’existe pas.

Tout le livre consiste ainsi  à vouloir prouver que les Juifs actuels ne sont pas « génétiquement « les descendants  des Hébreux.

Or ce qui fait le peuple juif n’a jamais été une question de race, contrairement aux affirmations nazies, et comme le montre la diversité des couleurs des juifs (noirs, blancs, jaunes, bruns, blonds,etc.),mais la religion, l’histoire, la langue.

Comme le dit Marty, il y a un peuple juif , bien  que il n’y ait pas de race juive. Il met à jour l’ambition de Sand de mimer le discours de Michel Foucault affirmant que « l’homme est une invention récente ». Mais pour Foucault, dit Marty,il était fondamental de réfléchir à cette invention dans les savoirs et de la déconstruire. »

Or, souligne Marty, « c’est sur ce point que le livre de Sand se révèle vide.Car s’il dénie aux Juifs une aspiration qu’ils n’ont jamais eue comme peuple, celle de se constituer en race, il ne déconstruit pas la notion de race.Au contraire, il lui confère un statut de vérité qui se donne comme vérité ultime. « En effet, la conclusion proprement perverse de son livre, est d’attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs,à savoir qu’ils sont -eux les Palestiniens- les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires. »

« Cet épilogue est révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l’inversion dont le peuple juif est la victime coutumière: les Juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens des juifs génétiques. On peut donc en déduire qui est l’occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas l’héritage génétique, en en faisant au contraire bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l’impensé qui obscurément pourrit ce qu’il tient pour une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu’il emploie et tout simplement mystificatrice, et ce d’autant plus qu’elle voudrait être au service de l’entente entre les ennemis. »

« Nier l’identité juive est une vieille marotte, aujourd’hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D’où vient ce vertige du négatif? On l’aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand; d’un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l’errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s’éteindre, ne cesse de renaître, avec désormais, un nouvel allié mythologique: les Palestiniens. »

Shlomo Sand pousse ainsi à la limite ce qui était déjà en filigrane de toute son oeuvre de « nouvel historien » acharné à tenter de « déconstruire »  tout sentiment national juif. L’ultra gauchiste conséquent qu’il est , partisan de l’Etat binational en Palestine et donc de la destruction de l’ Etat Juif, termine en apothéose sa trajectoire de haine du sionisme: par quelque chose qui est une forme de  négation radicale et absolue de l’identité juive pour laquelle un mot s’impose: le négationnisme. En effet, cette passion de nier la réalité historique au nom d’une soi-disant lutte contre un « conformisme » de la vision historique est le  double symétrique du faurissonisme, de plus en plus enfoncé dans un discours de dénonciation des « historiens officiels », aveugle à sa haine qui est le substrat caché de ses constructions abracadabrantes  , constructions dont la base est le déni d’une réalité incompatible avec les préjugés idéologiques qui constituent l’armature  d’une pensée elle même plus stéréotypée que ses cibles. A quand une invitation de Shlomo Sand au prochain spectacle de Dieudonné ?